Personnaliser la lisibilité
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Eli

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Résumé

Alix Favre pensait avoir trouvé sa place. À vingt-six ans, elle poursuit ses études d’architecture à New York. Entourée d’amies devenues sa famille, portée par des rêves plus grands qu’elle, sa vie s’écoule entre les cours, les soirées et les appels quotidiens avec sa meilleure amie restée en France. Jusqu’au soir où un simple regard fait tout basculer. Lui est un inconnu. Un homme au calme déroutant, au regard aussi glacial qu’insondable, qui semble apparaître partout où elle ne l’attend pas. Chaque rencontre laisse derrière elle une sensation étrange, comme si le destin s’obstinait à les remettre sur le même chemin. Il contrôle tout. Elle refuse d'obéir à qui que ce soit. Entre eux, chaque échange est un affrontement. Chaque regard est une provocation. Pourtant, derrière cette guerre silencieuse, une attraction aussi puissante que dangereuse ne cesse de grandir. Mais certains secrets sont faits pour rester enfouis. Et lorsque le monde d'Elias Moretti finit par rattraper Alix, il est déjà trop tard pour faire demi-tour. Dans son univers, la loyauté s'achète, les trahisons se paient dans le sang et aimer est souvent la plus grande des faiblesses. Il pensait lui apprendre à survivre dans son monde. Sans jamais imaginer qu'elle serait la seule capable de lui apprendre à vivre.

Genre :
Romance
Auteur :
Celia
Statut :
En cours
Chapitres :
16
Rating
n/a
Classification par âge :
18+

Chapter 1 À des milliers de kilomètres

Alix


18 h.

L'heure où New York commence doucement à s'agiter.

Je pousse la porte de l'école d'architecture, mon sac lourd sur l'épaule, mes cheveux attachés à la va-vite après une journée passée entre plans, croquis et maquettes. La ville est déjà baignée par cette lumière particulière de fin de journée, celle qui donne l'impression que tout est possible.

Enfin... presque tout.

Je regarde mon téléphone avant même d'atteindre le trottoir. Comme chaque jour. Comme une habitude devenue indispensable. Un sourire apparaît sur mon visage lorsque son prénom s'affiche à l'écran.


Sonia.


Je décroche sans même attendre la deuxième sonnerie.


— Tu sais que tu es en retard de trente secondes, Alix ?


Sa voix résonne dans mon oreille, amusée, encore légèrement fatiguée. Je lève les yeux au ciel même si elle ne peut pas me voir.


— Bonjour à toi aussi Sonia. Je suis ravie de constater que tu comptes toujours les secondes de ma vie.


Un rire éclate de l'autre côté du téléphone.


— Évidemment que je les compte. Tu crois que je vais laisser ma meilleure amie traverser l'océan sans surveillance ?


Je souris en marchant dans les rues de Manhattan.

Elle est comme ça, Sonia. Excessive, bruyante, incapable de faire les choses à moitié. Mais c'est aussi la personne qui connaît chacune de mes versions. Celle que j'étais avant New York, avant les rêves d'architecture, avant cette envie de tout recommencer ailleurs.

Elle me connaît depuis Toulouse. La ville de la fête, celle qui ne dort jamais vraiment. C'est là-bas qu'on s'est rencontrées, il y a quelques années, dans une boîte de nuit où la musique était trop forte et où aucune de nous deux n'avait prévu de finir la soirée avec une inconnue devenue une sœur.


À l'époque, je n'aurais jamais imaginé que cette fille croisée au milieu des lumières et de la foule deviendrait une partie de ma vie. Encore moins qu'on finirait par vivre ensemble. Notre colocation avait été un chaos permanent. Des vêtements partout, des soirées improvisées, des discussions jusqu'au lever du soleil et des promesses qu'on se faisait en pensant que rien ne pourrait jamais nous séparer. Puis j'ai eu besoin de changer. De me rapprocher de mes origines, de ma famille du côté de ma mère. Alors j'ai quitté Toulouse pour m'installer en suisse. J'avais cette impression étrange de chercher un endroit auquel appartenir. Mais finalement, je n'ai trouvé ma place nulle part. Pas encore. Parce qu'un jour, j'ai compris que ce que je voulais vraiment, c'était partir, tout recommencer. Suivre ce rêve que j'avais gardé trop longtemps au fond de moi.


