𝐒𝐲𝐦𝐩𝐡𝐨𝐧𝐢𝐞 𝐝𝐞 𝐠𝐥𝐚𝐜𝐞 ─ ᴼᴾ ᴼˢ • ᴷᵘᶻᵃᶰ

Résumé

Dans le nouveau monde, de nouveaux territoires sont découverts chaque jour, par des pirates. Risky Bet en fait partie, et est peu connue. Sur cette île se trouve un beau village, dont les secrets ont probablement fuité, puisque ces mécréants ont décidé de s'en accaparer. Le village ne se laissant pas faire, enchaîne rapidement les victoires face aux pirates, et pour cela une fête est organisée, où la musique est reine. ─── ⋆⋅☆⋅⋆ ── TW : Massacre, humain congelé vivant, humour noir (une phrase), mort, sinistre, funèbre, très descriptif, rythme musical sinistre, probablement déprimant.

Genre :
Drama/Thriller
Auteur :
Astræl
Statut :
Terminé
Chapitres :
1
Rating
n/a
Classification par âge :
16+

𓂃 ࣪˖ ִֶָ 🧊 ་༘࿐

Astræl présente...


𝐒𝐘𝐌𝐏𝐇𝐎𝐍𝐈𝐄 𝐃𝐄 𝐆𝐋𝐀𝐂𝐄


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Le Soleil avait l'intention de commencer à se coucher sous le drap de mer, lorsque l’inconnu posa les pieds sur Risky Bet. Sa taille immense interpella directement les habitants, qui le regardèrent d’un air méfiant. Il était si grand, et paraissait être un être venant d’Ailleurs¹, semblant cacher sous son long manteau quelque chose d'anormal, ou peut-être plutôt de mystifié.

Derrière ses lunettes teintées, il toisait les habitants de l’île, visiblement en fin de tâches. Certains portaient des tenues ouvrières, des outils, ou même tiraient des brouettes.

L’inconnu le savait, les lieux avaient été attaqués par des pirates, quelques jours plus tôt. Et même si la victoire avait été la leur, la ville avait été marquée par des pertes et des dégâts. Il semblait que son arrivée n’était pas des plus opportunes ; il voyait sur leurs visages marqués par la fatigue des yeux pétillants de joie et des sourires légers.

Au loin, il entendit un air de trompette, dont les fausses notes faisaient grincer ses tympans, suivies de rires lézardant les murs avant de s’envoler vers les oiseaux.

Boîtant légèrement, il s’approcha du groupe de jeunes femmes. Sa démarche était saccadée, les pavés craquant sous ses pieds comme de vieux tambours usés par le temps. L'air gêné, il passa sa main derrière sa nuque, frottant légèrement ses cheveux sombres.

— Mesdemoiselles, vous êtes bien ravissantes. Il y a une fête ce soir ?

D’abord surprises, les trois femmes mirent du temps à répondre.

— Eh bien… oui ! Vous venez de loin ?

— C’est le cas de le dire ! Vous m’accepterez parmi vous si je vous offre cette bouteille de Jerez² ?

Des rires s’élevèrent à nouveau, tandis que la nuit enveloppait doucement le village dans la pénombre. Et comme des étoiles dans le ciel, des lanternes en papier, usées par le passage du temps, avaient été allumées sur les arbres et le bord des toitures, traçant un chemin de lumière vers la place de la mairie.


Depuis le seuil de sa demeure, l’alcoolique du village regardait les enfants courir à travers les rues pavées pour rejoindre les festivités. Derrière eux, les musiciens jouaient déjà des airs légers, saluant harmonieusement chaque habitant, les invitant à les suivre dans une danse joyeuse.

Il y avait parmi cette foule festive cet inconnu immense, arrivé un peu plus tôt. Personne ne l’avait connu auparavant, mais il était déjà tiré par quelques femmes aux rires enjoués. Dans toute cette allégresse, il paraissait comme un ami de longue date, dont personne ne se méfiait. Il avait vaguement entendu son nom porté par un coup de vent qui lui avait donné un frisson : “Kuzan”. Ce nom ne réveillait en lui aucun souvenir, et en même temps, ne lui présageait rien de bon.

