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Les barrières de la mémoire - tome 1

Résumé

Pendant des années, Gabrielle a caché ses pouvoirs. Un jour, elle les utilise en public, amenant, entre autres, le grand Tony Stark a s'intéresser à ses capacités. Ce qui ne réjouit guère la médecin. Poursuivie par d'étranges hommes en noir, la mutante n'a pas d'autre solution que de trouver refuge chez les Avengers, leur demandant par la même occasion leur collaboration dans sa quête de vérité sur son passé. Une chose est sûre, les choses ne seront plus jamais comme avant. Tous les personnages Marvel sont la propriété de Stan Lee et de leurs créateurs. Les autres personnages et les situations sont de ma propre invention.

Genre :
Fantasy/Romance
Auteur :
Abgs.auteur
Statut :
Terminé
Chapitres :
16
Rating
5.0 2 avis
Classification par âge :
18+

Chapitre 1 - Un petit coup de main

Le pas rapide, les mains dans les poches, le célèbre milliardaire philanthrope Tony Stark trace dans les couloirs d’un hôpital de New York. Sa seule aura amène les gens qui le croisent à se retourner et chuchoter sur son passage. Des bruits de couloirs sur le rachat de l’hôpital par Iron Man en personne ne cessent de circuler depuis quelques jours. Sa présence dans les murs de la structure médicale semble confirmer les rumeurs et accentuer les commérages entre les agents.

Il s’arrête en se laissant glisser aux côtés d’un homme massif et d’un Afro-américain habillés en civil et équipés de casquettes et lunettes. Le blond est en train de lire un dossier tandis que son partenaire range son téléphone en apercevant le milliardaire. Il ne les salue pas, laissant penser qu’ils se connaissent.

— Qu’est-ce que l’on a appris sur elle ? demande-t-il immédiatement à son arrivée.

— Ah ! Vous êtes enfin là ! répond Sam Wilson

— Bonjour Tony, le salue Steve Rogers. Pas grand-chose en fait. Regardez par vous-même !

— Femme de trente-cinq ans, caucasienne, rousse… énumère le faucon.

— Rien de plus pragmatique ?

— Okay… Docteur Gabrielle Ross. Médecin spécialisée en traumatologie, titulaire au sein de cet hôpital depuis 2010. Humanitaire à ses heures perdues. Aucun fait spécial connu ces dix dernières années. On a bien trouvé quelques arrestations pour des délits mineurs entre 1996 et 1999, mais sinon rien de particulier à signaler.

— Vous êtes sûr ? s’étonne l’homme riche.

— Ah oui, oui.

— Étonnant qu’elle ne se soit pas déjà fait repérer avec des capacités comme les siennes.

— Nous ne sommes pas sûrs de ce qu’elle peut faire, Tony ! coupe l’homme musclé.

— Ecoutez, Captain. J’ai plusieurs témoins qui m’ont parlé d’elle. Sur des sites et à des dates différentes. Je ne crois pas aux coïncidences. Si elle est bien celle que l’on m’a décrite, nous avons tout intérêt à l’avoir à nos côtés. N’est-ce pas ?

— Vous savez très bien que je pense qu’on ne peut pas contraindre les gens.

— Relax, Captain. Je ne veux pas la contraindre. Juste la convaincre.

Steve reste quelques instants à regarder son interlocuteur, dubitatif. Il commence à bien le connaître et sait que de toute manière, quoi qu’il lui dise, le brun ne changera pas d’avis. Ni même, ne modifiera ses manières. Le soldat s’en trouve à chaque fois assez contrarié. Mais le philanthrope a de la répartie et arrive, malheureusement, toujours à ses fins.

— Et bien… Allons la voir alors.

La petite troupe entre alors dans le bureau situé devant eux. C’est en réalité une salle de réunion. Une femme aux cheveux roux remontés en queue de cheval y fait les cents pas. Ses traits sont tirés et sa tenue de travail porte les marques d’interventions plus ou moins sanguinolentes. Visiblement agacée, le bruit de la porte l’amène à se retourner vers ses nouveaux interlocuteurs. Sans décolérer, elle se dirige d’un pas assuré vers le milliardaire.

