Pirate’s Lost Booty Mx M par Doll chez Inkitt
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Pirates Lost Booty MxM

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Résumé

Lafayette, le magnifique fils éloigné d'un puissant propriétaire d'esclaves, aspire à une vie au-delà de l'ombre de l'héritage de son père. Mais lorsqu'il est capturé par une bande de pirates dangereusement séduisants, son monde est bouleversé. Lafayette est également intrigué par le bel homme musclé et têtu, Bello… le Loup des Mers. Leur navire transporte bien plus que des trésors volés : il dissimule un sombre et inquiétant secret. Propulsé dans un voyage périlleux et tentateur, Lafayette est emporté dans une tempête d'action, de trahison, de romance interdite… et d'une magie bien plus puissante qu'il ne l'aurait jamais imaginé.

Genre :
Historical Fiction/Lgbtq
Auteur :
Doll
Statut :
Terminé
Chapitres :
12
Rating
5.0 1 avis
Classification par âge :
18+

1

« Le Diable nous a murmuré que nous ne survivrions pas à la tempête qui approche », nous dit le Capitaine. « Nous lui avons répondu en murmurant que nous sommes la tempête. »

Les hommes se rassemblent. La peur se lit dans leurs yeux. De la sueur coule le long de leur dos. Le grand mât racle le sommet de la grotte. Un grincement dans la coque résonne comme si quelqu'un griffait la pierre avec ses ongles. Billy Big Balls est dans la vigie. Il observe avec une longue-vue et semble être le seul à ne pas être ébranlé par le bruit strident de la coque et par le destin funeste qui les attend.

« L'enfer droit devant ! » hurle-t-il.

Le Loup des Mers me regarde : « Prêt pour ça, mon bébé ? »

Il s'assoit à côté de moi. Il ne porte pas de chemise. La sueur perle sur ses abdos. Ils brillent sur son torse velu. Je remarque la bosse dans son pantalon. Il bande quand la tension monte. C'est une habitude chez lui. Le danger l'excite. Je sais que si nous survivons à ça, il m'emmènera dans les quartiers inférieurs pour me baiser jusqu'à ce que je ne puisse plus marcher. Il me faudrait utiliser la canne de Drunk Sam pendant une semaine vu la taille qu'a prise sa verge. Je le regarde sourire, rejetant ses cheveux en arrière tout en saisissant les avirons.

Ses muscles bougent, s'étirant pour montrer la fermeté de son corps. Pas une once de gras en vue. La plupart des hommes à bord sont musclés, mais aucun n'arrive à la cheville du Loup des Mers. Personne ne pourrait jamais être le Loup des Mers. C'était mon amant. C'était mon âme sœur. C'était l'homme le plus beau du monde.

Je ne suis pas prêt. J'ai envie de me pisser dessus. J'ai juste envie de me pisser dessus à cet instant précis, mais je sais que les gars ne me laisseraient jamais oublier ça si je le faisais.

« Je... »

J'hésite.

Il pose ses mains sur les miennes : « Je t'aime. Tu le sais, pas vrai ? Ce n'est pas pour rien que je te l'ai dit pour la première fois la nuit dernière. Il se pourrait qu'on ne revienne pas. »

« Je sais. »

« Tu sais d'où vient le mot Matey ? »

Je suis terrifié : « Non... »

Les mots restent coincés dans ma gorge.

« Matey vient de matelotage. C'est comme un mariage entre deux pirates. Dans cette institution, on partage tout. Je veux ça pour nous. Je veux le matelotage. »

Je savais que le Loup des Mers ne me demanderait jamais de l'épouser, mais là, c'était différent. C'était quelque chose d'exclusivement pirate. C'était beau. C'était pur. C'était grandiose, et j'étais l'homme le plus heureux du monde.

« Oui. Je le veux. »

« Alors il faudra que tu survives avec moi », me dit-il. « Promets-le. »

Il me regarde. Il m'attrape la main. Il la tient. Il la serre fort.

« Je le promets. »

« Alors, donne le signal. »

« L'enfer droit devant ! » je hurle, en répétant l'appel de Billy.

Quand nous disons « l'enfer droit devant », nous ne parlons pas d'une métaphore littéraire utilisée par les pirates. Non. Nous parlions de l'enfer véritable. Nous serions le premier navire à trouver l'entrée de l'enfer et à naviguer volontairement dans ses eaux.

Nous ne pouvions pas avoir peur. Nous étions des pirates, après tout.

J'étais un pirate maintenant, et c'était mon histoire.

~

Tout a commencé par une nuit froide à Nassau. Nous sommes au XVIIIe siècle, alors nous utilisons des bougies pour éclairer la maison, mais la tempête à l'extérieur fait vaciller violemment les flammes. Les Bahamas étaient connues pour leur météo capricieuse, mais tout a commencé par une nuit étrangement anormale. Les volets battent d'avant en arrière, créant un sifflement lancinant qui résonne dans toute la maison.

La vieille dame Josephine fait une crise. Elle se balance dans sa chaise à bascule. D'habitude, elle chante les soirs d'orage, mais cette fois, c'est différent.

« Qu'est-ce qui ne va pas chez elle ? » je demande à mon oncle Julien.

