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Dernière course

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Résumé

Isaiah Blake Harrington a tout pour lui : un nom légendaire, un talent indiscutable, un volant chez Ferrari. À trente ans, il vit à cent à l'heure entre circuits, luxe et projecteurs. Dans son monde, tout se gagne, tout se contrôle. Tout... sauf elle. Ambre Bellini, elle, n'a jamais compté que sur elle-même. Arrivée du sud de l'Italie avec la rage de réussir, elle cumule les emplois et trace sa route sans détour. L'amour ? Une distraction. Les hommes riches et arrogants ? Très peu pour elle. Leurs chemins se croisent dans un terminal d'aviation privée. Un regard de trop. Une tension électrique. Un défi silencieux. Pour lui, un jeu. Pour elle, hors de question. Mais dans un monde où les apparences dominent et où les médias transforment tout en spectacle, leur attirance pourrait bien devenir la course la plus risquée de leur vie. Cette fois, il n'y aura peut-être pas de ligne d'arrivée.

Genre :
Action,Romance
Auteur :
Sweet_velvet
Statut :
il y a 2 jours
Chapitres :
56
Rating
4.8 (5 avis)
Classification par âge :
18+

✨ Prologue


ISAIAH

Mars

Le monde se rétrécit toujours avant le départ.

Ce n’est pas le bruit qui disparaît — au contraire, il est assourdissant. Les moteurs hurlent, les radios crépitent, la foule vibre derrière les barrières. Mais dans ma tête, tout devient simple. Une ligne. Un point. Une trajectoire. C’est le seul endroit du monde où je n’ai jamais besoin de réfléchir à qui je suis censé être.

Je respire dans le casque, et mon propre souffle me revient, régulier, maîtrisé. L’air sent l’essence et la gomme chauffée par l’asphalte. J’aime cette odeur. Elle ne ment pas, elle ne flatte pas. Elle annonce seulement ce qui va arriver.

Suzuka s’étend devant moi comme un ruban parfaitement dessiné. Ici, la piste ne coupe pas le désert — elle serpente entre des collines basses et des tribunes compactes, entourée d’arbres encore nus de la fin de l’hiver. Au loin, les montagnes japonaises se découpent dans une lumière douce de début de saison. L’air est frais, presque coupant, et les fans agitent leurs drapeaux avec une ferveur silencieuse, disciplinée — rien à voir avec les hurlements bruts d’un Grand Prix européen.

Dans le garage, Elliot m’attend déjà, une tablette à la main, la tête penchée sur une courbe d’aéro qu’il connaît sans doute mieux que moi.

— On a resserré l’aileron arrière d’un demi-degré par rapport à hier, dit-il, sans lever les yeux. Ça devrait te donner un peu plus de rotation dans les Esses. Dis-moi si tu sens du sous-vireur en sortie de 130R.

— Reçu.

— Et essaie de ne pas m’envoyer un message vocal de quatre minutes sur le grip arrière comme à Melbourne.

— C’était une observation.

— C’était un roman, Isaiah.

Je ne réponds pas, mais quelque chose s’allège légèrement dans ma poitrine. Autour de nous, l’équipe s’active en silence, chacun à sa place, comme une mécanique bien huilée qui n’a plus vraiment besoin de moi pour tourner. Un mécanicien passe derrière moi avec un jeu de pneus encore tièdes de la couverture chauffante, un autre vérifie pour la troisième fois le couple de serrage sur mon appui-tête. Personne ne me regarde vraiment. Personne n’a besoin de le faire.

Edward passe la tête par la porte du garage, lâche un signe de tête approbateur dans ma direction, puis disparaît vers la stratégie sans un mot de plus. C’est comme ça, chez nous. Personne ne parle pour ne rien dire.

— Première ligne, ça te va ? lance Daniel depuis le garage voisin, casque déjà sous le bras, ce sourire qu’il garde en toute circonstance.

— Ça m’ira encore mieux si tu restes derrière toute la course.

— On verra ce que dit l’asphalte.