La douce musique, les chants et les rires s'échappaient depuis la place, rebondissant sur les murs de pierre, venant chatouiller les oreilles des habitants, tous ignorant l’ombre qui planait discrètement dans la foule naïve. Ces joyeux échos parvenaient même à faire sourire celui qui buvait pour oublier. Les jeunes du village, insouciants, se laissaient aller dans des jeux adolescents, le plus loin possible du regard des adultes, pourtant bien trop absorbés par les festivités.

Les esprits étaient ailleurs, comme s’ils s’étaient mis à danser sur des nuages. Depuis le palier, l’alcoolique les avoir rejoints à sa façon. Mais les minutes passèrent, et une brise fraîche, presque polaire, vint extirper de son euphorie solitaire.

On aurait dit qu'il avait été le seul, dont le froid semblait l’avoir dérangé.

Sans crier gare, la mélodie s’interrompit brusquement, comme si les instruments avaient été étouffés. Un silence si soudain, glaçant, que même l’écho n’avait pas eu le courage de terminer une danse qu’il avait à peine entamée. Il ne fallut que quelques secondes pour qu’une brume fraîche lui arrache la scène, se glissant à travers les rues.

C’était la minute de silence la plus longue que ce monde ait connue. S’ensuivit un défilé à geler les esprits, une véritable danse macabre. Un cortège sanglant arpentait les rues, les chants étaient devenus des cris désespérés, les danses étaient des trébuchements effrénés, un ballet d’âmes, digne des tréfonds du Styx.

Derrière cette parade, une grande ombre se dessinait peu à peu, et le maestro sortit à travers le nuage de givre qui engloutissait peu à peu le village.

Qui aurait cru que l’ancien Amiral, Aokiji, était devenu le chef d’orchestre du trépas ?

Il expira un souffle givré, un air lugubre. L’alcoolique le voyait et détesta bien vite l’air qu’il respirait, celui qu’il transportait avec lui, dégoulinant de son être. Cet air avait figé chaque signe de vie en statue de glace.

Voulant éviter le même sort, il était préférable de se cacher à l’intérieur. Mais bien que la glace ne fût pas parvenue jusqu’à lui, ses jambes restaient immobiles pendant de longues secondes. Et à temps, depuis la fenêtre, la scène cauchemardesque continuait sous son regard impuissant.

Le chef de cet orchestre funèbre donna un coup d’archet, levant le bras lentement, lançant une nouvelle attaque de froid. Les carreaux de la maison se givrèrent, puis se brisèrent, ne supportant pas la température.

Droit comme un pique, tel un assassin solitaire, l’ange pleureur qui poursuivait ses proies, il donnait l'impression que rien ne pouvait l’arrêter. Pas même ce groupe courageux, qui, face à lui, ne tremblait guère. Les fourches levées, la petite armée organisée entourait fièrement cet être qui ne pouvait point être la Mort, car même Elle était trop douce comparée à lui.

Dans un élan de courage, ils crièrent en chœur, l’harmonie semblait leur donner la force, mais un coup d’archet strident transforma ce chant de guerre en cris dissonants, changeant les braves en statues de glace avant de continuer son chemin.

Les pas de Kuzan, transformant les pavés en gel, résonnaient comme un vieux piano désaccordé. Il continuait sa parade à travers les lieux, qui seraient bientôt une toundra inanimée.

Face à cette apocalypse glaciale, l’alcoolique n’était que le personnage secondaire de sa propre fin. C’en était trop, impossible d’observer une minute de plus ce spectacle. Son souffle au tempo irrégulier et voulait absolument quitter son corps. Ce même corps s’effondra sur le plancher froid.

Les secondes s’écoulèrent aussi lentement que la mort d’un vieux paraplégique qu’on aurait mieux fait de débrancher.