Mon oncle Julien m'a élevé après la mort de ma mère en couches. Ma mère était née esclave, mais elle a été affranchie quand elle est tombée enceinte d'un maître esclavagiste nommé Jacob Baptiste, en Floride. Mon père a libéré ma mère et l'a envoyée loin de sa plantation, à Nassau. Je suppose qu'il ne voulait pas que l'on sache qu'il attendait un enfant métis. Mon père nous a envoyés vivre chez la vieille dame Josephine et son plus jeune fils, Julien. La vieille dame était ma grand-mère. Ma mère est morte deux ans plus tard. Josephine m'a élevé après ça. Même si elle a toujours été là, je ne l'ai jamais vraiment acceptée comme ma grand-mère. Ce n'était pas qu'elle n'était pas une douce vieille dame. Elle l'était. Elle me traitait comme son petit-fils à tous égards. C'était juste que nous ne voulions pas que les gens parlent de mon père. On ne pouvait pas salir le nom de Jacob Baptiste, n'est-ce pas ?

« Il arrive », répète la vieille dame Josephine en ce jour pluvieux. « Il arrive. »

« Qui arrive ? »

« Je veux que tu restes ici. Tu m'entends ? » dit mon oncle Julien. « Occupe-toi de ta grand-mère. »

Sur ce, mon oncle Julien met son chapeau et s'élance dans la tempête. Je ne reverrai plus jamais mon oncle Julien. Je reste là, pourtant, espérant qu'il revienne. À chaque minute que la vieille dame Josephine passe à se balancer, ma peur grandit.

« Mon petit », dit-elle.

« Oui... »

« Regarde par la fenêtre, mon petit. Vois-tu un homme ? »

« Pourquoi tu demandes ça ? »

« Que fait-il ? »

« Il reste juste planté là. Il regarde. Qui est-ce ? Où est l'oncle Julien ? »

« Mon petit, écoute bien. »

« Tu me fais peur... »

« Ne le quitte pas des yeux, tu m'entends ? S'il bouge, préviens-moi. D'accord ? Dis-le-moi quand il bougera. »

La vieille dame me garde à la fenêtre, à fixer l'inconnu dans la tempête sur le sentier menant à la maison. Elle part. Je ne vois aucun visage. Je ne vois rien. C'est trop sombre. L'inconnu reste simplement sur le chemin à regarder vers la maison.

Il ne bouge pas.

La vieille dame Josephine revient. Elle tient quelque chose dans sa main. Cela me distrait un instant. Je regarde à nouveau vers le sentier et je réalise qu'il n'est plus là.

« Il est parti », dis-je à ma grand-mère.

La vieille dame Josephine semble déterminée. Elle me tend ce papier. C'est une carte. Elle me lance un regard. Elle glisse le papier dans ma main. Elle le verrouille dans mes mains. Je le regarde quand elle se rapproche. Elle me le remet.

« Lafayette », déclare ma grand-mère, « Je veux que tu écoutes attentivement. Ton père arrive en ville demain. Il logera au Red Harbor Inn. Il faut que tu ailles le voir. Il faut que tu lui donnes ce papier. Tu comprends ? Ton père. Personne d'autre. Ne laisse jamais ce papier seul avec qui que ce soit, compris ? »

« Mon père vient ici... à Nassau ? » demandé-je.

Elle hoche la tête. « Il te reconnaîtra quand il te verra. Tu es un Baptiste. Ne laisse jamais personne te dire le contraire. Tu m'entends ? »

Soudain, on frappe à la porte. C'est fort. C'est puissant. Ça fait trembler toute la maison. Mon cœur se brise à cet instant.

« Qui est-ce ? » demandé-je. « C'est l'oncle Julien ? »

Je pose la question, mais je sais pertinemment que l'oncle Julien ne frapperait pas à la porte de cette manière. J'en suis certain. Mon cœur bat la chamade. La peur dans les yeux de ma grand-mère dit tout. Elle a peur.

« Souviens-toi de ce que j'ai dit. Ne laisse ce papier qu'à ton père », me dit-elle. « Maintenant, va te cacher. Sous la table. »

« Je ne me cache pas. »

« Lafayette. Il faut que tu fasses ça. C'est important. S'il te plaît. »

Ma grand-mère n'avait jamais agi ainsi auparavant. Je l'ai écoutée. J'ai toujours été obéissant depuis mon plus jeune âge. Je me glisse sous la table à ce moment-là et j'essaie de me dissimuler. Mon cœur s'emballe. Je ne sais pas comment réagir.

Je me mets sous la table. Je la recouvre avec la nappe pour me cacher. Je reste parfaitement immobile juste à temps pour voir la porte s'ouvrir. Des bottes lourdes frappent le sol de la pièce. Je regarde les bottes. Elles sont noires et couvertes de la boue de l'extérieur. Elles laissent des traces de boue à travers la maison. Je suis surpris que ma grand-mère ne dise rien. Elle est très exigeante à ce sujet. À vrai dire, ma grand-mère ne dit absolument rien à cette personne. Elle reste juste assise là... complètement immobile.

Mon cœur bat à tout rompre. Je suis tenté de bondir et de faire face à la situation. Mais je ne le fais pas. Je dois écouter ma grand-mère.

« Où est-ce ? » dit une voix dans la pièce.

C'est la voix la plus obsédante que j'aie jamais entendue. Un souvenir sombre, étrange et épuisant d'une voix qui n'a probablement pas dû s'entendre parler depuis un bon moment. Mon cœur devient lourd quand j'entends ce son terrifiant.