Avant d’enfiler mon casque, mon téléphone vibre une dernière fois. Un message. Une photo. Une mannequin croisée la veille lors d’un événement sponsorisé à Tokyo. Sourire calibré, prénom déjà oublié. Le genre de femme qui sait exactement quel angle choisir, quelle lumière flatter, quelle promesse suggérer sans jamais la prononcer. La photo est appliquée. Presque professionnelle. Je la regarde trois secondes, quatre peut-être, et je pense : évidemment. Puis je verrouille l’écran. Pas par manque d’envie — parce que ça ne change rien. Une distraction bien emballée de plus. Un privilège ajouté à une pile déjà trop haute pour avoir encore du poids. Je ne me souviens même plus de la dernière fois où quelque chose m’a vraiment surpris.

— Isaiah, formation lap.

La voix d’Elliot traverse l’oreillette, nette, précise. Mon corps s’aligne avant même que je réfléchisse. Pied sur l’embrayage. Mains sur le volant. Épaules basses. Nuque solide. Tout s’emboîte. Je ne conduis pas, je contrôle. Je quitte les stands. La voiture glisse sur la piste encore fraîche. Les tribunes sont pleines de drapeaux japonais et d’écrans levés vers un ciel gris clair. Dans mon rétroviseur, la voiture de Daniel colle la mienne d’un peu trop près — un rituel entre nous, sa façon à lui de dire je suis là, avant que chacun ne reparte dans sa propre bulle.

Mon père n’est pas dans une loge aujourd’hui. Mais il regarde. Il regarde toujours, fuseaux horaires ou pas. Son regard existe même à distance — une présence silencieuse qui analyse chaque trajectoire au ralenti. Il ne m’a jamais applaudi. Il a attendu que je fasse mieux. Même le jour de mon premier titre, il m’a demandé pourquoi j’avais perdu deux dixièmes dans le secteur deux.

Les feux rouges s’allument. Un. Deux. Trois. Quatre. Cinq.

Le monde se fige. Mon cœur ne s’emballe pas, il cadence — un métronome intérieur. Puis le vert.

Et tout explose. La voiture bondit, la poussée me plaque contre le siège. Les autres attaquent le premier virage avec fébrilité. Je ne lutte pas, je lis. Les pneus crissent, les ailerons se frôlent, les choix se prennent à la milliseconde. Je freine. J’accélère. J’ouvre une trajectoire, j’en ferme une autre. Je ne suis pas courageux. Je suis précis. Le courage appartient à ceux qui improvisent.

Dans les Esses, un des pilotes McLaren tente une attaque qu’il n’a pas les appuis pour réussir. Je le sens avant de le voir — un frémissement dans mon rétroviseur, une trajectoire trop optimiste. Je ferme la porte d’un mouvement de poignet, à peine perceptible. Il recule.

— Bien joué, ça, murmure Elliot dans mon oreille, presque malgré lui. Continue comme ça et cette pole ne bougera pas.

Les tours défilent. Les chiffres murmurés dans mon casque deviennent des automatismes — températures, écarts, fenêtres d’arrêt. Je réponds par syllabes courtes, je calcule déjà avant qu’ils terminent leurs phrases.

Par instants, une image d’enfance traverse mon esprit. Un matin froid. L’odeur métallique d’un petit circuit. Ma mère qui sourit trop fort. Mon père, bras croisés, regard fixe. « Encore. Plus vite. Tu peux mieux faire. »

Toute ma vie tient dans ces mots.

Je dépasse au moment exact. Pas avant, pas après. Les tribunes rugissent à chaque freinage tardif dans la chicane finale. Pour eux, c’est un spectacle. Pour moi, une succession de décisions propres qui mènent toutes au même résultat. Je sais que je vais gagner avant que les autres ne l’acceptent. Ce n’est pas de l’arrogance. C’est de la lecture.

La ligne d’arrivée approche. Je ne souris pas. Je valide. Le drapeau tombe. Dans mon oreillette, l’équipe explose — cris, rires, euphorie. Même Elliot, d’ordinaire imperturbable, laisse échapper un juron de soulagement pur.

— Good job, everyone, je réponds simplement.

Toujours « l’équipe ». Jamais « moi ». En conférence de presse, la première question tombe avant même que je me sois assis.

— Isaiah, votre père a commencé sa carrière ici, à Suzuka. Est-ce que cette victoire a un goût particulier ?

Je souris — le sourire de circonstance.

