l'inattendu

Tous droits réservés ©

Résumé

Depuis le décès de ses parents, il y a plus de dix ans, Steve est entièrement dévoué à son ranch. Il mène des jours heureux, mais réalise avec le temps qu’il lui manque quelque chose pour que sa vie soit tout à fait parfaite : la présence d’une femme à ses côtés, pour partager son quotidien. Un matin de juillet, sa vie prend un tournant inattendu lorsqu’il découvre le corps d’une jeune femme, laissée pour morte sur un sentier, lui appartenant. Rapidement, il l’a conduit à l’hôpital, et qu’elle ne fut pas sa surprise lors de son réveille : sa perte de mémoire. Aucun moyen de savoir ce qu’elle a vécu pour se retrouver dans cet état, ni même de connaître son nom. Déterminé à lui apporter son aide pour trouver réponse à ses questions, il la ramène chez lui. Des sentiments commencent à se forger entre eux, mais malheureusement, la vie n’est pas toujours facile. Plusieurs obstacles se dressent sur leur chemin et mettent leur amour en péril. Est-ce que leur amour sera assez fort pour surmonter tout ou perdront-ils cette bataille ?

Statut :
En cours
Chapitres :
36
Rating
4.7 3 avis
Classification par âge :
16+

Prologue

Tranquillement, j’ouvre les yeux et constate que ma vision est brouillée. Je cligne plusieurs fois, dans l’espoir qu’elle se replace. Il me suffit de quelques battements supplémentaires pour enfin y parvenir. À cet instant, je constate que tout est noir autour de moi, mais ce qui m’effraie le plus, c’est que je ne reconnais pas cet endroit. Je n’ai même aucun souvenir de la manière par laquelle j’y suis parvenu. À ce moment, un frisson d’effroi me transperce le corps et les battements effrénés de mon cœur sont incontrôlables dans ma cage thoracique.

Une fine pluie tombe sur moi et des picotements parcourent mon corps. Je suis également prise de tremblements incontrôlables. Mes dents claquent ensemble, ce qui signifie que je dois être dans cette position depuis un bon moment déjà. Je prends donc une bonne inspiration et commence à remuer chaque extrémité de mon corps pour évaluer mon état. Malheureusement, je dois rapidement y mettre fin, puisque tout mon corps me fait atrocement souffrir. Des larmes coulent sur mes joues et je sens le découragement prendre possession de tout mon corps. Au bout d’un certain temps, une pensée rationnelle me vient à l’esprit. Tu es forte, lève-toi, tu en es capable. Cela me donne l’espoir et la motivation qui me manquaient pour essayer de m’en sortir vivante.

Je passe par-dessus cette douleur qui me scie de toutes parts et mes sens se remettent à fonctionner. Une odeur d’humidité et de sapin parvient jusqu’à mes narines ; je suis probablement dans une forêt ou, du moins, à un endroit qui y ressemble. Une substance visqueuse et froide colle à ma peau. J’y plonge donc les doigts, puis porte l’une de mes mains près de mon nez pour essayer d’analyser ce liquide. Rapidement, je me rends compte que je suis couchée sur le dos dans une mare de boue gluante et poisseuse.

Toujours avec l’aide de cette main, je la passe sur mon corps et constate que je suis nue. Mais pourquoi ? Voilà, une question à laquelle je n’ai pas de réponse. Mes yeux commencent à s’adapter à l’obscurité de cet endroit. Je vais donc enfin pouvoir découvrir réellement le décor dans lequel je me trouve et essayer de trouver le moyen de me sortir d’ici rapidement.

J’essaie de m’asseoir, mais la tâche n’est pas simple. Après plusieurs tentatives infructueuses, je réussis, mais l’épreuve me coupe littéralement le souffle et réveille une douleur qui était jusqu’alors inconnue dans mon corps. Cela me rapproche du seuil de l’évanouissement. Des points noirs obstruent ma vision et je me sens faiblir. Je dois respirer tranquillement pour reprendre contenance si je veux me sortir de ce cauchemar en vie.