— Je peux savoir ce que c’est que cette mascarade ? Me faire convoquer, en pleine journée, alors que le service est surchargé comme jamais et en plus, vous me faites poireauter des heures dans cette pièce. Vous vous foutez de moi. J’espère que vous avez une bonne raison monsieur Stark ! dit-elle en attaquant Tony du bout du doigt. Ce n’est pas parce que vous avez acheté notre hôpital que vous devez penser que nous sommes à votre disposition.

Son regard, rendu sévère par la colère, tend vers le gris et ressort au milieu des taches de rousseurs. Tandis qu’elle attaque le philanthrope, la femme reconnaît un des deux hommes qui l’accompagne. Surprise de voir Captain America à ses côtés, la médecin essaye de ne pas se laisser décontenancer. Déjà grande, elle redresse la tête et bombe légèrement le torse pour montrer son assurance.

— Je suis ravi de faire également votre connaissance Docteur. Je vois que vous êtes déjà au courant.

— Les administrateurs n’ont pas gardé le secret très longtemps vous savez. Il faut dire que votre démarche en a étonné plus d’un, répond-t-elle fièrement.

— Je sais. Mais j’avais envie de nouveauté.

— Vous nous voyez comme une nouvelle distraction ?

— Non ! Je ne joue pas avec la vie des gens. En tout cas, pas avec les malades. Mais trêve de plaisanterie, nous ne sommes pas venus pour discuter de cela. Pouvons-nous nous asseoir s’il vous plaît ?

D’un hochement de tête, la jeune femme acquiesce et prend place, tandis qu’en face d’elle le trio s’assoit également. Elle ôte son stéthoscope pour le poser devant elle.

— Docteur Ross. Gabrielle. Je peux vous appeler Gabrielle ? Très bien. Je fais vite les présentations si vous voulez bien. Voici Steve Rogers.

— Docteur Ross. Ravi de vous rencontrer.

— Moi de même, Captain, rougie la médecin.

— Et Sam Wilson.

— Madame !

— Monsieur.

— C’est tout bon ? Très bien ! Alors ! Si j’ai demandé à vous voir aujourd’hui, c’est au sujet de certaines de vos activités.

— C’est-à-dire ? J’ai fait quelque chose de mal ? Si c’est à cause du patient qui a pété les plombs la semaine dernière, j’ai déjà… parle-t-elle très vite.

— Non, non ! Je… je n’ai rien à vous reprocher professionnellement, je ne sais même pas ce que vous faites pour être honnête.

— Nous parlons de choses que vous avez faites en dehors de l’hôpital principalement, explique à son tour le faucon.

— Qu’est-ce que ma vie privée a à voir avec l’hôpital ? questionne la jeune femme, très intriguée.

— Nous ne sommes pas là pour l’hôpital Docteur Ross, interrompt Steve Rogers.

— Je… Je ne comprends pas, bégaye la femme.

— Pouvez-vous nous raconter ce que vous faisiez en Sokovie, Gabrielle ? commence calmement le blond, prêt à mener l’interrogatoire.

Se redressant sur sa chaise, la rousse essaie de cacher la gêne qui l’envahit. Méfiante face au trio, elle craint de comprendre le sujet de la discussion.

— Je n’ai rien fait de particulier là-bas, explique la femme sur la défensive. À part mon travail, évidemment. J’y suis allé effectuer une mission humanitaire. J’effectue des campagnes de vaccination dans les structures d’accueil de migrants. Ma dernière date de l’année dernière.

— Et que s’est-il passé le six mai dernier, justement ?

À l’évocation de cette date, Gabrielle n’a plus de doute. Les héros font bien référence à la récente bataille contre Ultron sur ces terres reculées d’Europe de l’Est. Un jour bien sombre pour le pays et qui, malheureusement, a obligé la médecin à dévoiler une part secrète d’elle-même. Et même s’ils sont venus pour ça, elle est encline à leur en parler, préférant feindre la naïveté plutôt que de tout déballer directement.

— Je… Je crois que c’est ce jour-là que… vous, enfin non, le robot a détruit Novi Grad.

— Effectivement.

— Je me souviens qu’on était en train de charger le camion avec notre matériel quand il s’est mis à pleuvoir des pierres. On a essayé de rassembler les enfants pour les protéger.

— Et comment avez-vous fait ?

— En les mettant dans la cave du centre.

— Tout le monde ?

— Évidemment. Enfin, on a essayé.

— Vous également ?

— Mais qu’est-ce que c’est que cet interrogatoire ?