L'architecture.


Alors j'ai tout plaqué. Ma routine, mes repères, mon appartement, mes habitudes. Et je suis partie à New York. À des milliers de kilomètres de tout ce que je connaissais.


— Alors, raconte-moi ta journée, dit Sonia.


Je m'arrête quelques secondes devant un passage piéton, observant les taxis jaunes défiler devant moi.


— Longue. Très longue. J'ai cru que mon cerveau allait abandonner pendant le cours de conception.


— Tu exagères.


— Absolument pas.


— Alix...


Je souris en entendant son ton. Celui qui signifie qu'elle va forcément se moquer de moi.


— Quoi ?


— Tu réalises quand même que tu es à New York en train de faire les études dont tu rêvais depuis toujours ?


Je baisse légèrement les yeux.

Parce qu'elle a raison. Parfois, je l'oublie. Parfois, je me perds tellement dans ce que je dois faire que j'oublie de regarder ce que j'ai déjà accompli.


— Oui... je crois que j'ai encore du mal à réaliser.


Un silence confortable s'installe entre nous.

De son côté, il est minuit passé à Toulouse.

Je l'imagine parfaitement installée dans son lit, une tasse de thé ou un verre à côté d'elle, incapable d'aller dormir malgré l'heure.

Sonia a toujours été une couche-tard. Moi, j'ai toujours été celle qui essayait de garder une routine. Deux opposées qui, étrangement, fonctionnaient parfaitement ensemble. Alors depuis mon départ, on a trouvé notre compromis. Tous les jours, à la même heure 18 h pour moi, 00h pour elle. Un rendez-vous qui traverse l'océan. Une façon de ne jamais vraiment être loin.


— Promets-moi juste une chose, murmure-t-elle.


Je fronce légèrement les sourcils.


— Quoi ?


— Peu importe ce qui arrive à New York... ne change pas.


Je reste silencieuse quelques secondes.

Je ne sais pas pourquoi cette phrase me fait un drôle d'effet. Peut-être parce qu'au fond, une partie de moi sait que cette ville ne laisse personne repartir exactement comme il est arrivé. New York attire les rêves, mais elle attire aussi les secrets.

Et sans le savoir encore, mon plus grand changement n'allait pas venir de mes études, ni de cette ville immense.


— Au fait... tu sais qui vient de m'envoyer un message ?


Je souris en marchant dans les rues de New York, mon téléphone collé contre mon oreille.


— Je sens que tu vas me dire Elara.


Un petit rire retentit de l'autre côté.


— Comment tu sais toujours tout ?


— Parce que je te connais, Alix.


J'entends son sourire dans sa voix.

C'est fou comme certaines personnes peuvent être loin et pourtant toujours aussi présentes. Sonia était restée à Toulouse, à des milliers de kilomètres, mais elle faisait toujours partie de mon quotidien.


— Elle va bien ? demande Sonia.


— Oui, elle vient sûrement encore de m'envoyer un message pour savoir où je suis et ce que je fais.


Je lève les yeux au ciel en souriant.

Parce que c'est exactement le genre de chose qu'Elara ferait.


Quand je suis arrivée à New York, je ne connaissais presque personne. J'avais quitté la France avec mes rêves d'architecture et cette envie de construire une nouvelle vie. Ma mère m'avait aidée à trouver mon premier appartement ici. Elle avait rencontré la mère d'Elara grâce à la location de celui-ci, et au fil du temps, une relation de confiance s'était installée entre elles. Puis Elara est entrée dans ma vie, naturellement, sans que je m'y attende. Elle m'a accueillie dans cette ville immense comme si j'avais toujours fait partie de son monde, et quelques temps après, elle m'a présenté Shaïna, son amie proche. À elles deux, elles ont rendu mon arrivée à New York beaucoup moins intimidante. Elles connaissaient les bons endroits, les rues cachées, les coins de la ville que les touristes ne voyaient jamais. Elles m'ont appris que New York n'était pas seulement une ville immense et impressionnante. C'était un endroit où l'on pouvait se perdre...