« Disparu. Tu ne l'auras jamais, monstre... »

Je regarde la personne s'approcher de ma grand-mère depuis sous la table. Je ne peux pas voir le visage au début, mais quand je finis par l'apercevoir, il est trop tard. Cet homme froid, étrange, au teint blafard, se penche et embrasse ma grand-mère. Il a une barbe brune très épaisse. Le baiser est court. Il est bref, mais il semble affecter ma grand-mère. Elle se penche en avant dans le baiser. Lorsqu'elle se penche, elle inspire profondément quand il se détache.

Puis, je remarque comment elle s'affale mollement quand il recule. Elle semble sans vie. C'est étrange. L'homme ne dit rien d'autre.

Il ressort simplement sous la pluie.

Je sors de dessous la table : « C'était bizarre, non ? »

Ma grand-mère ne dit rien. Je me tourne vers elle, confus de voir qu'elle ne parle pas ou qu'elle ne mentionne pas à quel point c'était étrange qu'un inconnu vienne chez elle, l'embrasse et reparte. En m'approchant, je réalise quelque chose. Ma grand-mère ne répond pas parce qu'elle le peut.

Ma grand-mère est morte.

~

« Regardez cette petite donzelle », dit quelqu'un quand j'entre au Red Harbor Inn. Ils hurlent depuis le bar.

Je ne suis clairement pas une donzelle. Ça n'aide pas que j'aie pleuré et que mes yeux soient tout rouges. Nous sommes le lendemain et je n'arrive toujours pas à digérer la mort de ma grand-mère. J'ai supposé que c'était une crise cardiaque. Elle a toujours eu une santé fragile. C'est juste le timing qui me préoccupe. Comment est-ce possible qu'au moment même où nous avons un visiteur étrange, nous recevions une demande encore plus étrange ? Je ne peux pas attendre mon oncle. Ce n'est pas la personne la plus fiable. Je suis un homme adulte. J'ai 25 ans. Je parais peut-être un peu plus jeune, cependant, et ça a toujours été mon truc. Je remarque pourtant les regards. Être attirant n'a jamais été un problème pour moi.

« Ce ne serait pas le beau garçon de maison de la vieille Josephine ? » dit une serveuse.

Je reconnais la serveuse. Elle s'appelle Renee. Je la regarde s'approcher et m'offrir un sourire édenté. Je ne viens jamais au Red Harbor Inn. En général, je restais à l'écart des quais. Le port de Nassau a toujours son lot de vauriens, de brigands et de voyous avec lesquels je ne voulais rien avoir à faire. Je ne me plaçais pas au-dessus d'eux, mais j'en avais appris assez à travers les nombreuses rencontres de mon oncle dans le coin. Je connais cependant Renee parce qu'elle vient souvent au marché.

« Belle journée, n'est-ce pas ? » je lui dis.

C'est ma définition d'être décontracté. Je suis mauvais à ça. J'attire l'attention des personnages louches du bar.

« Renee, c'est qui ton joli ami ? » dit quelqu'un.

Juste à ce moment, quelqu'un s'approche et me pince les fesses ! Il les pince. Je suis un homme adulte. Mon oncle disait toujours que mon physique me causerait des ennuis. Ma peau brune était toujours lisse, mon corps tonique et musclé par le travail à la maison. Mes yeux avaient cette belle couleur bleue que ma grand-mère possédait aussi. Mes cheveux étaient bouclés, ce qui contrastait totalement avec ceux de ma grand-mère et de mon oncle. Les boucles étaient longues et exagérées, et je les laissais pousser comme elles le voulaient. Je pouvais comprendre pourquoi les gens me trouvaient attirant, mais jamais au grand jamais je n'aurais pensé qu'un homme serait assez téméraire pour me pincer les fesses si ouvertement.

C'est un homme corpulent. Il pue quand il s'approche, et il s'approche VRAIMENT près. Il est habillé bizarrement. J'ai déjà vu des hommes comme lui auparavant.

« C'est un gars du coin », dit Renee.

« Vous êtes marins ? » demandé-je.

Des rires accueillent ma question.

« Marins ? Ah. Quelque chose comme ça. J'aime à penser que je suis plus qu'un simple marin. C'est comme demander à un dragon si c'est un reptile. Je suis plus dragon que reptile, mon garçon. J'ai l'impression que tu essaies de me traiter de reptile. Je n'aime pas ça. »

Il fait un pas vers moi. Il est clair que je détonne dans cette auberge, mais je n'avais aucune idée que l'attention serait aussi pesante.

« Je ne voulais pas vous offenser », réponds-je.

J'ai peur. J'aimerais pouvoir secouer cette peur une fois pour toutes et afficher un visage courageux. J'essaie, mais j'ai l'impression d'avoir l'air complètement idiot à côté de ce colosse.

« Quel est ton nom, gamin ? » demande l’homme.

« La... La... »

« Lala ? C’est un prénom de fille, ça ? »

« Lafayette », je réponds.

Les amis du type éclatent de rire. Ils ont tous l’air aussi patibulaires que lui. On dirait qu’ils ont tous vécu des épreuves difficiles. Quelque chose de brutal. L’un d’eux est hirsute, avec une grosse barbe. L’autre homme qui accompagne le costaud est basané, plus sombre que moi, comme s’il était entièrement africain.