— Cette piste demande énormément de précision, et l’équipe a livré une voiture exceptionnelle ce week-end. Je suis surtout fier de ce qu’on a construit ensemble.

— Vous n’avez pas répondu à la question, insiste le journaliste, un sourire un peu trop satisfait aux lèvres.

— Je crois que si, en réalité.

Un rire discret parcourt la salle. Je ne prononce pas le nom de mon père une seule fois. C’est un exercice que je maîtrise aussi bien que le freinage à 130R. Sur le podium, l’hymne résonne dans l’air clair de Suzuka. Les flashs crépitent, le champagne gicle, mousse blanche contre les combinaisons colorées. Je souris — un sourire choisi, maîtrisé, jamais offert.

Plus tard, la fête s’installe sur un rooftop surplombant la baie de Nagoya. Piscine à débordement, costumes légers, verres cristallins. Daniel me rejoint contre la rambarde, deux verres à la main, m’en tend un sans demander mon avis.

— Tu as l’air ailleurs, dit-il.

— Je suis là.

— Ton corps est là. Ta tête, je suis moins sûr.

Je ne réponds pas, ce qui, avec lui, vaut confirmation. Il ne pousse jamais. C’est une des rares choses que j’apprécie chez lui — il sait exactement quand s’arrêter. Un sponsor m’attrape par l’épaule un peu plus loin, tout sourire, un verre déjà à la main.

— Alors, cette petite phrase sur votre père en conférence, très classe. On sent que vous portez bien le nom.

— Merci.

Je réponds poliment, avec la bonne intensité, en gardant toujours la bonne distance. Personne ne remarque que ce n’est qu’une performance de plus. Milo débarque à ce moment précis, tablette déjà à la main, en pleine négociation avec Noah sur qui portera les glacières pour la prochaine soirée d’équipe.

— Mec, il me faut une story de toi maintenant, dans cette lumière, avec la baie derrière. C’est parfait, tu peux même pas savoir.

— Pas ce soir, Milo.

— Trente secondes.

— Vingt, et tu arrêtes de me suivre jusqu’à la piscine.

Il capture ce qu’il veut, satisfait, et repart aussitôt vers Noah pour lui montrer le résultat, laissant échapper un rire trop fort pour l’heure qu’il est. Des femmes s’approchent, rient trop près, effleurent mon bras. Mon téléphone vibre encore. Elle. Le même prénom, le même point d’interrogation. Je n’ouvre pas.

Je sors sur la terrasse. L’air est doux, chargé d’humidité marine. La ville scintille au loin comme une maquette irréelle. Mes doigts tapotent la rambarde métallique, cherchant un rythme plus vrai que celui des basses derrière la vitre. Je devrais être euphorique. Je me sens stable. Fermé. Comme un moteur qui tourne parfaitement, même à vide. Une notification éclaire l’écran : « Harrington confirme son ascension fulgurante. » Puis une autre : « Le digne héritier ? » Héritier. Fils de. Comparaison. Je range le téléphone. J’inspire, j’expire. Le silence revient — celui d’après les applaudissements, d’après les moteurs, d’après les sourires. Je ne le déteste pas. Je ne sais juste pas quoi en faire.

— Isaiah ! On te cherche pour la photo d’équipe !

Un autre verre. Une autre photo. Une autre célébration. Je redresse les épaules, j’ajuste ma chemise. Je remets mon masque comme on remet un casque avant le départ. Toujours prêt. Toujours net. Toujours en contrôle. Je franchis la porte et retrouve la lumière, le bruit, les regards qui convergent. Centre de la pièce, centre de l’attention, centre de cette vie qu’on m’envie. Et au fond de moi, une certitude froide : je gagnerai encore. Je gagnerai souvent. Je gagnerai jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien à prouver.

Mais une question demeure, discrète sous la musique : Après la ligne d’arrivée… qu’est-ce qu’il reste, quand on a passé sa vie à courir ?

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Bien écrit

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Intrigue captivante

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Super personnage

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Dialogues forts

1

Dialogues forts

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Un décor bien posé.
Chapitre suivant

4 mois
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oui il ne restera rien qu on a passé sa vie à courir car on risque de rater le meilleur ....

2 mois
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