Mais aussi se trouver.


— Je suis contente que tu les aies rencontrées, dit Sonia.


Sa voix devient un peu plus douce.


— Je sais que ton départ m'a fait bizarre au début.


Je baisse légèrement les yeux.

Parce que moi aussi.

Quitter Toulouse, quitter notre colocation, nos soirées improvisées et nos habitudes n'avait pas été simple.

Sonia était la personne avec qui j'avais vécu tellement de choses.


— Tu me manques quand même, je murmure.


— Toi aussi, Alix.


Un silence s'installe.

Pas un silence gênant. Celui qui existe seulement entre deux personnes qui n'ont pas besoin de parler pour savoir ce qu'elles ressentent. Puis, comme toujours avec Sonia, la conversation finit par prendre une autre direction.


— Bon, sinon... j'ai vu une voiture hier.


Je souris immédiatement.


— Oh non.


— Oh si.


Je connais déjà la suite.


— Sonia...


— Elle était magnifique.


— Tu dis ça à chaque fois.


— Parce que c'est vrai à chaque fois.


Je ris doucement.

Les voitures.

Encore une passion qui nous rapprochait. Depuis Toulouse, on avait toujours eu ce goût pour les belles mécaniques. Pas seulement pour leur apparence, mais pour ce qu'elles représentaient.

La puissance.

La liberté.

Cette sensation étrange qu'on ressent quand on appuie sur l'accélérateur et que tout le reste disparaît.


— Tu devrais venir ici, lui dis-je.


— À New York ?


— Oui.


— Pour voir tes voitures hors de prix et t'entendre dire que je conduis mal ?


— Exactement.


Elle éclate de rire.


— Je te rappelle que c'est toi qui aimais rouler trop vite.


— J'étais jeune.


— Alix, tu as vingt-six ans, ce n'est pas vieux.


— Je n'ai jamais dit ça.


Je souris en continuant de marcher.

Au loin, les lumières de Manhattan commencent à s'allumer une à une. New York est magnifique à cette heure-là.

Brillante.

Vivante.

Presque irréelle.

Je raccroche avec Sonia après presque une heure de conversation. Comme toujours avec elle, le temps passe sans que je m'en rende compte. Peu importe la distance, peu importe les fuseaux horaires, j'ai toujours cette impression étrange qu'elle est encore assise à côté de moi, comme à l'époque de notre colocation.

Je range mon téléphone dans mon sac avant de reprendre mon chemin. Quelques rues plus tard, j'arrive enfin devant mon immeuble. Je lève les yeux vers la façade en souriant. Il y a encore quelques mois, cet endroit n'était qu'une adresse parmi tant d'autres sur une liste d'appartements à visiter. Aujourd'hui, c'est chez moi. Lorsque j'ouvre la porte de mon appartement, une douce odeur de bougie parfumée m'accueille immédiatement. Je retire mes chaussures et pose mon sac dans l'entrée avant de regarder autour de moi. J'ai toujours aimé les endroits qui racontent une histoire. Alors même si je vis dans une ville où tout semble immense et moderne, j'ai voulu créer un espace qui me ressemble. Des meubles aux lignes élégantes, des matières chaleureuses, quelques touches anciennes mélangées à des éléments plus contemporains. Une décoration française, raffinée mais pas froide. Des cadres posés sur les murs, des livres d'architecture empilés sur une étagère, quelques objets rapportés de mes voyages et des souvenirs de ma famille. Un endroit où je pouvais respirer, un endroit qui me rappelait qui j'étais.


— Enfin rentrée ?


Je sursaute légèrement avant de tourner la tête vers le salon.

Un sourire apparaît immédiatement sur mon visage.


— Margaux.


Elle est installée dans mon canapé, une tasse entre les mains, comme si elle avait toujours vécu ici. Ce qui, honnêtement, ne me dérangerait pas. Margaux et moi, on se connaît depuis le collège. On a grandi avec des souvenirs communs, des années d'école, des discussions interminables et cette promesse un peu naïve qu'on resterait toujours en contact. Et finalement, des années plus tard, elle avait débarqué à New York.Il y a trois mois exactement pas pour les mêmes raisons que moi, mais avec la même envie de changement.