« T’as un cul de gonzesse, toi aussi. Laisse-moi voir ça, penche-toi. Allez, montre. Je parie que t’as un joli petit trou rose, pas vrai ? T’as déjà été défoncé, gamin ? Je parie que t’as encore jamais été enculé par une grosse bite de cheval bien bandée. »

L’homme commence à me toucher. Il me force. Je repousse ses mains. Il m’attrape. Je me débats et je continue à écarter ses mains quand je réalise qu’il est en train de tripoter mes couilles, mes fesses et mes abdos. Je le vois continuer à tâter, de plus en plus vite et fort, cherchant tout ce qu’il peut attraper. Je lutte encore plus, puis je réalise qu’il essaie de m’immobiliser.

« Arrête », je lui dis.

Nous sommes dans une auberge bondée. Les gens voient la scène, mais ceux qui remarquent trouvent ça amusant. Ils rient comme si c’était la chose la plus drôle qu’ils aient jamais vue. Même Renee fait une tête bizarre.

L’homme me baisse mon pantalon. Je sens mon visage devenir rouge de honte !

Je suis plus qu’humilié. J’avais été élevé par la vieille Josephine avec les principes les plus stricts en matière de dignité et de respect de soi. Je venais d’être violé par cet homme. Mes fesses sont à l’air. Ma bite est molle et exposée à toute la cabane. Quelques hommes pointent du doigt et ricanent. L’homme, lui, ne trouve pas ça drôle. Je vois une bosse se former dans son propre pantalon. Ça l’excite. Il continue de tirer sur moi ! Il essaie de me toucher sans cesse, en agrippant mes fesses.

C’est là que je craque. Je n’ai pas le choix. Je lui en colle une en plein visage.

« Espèce de petite merde », répond l’homme.

Il se précipite sur moi. Je regarde les deux hommes qui l’accompagnent m’agripper et me maintenir pour lui. Mon pantalon est toujours baissé. Je sens que je vais craquer à cet instant. Je me sens impuissant. Ils sont trop nombreux. Impossible de me défendre.

« Lâchez-le », lance une voix.

Celui qui parle est assis sur une chaise. C’est un bel homme. Il a des yeux bleus de la couleur de l’océan et des cheveux blonds ondulés. Il est habillé comme les autres. Son visage est ciselé. Ses lèvres sont douces et rosées. Il porte une culotte, un bonnet en tricot sur ses mèches blondes et des bas. Sa chemise blanche est ouverte, laissant apparaître un peu de poil sur son torse. Je n’arrive pas à détacher mon regard de lui tandis que j’observe la boucle d’oreille étincelante à son lobe.

« Mêle-toi de tes affaires... » lance un des habitués de la taverne à l’inconnu.

Celui qui me tripotait se dirige vers moi, semblant peu s’intéresser à l’étranger. Il tente de glisser son doigt dans mon trou de balle sous les rires de ses potes. Mais cette fois, le bel inconnu en a fini avec les paroles. Il se jette en avant, tête la première. Il fracasse son front contre celui de mon agresseur !

J’entends un craquement, suivi d’un cri !

Je vois un jet de sang tandis que l’homme s’écroule au sol, groggy.

« Je t’avais dit de le lâcher », dit le bel inconnu.

Nous sommes encerclés.

Les hommes se lèvent. Je suis stupéfait que l’étranger veuille s’en mêler, sachant qu’il est cerné. « Je devrais... »

« Squiffy, arrête. Regarde. Ce mouchoir. C’est un membre d’équipage du Screaming Dagger. »

Nous regardons tous le mouchoir. C’est un morceau de tissu rouge avec une tête de mort et des os croisés cousus dessus. Le bel inconnu blond l’accroche à sa ceinture. À cette vue, les hommes qui s’apprêtaient à l’attaquer s’arrêtent net. Ils fixent cette tête de mort et semblent savoir parfaitement de quoi il s’agit.

Mon oncle Julien m’avait expliqué ce qu’était le Jolly Roger. C’était le signe des pirates. Ceux qui pillaient les navires marchands anglais ancrés dans les Caraïbes. Il m’avait dit que le Jolly Roger était généralement sur un drapeau noir. Celui-ci était différent. Le fond rouge rendait l’ensemble aussi intense que le regard de l’étranger.

« Suis-moi », dit le garçon blond en rejetant ses mèches blondes en arrière pour mieux dévoiler son visage. « Ils ne te toucheront pas. Tu es sous ma protection maintenant. »

C’est le cas de le dire, les hommes semblent soudain faire preuve d’un respect nouveau. Il y a quelque chose chez ce type qui inspire la peur aux autres. Je ne comprends pas. On aurait dit qu’un démon était entré dans cette taverne. Pourquoi avaient-ils aussi peur ? Je remarque l’urine qui coule le long de la jambe d’un des hommes tandis que le garçon blond m’emmène dans la rue...

La nuit est chaude. Il fait humide. Une fois dehors, le blond s’étire. Je reste derrière lui, ne sachant trop quoi dire, mais trouvant difficile de ne pas admirer la façon dont ses fesses se dessinent dans son pantalon serré.

« T’es du coin ? » me demande-t-il.

Je ne sais pas comment réagir. Il ne sent pas comme les autres marins. Il n’a même pas l’air aussi sale qu’eux. Il est propre. Il est beau et, clairement, il m’a sauvé. Tout me dit que c’est quelqu’un de bien, excepté ce mouchoir rouge avec la tête de mort qui pend à sa ceinture. Ça me fout une trouille bleue.

