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Famous 𝓘𝓭𝓸𝓵, Secret 𝓵𝓸𝓿𝒆 2

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Résumé

Suite de Famous 𝓘𝓭𝓸𝓵, Secret 𝓵𝓸𝓿𝒆 Stan et Jeonho parviendront-ils à survivre à cette relation à distance ?

Genre :
Romance/Lgbtq
Auteur :
Carazachiel
Statut :
En cours
Chapitres :
22
Rating
n/a
Classification par âge :
16+

Chapitre 1

Foutu scénariste, si je le chope un jour celui-là, j’lui fais avaler son clavier. Bon, Stan, c’est le moment de montrer ton imagination débordante d’auteur. En plus, Kamilla est facile a berner. Allez, réfléchis ! Tu l’écrirais comment, cette scène à la...

Je sais ! Pour commencer : la technique de l’autruche. Si je ne relève pas, ça n’existe pas. Après tout, peut-être que la peste est juste épouvantée de s’apercevoir qu’elle a un niveau catastrophique en anglais.

Je m’éclaircis la gorge, me tourne vers la gamine et commence à lui traduire les mots de Jeonho comme si de rien n’était, et si ça ne la convainc pas, j’ai une idée.

— Ouais, donc tu vas ignorer le fait que ta pote parle comme un mec, là ? Elle est trans et elle ose pas le dire ou quoi ?

Ma machoire se décroche et je reste sans voix ; je n’aurais jamais pensé à cette “solution”. Je pensais la bassiner avec un mal de gorge attrapé à la patinoire, hélas, mon excuse me paraît moins crédible que la conclusion de Kamilla. Pourtant, j’hésite à acquiescer. D’une part, je rechigne à utiliser les personnes transgenres, d’autant plus sans l’accord de Jeonho. D’autre part, je n’aime pas du tout le ton employé par Kamilla, entre dédain et dégout.

— Si tu me sors le moindre truc transphobe, je te colle mon poing dans la tronche quitte à finir en garde à vue.

Alerté par la vivacité de notre échange, Jeonho me réclame une traduction, que je lui donne à contrecœur. Son visage se crispe. Ses muscles se tendent. Au moment où j’évoque sa voix, il se racle la gorge en battant un peu trop vite des paupières. Ses lèvres tremblent et il a soudain tout d’un lapin apeuré.

Ça m’donne envie d’le cajoler, tiens.

Pourtant, je poursuis sans montrer mon propre trouble, conscient que Kamilla nous étudie d’un œil acéré.

Celle-là, elle réfléchit que quand ça pose problème, en fait.

Lorsque le mot “trans franchit mes lèvres, Jeonho tressaille, et soudain, les doutes m’envahissent. Et si nos avis divergeaient sur cette question ? Nous n’avons jamais évoqué le sujet et de ce que j’ai compris, la Corée du Sud est plutôt conservatrice. Peut-être que ça le gêne. Peut-être que ça le rebute. Et peut-être que ce ne sera que le premier d’une longue série de désaccord. Peut-être que nous aurions dû prendre plus de temps avant d’écouter nos hormones en folie. Peut-être que...

— I guess it’s fine, Seongwa told me it could happen, sourit alors Jeonho en secouant ses “cheveux”.

Le garde pour moi le soupir soulagé qui gonfle mes poumons, le laisse filer entre mes lèvres pour ne rien montrer.

Peut-être que je devrais arrêter d’imaginer les choses et juste les laisser venir, je crois. Et en même temps, j’aurais pu deviner ça.

Parce que ça ne m’étonne pas de Seongwa. Même s’il ne le dira sans doute jamais à voix haute, il est très ouvert sur la question des personnes queers, plus ouvert que Jeonho, d’ailleurs. Les quelques conversations que lui et moi avons eu ne m’ont laissé aucun doute sur le sujet. Pas étonnant, du coup, qu’il se soit lui-même chargé du maquillage, des tenues, des perruques de Jeonho.

Au fond, je me demande ce qui il est exactement. Pas l’idol exubérant que les Stormies voient, mais probablement pas non plus le jeune homme qui n’est que timidité et sensibilité qu’il dévoile dans les cercles plus intimes. Il y a autre chose, je le sais, et je commence à avoir une petite idée de ce que c’est.

Mais c’est pas le moment d’y penser. Si j’ai l’occasion, je lui en parlerai un jour ! Pour le moment.. Jeonho !

Jeonho et cette viande d’apparence délicieuse qu’une jeune femme pose devant nous avec un sourire poli avant de repartir. Je salive rien que de voir sa belle couleur rouge. Mon estomac gronde face aux assortiments, alors même que je déteste les légumes d’ordinaire.

Mon petit ami se transforme en cuisinier. Cuisinière pour la vipère qui a accepté de mauvaise grâce que le sujet “voix grave” soit clos ; nous n’avons ni infirmé, ni confirmé et l’avons abandonné avec ses conclusions. S’il l’avait fallu, j’aurai menti et prétendu que Jeon était transgenre, mais pour être honnête, ça m’aurait mis terriblement mal à l’aise. Être transgenre, ce n’est pas un jeu et ça ne doit pas devenir une excuse commode pour se tirer de situation improbable.