— On m’a rapporté que vous auriez utilisé une méthode assez peu commune pour protéger un groupe d’enfants. Le mot utilisé était… magie, ponctue le milliardaire en s’appuyant sur la table pour se rapprocher d’elle.

Gabrielle se sent soudainement mal à l’aise. Prise au piège. La colère a fait place à une certaine inquiétude quant à un secret qu’elle cache depuis tant d’années. Instinctivement, elle glisse ses mains sous ses cuisses pour les cacher et baisse la tête. Sa déglutition se fait plus difficile.

— Vous pouvez nous parler librement. Nous ne sommes pas là pour vous arrêter ou quoi que ce soit. Nous souhaitons simplement que vous nous parliez de vos capacités, essaye de rassurer le Captain.

— Je ne veux pas avoir de problème.

— Il n’y a aucune raison.

— Je sais que c’est faux. À chaque fois que j’en ai parlé, j’ai eu des ennuis, insiste-t-elle en sortant ses mains pour appuyer son discours.

— Vous pensez vraiment que nous allons émettre un jugement quelconque sur vos capacités alors que nous avons un dieu alien et une grosse bête verte ? ajoute avec sarcasme l’homme riche.

— Je n’en parle jamais et je fais tout pour ne pas les utiliser en public.

— Sauf ce jour-là ? continue tout aussi paisiblement le blond, faisant fi des réflexions acerbes du milliardaire.

Gabrielle les regarde, passant de l’un à l’autre pour y chercher une expression rassurante. Les tremblements de ses mains témoignent d’une légère inquiétude mêlée à l’irritation qui persiste dans sa voix. Elle hésite puis souffle un bon coup pour se donner du courage.

— De là où on était, on pouvait voir tout ce qu’il se passait à Novi Grad. On a vite compris que ça pouvait dégénérer quand certains robots ont commencé à passer au-dessus de nous. Les gens se sont mis à paniquer. Ça criait et courait dans tous les sens. On a même essuyé quelques tirs. Des roquettes ont détruit des maisons autour de nous, puis ça a été le tour des pierres. Comme je vous ai dis, avec mon équipe, on a essayé de mettre les enfants à l’abri. J’étais en train de diriger un petit groupe quand un robot est arrivé vers nous. Il allait nous tirer dessus quand un homme s’est interposé et l’a détruit.

— Et que s’est-il passé ensuite ? demande le milliardaire tout de suite plus intéressé par le discours de la femme.

— Une roquette est arrivée sur nous au même moment, commence-t-elle, hésitante.

— Et ?

— Et je n’avais que deux possibilités à ce moment. Soit on mourrait tous dans l’explosion.

— Soit ?

— Soit je nous protégeais… J’ai donc créé un champ de force pour contenir l’explosion, lâche Gabrielle dans un murmure et le regard vitreux.

— Pardon ?

— J’ai créé un champ de force pour contenir l’explosion et protéger les enfants, répète-t-elle plus fort en regardant, cette fois, Tony Stark dans les yeux.

— Avec votre « magie » ?

— Oui ! précise-t-elle avec assurance.

La médecin scrute la moindre réaction chez son auditoire. Du dégoût, de la peur, du mépris. Mais rien de tout cela ne transparaît. Ce serait plutôt un vif intérêt qui se lit dans le regard du milliardaire.

— Vous avez créé, autour de la roquette, un champ de force ?

— Oui, ainsi elle a explosé en toute sécurité.

— La puissance d’une explosion est très importante.

— Je le sais.

— Et créer un champ de force pouvant y résister nécessite beaucoup de... pouvoir.

— Je sais.

L’œil de Tony Stark pétille de curiosité. Il attend juste qu’elle lui dévoile ses savoirs faire.

— C’est impressionnant ! Je veux dire scientifiquement, je trouve ça passionnant.

— Calmez-vous Stark ! assène d’une voix grave et pleine d’agacement, le capitaine à son voisin.

— Merci, mais j’ai le droit d’exprimer mon admiration. C’est possible d’avoir une démonstration ?

— Ça y est, j’ai compris ! sursaute la médecin.

— De quoi ?