« Oui, monsieur », je réponds.

Il n’est pas beaucoup plus vieux que moi. C’est peut-être pour ça qu’il ricane quand je l’appelle monsieur. Je remarque quelque chose quand il rit. Le vent soulève son drapeau rouge et j’aperçois un pistolet à silex glissé dessous. La poignée brune était si bien enfoncée dans sa culotte que je ne l’avais pas vue.

« Il se fait tard... et il y a des démons dans le coin. Un gars du cru devrait savoir qu’il ne faut pas traîner près des quais la nuit », me dit-il.

« Je suis censé retrouver quelqu’un. »

« Je peux être ce quelqu’un... »

Il fait un pas vers moi. Il se lèche les jolies lèvres roses, qui sont humides de salive, en s’approchant. Je suis sous le choc. Je fais un pas en arrière. Il s’arrête, voyant qu’il m’a un peu stupéfié.

« Désolé. Je croyais que tu étais... »

« À vendre ? »

Il y avait quelque chose dans sa façon d’être prêt à me prendre sans attendre.

« Habituellement, les seuls locaux qui viennent dans ce coin le sont », répond-il en secouant la tête. « Dieu. Désolé. Je suis un idiot. Ça fait si longtemps que je suis en mer. On repart demain. Je cherchais juste un peu de compagnie avant de partir. Je ferais mieux de retourner dans ma chambre et... »

Il a l’air embarrassé. Peut-être est-ce un jeu qu’il joue avec les locaux pour qu’ils se laissent faire. Mais, pour une raison quelconque, je ne pense pas qu’il ait besoin de jouer la comédie, tant il est foutrement beau.

Je réalise qu’il est quand même assez tard.

« Je devrais probablement attendre le matin pour chercher la personne que je dois voir », je déclare. « C’est dangereux par ici, comme tu as dit. Je peux... te tenir compagnie pour un moment. »

Il hausse un sourcil : « Ah oui ? »

« Pas de sexe. »

Il rit, avec une lueur amusée dans les yeux : « Bien sûr que non. Quel est ton prénom ? »

« Lafayette. »

Il sourit : « Je m’appelle Ashton. »

~

La chambre d’Ashton se trouve dans une taverne près du Red Harbor Inn. Son nom ne correspond pas à ce qu’il est. Son apparence ne correspond pas non plus. Je l’imaginerais mieux dans un palais que sur un bateau. Il n’a rien de personnel là-dedans, à part une bourse d’argent et un coutelas appuyé contre le mur. La lame est ancienne mais a l’air tranchante. En entrant, je remarque des taches de sang dessus. Cet homme est un tueur. Je ne sais pas ce que je fais là. Je ne sais pas pourquoi ce héros m’intéresse autant. Peu importe sa beauté, je sais qu’il est dangereux, mais je me sens inexplicablement lié à lui. C’est un lien que je n’arrive pas à briser.

« J’espère que ça ne te dérange pas... Je me mets à l’aise », dit-il.

Il enlève sa chemise en lin et la jette sur le lit. Je fixe son abdomen. Ses tétons sont roses et dressés, cachés sous des poils de torse un peu broussailleux. Son torse se resserre vers la taille la plus fine que j’aie jamais vue chez un homme. On peut voir un début de pilosité pubienne, car sa culotte est un peu trop basse. Je regarde ses mains passer sur ses poils pour sortir son pistolet et le poser sur la table.

J’entends un éclat de rire et je réalise que ses yeux bleu perle m’observaient tout le temps pendant que je le dévorais des yeux comme un gamin en chaleur.

« Je suis désolé... »

« C’est rien. Toujours pas de sexe ? » me demande-t-il.

« Pas de sexe. »

Il rit : « Dommage. Il n’y a pas beaucoup de petits nègres sur mon bateau. Chaque fois qu’on accoste, j’en cherche un. J’en ai jamais eu. J’ai entendu dire que vous êtes... un vrai délice. »

Il se relèche les lèvres et me fixe comme si j’étais de la nourriture. Mon oncle Julien m’avait prévenu que beaucoup de marins couchaient avec des hommes. J’imagine que c’est l’idée de rester si longtemps en mer, entourés uniquement d’hommes. Ils y sont habitués. J’avais toujours pensé qu’il racontait des histoires, mais voir ce garçon me regarder comme si j’étais un objet à utiliser rend la chose évidente : mon oncle disait vrai.

« Ces hommes ont dit que tu étais membre du Screaming Dagger ? »

« Oui. Tu es déjà monté sur un bateau ? »

« Non... »

« Eh bien, le Screaming Dagger est le plus beau qui soit. Viens là. Regarde en bas. Tu vois ce bateau, là-bas, avec les deux mâts ? »

Je regarde par la fenêtre vers le quai. Je vois ce qu’il montre. Il se tient près de moi. Il ne sent vraiment pas comme je l’imaginais. Il sent bon. Je peux sentir la chaleur de son corps.

Je montre l’un des bateaux : « Celui-là ? »

« Non... celui-là... » dit-il en déplaçant mon doigt.

J’adore sa façon de prendre les choses en main, en positionnant mon doigt, puis en réajustant mes hanches face à la fenêtre. Il désigne un immense navire tout au bout du quai. Il est gardé par des hommes étranges qui font les cent pas sur le quai.

