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L'amour en cycle court

Résumé

Un lavomatic à Brooklyn. Elle, Maxine. Rousse, drôle, bavarde, un peu gaffeuse, brillante sans le savoir. Lui, Bucky Barnes. Réservé, discret, peut-être un peu trop, abîmé par l'Histoire. Un jeudi soir, leurs chemins se croisent entre deux cycles de lavage. Aucun rendez-vous n'est donné, pourtant chacun y revient. Cette histoire se tisse au rythme des silences, des rires, des livres lus à voix haute.

Genre :
Romance
Auteur :
Abgs.auteur
Statut :
En cours
Chapitres :
18
Rating
n/a
Classification par âge :
16+

Machine numéro 3

Le soleil tarde à se coucher sur les rues de Brooklyn en ce jeudi soir de septembre. Il fait encore doux et les gens se baladent allègrement en promenant leur chien ou entre amis pour rejoindre le pont qui mène à Manhattan.

Au milieu d’eux, James Barnes, portant un sac de voyage qui semble plein, slalome. Contraint par une panne de machine à laver, il rejoint le petit lavomatic au bout de sa rue.Le bruit des tambours de machines résonne entre les murs pâles de l’office coincé entre un traiteur coréen et une boutique de clés minute. L’endroit sent le savon tiède, l’humidité et un fond de musique old school que personne n’a jamais osé éteindre.

Il s’arrête sur le seuil de la porte pour analyser ce qu’il l’attend. Les machines sont alignées, au centre de la pièce et de chaque côté du mur, les hublots ouverts pour certaines. Des paniers sur roulettes sont abandonnés ça et là. Au fond, une rangée de chaises bancales trône, désespérément vide. Comme la boutique.

Seule, assise sur une machine à laver, une femme lit. Elle est là depuis un moment. En tailleur, casque vissé sur les oreilles, les pages de son roman battant doucement au rythme de son pied qui tapait sur le métal. Rousse, la trentaine bien installée, un look un peu vintage, salopette retroussée, Converse élimées, grosse monture de lunettes. De celles qu’on porte quand on n’a pas peur d’être vue. Ou qu’on veut être vue, justement.

C’est Maxine. Max, pour les intimes.

Il la remarque immédiatement. Elle aussi, mais ne relève même pas les yeux. Il a cette façon hésitante d’approcher les distributeurs de lessive comme s’il craignait qu’ils explosent. Grand, un peu voûté, la barbe de trois jours impeccable, une veste noire qui semble contenir à peine ses épaules. Il s’arrête devant une machine inoccupée et lit les consignes comme s’il déchiffrait une langue étrangère.

Max détourne les yeux, mais derrière son bouquin, elle l’observe. Il a l’air paumé, le genre à mettre l’adoucissant dans le bac à lessive.

Il se débat avec les programmes, retourne sa chaussette dans le mauvais sens trois fois. La machine clignote dans un langage codé que James ne maîtrise pas. Il plisse les yeux, froisse une étiquette, peste à mi-voix. Tout chez lui cri « discret », mais la tension dans ses épaules le trahit. Au bout de quelques minutes de lutte silencieuse, il laisse échapper un soupir discret, mais visible.

Elle lève un œil, esquisse un petit sourire moqueur, un coin de bouche seulement. Elle reconnaît la détresse typique du néophyte du linge : celle de quelqu’un qui ne sait pas si le tambour va avaler ses vêtements ou les recracher en taille Barbie. Puis, devant tant de détresse, elle ferme son livre avec un poc léger, ôte son casque, saute de la machine d’un saut fluide et s’approche :

— Premier lavage en solo ? demanda-t-elle en désignant la lessive que James tenait à l’envers.

Il la dévisagea, surpris. Pas un regard curieux, pas un froncement de sourcil. Pas de « Je vous ai vu à la télé, non ? » ou de « Vous ressemblez à ce gars, là... »

Juste une voix posée, un sourire sans insistance.

— Pas tout à fait. Disons que... c’est plus compliqué que de désarmer une bombe.

Sa voix grave et douce fait vibrer quelque chose, là, juste sous la clavicule.

Elle hausse un sourcil, amusée, avant de prendre le contrôle de la machine comme une générale aguerrie. Et lui, pour une fois, se laissa guider.

— Apparemment, j’ai perdu la guerre contre l’assouplissant, dit-il en haussant un sourcil.

— Classique. Allez, laissez-moi vous montrer comment survivre ici.

Il la regarde enfin vraiment. Les yeux clairs. Fatigués, mais curieux.

— James, répondit-il.

Elle lui tend la main.

— Max. Juste Max.

Elle l’aide. Les gestes sont simples, efficaces. Un moment de quotidien partagé.

Ils parlent un peu. Pas trop. Juste ce qu’il faut pour que le silence qui suit ne soit pas gênant.Puis, alors que les tambours tournent, ils sortent s’appuyer contre le mur de briques, devant la vitrine embuée. Dehors, l’air sent l’humidité, le béton et le savon tiède. Les machines ronronnent à l’intérieur, mais Max a besoin de l’air du soir, même s’il est chargé d’essence et de souvenirs de kebab. Elle s’est calée contre la vitre, le briquet entre les doigts, une clope coincée entre les dents.

— Tu fumes ? demande-t-elle, la voix un peu voilée par la cigarette qu’elle allume d’un geste rodé.

