SON COLOCATAIRE N'ÉTAIT QU'UN MENSONGE

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Résumé

À dix-sept ans, Sera Calix n'aurait jamais dû mettre les pieds à l'Académie Virelade, l'école pour garçons la plus prestigieuse et sélecte du pays. Mais une erreur administrative lui offre une chance d'échapper à une vie de servitude, et elle est prête à tout pour la saisir. Quitte à se faire passer pour un garçon ! Le plan était simple : se faire discrète, obtenir son diplôme et disparaître. Mais le problème se nomme Kael Ashbourne. Non seulement c'est son nouveau colocataire et son pire cauchemar, mais il est aussi le fils du président, l'homme même chez qui travaille sa mère. Alors que les secrets s'accumulent, Sera lutte pour survivre dans un monde conçu pour l'exclure. Mais le plus grand danger n'est pas d'être démasquée ; c'est la façon dont Kael la regarde, comme s'il savait déjà qu'elle ment. Elle vit dans le mensonge... Et une seule personne peut révéler sa véritable identité : Kael Ashbourne !

Statut :
Terminé
Chapitres :
55
Rating
4.5 2 avis
Classification par âge :
16+

Chapitre 1

Point de vue de Sera

« Sera ! Le courrier est arrivé ! »

J'étais en train de traîner dans ma chambre, les jambes appuyées contre le mur, quand la voix de ma mère a résonné dans le couloir. Elle semblait comme toujours épuisée, même si elle essayait de le cacher derrière un sourire forcé.

Je me suis traînée hors de ma chambre en m'essuyant les mains grasses sur mon jean. Je venais de me faire refouler d'un autre concours artistique, alors la seule option qui me restait était de continuer à chercher un petit boulot pour nous aider à payer les factures.

Une fois sortie, j'ai vu une enveloppe. Elle avait l'air chic et je parie qu'elle n'était pas pour moi. Le facteur a dû faire une erreur.

Je l'ai attrapée ; elle était épaisse et lourde. Elle était scellée par un sceau en argent de la Virelade Academy, avec ce genre de calligraphie que seuls les riches utilisent. Je ne vois ce genre d'écriture que dans les films ou en rêve. Mes doigts tremblaient légèrement en ouvrant l'enveloppe. À l'intérieur, il y avait une lettre accompagnée d'autres documents. J'ai d'abord pris la lettre.

VIRELADE ACADEMY

Fondée en 1746

À l'attention de M. Seth Calix

Date : 1er juillet 2025

Cher M. Calix,

Nous avons le plaisir de vous informer que vous avez été sélectionné pour intégrer la Virelade Academy dans le cadre de notre programme de bourses. Vous trouverez ci-joint votre certificat d'admission, les détails concernant votre voyage et tous les documents nécessaires.

Bienvenue dans un futur hors du commun !

Cordialement,

Dr. Cedric Miller

Directeur

Virelade Academy

Seth ? Seth Calix ?

J'étais totalement perdue ! Je m'appelle bien Calix, mais pas Seth Calix. Il y avait sûrement une erreur. Cette lettre était destinée à un garçon nommé Seth Calix qui se trouvait avoir le même nom de famille que moi. Mais après tout... c'était une opportunité pour moi !

Je sentais le regard de ma mère sur moi. « Ça vient de qui, Sera ? » a-t-elle demandé en s'essuyant les mains sur son tablier.

J'ai souri et j'ai lâché un mensonge plus facilement que je ne l'aurais imaginé. « C'est une lettre pour une bourse, maman ! J'ai été acceptée à la St Helia's prep ! » ai-je dit.

Je ne pouvais pas dire que la lettre venait de Virelade et que j'allais me faire passer pour un garçon !

Ce serait une mission suicide.

Elle a eu le souffle coupé, les larmes aux yeux, débordante de fierté. « Vraiment ? Oh mon Dieu ! Sera ! » Elle m'a serrée dans ses bras.

Je me suis sentie mal de lui mentir, mais c'était ma seule et unique chance de nous assurer un avenir meilleur. Je ne pouvais pas me permettre la moindre erreur.

« Alors, quand dois-tu te présenter ? On devrait aller t'acheter des fournitures scolaires comme des serviettes, un uniforme, des livres... »

« Maman ! Respire. J'irai toute seule. Tu dois aller au travail, tu te souviens ? Je m'en sortirai très bien toute seule. » J'ai coupé la parole à ma mère qui continuait à divaguer, surexcitée.

« Tu es sûre ? Je peux prendre un jour de congé et t'accompagner. » Ma mère rayonnait. Elle était si heureuse, car nous avions tout essayé pour obtenir une telle chance. Sauf qu'elle ne savait pas que j'allais dans une école de garçons. Je l'ai prise dans mes bras une nouvelle fois.

« Oui maman, je m'en sortirai. Va au travail, sinon tu vas encore être en retard ! »

Elle a hoché la tête, a enfilé ses chaussures et a pris son sac fourre-tout. « D'accord, on se voit plus tard ! Fais attention, d'accord ? Salut ! » Elle a disparu derrière la porte.

J'ai poussé un soupir de soulagement que je retenais depuis un moment. Je suis retournée dans ma chambre et j'ai sorti toutes mes économies.

« Ça devrait suffire pour tout, tant que les prix sont abordables ! » ai-je murmuré.

J'ai décidé d'acheter des uniformes, à la fois de Virelade et de St Helia. L'uniforme de la Virelade Academy se composait d'un élégant pantalon noir, d'une chemise blanche et d'un blazer bleu marine avec une cravate bordeaux. Celui de St Helia était une jupe courte bordeaux assortie à un blazer, sans cravate.

J'ai pris les versions les moins chères de tout le reste : chaussures, chaussettes, cahiers, un sac à dos simple. Rien avec des marques ou qui brille. Nous n'avions pas les moyens pour ce genre de luxe, et j'avais déjà poussé le bouchon en convaincant maman que St. Helia exigeait des frais d'inscription.

J'ai ressenti un pincement de culpabilité quand elle m'a donné l'argent. Ses doigts ont hésité un instant sur les billets avant de les lâcher.

De retour à la maison, je me suis assurée de placer l'uniforme de St. Helia sur le dessus du sac et de cacher celui de Virelade en dessous, car je ne voulais pas que ma mère le découvre.

Ma mère était en cuisine, fredonnant joyeusement sa chanson préférée. Elle me tournait le dos en remuant quelque chose dans une marmite, probablement encore un ragoût de lentilles.

Je déteste les lentilles !

« Tu as tout trouvé, ma chérie ? » a-t-elle demandé sans se retourner.

« Oui, » ai-je dit en forçant un sourire tout en déposant le sac près de la porte de ma chambre. « J'ai tout ce qu'il me faut. »

Je n'ai pas précisé que j'allais intégrer un établissement où aucune fille n'avait jamais mis les pieds, ni que mon admission ne m'était pas destinée.

Maman n'avait pas besoin de savoir cela. Tout se déroulait comme prévu, et dans deux jours, je serai à la Virelade Academy.