Il hoche la tête quand je fixe mon doigt sur le navire : « Tu vois ? C’est le Screaming Dagger. Un brigantin. Très polyvalent. Il pèse environ 150 tonnes. C’est un vaisseau de 80 pieds. On est environ 100 à bord. 10 canons, avec une cale deux fois plus grande que celle d’un sloop. Il a deux mâts et des voiles carrées. »

« Il a l’air majestueux. »

« Il a été construit par un homme riche. Une nuit, mon capitaine l’a volé. Il est avec lui depuis lors. »

Je fais une pause.

« Euh... »

Je ne sais pas comment demander. Heureusement, je n’ai pas à le faire. Le regard dans les yeux de l’étranger me fait comprendre qu’il sait ce que je veux demander.

« Tu veux savoir si je suis un pirate ? »

Je hoche la tête : « Oui. »

« Je suis marié à la mer. Et oui. Ces hommes avaient peur. Ils ont raison. Le capitaine Holystone et le Screaming Dagger se sont forgé... une sacrée réputation sur ces eaux. On prend ce qu’on veut. Pas de questions. Quand les navires voient le Jolly Roger rouge, ils savent que c’est soit se rendre, soit mourir. »

Je suis choqué par cette révélation.

« C’est juste que tu n’as pas l’air... »

« La plupart des garçons sur mon navire n’ont pas cet air-là. Le capitaine Holystone s’entoure de... beaux garçons. Il t’aimerait bien... »

« Moi ? »

« Pourquoi pas ? Tu poses beaucoup de questions », rit-il. « Le capitaine me couvrirait d’or si je recrutais un beau garçon comme toi. »

« Je ne pourrais pas », je réponds. « Je suis juste curieux. C’est tout... »

Ils vivaient selon leurs propres lois. Ils étaient dangereux. J’avais vu la peur des hommes quand ils avaient réalisé qui était Ashton. Ils étaient terrifiés. Je ne pouvais pas imaginer être aussi respecté. Ashton rit encore. Il est clairement habitué à la peur. Il a probablement des histoires à raconter pendant des jours. Je regarde ses quelques pas vers le lit. Il s’allonge.

« C’est dommage. J’étais comme toi, autrefois. J’avais tellement peur. Tu vois, mon père était un homme riche. En fait, c’est lui qui a construit le Screaming Dagger... »

« Tu es sérieux ? »

« Ouais », dit Ashton. « Et la nuit où le capitaine Holystone a volé le Dagger, il a pris un autre prix avec lui. »

Je suis sous le choc.

« Toi ? »

Soudain, je me sens si triste en regardant Ashton. Je n’arrivais pas à imaginer être volé à ma famille comme un vulgaire objet. Ce capitaine Holystone devait être un monstre pour faire une chose pareille. Je ne comprends pas. J’ai le cœur lourd en regardant Ashton, mais il semble surpris que je réagisse à son histoire de cette façon.

Ashton hoche la tête : « Tu as l'air horrifié. »

« Tu as été enlevé », je réponds en secouant la tête, « Tu as dit qu'il aimait les beaux garçons. Je ne savais pas qu'il les enlevait. »

Ashton rit : « Tu me trouves beau ? »

Je ne sais pas quoi répondre. Je détourne le regard vers la fenêtre, en direction du Screaming Dagger. Ce navire à l'allure royale semblait plus approprié pour un gouverneur ou un riche marchand, mais c'était un navire de guerre pirate.

Je suis fasciné par lui.

C'est là que je sens Ashton derrière moi.

« Que fais-tu ? »

Il se plaque contre moi. Je sens quelque chose me piquer. Au début, je pense à son arme, mais je me souviens qu'il l'a rangée. Je réalise qu'Ashton me presse son membre contre le corps. C'est tellement bon lorsqu'il le frotte contre la couture de mon pantalon.

Ashton glisse ses mains dans mon pantalon et tire brusquement vers le bas. Il joue avec ma bite. À ce moment-là, je sens sa langue lécher le côté de mon cou.

« Je repars en mer demain matin », déclare Ashton, « Je ne te reverrai plus... »

« Tu peux revenir. »

« Ou je peux mourir demain. Je suis un pirate, Lafayette. Je meurs jeune. Je vis à fond. »

Sur ces mots, je le sens baisser mon pantalon. Il y a quelque chose chez lui qui m'empêche de l'arrêter quand il embrasse mon cou. Il tourne mon visage vers le sien et commence à m'embrasser. Sa langue s'enfonce au fond de ma gorge. Je l'aspire totalement, me laissant aller une fois mon pantalon tombé aux chevilles. Il me plaque contre la vitre et utilise ses mains pour creuser mon dos. Puis il descend le long de mon dos en m'embrassant. Il est passionné, mais brutal. Il a beau être beau, ses mains sont rudes et calleuses.

Il arrive jusqu'à mes fesses et commence à les mordre, y plantant ses dents comme s'il essayait d'en rapporter un morceau en mer. Sa langue pénètre mon trou.

« Oh mon dieu ! »

Personne ne m'avait jamais fait ça auparavant. Il enroule sa langue encore et encore dans mon cul jusqu'à ce que je m'agrippe au rebord de la fenêtre, plantant mes ongles dedans. Sa langue me viole, franchissant mes parois et me lubrifiant jusqu'à ce que je dégouline de sa salive.

Ce qu'il fait ensuite est tout aussi inédit.