Il hésite. Trop longtemps pour quelqu’un qui aurait dit non d’emblée.

— Plus depuis longtemps.

— Mais t’as encore envie, parfois, dit-elle en lui tendant une clope sans insister.

Il la prend. Presque malgré lui. Elle l’allume pour lui, dans un geste presque intime, l’espace d’une étincelle entre leurs visages.

— J’ai l’air du genre à corrompre les bonnes résolutions ?

— T’as l’air du genre à ne pas attendre l’autorisation de quelqu’un pour le faire.

Elle sourit. Pas mal, le type mystérieux. Il a du répondant. Et ce regard toujours en biais, comme s’il analysait les contours de ses phrases.

— Tu viens souvent ici, James ? demande-t-elle, espiègle.— Tous les jeudis. Depuis aujourd’hui.

Ils rient. Un peu. Mais leurs regards traînent.

— Tu fais quoi dans la vie ?

Il lève les yeux restés concentrés sur ses doigts qui tiennent le mégot.

— Rien d’aussi palpitant que toi, visiblement.

— Oh, je suis traductrice technique. Je transforme le chinois en charabia pour les notices de lave-vaisselle. Glamour, non ? Allez, sérieux. T’as une tête à avoir vu des trucs.

Il hésite, puis hausse les épaules.

— Disons que j’ai... bossé dans la sécurité.

— Genre agent de sécu dans un magasin ou bodyguard de star ?

Elle le dit avec un sourire en coin, mais ses yeux cherchent une faille. Pas de méfiance, juste une curiosité désarmante.

— Bon, James... c’est ton vrai prénom, au moins ? demande-t-elle, faussement innocente.

Il souffle une volute de fumée, les yeux dans le vague.

— C’est... un de mes prénoms.

— Ça sonne comme un nom d’emprunt.

— Et Max, c’est pour quoi ? Maxine ? Maxence ? Maximaliste ?

— Maxine. Mais y’a que ma mère qui m’appelle comme ça quand elle veut que je vienne nettoyer la cave. Toi, t’as pas encore gagné ce droit.

Il rit, plus franchement cette fois. Il a une manière de rire comme s’il s’en excusait un peu. Et Max le note intérieurement. Un homme qui s’excuse de rire, c’est un homme qui en a trop vu.

— T’es pas du coin, ajoute-t-elle. Tu marches comme un gars qui compte les sorties de secours.

Il l’observe, un sourcil levé.

— Et toi, t’observes comme une fille qui lit trop de polars.

— Je lis de tout. Même les étiquettes de lessive, si je suis désespérée. Là, par exemple, tu portes une chemise qui dit “je veux être discret” mais qui hurle “je suis pas comme les autres”.

Il baisse les yeux sur sa chemise. Une banale chemise grise, un peu large. Il a un petit sourire.

— Tu fais toujours ça ? Déshabiller les gens mentalement pendant qu’ils attendent que leur linge soit lavé ?

— Pas tous les gens. Juste ceux qui prennent le temps de répondre. Ceux qui s’effacent, ça m’intéresse pas.

Un silence s’installe, confortable. La clope se consume lentement entre ses doigts. À travers la vitrine, le tambour de la machine poursuit sa ronde, inlassable.

— T’as toujours été à l’aise avec les inconnus ? demande-t-il doucement

.— Non. Mais j’ai compris qu’il valait mieux parler aux gens tant qu’ils sont là. On sait jamais ce qui les attend une fois leur linge sec.

Elle a dit ça en riant, mais lui, il s’est figé une fraction de seconde. Juste une ombre. Elle détourne les yeux, respectueusement.

— T’es pas obligé de répondre à tout, tu sais. Moi, je parle pour deux. C’est mon super-pouvoir.

— Ça en fait un bon, admet-il. Moi, je me contente d’écouter.

— Alors t’es mon public captif. Tu veux que je te fasse la lecture d’un passage de “L’Écume des jours” pendant que ta culotte thermique passe l’essorage ?

— T’as une drôle de façon de draguer.

— Qui te dit que je drague ?

Il tourne enfin vers elle ce regard un peu trop bleu, un peu trop fatigué. Et elle voit passer, une seconde, quelque chose qui ressemble à une chaleur inattendue.

— Je te dirai quand tu commenceras vraiment.



Et voilà, comme expliqué dans la présentation, c’est maintenant à vous de choisir ! Voici trois propositions qui me guiderons pour l’écriture de la suite. À vous le dire ce que vous aimeriez lire. Dans une semaine, je recenserais les votes et vous proposerais le chapitre 2. Merci de votre participation 🥰


Quel ton prend la suite de leur soirée ?

1️⃣ La machine de Maxine sonne et annonce la fin de sa lessive. Elle prend ses affaires et laisse Bucky seul dans le lavomatic ... en sous-entendant qu’elle reviendra peut-être jeudi prochain.

2️⃣ Maxine décide de rester un peu plus. Elle lui demande quel livre il a lu pour la dernière fois.

3️⃣ James la surprend avec une question personnelle. Il veut savoir pourquoi elle vient ici chaque semaine, à la même heure.

À vous de choisir... ou d’inventer une option 4️⃣.


 ÉDIT : Je clos les votes ce 25/06/2025 à 12h00. Publication de la suite très rapidement.

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