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Fallon T1

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Résumé

2074 La guerre éclate transformant Opìa en un vrai champ de bataille. C’est l’apocalypse. Le gouvernement demande à la population de se regrouper dans les camps de leur district pour se faire administrer le vaccin au virus Pygrum 47 qui se met à circuler à la suite de cette guerre et qui décime peu à peu les survivants. 2085 Seth Lazarus, ancien combattant lors de la guerre de 2074-2081, ne le sait pas encore, mais il va lui-même rejoindre les Fallons après avoir découvert ce que cache le gouvernement. Il va tout faire pour libérer sa meilleure amie de ce celui-ci en s’alliant à d’autres Fallons. Réussira-t-il à gagner contre un pays entier ?

Genre :
Scifi/Romance
Auteur :
NOWICKA
Statut :
Terminé
Chapitres :
1
Rating
n/a
Classification par âge :
18+

Prologue

SETH

2074, District Bram

Avis à la population. Des camps dans lesquels vous pourrez trouver refuge ont été installés dans tous les districts. Je répète, le gouvernement a installé des camps pour vous réfugier dans tous les quartiers d’Opìa, soit ceux d’Orlie, de Bram, de Rook et de Nexus. Il n’y en aura aucun chez les Syn’talas qui devront se rendre au district le plus proche pour être pris en charge.

La radio grésille et émet des sons aigus qui font hurler mes tympans avant que ma mère ne finisse par l’éteindre pour le plaisir de mes oreilles. J’ai l’impression qu’elle bourdonne encore. Je ne comprends pas pourquoi maman garde encore cette vieillerie qui doit dater de l’ancien monde.

- Prépare tes affaires. On doit vite rejoindre le camp de Bram, m’ordonne-t-elle avec empressement.

Je m’exécute sans perdre de temps et quitte la table sur laquelle nous déjeunions. J’aurais bien voulu finir mes tartines, mais la situation ne s’y prête pas. La guerre vient de mettre le pays en état d’alerte et je dois bien avouer qu’une douce anxiété gonfle lentement mon torse.

Je remplis un sac de vêtements avant d’y fourrer mon téléphone et mes écouteurs. Dehors, les éclats de balles fusent et des bombardements nous assourdissent à quelques pâtés de maisons seulement. Ce serait mentir que de dire que je n’ai pas peur. Malgré tout, le comportement de ma mère, qui semble avoir le contrôle de la situation, a le don de me rassurer. Elle insuffle en moi un sentiment d’apaisement. Ça ne dénoue cependant pas mon estomac qui se tord dans tous les sens.

Les ennemis se sont dangereusement rapprochés. Si nous pouvions rester à l’abri et en sécurité jusqu’ici, ce n’est plus le cas depuis plusieurs jours. Opìa est en train de s’écrouler et perd lentement son territoire.

- Le camp est au nord du district. La route est trop risquée pour espérer prendre la voiture. Nous devons marcher jusqu’à là-bas, m’informe ma mère qui tente tant bien que mal de dissimuler ses mains tremblantes.

Je sais qu’elle aussi est terrifiée. Pourtant, elle reste forte et s’acharne à ne rien montrer, pour que je ne commence pas à paniquer. Je l’en remercie du plus profond de mon cœur. Elle n’imagine pas à quel point ça compte. Dans n’importe quelle situation, même la pire, elle se soucie toujours de moi. Je ne sais pas ce que je ferais sans elle… Cette femme est mon roque. Je penserais à lui montrer toute la reconnaissance qu’elle mérite amplement une fois qu’on sera à l’abri.

Après une bonne dizaine de minutes de marche en s’abritant au mieux, je commence à trouver le temps long. Je n’aime pas particulièrement marcher et mes muscles se crispent déjà.

- On arrive bientôt, me rassure ma mère, qui m’entend soupirer d’ennui comme d’épuisement.

Je lui souris faiblement en balayant les alentours du regard avec une profonde tristesse. Tout s’écroule un à un. Les magasins se font détruire par les balles, les aires de jeux disparaissent en quelques bombardements et les autres infrastructures s’écroulent dans un souffle de poussière. Notre monde est réduit en miettes, bout par bout, par l’ennemi et ça fait mal à voir.