Il n’y avait plus un son.

Le silence en mono, assourdissant, étourdissant les tympans.

Sa respiration avait comme été aspirée par le vide.

Le Jötunn³  avait continué sa marche et avait disparu.

Il savait qu’il y avait encore quelqu’un de vivant. Kuzan l’avait entendu. Il savait qu’il était caché derrière le mur de la demeure, devenu une hutte de glace. Et il savait qu’il irait découvrir ce qu’il restait de cette île, pensant que le monstre de glace était parti.

Sans aucune émotion rythmant son métronome, il l’avait regardé se lever, puis s’avancer difficilement, comme si des bras de morts le retenaient pour éviter une vision cauchemardesque. Engourdies, les jambes fléchissant à chaque pas, avant d’arriver au seuil de la porte.

Les yeux tremblants, rien que la glace n’était visible. Chaque être vivant était transformé en statue, des œuvres d’art dignes d’un musée funéraire, dans lequel il était difficile d’avancer sans glisser dans le désespoir.

Puis, à côté, il le vit enfin. Une grande silhouette se tenant droite, et même si elle était silencieuse, on pouvait entendre les cloches funèbres sonner la fin du dernier souffle de vie. Puis la peur réveilla un chœur, les tambours funestes du cœur, en cacophonie avec un cor sur le point de mourir.

Ankou⁴ avait cessé de jouer de la cornemuse, et la Mort versa des larmes, car même Elle, n’avait jamais été cruelle. L’orchestre avait fini sa dernière prestation,  les musiciens, éteints et fatigués, avaient rejoint Charon dans un silence mort. Le Maestro, quant à lui, avait quitté la scène funèbre pour retrouver son vieux vélo, maintenant pris dans le gel près d’une fontaine devenue un bloc de glace immobile.

Alors que la nuit continuait son règne, les premiers rayons de l’aube caressèrent la surface glacée laissée par le Maestro, dont les reflets étaient étrangement d’un bleu trop doux et trop serein, pour que ce ne soit celui d’une fin. Quelques gouttes d’eau semblaient être comme des perles de cristal, décorant les feuilles des arbres gelés. 

Sur son chemin, Kuzan ne prit même pas le temps d’admirer son propre chef-d'œuvre, bien que celui-ci semblait l’appeler depuis l’Au-delà.  Il enfourcha son vélo, laissant derrière lui la trace de son passage, un chemin de givre sur la mer paisible. 

Se prenait-il pour le Sauveur, à purifier de sa glace les âmes, et à rouler sur l’eau ? 

Dans la journée, dans les îles voisines, le journal arriva bien vite, comptant une terrible histoire. Inscrit comme un testament, on y retrouva : la dernière île refusant l’autorité de Barbe Noire, s’est figée dans le temps. 

Ne défiez pas l’Empereur des enfers, car il vous enverra son amiral de glace.

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𝐅𝐈𝐍...



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Indexe :


‎‎1 : Référence à l'Au-Delà.

2 : Sake présent dans le film Z de One Piece, offert à Z par Kuzan.

3 : Légende Nordique, il s'agit d'une sorte de géant de glace.

4 : Légende bretonne, décrit comme celui qui récupère les âmes des morts.


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Remerciement bêta lecture :

⋆ ִֶָ ๋𓂃🎐 _Mistle_ (wattpad)

⋆ ִֶָ ๋𓂃🎐kill_kiel (wattpad)


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Je dois avoue que c'est le One-Shot le plus dur que j'ai jamais écrit, mais aussi celui dont je suis le plus fier. Vraiment j'ai fait saigner mon cerveau comme jamais auparavant.


Il s'agit d'ailleurs de ma participation au concours du serveur Sunny Day, créé par LisaManga3 sur wattpad.


Petit jeu :

Quelle(s) musique(s) entendez-vous lorsque vous avez lu ce récit ?

Quelles sont les références que vous avez trouvez ?


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