A qui sait bien aimer, il n'est rien d'impossible

All Rights Reserved ©

Summary

Nicholas - ou Nick - a 30 ans. Fils du célèbre Mr. Saint-Claire, et PDG de son entreprise. Mais sa célébrité vient perturber sa tranquillité. Malgré elle, et surtout à cause d'elle, difficile de trouver chaussure à son pied. Pourtant, ce ne sont pas les filles qui manquent ! Mais il recherche l'amour. Le vrai. Alors quand une petite brunette aux yeux bleus s'avance vers lui pour lui proposer un coup d'un soir des plus atypiques, c'est tout son monde qui s'en retrouve chamboulé. Surtout quand il découvre qui elle est vraiment. Et ce qu'elle peut lui apporter. Delancy - ou Lanc - a 24 ans. Elle a débarqué à Seattle avec sa meilleure amie, Lexa, pour refaire sa vie et tenter de limiter la casse. Continuer d'avancer tout en encaissant le choc. Seulement voilà, au bout de six mois, elle en est toujours au même point. -Il te faut un coup d'un soir, la pousse Lexa. Il faut que tu oublies Chad. Il ne mérite pas que tu verses des larmes pour lui... Le beau brun. C'est lui que tu vas te taper ! Coucher pour oublier ?! Totalement impensable pour cette romantique qui a pourtant perdu la foi en l'amour. Mais qu'en sera-t-il quand les familles viendront semer la zizanie ? Quand le contrôle sur sa vie et sa liberté ne tiendront qu'à un fil, celui qui l'unie à lui ? Et surtout quand elle découvrira que ce bel inconnu est en réalité bien plus que ça.

Status
Complete
Chapters
37
Rating
4.8 36 reviews
Age Rating
18+

1. Delancy (Lanc)

- T’es prête ? Allô la terre ? Lanc !

Ma meilleure amie s’excite derrière la porte comme une folle. Ça fait quarante-cinq minutes qu’elle me tanne pour qu’on sorte. Selon elle, je suis devenue associable depuis que j’ai quitté Chad. C’était mon petit ami depuis près de trois ans. Mais il m’a trompé, l’enfoiré. Un soir, je suis revenue du boulot plus tôt que prévu. J’étais passée chez son traiteur préféré. J’avais même acheté de la nouvelle lingerie rien que pour lui. Ça faisait trois mois que je ne l’avais pas vu – il parcourt le monde pour faire des guides touristiques – alors je voulais que tout soit parfait. Mais mon beau petit rêve a viré au cauchemar quand j’ai découvert sa secrétaire sur lui, dans notre lit, en train de gémir son prénom. J’étais tellement choquée que je n’ai même pas réussi à bouger le petit doigt. Mon esprit me disait qu’il fallait que je m’en aye, mais mon corps refusait de décamper. Et plus je restais, plus j’avais mal. Je me sentais salie et humiliée. Quand j’ai enfin réussi à décrocher mes yeux de l’horrible spectacle – oui parce qu’ils étaient bien trop occupés pour remarquer ma présence – j’ai fait mes affaires et je suis partie. Loin. Très loin. A vrai dire j’ai déménagé. Je me suis installée en colocation avec Lexa à Seattle, laissant derrière moi Los Angeles. Une maudite ville, selon moi. Et ça m’a permis d’être plus proche de mon frère, aussi. On est comme des jumeaux. Mais même en ayant pris un nouveau départ à plus de mille kilomètres, je n’arrive pas à passer à autre chose. J’ai beau avoir choisi cette rupture, elle n’en reste pas moins douloureuse. Je n’arrive pas à m’en remettre. Et surtout, je ne suis pas près de refaire confiance à un homme de sitôt. Ça fait six mois, maintenant, et je n’ai toujours pas retrouvé ma joie de vivre. Je me lève – et c’est un bien grand mot puisque je ne dors jamais –, je pars travailler, je rentre, je travaille encore, je vais faire un footing dans l’espoir de réussir à m’endormir, et je m’écroule dans les alentours de deux ou trois heures du matin. Et c’est reparti pour un tour. Voilà à quoi se résume ma vie. Je travaille. Je ne fais que ça. A tel point que la plupart de mes amis ont fini par abandonner l’idée que je sorte. Mais ce soir, il faut croire que ce n’est pas de mon ressort. Lexa a bien l’intention de me faire bouger mon popotin de mon lit.

Me secouer, son activité préférée !

Lexa, c’est ma meilleure amie depuis dix ans. On s’est rencontrées au lycée. Dès les premiers instants, j’ai su qu’elle serait ma best Friends pour la vie. Cette fille, c’est une bouffée d’air frais. Elle est chiante au possible, mais elle sait toujours s’arrêter quand il le faut. Elle me pousse toujours à me surpasser dans des domaines qui ne me parlent pas vraiment – et l’amour en fait notamment partie. Contrairement à moi, elle se fout de pas mal de choses. Elle déteste les règles là où moi, je les suis à la lettre. Elle est toujours décontractée, souriante. Tout ce que je ne suis pas. Et c’est peut-être pour ça qu’on s’entend si bien. On a beau se rendre folles, on aide toujours l’autre à devenir une meilleure version d’elle-même. On s’aide et on ne se lâche jamais, quoi qu’il arrive. Et c’est bien pour cette raison qu’elle tente maintenant de défoncer ma porte de chambre à l’aide de je ne sais quoi. Elle veut que je m’éclate. Que je pense à autre chose. Mais c’est plus fort que moi. Je n’y arrive pas. La tromperie de Chad reste gravée dans ma mémoire et je revois en boucle la scène de ménage qui m’a appris la vérité.

