Prologue
J’ai toujours entendu parler du sol qui se dérobe sous nos pieds. Je n’avais jamais vraiment cru à l’existence de cette sensation… jusqu’à aujourd’hui. Je ne pensais pas qu’un jour, mon cœur pourrait me faire aussi mal. Je ne savais pas qu’il était possible de ressentir autant d’émotions aussi contradictoires en même temps, comme une cacophonie qui viendrait me percuter de plein fouet. Je n’aurais jamais pu imaginer que les mots puissent devenir une arme, qu’ils puissent détruire bien plus que les actes. Pour mon cerveau bien trop rationnel, quelque chose d’invisible ne peut pas avoir d’impact matériel.
Pourtant, mon cœur vient de se briser.
« Une marionnette dont on peut faire ce qu’on veut. »
« Tu reviendras toujours parce que tu m’aimes. »
Il ne m’a jamais été aussi dur de vivre qu’à cet instant. Car quand notre seul monde s’effondre alors que celui des autres continue de tourner, la solitude qu’on ressent devient elle-même une raison de plus d’abandonner la partie. Comme la goutte d’eau qui fait déborder le vase, et le vase lui-même qui devient une mer immense qui nous submerge dès lors qu’il se fracasse contre le sol. Rien ne nous apparait aussi impossible à surmonter que lorsque cela nous arrive. J’aimerais vraiment avoir la force de sortir le nez de l’eau, mais la vérité, c’est que quand on tombe trop bas, il n’est plus question d’avoir la détermination de se relever, seulement de réaliser la hauteur qui nous sépare de la margelle du gouffre… et qu’on n’arrivera jamais plus à l’atteindre.