Elle voulait devenir actrice, elle avait toujours eu ce petit quelque chose qui attirait l'attention sans même essayer. Cette façon de raconter une histoire simplement en parlant, de transmettre des émotions avec un regard. Pour le moment, elle travaillait dans un salon d'esthétique le temps de trouver sa place ici. Entre ses horaires, ses recherches d'appartement et ses candidatures pour décrocher un rôle dans un film, elle ne s'arrêtait jamais.


— Tu étais encore en train de marcher dans New York pendant des heures ? demande-t-elle avec un sourire.


Je pose mon sac.


— Peut-être.


Elle secoue la tête, amusée.


— Je te connais trop bien.


Je ris doucement.

Margaux est le genre de personne qui apporte de la lumière partout où elle va. Grande, avec ses longs cheveux bruns légèrement ondulés qui encadrent son visage, elle porte toujours des lunettes qui lui donnent un charme particulier. Elles lui vont parfaitement. Elle prend soin d'elle sans jamais donner l'impression d'en faire trop. Mais ce que les gens remarquent surtout chez elle, c'est sa douceur, sa joie de vivre. Cette capacité qu'elle a à trouver du positif même dans les journées compliquées.


— Alors ? demande-t-elle. Ton appel avec Sonia ?


Je m'installe à côté d'elle.


— Comme d'habitude. Elle m'a encore parlé de voitures pendant vingt minutes.


Margaux éclate de rire.


— Ça ne m'étonne même pas.


— Elle veut toujours me convaincre qu'elle conduit mieux que moi.


— Et c'est vrai ?


Je prends un air faussement vexé.


— Absolument pas.


Elle rit encore.

C'est ça que j'aime avec Margaux. Avec elle, tout semble simple. Elle me rappelle une partie de ma vie que je pensais avoir laissée derrière moi en quittant la France. La spontanéité, les amitiés qui ne demandent aucun effort, les discussions qui peuvent partir dans tous les sens.


— Au fait, j'ai envoyé deux nouvelles candidatures aujourd'hui, m'annonce-t-elle fièrement.


Je me tourne vers elle.


— Sérieusement ?


Son visage s'illumine.


— Oui. Une pour un petit rôle dans une production indépendante et une autre pour une audition la semaine prochaine.

Je souris sincèrement.

Parce que je sais à quel point elle travaille pour ça.


— Je suis sûre que tu vas finir par y arriver.


Elle hausse légèrement les épaules, un sourire aux lèvres.


— J'espère.


Puis elle regarde par la fenêtre.

Les lumières de New York brillent dans la nuit.


— En attendant, il faut vraiment que je trouve mon appartement.


Je souris.


— Oui, parce que mon canapé commence à connaître ton nom.


Elle me donne un léger coup d'épaule.


— Tu m'aimes trop pour me mettre dehors.


Je ris.


Et pendant quelques secondes, je regarde autour de moi. Mon appartement, mes amis, cette nouvelle vie. Tout était différent de ce que j'avais connu avant. Cette nouvelle vie que j'avais construite loin de tout ce que je connaissais. Pourtant, malgré tout le bonheur que je pouvais ressentir ici, il y avait toujours cette petite partie de moi qui restait ailleurs. La Suisse me manquait. La France aussi. Les paysages familiers, les habitudes, les endroits qui avaient marqué mon enfance et les personnes que j'avais laissées derrière moi. Parfois, j'avais l'impression étrange de ne jamais réussir à choisir comme si mon cœur appartenait à plusieurs endroits à la fois.


J'aimais New York pour son énergie, ses possibilités, cette sensation que tout pouvait arriver mais j'aimais aussi la douceur de la France et la tranquillité de la Suisse. Peut-être que certaines personnes étaient faites pour appartenir à un seul endroit. Moi, j'avais l'impression d'être un peu partout à la fois.