— Ce que vous me voulez, s’agace de nouveau Gabrielle devant la réalité des faits. Ce qu’il y a, c’est que mes pouvoirs vous intéressent monsieur Stark. Non ? Sans doute avez-vous comme objectif de me faire rejoindre vos rangs. Ou tout au moins que je vous les mette à disposition ? De toute façon, avec mes capacités, je suis soit un allié, soit une menace. Sachez que je n’utilise pas mes pouvoirs, sauf en cas de très grande nécessité. Je ne veux plus qu’ils dirigent ma vie. Je vie très bien en les cachant. Je suis médecin, pas super héros.

— Vous ne devriez pas vous mettre dans des états comme ça. Nous ne vous voulons aucun mal. Nous souhaiterions seulement connaître vos dons, pose doucement Steve pour calmer la situation.

— Vous avez raison Gabrielle, nargue le milliardaire, alors que ses voisins s’exaspèrent. C’est exactement pour cela que j’ai voulu vous rencontrer. Je n’ai aucune raison de vous cacher mes motivations. Vous savez, nous n’intervenons pas pour nous. Nous œuvrons pour la sécurité mondiale. Ce qui nous importe, ce sont les habitants de cette terre. Alors quand nous découvrons certaines personnes aux capacités extraordinaires, nous nous faisons un devoir de nous renseigner sur elle. Car, comme vous l’avez dit, elles peuvent être dangereuses. Alors, nous nous demandons si nous avons à faire à un ami ou à un ennemi. Comme vous, Gabrielle. Êtes-vous notre amie ? Ou notre ennemie ? J’ai tendance à voir le bon côté des choses en premier. Et que nous pouvons espérer trouver un certain soutien de votre part. Parce que oui, je pense que nous pourrions travailler ensemble. Et j’espère ne pas me tromper.

Gabrielle souffle et lève les yeux au ciel.

— Quelle merde ! Quelle journée de merde !! Vous ne pouviez pas me laisser tranquille ? Je veux dire, ça rime à quoi tout ça ? Venir interrompre mon travail pour me parler de mes pouvoirs. C’est du grand n’importe quoi ! Vous ne pensez vraiment pas que je vais accepter cette proposition ?

— Je suis navré que cela vous mette dans cet état.

— C’est déjà gentil de vous excuser monsieur Stark. Mais il faudrait peut-être revoir votre façon de faire.

— Profitez-en, ça ne lui arrive pas souvent, réplique sarcastiquement Captain America.

— Ma méthode a fait ses preuves pourtant. Mais, le fait est, qu’entre le champ magnétique en Sokovie, ou encore le fait qu’on vous ait vu faire voler une voiture avant qu’elle n’écrase un groupe de personnes…explique l’homme en faisant apparaître grâce à son téléphone une vidéo de l’événement en question. Je pensais effectivement que vous pouviez nous aider.

— Mais comment ? Qui ?

— Un œil de faucon.

— C’est Barton qui vous a parlé d’elle ? interroge subitement Steve.

— J’ai dit que j’avais un témoin. Je ne pouvais pas avoir plus précis et sérieux.

— Barton ? répète Gabrielle.

— Oui, c’est notre Guillaume Tell maison. À cause de son arc…

— Ah okay… J’ai cru que vous parliez de son bras… Non, laissez tomber.

— Dites voir Gabrielle, est-ce que vous avez d’autres pouvoirs ? insiste le philanthrope.

— Je… Effectivement, mais…

Dans un ping-pong verbal, les questions se mettent à fuser.

— Êtes-vous une veuve noire ? commence Tony

— Une veuve noire ? ne comprends pas la jeune femme.

— Un super soldat ? enchaîne Steve.

— Non ! Je ne suis pas soldat.

— Issue d’une expérience scientifique quelconque qui aurait mal tourné ? insiste Tony

— Mais n’importe quoi.

— Une déesse Asgardienne ? interroge à son tour Sam.

— Une quoi ?

— Êtes-vous un agent du S.H.I.E.L.D. ?? continue Steve.

— C’est quoi le S.H.I.E.L.D. ?

— Êtes-vous tombée dans une cuve de produits chimiques ? assène enfin Tony.

— Non ! Quoi ? Mais non ? Arrêtez ! Vous me prenez pour le Joker ou quoi ? Je suis une sorcière ! Juste une sorcière.

— Ah désolé, la place de la sorcière est déjà prise, précise Tony en se reculant dans son fauteuil, les bras derrière la tête.