Au fil des minutes, je me détends, appréciant de plus en plus d’avoir loupé l’avion. Je ne l’avouerai jamais à Kamilla (qui râle beaucoup trop et pour rien depuis que son assiette est pleine, de toute façon), mais je lui suis reconnaissant pour ce jour supplémentaire passé aux côtés de Jeonho.

Une journée complète et une nuit avant de se séparer pour plusieurs mois ; je n’en avais pas conscience, mais je crois bien que j’en avais besoin. Jeonho aussi si j’en juge par son comportement encore plus fleur bleu et collant que lors de nos rendez-vous.

Le plus bizarre, c’est que je détestais le côté pot de colle de Rémi et que chez Jeonho, ça me colle des papillons dans le ventre. Sans doute parce que le premier le faisait pendant des jours sans jamais s’arrêter tout en contemplant son nombril tandis que le second le fait non pour lui, mais pour moi.

Cette première expérience dans un barbecue coréen me laisse repus et satisfait. Nous trainons en discutant autour d’un verre de soju et même la vipère (à qui j’ai refusé l’alcool, évidemment) se détend et participe à la conversation. C’est un poil laborieux, mais elle fait l’effort de baragouiner de l’anglais avec l’aide de google... et la mienne. En deux heures, elle gagne en maturité (pourvu qu’elle ne régresse pas après ça !) ; elle reconnaît l’intérêt d’apprendre des langues étrangères, fait des efforts pour goûter tous les plats, ne grommelle aucune remarque déplacée. Elle s’extasie même devant mon anglais qu’elle juge “parfait” (ce n’est pas le cas, c’est juste que son niveau à elle est très faible) et me demande comment je me suis débrouillé pour le parler presque couramment. Je lui livre mon secret avec plaisir : lire en anglais, traduire les paroles des chansons, regarder des dessins animés en VO. J’ai perdu le compte du nombre de visionnages de “La belle et la bête” en anglais durant mon adolescence (et en particulier pendant la période de révision du bac. Oups.) !

L’enregistrement à l’hôtel se faisant à partir de 15 heures, nous nous levons de table sur le coup des 14h45. Ça nous laisse le temps de récupérer nos affaires, de remercier le personnel et de rejoindre l’hôtel à pied.

Comme la bonne humeur et l’amabilité de Kamilla perdure, Jeonho se charge de porter la valise cassée. Nous bavardons à voix basse tandis que ma demi-soeur babille sa joie au téléphone. J’essaie de savoir comment Jeonho a obtenu sa journée de congés. Au lieu de me répondre, il m’explique qu’il a encore prévu de nombreuses choses pour cet après-midi et ce soir, puis, face à mon insistance, il me promet qu’il me le dira quand je serai de retour en France. Je fronce le nez : pas besoin d’être Einstein pour comprendre que sa négociation ne lui est pas favorable et qu’il ne veut pas me le dire pour que je ne le force pas à repartir. J’hésite un moment à verbaliser mes conclusions, puis balaie la question d’un “Whatever” qui fait frétiller Jeonho.

Après tout, il est adulte, il fait ses choix, j’ai pas à m’en mêler. J’voudrais pas qu’il se mêle des miens non plus, d’ailleurs.

Et puis... très égoïstement, j’ai envie de profiter de sa présence au maximum.

— Here we are, s’exclame Jeonho en se tournant vers la droite. (On y est !)

Je m’immobilise à ses côtés, porte mon regard sur le bâtiment devant nous. Mes yeux s’écarquillent d’effarement et d’incrédulité. Kamilla, qui a enfin raccroché, nous rejoint et nous demande d’une voix incertaine pourquoi nous nous sommes arrêtés. Je lui répondrais si mon cerveau ne rencontrait pas une erreur d’exécution.

— Euh... What ? Where are we ? (Euh, quoi ? On est où ?)

— Hm, we are at the hotel.(On est à l’hotel)

Je bats des paupières. Me pince le bras pour vérifier que je ne rêve pas. Il plaisante, n’est-ce pas ? Même la gamine (elle semble avoir compris, pour une fois) nous offre une mine déconcertée.

— Elle se fiche de nous, non ? risque-t-elle dans un filet de voix.

Je secoue la tête sans parvenir à faire passer le sentiment d’incrédulité qui a pris possession de moi.

— Euh... this hotel ? You sure ?(Cet hotel ? t’es sur ?)

— 네 !

Ce son entre le “nè” et le “dè“, je le reconnais. Il veut dire oui. Et c’est étrange, parce que je m’attendais vraiment à entendre son contraire : un “any” franc et définitif. Quand Jeonho m’a annoncé avoir loué des chambres d’hôtel, j’imaginais l’équivalent d’un F1. Tout au plus, un ibis budget. Certainement pas un bâtiment moderne nous surplombant de ses étages et transpirant le luxe par toutes ses ouvertures !

Et plus nous avançons, plus la splendeur des lieux m’écrase.

Et comme si ça ne suffisait pas, Jeonho, ravi de notre réaction, fanfaronne avec innocence :

— This is Paradise City hotel ! A five Star Hotel !

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