Prologue
On ouvre sur Seo Yeon dans une situation mystérieuse. Par exemple :
Le téléphone glissa presque entre ses doigts.
Pendant plusieurs secondes, Seo Yeon resta immobile.
Elle relut le message.
Une fois.
Deux fois.
Trois fois.
Puis son regard se leva lentement.
— Ce n’est pas possible…
Son cœur battait si fort qu’elle avait l’impression que quelqu’un pouvait l’entendre.
Elle recula d’un pas.
Derrière elle, une voix prononça doucement son prénom.
— Seo Yeon.
Elle ferma les yeux.
Elle connaissait cette voix.
Trop bien.
Sept mois plus tôt
La maison était particulièrement animée ce soir-là.
Seo Yeon observait sa famille depuis sa place à table, un léger sourire sur les lèvres. Cela faisait longtemps qu’ils n’avaient pas tous dîné ensemble.
Son grand-père était installé au bout de la table.
À côté de lui se trouvait Philip, le majordome de la famille, toujours aussi discret.
Puis Ha Eun posa doucement ses couverts.
— J’ai quelque chose à vous annoncer.
Tout le monde se tourna vers elle.
Seo Yeon leva les yeux.
— Tu es enceinte ?
Ha Eun tourna lentement la tête vers elle.
— Quoi ?
Seo Yeon haussa les épaules.
— C’était une possibilité.
— Absolument pas !
Un rire traversa la table.
Le père de Seo Yeon secoua la tête.
— Laisse ta sœur parler.
Ha Eun prit une petite inspiration.
Puis son sourire s’agrandit.
— J’ai obtenu un poste aux États-Unis.
Pendant une seconde, personne ne répondit.
Puis son père se leva presque de sa chaise.
— Vraiment ?
— Oui !
Les félicitations fusèrent immédiatement autour de la table.
Seo Yeon attrapa la main de sa sœur.
— Félicitations !
— Merci !
Son grand-père souriait, visiblement fier.
— Dans quelle ville ?
— New York.
Le vieil homme réfléchit quelques secondes avant de répondre :
— Alors tu vivras chez moi.
Ha Eun cligna des yeux.
— Chez toi ?
— J’ai une résidence là-bas. Elle est grande et parfaitement adaptée.
Ha Eun secoua doucement la tête.
— C’est gentil, grand-père, mais je préférerais vivre dans une maison à part.
Le sourire du grand-père disparut légèrement.
— Pourquoi donc ?
— Parce que je veux vivre normalement.
Seo Yeon étouffa un rire.
— Tu veux dire que tu ne veux pas que les gens découvrent que ton grand-père est propriétaire de haesoel corporation ?
— Seo Yeon !
Toute la table éclata de rire.
Ha Eun reprit :
— Je veux faire profil bas. Je ne veux pas que les gens me traitent différemment à cause de notre famille.
Son grand-père l’observa attentivement.
Puis il hocha lentement la tête.
— Je comprends.
Il regarda ensuite Seo Yeon.
— Dans ce cas… je serais beaucoup plus rassuré si tu partais avec ta sœur.
Seo Yeon leva immédiatement les yeux.
— Moi ?
— Oui.
— Grand-père, Ha Eun est plus âgée que moi.
— Je sais.
— Alors pourquoi est-ce moi qui devrais l’accompagner ?
Le vieil homme sourit.
— Parce que tu connais déjà les États-Unis. Tu y es allée plusieurs fois.
Seo Yeon se pencha légèrement en arrière.
— C’est vrai…
Son grand-père posa alors ses mains sur la table.
— Et cela tombe parfaitement bien.
Le silence s’installa.
— J’ai justement besoin de quelqu’un là-bas.
Seo Yeon fronça les sourcils.
— Quelqu’un pour quoi ?
Son grand-père échangea un regard avec son fils.
Le père de Seo Yeon soupira.
— Ne me dis pas que tu vas encore voler mes filles.
Le grand-père sourit.
— Je ne les vole pas.
— Tu les emmènes à l’autre bout du monde !
— Pour travailler.
— Ce n’est pas mieux !
Ha Eun éclata de rire.
— Papa !
Seo Yeon observait son père avec amusement.
Il plaisantait, mais elle voyait bien qu’une partie de lui n’aimait pas l’idée de voir ses filles partir.
Le grand-père se tourna vers Ha Eun.
— Alors ?
Ha Eun regarda Seo Yeon.
Ses yeux brillèrent.
— Tu viendrais vraiment avec moi ?
Seo Yeon sourit.
— Tu veux vraiment que je vienne ?
— Évidemment !
Ha Eun attrapa immédiatement sa main.
— Alors viens !
Seo Yeon regarda son père.
Puis son grand-père.
Et enfin sa sœur.
Elle ne savait pas encore pourquoi, mais elle eut soudain l’impression que cette décision allait changer beaucoup de choses.
— D’accord.
Ha Eun poussa un cri de joie.
— OUI !
Son père secoua la tête.
— Vous voyez ? C’est officiel. Mon père vient de voler mes deux filles.
— Elles reviendront.
— Tu as intérêt à tenir ta promesse.
Les rires reprirent autour de la table.
Mais Seo Yeon, elle, ignorait encore une chose.
Dans sept mois, elle repenserait à ce dîner.
À cette soirée.
À cette décision prise presque sans réfléchir.
Et elle se demanderait si elle aurait dû partir