Je reste encore quelques instants assise avec Margaux, profitant simplement de ce moment calme après une longue journée. New York peut être épuisante toujours en mouvement, toujours bruyante, toujours à donner l'impression qu'il faut courir après quelque chose alors parfois, ces moments simples me faisaient du bien.

Être chez moi, parler avec des personnes que j'aimais, ne rien avoir à prouver.


Soudain, le téléphone de Margaux posé sur la table se met à vibrer.

Elle regarde l'écran et un sourire apparaît immédiatement sur son visage.


— C'est Elara.


Je souris.


Margaux décroche et active directement le haut-parleur.


— Salut Elara.


À peine quelques secondes plus tard, sa voix résonne dans le salon.


— Margaux, dis-moi que tu es avec Alix.


Je regarde Margaux en fronçant légèrement les sourcils.


— Pourquoi j'ai l'impression que je vais me faire disputer ?


Margaux étouffe un rire.


— Oui, elle est avec moi.


Un silence de quelques secondes.


Puis la voix d'Elara retentit.


— ALIX FAVR !


Je ferme les yeux en soupirant.

Voilà.

J'aurais dû m'y attendre.


— Quoi encore ?


— Tu te moques de moi ? Je t'ai envoyé un message il y a presque une heure et tu n'as même pas répondu !


Je regarde mon téléphone posé dans mon sac. Je l'avais complètement oublié.


— J'étais occupée.


— Occupée à quoi ? À ignorer tes meilleures amies ?


Margaux éclate de rire tandis que je lève les yeux au ciel.


— Merci pour ton soutien.


— Je t'aime, mais parfois tu es vraiment impossible.


Je souris.


C'était tellement Elara. Toujours à exagérer, toujours à râler, mais avec cette façon bien à elle de montrer qu'elle tenait aux gens.


— Tu es avec Shaïna ? demande Margaux.


À peine sa phrase terminée, une autre voix apparaît derrière celle d'Elara.


— Évidemment qu'elle est avec moi.


Je souris immédiatement.


— On était justement en train de parler de toi. Répond Elara


— Je sens que je devrais m'inquiéter.


— Un peu, répond Shaïna en riant.


Je secoue la tête, amusée.

Avec elles, il était impossible de rester tranquille très longtemps.


— Bon, annonce Elara, on a une proposition à te faire.

Je regarde Margaux.


Son sourire me confirme déjà que je ne vais pas aimer la suite.


— Non.


— Alix, tu ne sais même pas ce que c'est.


— Je vous connais.


Un rire retentit dans le téléphone.


— Demain soir, on sort.


Je me laisse tomber contre le dossier du canapé.


— Non.


— Si.


— Les filles...


— Ça fait longtemps qu'on n'a pas fait une vraie soirée toutes ensemble, ajoute Shaïna.


Je soupire.


— J'ai eu une grosse semaine.


— C'est justement pour ça qu'il faut sortir, répond Elara.


— Je suis très bien chez moi.


— Tu dis toujours ça avant de finir par passer une excellente soirée.


Je regarde Margaux qui sourit déjà.


Trahison.


— Vous avez prévu quoi exactement ?


— Un club plutôt chic en ville, répond Shaïna. On se fait belles, on danse, on profite.


— Je ne sais pas...


— Alix.


Je reconnais immédiatement le ton d'Elara. Celui qu'elle utilise quand elle sait qu'elle va gagner.


— S'il te plaît.


Puis Shaïna enchaîne.


— S'il te plaît.


Et Margaux, assise à côté de moi, ajoute avec un sourire innocent.


— S'il te plaît.


Je les regarde toutes les trois, même si deux d'entre elles ne peuvent pas me voir. Impossible de résister.


— Vous êtes vraiment insupportables.


Un cri de victoire éclate dans le téléphone.


— Donc c'est oui ?


Je roule des yeux.


— Oui.


— Parfait ! Demain soir, tenue élégante obligatoire.


— Je regrette déjà.


Elles éclatent toutes de rire et malgré moi, je souris. Parce qu'au fond, c'était exactement ce dont j'avais besoin, une soirée sans penser aux cours, aux responsabilités ou à tout ce que j'avais laissé derrière moi. Juste profiter, avec elles.

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