PROLOGUE
J’ai contemplé l’édifice fragile des spéculations humaines, saturé de constructions conceptuelles inconsistantes, de logorrhées théoriques dénuées de fondement ontologique, et j’ai vu, au cœur même de l’expérience humaine, la mort, la prédation gratuite, la cruauté volontaire, ainsi que cette parodie d’amour qui élève pour mieux précipiter dans la chute, jusqu’à assister à cette dissociation tragique où l’homme se dépouille lui-même de son humanité.
Dès lors, il m’apparaît avec une évidence implacable que l’absurde ne réside nullement dans l’ordre du monde, mais dans la conscience humaine elle-même, qui, tout en persistant dans le mal par inclination délibérée, s’arroge le droit d’imputer à Dieu ses propres dérèglements, révélant ainsi une raison finie prétendant juger l’Infini.
« Le cœur de l’homme est tortueux par-dessus tout, et il est méchant : qui peut le connaître ? » — Jérémie 17 :9