Profession de foi

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Résumé

Une jeune chrétienne, servante de Dieu, se retrouve malgré elle au cœur d'une lutte opposant deux frères. L'un est un Templier, affilié à son clan et partageant ses valeurs ; l'autre a renié le Christ et donne sa vie pour combattre l'Ordre. Quel camp choisira-t-elle ? Saura-t-elle garder la Foi ?

Genre :
Scifi/Romance
Auteur :
E.
Statut :
En cours
Chapitres :
34
Rating
4.0 1 avis
Classification par âge :
16+

Chapitre 1 : Les émeutes

Nous étions devant l'Eglise à nourrir les nécessiteux. Depuis plusieurs mois ils venaient de plus en plus nombreux sur le parvis. Cette fois-ci j'ai été frappée par la maigreur des enfants. Les parents avaient eux aussi les joues creuses. Ils nous regardaient, désespérés. Certains avaient tenté de nous confier leurs filles, leurs fils.

Nous leur offrions de quoi remplir leur ventre vide, mais dans quel but ? Prolonger leurs souffrances ? Ils avaient à peine l'énergie suffisante pour nous remercier. J'adressais des mots réconfortants, puisant dans mon statut de représentante de Dieu. J'espérais que mon sourire serein suffirait à apaiser leurs âmes. Mais intérieurement je me sentais démunie.

Et puis nous avons entendu des cris venant des ruelles. Des troupes venaient vers nous. Des émeutes. Les cloches se sont mises à sonner. Il fallait se retrancher.

Nous venions de commencer la distribution, j'étais encerclée de miséreux, comment reculer et me mettre à l'abri ? Et surtout, comment fermer les portes de l'Eglise et laisser ces pauvres gens au-dehors ?

Le temps de réagir, les émeutiers sont déjà sur nous. J'aperçois le portail qui se ferme à grand bruit. C'est trop tard, iI me faut contourner le bâtiment et espérer trouver une entrée non-condamnée.

Guidée par le bruit, je m'éloigne rapidement de la source de l'agitation. Je m'efforce de longer de mon mieux le grand édifice, mais rapidement je dois oublier mon projet et je suis contrainte de m'enfoncer dans la ville.

Finalement, je débouche sur des ruelles plus étroites où des boutiques sont encore ouvertes.

Ici il règne une atmosphère sereine. Je m'apaise immédiatement. Je vais pouvoir rejoindre la congrégation et reprendre mes occupations. Je remonte la rue escarpée.

Ce n'est pas vraiment une rue, c'est un fin sillage entre deux murs. Les maisons sont collées les unes aux autres, en simple torchis, et les marchandises débordent, des tapis, des vieux bibelots poussiéreux.

Je me perds dans le dédale. Les rues sont mornes, comme dans une autre ville, loin du chaos. Je passe devant un petit débit de boisson. Quelques hommes sont attablés, l'air hagard. Ils lèvent à peine la tête vers moi.

Soudain j'entends de nouveaux cris et des bruits de pas précipités. Les émeutiers nous ont rattrapés. Comme j'étais aux aguets, je réagis rapidement et contourne le bâtiment quand je sens une poigne m'attraper fermement et me pousser à l'intérieur d'une boutique.