Chapitre 1
Le micro crépite tandis que le doyen de l’université s’avance, un large sourire aux lèvres, face aux familles et aux étudiants soulagés et surtout heureux d’en avoir terminée avec leur dernière année de faculté. Aligné derrière lui, nos professeurs observent la foule fière du travaille accomplis.
_ Chers étudiant, ces dernières années ont été compliqué pour certain incroyable pour d’autre, mais si vous êtes assis ici aujourd’hui, vos chapeau posés sur de vos têtes, c’est que vous avez réussi. Vous pouvez être fière de vous.
Assise au premier rang, je passe nerveusement mes doigts sur le tissu de mon chapeau.
_ Et maintenant, j’aimerais appeler Elisa Miriati, major de la promotion 2025, qui a, j’imagine préparé un discours pour clôturer cette année.
À l’entente de mon nom, tout mon corps se fige. Je m’étais préparée à ce discours pendant des semaines, pourtant maintenant que l’instant est réellement là, ma confiance a totalement disparu.
Je reste immobile quelques secondes avant que Mira ma meilleure amie, pose doucement la main sur ma cuisse pour me ramener à la réalité.
Je tourne la tête vers, son regard me rassure un peu, alors je me lève.
Mes jambes tremblent tandis que je me dirige vers la scène. Chaque marche semble insurmontable, comme si j’escaladais l’Everest. Enfin sur l’estrade je rejoins le doyen qui m’attend avec un sourire bienveillant.
Je me place derrière le vieux pupitre en bois et l’effleure du bout des doigts. Une écharde pique légèrement ma peau, preuve que ce pupitre à vu défiler bien plus de cérémonie que je ne pourrais en imaginer.
Je glisse une main dans ma poche et en sors une feuille soigneusement pliée en six. Je la déplie lentement avant de relever les yeux vers la foule.
Je me racle la gorges et lève la tête en direction de mes camarades. Ils sont toujours divisé en caste. Les sportifs incapable de lâcher leur ballon, même le jour de leur remise en diplôme. Les pouffiasses comme dirait Mira, constamment en train de retoucher leur maquillage et jamais très loin des sportifs. Les héritiers, costumes déjà taillés pour reprendre les entreprises familiales. Et les fêtards du campus, lunettes de soleil sur le nez malgré le ciel couvert et gueule de bois à peine dissimulée.
Aucun ne semble réellement voir les autres chacun reste enfermé dans son propre monde, hermétique à tout ce qui les entoures.
Plus loin les familles sont installées sur des rangées de chaises pliantes, tous la larme à l’oeil soulagé, fière de voir leurs enfants entrer dans le monde adulte.
Et puis, assise à l’écart, caché sous un chapeau sombre et des lunettes noir, ma mère au summum de la mise en scène. Derrière elle, deux gardes du corps restent immobiles, prêts à intervenir au moindre problème.
Evidemment mon père ne s’est pas déplacé. Pour lui c’est cinq année d’étude était déjà une perte de temps alors assister à cette cérémonie serait au dessus de ses forces.
On a beau être en 2025, pour mon père, et pour la mafia italienne en général, une femme est faite pour rester à la maison, s’occuper de ses enfants et entretenir la demeure familiale. Les études, une carrière... tout ça n’a jamais été considéré comme utile. « Ça abime le teint » comme dirait ma mère.
Je baisse les yeux vers mon discours, chassant mes pensées parasites avant de commencer.
_ Merci, Monsieur le Doyen. Mes chers camarades... Nous sommes aujourd’hui à l’aube de notre véritable vie. Ce diplôme n’est qu’un morceau de papier. Maintenant, c’est à nous de le transformer en quelque chose d’extraordinaire. Vous avez toutes les cartes en main. Alors oubliez qui vous étiez... parce que c’est le moment de devenir la personne que vous rêvez d’être.
Des applaudissements éclatent aussitôt dans l’assemblée, le doyen reprend place derrière le micro.
_Merci, mademoiselle Miriati pour ces paroles inspirantes. Et maintenant... le moment que vous attendez tous, la remise des diplômes !
Tout le monde applaudit de plus belle.
J’en profite pour retourner m’asseoir près de Mira. Elle me tend immédiatement la main avec un immense sourire. Son éternelle mèche blonde lui tombe sur le visage.
_ Tu as été super meuf.
Je lui adresse un léger sourire avant de me laisser retomber sur ma chaise, soulagée que cette épreuve soit enfin derrière moi.
Les élèves défilent ensuite les uns après les autres, tous plus fiers les uns que les autres, exhibant leurs diplômes comme des trophées.
Puis vient mon tour. Je remonte sur scène et saisis mon diplôme avant de serrer la main du doyen.
_ Félicitation mademoiselle Miriati.
_ Merci, Monsieur.
Je poursuis ensuite la file des professeurs, distribuant poignées de main et sourires polis. Lorsque j’arrive devant ma professeure de sciences, elle serre mes mains un peu plus longtemps que les autres.
_ Vous pouvez être fière de vous, Elisa. Vous irez loin, j’en suis certaine.
Je hoche simplement la tête en guise de remerciement avant de retourner m’asseoir. Tout le monde semble persuadé que je vais accomplir de grandes choses. Mais moi je connais déjà la vérité, Une vie toute tracée m’attend, un mariage arrangé, des enfants, des réceptions mondaines. Une existence soigneusement enfermée entre les murs dorés de ma famille.
Lorsque tout le monde récupère enfin son diplôme, vient le traditionnel lancer de chapeaux. Tous s’envolent dans les airs dans un chaos de cris et de rires. Je retire soigneusement le miens pour le garder contre ma poitrine. Ce chapeaux sera probablement l’un des seules vestiges de ma vie universitaire, hors de question de le jeter. La foule se disperse, mettant fin à la cérémonie. Je m’approche de Mira et la serre une dernière fois dans mes bras. Elle me rend mon étreinte sans hésiter, persuadée que nous nous reverrons bientôt. Mais moi je sais déjà que mon avion m’attend, et que je ne suis pas près de revenir.
Au loin, j’aperçois la Bentley noire de ma famille. Ma mère est déjà installée à l’intérieur, la vitre légèrement baissée. Devant la voiture, Lorenzo attend mon retour avec son éternel visage fermé.
Alors la boule au ventre je me dirige vers la voiture. Lorsqu’il me voit arriver, il ouvre la portière sans dire un mot. Je m’engouffre à l’intérieur et m’installe aux côtés de ma mère.
_ Lorenzo, vous pouvez y aller. Mon mari nous attend déjà à l’aéroport.
Elle ne me félicite pas sa voix et froide sans amour.
Je froisse nerveusement le tissu de ma toge entre mes doigts. Ma mère attrape immédiatement ma main, agacée.
_ Arrête de te comporter comme une enfant stressée. Tu es une femme maintenant. Comporte-toi comme telle.
Je ne réponds rien, habituée depuis longtemps à ce mélange constant de mépris et de déception dans sa voix.
Vingt minutes plus tard, après un trajet silencieux ponctué des remarques acides de ma mère, nous arrivons sur le tarmac. Le jet privée déjà prêt à décoller.
En haut des marches, une hôtesse nous attend avec un sourire artificiel plaqué sur le visage.
Je m’arrête un instant, devant moi se tient l’avion qui doit me ramener vers ma prison dorée, en Italie.