Ces quartiers dans lesquels j’ai grandi, où je jouais autrefois avec insouciance et joie, ne sont plus qu’un tas de ruines et de cendres. Je vois les gens tomber un à un sous le coup de balles ou, dans le pire des cas, de missiles. Des cris d’horreur fusent dans une étrange dissonance.

Je ne comprends pas très bien les enjeux politiques ayant mené à cette guerre. Tout ça est très flou pour moi. J’avoue ne pas avoir été très attentif en cours à ce moment. D’après les quelques informations que j’ai pu voir défiler à la télé, il y a, depuis de nombreuses années, des tensions entre Opìa et le pays voisin. Il me semble qu’il s’agit de territoire et de prise de pouvoir.

L’attaquant veut les ressources de notre pays et assouvir son régime politique à notre société. À mon avis, c’est juste un prétexte pour faire la guerre. Le dirigeant du pays ennemi est connu pour ça… Il est assoiffé de sang.

Mon fil de pensées est interrompu par le cri soudain de ma mère. Je tourne les yeux dans sa direction et tout se passe très vite. Trop vite à mon goût.

- Cours Seth ! m’ordonne-t-elle.

Je n’ai pas le temps de cligner des yeux que je suis projeté à quelques mètres. Ma vision est obstruée par la poussière autour de moi. Je n’entends plus rien. Je me relève difficilement en pressant mes oreilles qui sifflent.

J’ai l’arcade sourcilière ouverte, mais sur le coup, je ne sens pas la douleur. Je le devine seulement au sang qui coule le long de ma joue. Je me concentre sur ce qui m’entoure avec une attention particulière.

La poussière se dissipe, me laissant entrevoir la scène apocalyptique qui me fait face. Un gros cratère entrave la route, il y a des débris et des corps partout. C’est un vrai carnage

Je reste quelques secondes, horrifié par ce à quoi mes yeux assistent. Je plaque une main sur ma bouche pour m’empêcher de vomir alors que la bile me monte à la gorge. Mon corps est tourmenté par des vagues de chaleur avant que des frissons ne me parcourent la peau. Je refoule des larmes en cherchant ma mère du regard.

- Maman !? je m’écrie en la retrouvant sous les débris d’un immeuble voisin.

Mon estomac se tord avec une violence qui fait perdre toute couleur à mon visage. Cette fois, impossible de me retenir, je pleure à chaudes larmes alors qu’elle me rassure d’une voix faible, presque inaudible. La panique s’empare de mon corps et le fait trembler comme une feuille.

- Ne t’inquiète pas Seth, cours vite au camp, mon grand.

- Mais je ne peux pas te laisser ici… C’est hors de question !

Son visage est sale de poussière et de sang. J’essaye de la dégager des débris qui lui entravent les jambes, mais rien à faire. Ça ne bouge pas. C’est bien trop lourd pour la seule force de mes bras.

Je crie de toutes mes forces pour appeler à l’aide, jusqu’à m’en briser les cordes vocales, en vain. Tout le monde est trop occupé à fuir pour se soucier de nous, ce qui est compréhensible. On aurait fait pareil.

Je regarde autour de moi, l’air affolé, mais il faut se rendre à l’évidence, c’est la fin. Mes cris finissent simplement par se mêler aux autres. Je ne suis qu’un grain de sable, parmi tant d’autres, sur une immense plage. J’ai l’impression qu’une force vient écraser mon cœur dans sa paume.

Je sens la main fébrile de ma mère se glisser dans la mienne et y déposer quelque chose.

- Pars vite ! m’ordonne-t-elle dans un dernier souffle.

Je contemple son visage qui perd peu à peu la vie, ses yeux qui perdent de leur intensité jusqu’à devenir deux billes vides. J’ai le visage inondé de larmes qui ne veulent cesser de couler. Ma bouche s’ouvre dans un hurlement silencieux alors que je suis plié en deux.

J’ouvre ma main et y découvre son collier – je ne l’ai jamais vu sans auparavant. Je le serre fort, connaissant sa symbolique et espérant m’imprégner de ma mère, avant de le passer autour de mon cou et de le glisser sous mon t-shirt une fois attaché.