Il se redresse et je ressens une pression. Je ne réalise pas qu'il m'a pénétré avant que cela n'arrive vraiment. Sa bite parvient à se frayer un chemin dans mon orifice. Elle est plus grosse que ce que j'aurais pu imaginer. Je me tortille de douleur en réalisant que c'est une douleur nouvelle, jamais ressentie de ma vie. Son énorme membre est mouillé de salive, mais il parvient quand même à avancer avec difficulté.

« Tu es si... serré... » me dit-il.

« Je suis vierge... »

« Attends ? » Il s'arrête, « Complètement... »

« Oui... mais ça va. Je le veux. »

Il est toujours en moi, mais pour une raison inconnue, il a cessé de bouger. Il se retire à cet instant. C'est tellement agréable que je veux qu'il recommence, mais il ne le fait pas. Il se tourne et hoche la tête.

« Allons juste nous coucher », répond-il.

« Ashton... je le veux. »

« Une autre fois... » me dit-il, « Je ne veux pas te priver de quelque chose d'aussi spécial. »

À cet instant, je réalise qu'Ashton est bien plus qu'un simple pirate. Sa façon de respecter mon corps, même alors que j'étais si consentant, montre qu'il a du cœur. Je le regarde s'allonger sur le lit, complètement nu. Je peux enfin voir sa bite. Elle est bronzée, encore dure, humide de m'avoir pénétré. Il reste là et la gifle, riant quand elle se redresse aussitôt. Il a l'air si sexy allongé dans son lit. Je commence à grimper sur le lit avec lui.

J'essaie de m'asseoir sur lui... sur sa bite, mais Ashton m'arrête.

Je suis tellement confus.

« Tu pars demain matin. Il n'y aura pas d'autre fois. »

« Il y a quelque chose de spécial chez toi », dit-il en souriant, « Je ne saurais dire quoi. Une connexion. Ne t'inquiète pas. Je trouverai un moyen de revenir vers toi. D'une façon ou d'une autre. Un jour. »

Sur ce, il m'installe près de lui, sous son bras, pour que je puisse m'allonger. Avec Ashton, je le sens. Une connexion que je n'ai jamais ressentie de ma vie. C'est un sentiment qui me fait penser que je devrais connaître ce beau garçon blond. C'est un sentiment qui me dit que je devrais être avec lui.

~

Je me réveille en redoutant le départ d'Ashton. Je n'ai jamais dormi aussi paisiblement que dans ses bras. À mon réveil, je le vois au pied du lit. Il lit quelque chose. Je suis surpris qu'il soit debout si tôt, mais je me glisse de l'autre côté du lit. Je l'embrasse, j'embrasse sa nuque en faisant glisser mes mains vers son sexe. Il est mou le matin, mais quand je le serre, il commence à durcir.

« Es-tu sûr que je ne peux pas te convaincre ? » demandé-je.

Je me penche sur lui et sors sa bite. Je commence à poser mes lèvres dessus, mais je réalise qu'Ashton ne réagit pas comme je l'espérais. Il se contente de me regarder.

Puis je comprends ce qu'il est en train de lire.

« Où as-tu trouvé ça ? » me demande-t-il.

C'est le papier que la vieille dame Josephine m'a donné. Celui qu'elle voulait que je remette à mon père. J'essaie de le reprendre, mais Ashton se détourne brusquement, tirant si fort que je tombe par terre.

« Rends-le-moi. »

Ashton a un regard étrange. Je ne comprends pas. Il secoue la tête.

« Je me suis réveillé au milieu de la nuit et je l'ai vu dépasser de ton pantalon. Tu ne devrais pas avoir ça. Tu n'as aucune idée de ce que c'est... »

« Ashton. Rends-moi la carte. »

« Je suis désolé. »

« Pour quoi ? »

« Pour ça... »

Au même moment, la porte de la chambre s'ouvre. Des hommes font irruption. DES PIRATES ! C'est là que je réalise que j'ai été trahi ! Ashton m'a trahi ! J'essaie de résister. J'essaie de me battre.

« ASHTON ! AIDE-MOI ! » je crie.

Mais il ne m'aide pas. Il se contente de secouer la tête. Ma lutte est vaine. Ils me mettent un sac sur la tête et m'attachent.

~

J'ai l'impression d'être dans le noir depuis une éternité. Enfin, on m'enlève le sac. Je sens du mouvement. Je ne sais pas où je suis. Il fait tellement humide. La sueur coule sur mon front. Je suis attaché à la chaise sur laquelle je suis assis. Plusieurs hommes sont dans la pièce. Derrière eux, il y a des sortes de conteneurs de stockage ou quelque chose du genre.

Je sens à nouveau le mouvement. Un rythme de balancement lent sous mes pieds.

« Où suis-je ? »

« Tu es prisonnier à bord de mon navire », déclare une voix, « Je suis le capitaine Holystone. »

Holystone. Lui ! LUI !

L'homme qui a tué ma grand-mère. L'homme pâle avec une barbe épaisse. Je regarde ses bottes. Oui. C'était lui ! Il n'y avait aucun doute.

Juste derrière lui, je vois Ashton. Il est là, à me regarder. À cet instant, je ne vois plus les yeux compatissants que je connaissais. Ashton est redevenu un tueur.

« Ashton... s'il te plaît... aide-moi », je me surprends à supplier.

Ashton se détourne comme s'il ne m'entendait pas. Je ne me suis jamais senti aussi trahi. Je savais qu'il ne me devait rien, mais j'espérais que cette connexion signifiait quelque chose.

