Car je t'aime à la folie.
Avant toi, Yara était la petite dernière de Caetano et Moema que l’on remarquait à peine, contrairement à ses frères et sœurs.
Derrière les portes de cette petite case traditionnelle autochtone faite d’argile et feuille de palmiers, entourée par une rivière et une forêt luxuriante, elle existait, simplement.
Sans éclat. Sans relief.
Pourtant, elle s’exprimait. Riait même, parfois.
Dans cette famille où tout semblait aller trop vite, curieusement, chacun trouvait un peu de réconfort auprès d’elle. Son père après une journée difficile. Sa mère lorsque la fatigue devenait trop lourde à porter. Ses sœurs qui recherchent une oreille attentive et ses frères un peu de silence.
Cela lui apportait une sorte de satisfaction.
Mais Yara n’attendait rien de la vie. Non par résignation, mais parce qu’elle ignorait qu’il existait quelque chose de plus. Pour elle, la vie devait être ainsi vécue.
Du moins.. Avant toi.
L’après-toi a tuée cette femme là, puis m’a ramenée à la vie, Ren.
Mes yeux sont enfin grands ouverts.Je te vois.Je vois le monde qui t’entoure. Je veux qu’il soit le mien.Je veux vivre. Suivre tes pas et ne plus jamais les perdre de vue.
Notre amour est la chose la plus pure que les dieux aient créé. Alors, meu amor*, pardonne moi d’avance pour ce que je pourrais faire afin de protéger cela.
Je
_ N’est-ce pas ma magnifique moitié qui s’approprie de nouveau mon bureau ?
L’homme qui partage ma vie fait son entrée dans la pièce et je m’empresse de glisser les feuilles sous un tas de paperasses.
Je lui rends son sourire et me laisse lentement aller contre le dossier du fauteuil, avec une nonchalance telle que, effectivement, on avait l’impression que je m’étais appropriée les lieux.
Le japonais avance droit sur moi, mains dans les poches, ne se détachant en aucun cas de son sourire en coin. Une fois assez proche, il descend sur ses genoux et attrape délicatement ma jambe, remontant le tissu de ma jupe blanche sur mes cuisses.
_ Qu’est-ce que tu mijotes, Hikari** ?
Ses lèvres embrassent l’intérieur de ma cheville et remontent doucement vers mon genoux. Ses gestes sont d’une telle délicatesse qu’on dirait qu’il manipule de la porcelaine de Chine.
_ J’aimerais que tu ne cherches pas à savoir, pour l’instant.
Je fond complètement sous ses baisers mais garde avec difficulté mon air un peu insolent.
_ Je suis curieux et pas franchement patient quand il s’agit de toi.
_ Mozão***..J’insiste en plantant mon regard dans le sien.
_ Hum. Ok Ok ! Je n’insiste pas.
Ses mains deviennent baladeuses et exercent une douce pression sur mes hanches.
_ Pourquoi es-tu venu me chercher ?
[...]
Une fois la nuit tombée, je profite de cette quiétude retrouvée pour faire le point sur moi même. Je n’échangerais ma vie pour rien au monde. Tous les choix effectués qui m’ont menée jusqu’ici, je les ferais à nouveau et encore plus.
Je ne te remercierai jamais assez pour tout ce que tu m’as apporté.
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*Mon amour en portugais.
**Prénom féminin courant qui signifie lumière(光), ici utilisé comme un surnom affectueux.***Surnom utilisé par les couples en portugais brésilien qu’on peut traduire par mon/ma chéri(e), mon coeur etc
+ Les dialogues en Portugais/ Guarani (langue autochtone) seront en italique.