Après avoir effectué l’analyse de mon état, j’en viens à la conclusion que j’ai quelques côtes fracturées. Je bouge donc mon autre bras pour l’installer en dessous de mes seins afin d’atténuer cette souffrance, mais un éclair de douleur me foudroie à cet instant. Il est lui aussi fracturé. Malheureusement, je dois tout de même me servir de lui comme soutien, peu importe son état, puisque l’autre bras est le seul à pouvoir m’aider à me lever, au moment opportun, car jusqu’à présent, il est toujours fonctionnel.

Assise au même endroit depuis un bon moment déjà à essayer de reprendre mon souffle, j’essaie de me souvenir de ce qui m’est arrivé. Rien, c’est le néant total et je ne comprends pas pourquoi d’ailleurs. Le simple fait de réfléchir me donne mal à la tête. Je dois donc m’arrêter pour essayer de la calmer si je veux avoir une petite chance de m’en sortir avant que quelque chose n’éclate à l’intérieur de celle-ci.

J’entends un loup hurler au loin et la peur s’infiltre en moi. Je ne me sens pas du tout en sécurité en ces lieux. Je dois donc me mettre en route rapidement, avant qu’il ne décide de me prendre pour son repas.

Je jette un œil aux alentours pour essayer de me localiser, mais la seule chose que je vois, ce sont des arbres. Rien d’autre que des arbres et des feuilles ainsi que le bruit du vent qui souffle sur ceux-ci. J’arrive à peine à imaginer que tout ceci soit bien réel. Ce décor me donne la chair de poule et on le croirait tout droit sorti d’un film d’horreur.

Avec une force et une volonté que je ne croyais pas avoir en moi, je finis par me mettre sur les genoux. Je lève légèrement la tête et mon regard s’arrête sur un tronc d’arbre devant moi. Je lève donc mon bras valide, puis je m’appuie sur celui-ci avec le peu de force qu’il reste en moi et je me lève, difficilement. J’ai dû me reprendre à plusieurs reprises, pour enfin y parvenir. Aussitôt sur pied, mes jambes sont faibles et tremblent. J’arrive à peine à croire que je vais pouvoir sortir d’ici en vie.

Je m’appuie sur lui pour reprendre mon souffle et pour que tout arrête enfin de tourner autour de moi. Je suis prise de haut-le-cœur et mon corps me fait souffrir à l’extrême. J’ai peur et je ne sais vraiment pas comment je vais faire pour me sortir de ce cauchemar. Un peu plus loin, mon regard se fige sur un point et, par miracle, un sentier se dessine devant moi. J’hésite à marcher vers lui, mais je ne vois pas d’autre issue possible dans cette obscurité.

Après quelques minutes, je mets de côté cette douleur et j’amorce ma route avec l’espoir de m’en sortir vivante, parce que je dois avouer que le temps joue contre moi. J’ai tellement peur. Je ne veux surtout pas mourir seul, ici.

J’entends le hululement d’une chouette, ainsi que plusieurs bruits d’animaux différents. Tout ce mélange de sons réussit à me glacer le sang. Je dois faire vite, me dis-je à moi-même. Je ferme les yeux quelques instants, prends une grande inspiration et mon instinct de survie prend le dessus. Je quitte donc le tronc d’arbre et commence à me diriger d’un pas lent et incertain vers ce sentier.

Je m’arrête un moment, puisque mes pieds me font souffrir. Tout ce qui se trouve au sol s’enfonce à l’intérieur et me blesse encore plus, mais, au point où j’en suis, ce n’est qu’une douleur de plus à ajouter à la longue liste déjà préétablie. Je n’arrive même pas à concevoir que je sois toujours en vie, mais la question est : « Pour combien de temps encore ? »

Je me remets en marche tranquillement, la respiration sifflante, en faisant attention aux endroits où je pose les pieds. Je dois m’aider des arbres présents pour réussir à avancer. Je marche à petits pas, depuis je ne sais combien de temps, puis m’effondre sur le sol en pleurs, fatiguée et à bout de force. Épuisée, je finis par m’endormir avec l’espoir que quelqu’un me retrouve avant qu’il ne soit trop tard.