— Je n’ai pas choisi d’être comme ça. J’ai toujours eu ces capacités, d’aussi loin que je m’en souvienne. Je suis née comme ça. On m’a dit que c’était un héritage familial. Enfin, c’est ce que disait ma grand-mère. J’ai juste appris à m’en servir au fil du temps. Aujourd’hui, je les maîtrise totalement. Mais je ne les utilise quasiment jamais.

— Prouvez-le nous ! Que vous les maîtrisez.

— Vous êtes têtu vous !

— Vous n’imaginez pas à quel point, ironise Steve.

— Qu’est-ce qui vous empêche de nous montrer ?

— Je ne les utilise que lorsque c’est vraiment nécessaire. Comme avec la roquette ou la voiture, il y avait un danger imminent.

Tony Stark se lève d’un bond et tend son bras vers la médecin. Un enchaînement mécanique enveloppe son poignet et un gant apparaît.

— Stark, arrêtez ! hurle Captain.

Gabrielle regarde le milliardaire et ressent tout de suite son intention. Elle a juste le temps de se baisser et de créer un champ de force autour d’elle qu’il lui tire dessus. Steve assène un grand coup sur le bras de Tony Stark et le fusille du regard.

— Mais vous êtes un grand malade ! crie la rousse en se relevant et en envoyant le milliardaire voler contre le mur du fond d’un simple geste de la main.

L’homme s’écrase lourdement contre la porte sous le regard ébahi de ses compères. Steve vient ceinturer la jeune femme qui s’apprête à lever une nouvelle fois sa main vers Iron Man.

— Je suis navré, dit-il en se relevant avec l’aide de Sam. Je n’ai pas trouvé d’autre solution pour que vous acceptiez de nous les montrer.

— Je n’ai pas accepté de vous les montrer, vous m’y avez obligé. Vous auriez pu me tuer !

— Non, ça ne vous aurait pas tué. Bien assommé par contre.

— Ordure ! Mais lâchez-moi maintenant ! ordonne-t-elle au Captain.

— Gabrielle, je suis vraiment désolé. Ne lui en tenez pas rigueur, s’excuse Steve en la relâchant de son étreinte.

Chacun d’un côté de la pièce, les deux adversaires se calment sous les encouragements de Captain America et du Faucon. Pour détourner l’attention, Sam se racle la gorge.

— Comment est-ce qu’ils fonctionnent ? Vos pouvoirs ?

— Je ne sais pas trop. Ils sont liés à mon esprit et à la matière. J’imagine et je crée.

— Ce n’est pas vraiment de la sorcellerie, si ?

— Je crois qu’aujourd’hui on nous appelle plutôt des mutants. Mais, je préfère sorcière, c’est moins péjoratif.

— Ça, c’est vous qui le dites, rit le milliardaire, plein de sarcasme.

Un silence se fait dans la salle. Les trois hommes ne cessent de regarder la rousse, intrigués par les explications. Gabrielle a l’impression d’être une bête de foire. Qu’on la détaille comme du bétail qui irait à l’abattoir. Elle se sent mal à l’aise. Et ça l’agace plus que tout. Elle prend appuis sur la table de réunion, serrant son stéthoscope qu’elle a récupéré.

— Vous êtes vraiment méprisant ! J’espère que vous avez pu poser toutes les questions que vous vouliez car cet entretien s’arrête là ! dit-elle en tapant sur la table avant de se redresser. Je n’ai aucune raison de le poursuivre. Et si vous vous demandez pourquoi, c’est tout simplement parce que je ne vais pas vous rejoindre. Je ne veux pas utiliser mes pouvoirs, quelle qu’en soit la cause. Je ne remets pas en question vos activités mais chacun ses luttes. Les miennes sont ici, à l’hôpital.

— Nous comprenons très bien, docteur, acquiesce Steve.

— Je n’en espérais pas mieux !

Gabrielle sert vigoureusement les mains de chacun en leur adressant un hochement de tête. Chaque contact lui apporte un ressenti particulier. Un état des émotions de chacun, ce qu’ils laissent émaner de leur esprit. Une autre de ses particularités.

— Bonne journée à vous messieurs.

La jeune femme quitte la pièce rapidement, laissant les trois super héros penauds.

— Bon et bien ça n’a pas marché, conclut Iron Man.

— Vous étiez vraiment obligé de l’attaquer ? râle Captain America.

— Ça nous a au moins permis de voir de quoi elle était capable.