- Tu n’es qu’une gamine ! hurle-t-elle à mon intention en frappant la pauvre porte qui ne lui a pourtant rien fait.

Je ne réponds pas parce qu’on partirait dans une conversation que je ne souhaite pas avoir. Pas encore. Elle va me sermonner en me disant que je vis comme une nonne et qu’il faut que je me bouge si je veux que ça change. Je suis presque d’accord avec elle – sauf sur le fait que je vis comme une nonne, elle exagère un peu – mais je ne suis pas prête à tenter autre chose. J’ai déjà quitté mon poste de directrice marketing à cause de mon patron. Un vrai connard, lui aussi. Il passait son temps à me déshabiller de son regard de pervers et à me tourner autour. J’en ai eu marre alors j’ai démissionné. J’y ai beaucoup réfléchi parce que je ne voulais pas donner raison à ma mère, ni à mon père. Il m’a toujours dit que je méritais bien plus et que j’avais été folle de refuser l’offre d’un conservatoire. En effet, la musique est ma passion depuis que je suis toute petite. Je joue du violon et j’avais réussi à me faire remarquer par Julliard. Ce n’est pas rien. Mais j’ai beau adorer me laisser guider par la mélodie qui sort de mon instrument, je n’ai jamais eu pour ambition d’en faire mon métier. Moi, ce que je veux, c’est travailler dans la publicité. Alors quand il a appris que j’avais refusé d’y aller, il a presque pété un plomb. Je crois que ça l’a blessée parce que j’avais la chance de pouvoir y aller alors que lui ne l’avait pas eu, cette chance. Mon père joue du violoncelle depuis ses quatre ans, et même en travaillant comme un forcené, il n’a jamais réussi à faire de sa passion son métier. Je pense qu’il vivait son rêve par procuration et qu’il est tombé de haut quand il a découvert que je ne prendrai jamais le même chemin que celui qu’il avait essayé de suivre. Depuis, je fais tout pour lui prouver que j’ai eu raison d’écouter mon cœur, mais l’entreprise dans laquelle je me suis faite embauchée et mon pervers de patron ne m’y ont pas beaucoup aidé. Il a fallu que je vois la vérité en face. Je n’avais rien à faire là. Alors j’ai donné ma lettre de démission et je suis partie. Ça fait un mois maintenant et je n’ai toujours rien retrouvé. Ça commence à me stresser. Même si on vit en coloc, les fins de mois sont difficiles. J’ai des économies en réserve, mais elles fondent à vue d’œil et il est absolument hors de question que je demande à ma mère de me prêter de l’argent. Je crois que je me suis déjà assez ridiculisée comme ça. Oui, parce que ma mère a le même point de vue que mon père. Enfin presque. Elle déteste mon travail mais en vérité, elle aurait détesté n’importe quel travail si ce n’est celui qu’elle m’offrait dans sa belle petite entreprise.

Je suis en train d’éplucher un site d’emplois quand je reçois un message de la part de la boite d’intérim que j’avais contactée il y a peu. C’est Sophie. Elle me prévient qu’elle m’a trouvée un poste dans une entreprise qui fait de la publicité. Mon rôle sera de m’occuper de dossiers de clients. Bon, ce n’est peut-être pas aussi bien que mon ancien poste, mais c’est toujours mieux que rien. Je lui réponds que je suis intéressée et elle m’envoie les papiers que je dois remplir et signer. Je lance l’impression et me lève pour aller récupérer mon nouveau contrat de travail. Dans le salon, Lexa est posée sur le canapé et regarde une série débile. 

Elle a fini par lâcher l’affaire.

- T’as fini de bouder ?! me lance-t-elle. On peut enfin parler entre adultes ?

Ou pas.

Je m’empare des feuilles, les lis rapidement sous l’œil interrogateur de ma coloc, et les signe. Je les scanne et c’est tout bon. Plus qu’à renvoyer tout ça à Sophie. Je suis toute contente d’avoir un nouveau travail, ce qui n’échappe pas du tout à Lexa qui a arrêté la télévision pour se tourner vers moi, une avalanche de questions sur le bout de la langue.

Je suis bonne pour un interrogatoire.

- Toi, tu as décroché un job. Je me trompe ?

Elle me connaît par cœur. C’en est presque flippant.

- Oui.

- Et on va fêter ça ou on va rester ici comme deux vieilles de quatre-vingt-dix ballets à jouer au scrabble ?

Qu’est-ce qu’elle peut m’agacer quand elle me parle comme ça ! Mais bon, je l’aime trop pour la détester.

- Champagne ? proposé-je.

- Ça dépend. Dans un bar ? continue-t-elle.

Mais qu’elle… ! Aghr…

- Très bien. Tu as gagné. On va dans un bar. Mais on ne rentre pas trop tard ! la prévins-je.

- Oui maman ! me sourit-elle.

Quand elle fait ça, ça veut dire qu’elle prépare quelque chose. 

Je ne sais pas ce que c’est, mais je m’attends au pire !