« Il ne t'aidera pas. Rien ne peut te sauver maintenant... » me dit le capitaine.

« Que voulez-vous ? »

« Où est l'autre moitié de la carte ? »

« Je ne sais pas de quoi vous parlez », je réponds.

Mon cœur bat la chamade quand je vois le capitaine se lever. Il a quelque chose de si effrayant. Ses yeux sont sombres et froids. C'est comme si je regardais dans les yeux du diable lui-même. Cela me ramène à la nuit où ma grand-mère est morte. Je le regarde traverser la pièce, lentement. Ses bottes noires sont couvertes de boue séchée. THUMP. THUMP. THUMP. Il se rapproche. Je le vois sortir quelque chose de sa poche ! C'est une plante...

« As-tu entendu parler de la plante "cœur saignant" ? » demande-t-il.

Je secoue la tête.

« Réponds, PRISONNIER ! » exige Ashton.

Il s'approche de moi et me colle une gifle magistrale. Je suis sous le choc. Je recrache du sang. Je peux en sentir le goût dans ma bouche. Ashton me frappe si fort que les larmes me montent aux yeux. Je respire difficilement, réalisant qu'il n'y a définitivement plus aucun sentiment ici.

« Je n'en ai jamais entendu parler », dis-je.

Holystone sort autre chose de sa poche : « Une folle en Espagne m'a appris à m'en servir. Elle l'utilisait pour tuer ses amants. J'étais son geôlier à l'époque. C'était une autre vie. C'est la veille de son exécution qu'elle m'a révélé son secret. Elle ne voulait pas qu'il meure avec elle. Elle m'a parlé de cette plante. Elle est vénéneuse. Regarde. Tu l'écrases pour en extraire le suc. Ensuite, tu l'étales sur tes lèvres. Tu ne peux pas le laisser longtemps. Juste assez pour un dernier baiser avec celui que tu aimes. On appelle ça le baiser sanglant. Tu es un beau jeune homme... voudrais-tu un baiser, beau jeune homme ? »

Holystone montre la plante. Des larmes coulent sur mes joues. Ce ne sont pas des larmes de peur. Ce sont des larmes de colère. C'est ainsi qu'il a tué ma grand-mère. Il a utilisé cette technique pour l'assassiner.

Cet homme était un monstre.

« Réponds à sa question », me met en garde Ashton, en levant la main, menaçant de me frapper à nouveau.

« Je ne veux pas de baiser », réponds-je, contre mon gré.

Ashton fait un pas en arrière. Un éclat de rire parcourt la pièce. Ce sont des pirates. C'était comme Ashton l'avait dit. Ils sont beaux... tous autant qu'ils sont. Aucun n'a l'air normal. Ce sont certains des hommes les plus attirants que j'aie jamais vus, mais ça ne compte pas. Ils ont tous ce regard de tueur. Tous, y compris Ashton.

Holystone me fixe. Son visage froid et creusé tranche avec les hommes plus jeunes et plus attirants. Sa barbe brune est parsemée de gris. Il doit avoir la cinquantaine. Son attitude glaciale ne fait qu'ajouter au fait que je le trouve répugnant.

Holystone pointe la carte : « Où est l'autre moitié ? »

« Je ne sais pas. Je devais l'apporter à Jacob Baptiste. »

La mention du nom de mon père provoque des murmures dans la cabine. Ils doivent le connaître. Je savais que mon père était célèbre, mais j'ignorais qu'il l'était parmi les pirates. Je regarde Holystone fixer Ashton. C'est presque comme s'il cherchait des réponses.

« Ashton, pourquoi ce garçon apporterait-il la carte à Jacob Baptiste ? » demande Holystone.

« Je ne sais pas. »

« Tu mens... »

« Je n'avais aucune idée qu'il le connaissait », déclare Ashton, « Je le jure, Capitaine. »

Les yeux d'Ashton ont l'air effrayés à cet instant. Très effrayés. Il est terrifié par le capitaine. Pour une raison quelconque, la mention de Jacob Baptiste a rendu le capitaine suspicieux. Holystone se tourne vers moi.

« Baptiste doit avoir l'autre moitié de la carte », déclare Holystone, « Où est Baptiste ? »

« Je ne sais pas... » dis-je.

Ashton secoue la tête : « Il ment. Il devait le rencontrer hier soir... »

« Et tu es tombé par hasard sur un garçon qui transportait la moitié de la carte pour Jacob Baptiste ? »

Ashton hoche la tête : « C'était une pure coïncidence. »

Holystone jette un regard à Ashton : « Tu ferais bien d'aller au fond des choses. Sinon... »

Holystone menace Ashton, et celui-ci semble terrifié. La terreur le pousse à courir vers moi et à m'empoigner par le col. Il me soulève. Je vois à quel point il est désespéré. Je ne comprends pas. Pourquoi Holystone est-il si suspicieux du fait qu'Ashton m'ait trouvé et intercepté la carte ?

Ashton me saisit par le col : « Quelle relation as-tu avec lui ? Pourquoi as-tu été envoyé pour rencontrer mon père ? »

« Jacob Baptiste est ton père ? »

Je regarde Ashton dans les yeux, comprenant enfin pourquoi j'avais cette connexion avec lui. Je réalise maintenant qu'Ashton doit être mon frère.

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