— Toujours dans la démesure Tony ! rit Sam tandis que le blond secoue la tête pour désapprouver.

— Ben quoi ? rétorque le brun en haussant les épaules.

Au rez-de-chaussée, la médecin est sortie sur le parking des ambulances. Cette rencontre l’a éprouvée. Elle, qui fait attention depuis des années, à l’impression de s’être fait prendre au piège. Elle sait très bien qu’elle a été vu, normal à partir du moment où elle utilise ses pouvoirs en public. Mais elle n’aurait jamais pensé qu’on parlerait d’elle ou qu’elle puisse intéresser la team la plus célèbre de super-héros. Encore faut-il qu’ils comprennent son point de vue. Après tout, qu’est-ce qu’elle a fait de mal ? Il n’y a pas de quoi la considérer comme une menace. Elle a toujours pensé faire le bien autour d’elle... Enfin, réflexion faite, depuis quelques années surtout. Si elle repense à son adolescence, ses nombreuses embrouilles n’étaient pas toujours dans une optique très... positive. Mais ce n’était jamais des choses très méchantes... Enfin… Pas toujours. Gabrielle souffle. Elle se dit qu’il faut vraiment qu’elle arrête d’essayer de se convaincre d’une certaine vérité. Elle a fait de la merde étant ado et voilà. Mais, c’est le passé ! Maintenant elle est médecin, elle sauve des vies et si ses pouvoirs peuvent aider, c’est que du bonus... Sa réflexion intérieure est interrompue par l’homme qui s’est planté à ses côtés.

— Docteur Ross, je suis vraiment navré que nous soyons partis sur de mauvaises bases, avoue péniblement le milliardaire qui enlève ses lunettes pour les essuyer. Et je n’aurai pas dû vous attaquer. C’était très maladroit de ma part. J’ai le sentiment que mon impatience vous a fait peur. Comme a dit le Captain, nous n’avons aucune hostilité envers vous. Mais si un jour vous souhaitez partager vos savoirs et vos pouvoirs avec nous, nous serions très heureux de travailler avec vous.

— Vous savez monsieur Stark, même si mes pouvoirs sont une part essentielle de ce que je suis aujourd’hui, je ne les utilise quasiment pas. J’ai une vie tout au plus normale. À une époque, ils ont failli faire de moi quelqu’un que je ne veux plus être. C’est pour cela que j’ai préféré ne plus les mettre en avant. Mais sachez que je sais faire les bons choix et les utiliser quand cela est nécessaire.

— Comme avec la roquette ?

— Exactement !... J’ai bien entendu tout ce que vous m’avez dit et je ressens en votre for intérieur l’inquiétude que vous avez quant à la sécurité du monde et de ses habitants. C’est tout à votre honneur et c’est très altruiste. L’inquiétude que vous portez à vos proches également. Sous cette carapace d’homme sarcastique, il y a un vrai cœur. Et ça, je sais que certains en doutent…

— Vous avez une sacrée facilité à analyser tout ça... c’est aussi un de vos pouvoirs ?

— Les mystères sont nombreux dans l’univers, monsieur Stark.

— Si vous me le permettez, je vous propose que nous repartions sur de bonnes bases vous et moi, lui soumet-il en lui tendant la main. Bonjour, je suis Tony Stark. Je suis enchanté de faire votre connaissance, docteur ?

— Gaby ! Appelez-moi juste Gaby.

— Dans ce cas, juste Gaby, appelez-moi juste Tony. Je vous laisse également ma carte. N’hésitez pas à me contacter si vous voulez papoter, me faire une démonstration de vos pouvoirs, si vous avez besoin d’un coup de main pour quoi que ce soit ou juste foutre une raclée à une paire de méchants.

— Vous ne perdez jamais le nord vous.

— Il paraît !

Le milliardaire remet ses lunettes de soleil alors qu’une grosse voiture s’avance devant eux. Il ouvre la porte et se tourne une nouvelle fois vers la rousse.

— Je ne dis jamais les choses à la légère. Alors, n’hésitez pas !

Il s’engouffre dans le véhicule qui démarre aussitôt. Gabrielle la regarde partir, incrédule devant ce qu’il vient de se passer. Par la proposition qu’on lui a faite. Elle pouffe en y repensant. Chassant de sa tête cette parenthèse. Retournant à l’intérieur du bâtiment terminer sa garde. Un retour dans sa réalité.





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