Je suis incapable de bouger pendant de longues minutes face à son visage autrefois rayonnant qui est maintenant inerte et sans vie. Je sais que si je pars, je ne la reverrai plus jamais et je n’arrive pas à m’y résoudre, c’est trop dur à accepter. Elle est la personne la plus importante pour moi, elle est ma seule famille, je ne peux pas vivre sans elle… La douleur est trop affligeante, je n’arrive pas à réaliser ni à passer au-dessus rien qu’un instant.

Je lui caresse les cheveux d’une main tremblante et lui embrasse le haut du crâne avant de me relever dans un élan de motivation. Si je ne pars pas maintenant, je ne partirais jamais.

Je chancelle quelques secondes, tel un ivrogne, avant de retrouver ma stabilité. Je renifle en essuyant mon visage. Je ne me suis jamais senti aussi brisé et vide.

- Je promets de te venger, juré-je devant son cadavre, la mâchoire crispée et les poings serrés.

Je compte bien tous les faire payer, peu importe si ça doit me prendre une éternité. Je vais les anéantir tous autant qu’ils sont pour me l’avoir enlevé et ma rage ne s’atténuera qu’après ma vengeance accomplie. Je compte utiliser ma peine comme arme.

Des coups de feu fusent à quelques mètres de moi. Il ne m’en faut pas plus pour détaler comme un lapin, jetant un tout dernier coup d’œil au visage de ma défunte mère. J’ai du mal à m’imaginer ne jamais la revoir, mais je ne souhaite pas mourir aujourd’hui. Je dois vivre pour elle.

Notre pays est réduit à néant, c’est l’apocalypse. Pire que l’Enfer lui-même…

Un dangereux virus, appelé Pygrum 47, circule actuellement dans le pays. Je vous invite d’urgence à rejoindre les camps de vos districts pour y trouver sécurité le temps de fabriquer un vaccin. Je répète…

La voix robotique de l’homme résonne dans les haut-parleurs de la ville, diffusant tout un tas d’informations depuis les sièges du gouvernement. Ces alarmes qui résonnent à longueur de temps me file un mal de crâne.

Je rejoins rapidement le camp du district Bram où je suis pris en charge dès mon arrivée. Des médecins m’examinent afin de définir si j’ai attrapé le virus, puis soignent mes blessures apparentes avant de m’ausculter brièvement. Pendant ce temps, je fixe l’hologramme qui diffuse les dernières nouvelles. Le président Muller vient d’être retrouvé mort dans son bureau. Les causes de son décès restent encore floues, même si des indices laissent penser que c’est l’ennemi qui en est la cause. Nous mettrons tout en œuvre pour mettre fin à ces massacres.

Tout le monde émet des bruits de surprise suite à cette annonce et un brouhaha pas possible se crée dans la pièce. J’ai l’impression que ma tête est sur le point d’exploser.

Ma jambe est prise d’un tic nerveux alors que j’écoute attentivement l’hologramme.

Je veux venger ma mère. Ceux qui lui ont fait ça doivent payer, de même pour ceux qui ont tué le président. Je suis plus que résolu à les punir, même si ça doit me coûter la vie, ce sera pour la bonne cause. Ils vont expier leurs péchés et ramper au sol, demandant le pardon et la rédemption, mais je les anéantirai quand même. Ils sentiront le poids de leurs actes, comme un insecte écrasé par une chaussure. J’incarnerai l’ange de la mort en personne. Qu’ils soient prêts à finir étouffés par la lourdeur de ma vengeance.

- Excusez-moi, savez-vous s’il est encore possible de s’engager ? j’interpelle une infirmière qui passe.

- À l’armée ?

J’opine de la tête. Elle m’informe que les milices du pays manquent cruellement de soldats à cause de la pression exercée par l’ennemi.

- Il faut cependant avoir 17 ans minimum avant de vouloir t’engager, m’informe-t-elle ensuite.

Je hoche la tête, déterminé. J’ai 17 ans dans quelques mois à peine. D’ici là, je dois encore survivre… Et me forger.

Je tripote nerveusement le collier de ma mère, le regard sombre rivé droit devant moi.

- Je promets de te venger, je murmure pour moi-même.

Ce sera mon mantra durant de nombreuses années pour ne jamais oublier pourquoi je me suis engagé.

A SUIVRE

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