La Couleur Du Menssonge par RODNEYMOUNGUEKA chez Inkitt
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LA COULEUR DU MENSSONGE

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Résumé

Six ans après une rupture qu’elle n’a jamais comprise, Élena Varenne pensait avoir définitivement enterré Julian Morel. Jusqu’au soir où il réapparaît devant elle. Julian affirme qu’il ne l’a jamais quittée parce qu’il ne l’aimait plus. Quelqu’un l’aurait contraint à mettre fin à leur histoire. Et il vient enfin de découvrir une preuve capable de bouleverser tout ce qu’Élena croyait savoir. Mais avant qu’il puisse lui révéler la vérité, il disparaît. Quelques secondes plus tard, Élena reçoit un message anonyme : « Tu n’aurais jamais dû le revoir. » Entre attirance retrouvée, blessures anciennes et secrets soigneusement enterrés, Élena devra découvrir qui ment depuis six ans. Car certaines histoires d’amour ne meurent jamais. Elles attendent simplement que quelqu’un ose découvrir la vérité.

Genre :
Romance
Auteur :
RODNEYMOUNGUEKA
Statut :
il y a 9 heures
Chapitres :
2
Rating
n/a
Classification par âge :
18+

Chapitre 1 : LA MAUVAISE PERSSONNE


À 23 h 47, Élena Varenne comprit qu'elle aurait dû rester chez elle.


Elle le comprit au moment exact où Julian Morel franchit les portes de la salle de réception.


Avant cela, la soirée n'avait rien d'exceptionnel.


Elle avait même été agréable.


Le champagne circulait trop vite, les serveurs disparaissaient derrière des plateaux de petits fours et, au centre de la salle, les mariés souriaient comme si personne au monde n'avait jamais douté de l'amour.


Élena avait réussi à se convaincre qu'elle pouvait supporter ça.


Les mariages n'étaient plus un problème.


Les souvenirs non plus.


Elle avait vingt-six ans. Elle avait quitté cette ville. Elle avait changé de travail, d'appartement, d'amis. Elle avait appris à ne plus vérifier les silhouettes dans les cafés avant de s'asseoir.


Elle avait aimé depuis.


Des hommes.


Des femmes.


Pas de quoi faire d'elle une experte en relations humaines, mais suffisamment pour comprendre une chose : on ne guérissait pas vraiment d'une personne.


On apprenait seulement à vivre sans elle.


Du moins, c'était ce qu'elle croyait.


Puis Julian était entré.


Et tout ce qu'elle avait appris semblait soudain n'avoir servi à rien.


Il s'était arrêté quelques secondes près de l'entrée, le temps de saluer quelqu'un.


Costume noir.


Chemise blanche.


Aucun signe de nervosité.


Toujours cette façon insupportablement calme de regarder autour de lui, comme s'il était capable de repérer immédiatement ce qui n'allait pas dans une pièce.


Élena le reconnut avant même de voir son visage.


C'était absurde.


Six ans.


Six ans sans entendre sa voix.


Six ans sans prononcer son nom autrement que dans sa tête.


Et pourtant, elle aurait reconnu sa silhouette dans une gare bondée.


Elle aurait reconnu la façon dont il avançait.


La légère inclinaison de son épaule droite.


Ses cheveux trop longs sur le front.


Et cette petite cicatrice au-dessus du sourcil droit.


Élena porta instinctivement les doigts à sa propre tempe.


Elle se souvenait de cette nuit-là.


Du sang.


De la pluie.


De Julian assis sur le bord de son lit pendant qu'elle nettoyait la plaie avec une compresse.


Il avait grimacé.


Elle avait ri.


Il lui avait dit qu'il détestait la voir sourire quand il souffrait.


Elle lui avait répondu qu'il était ridicule.


Puis il l'avait embrassée.


Le souvenir fut si net qu'Élena dut cligner des yeux.


Elle posa son verre.


— Non.


La voix de Maya résonna près d'elle.


— Tu viens de dire non à quoi ?


Élena ne répondit pas.


Maya suivit son regard.


Elle comprit.


Son expression changea.


— Oh.


— Ne dis rien.


— Je n'ai encore rien dit.


— Tu allais le faire.


— J'allais effectivement le faire.


Élena inspira lentement.


— Maya.


— D'accord.


Un silence.


Puis Maya murmura :


— C'est lui ?


Élena hocha la tête.


— Oui.


Maya regarda Julian, puis Élena.


— Celui de l'histoire ?


— Je n'ai jamais raconté cette histoire.


— Exactement. C'est pour ça que je l'appelle « l'histoire ».


Élena lui lança un regard.


Maya leva les mains.


— Je me tais.


Elle tint trois secondes.


— Il est quand même très beau.


— Maya.


— Je me tais vraiment.


Julian avait commencé à traverser la salle.


Élena sentit son cœur accélérer.


Pas beaucoup.


Juste assez.


Mais elle le sentit.


Elle détestait ça.


Son corps avait toujours eu une mémoire différente de la sienne.


Sa tête disait : danger.


Son cœur répondait : Julian.


Il approchait.


Chaque pas réduisait la distance entre six années de silence et une soirée qui, quelques secondes auparavant, lui paraissait parfaitement banale.


Élena aurait pu partir.


La porte était à moins de quinze mètres.


Elle aurait pu attraper son manteau, prendre un taxi et rentrer chez elle.


Elle aurait pu faire ce qu'elle avait fait pendant six ans.


Fuir.


Mais quelque chose en elle refusa.


Peut-être la colère.


Peut-être la curiosité.


Ou peut-être cette partie d'elle-même qu'elle avait passée six ans à essayer de tuer.


Maya se pencha vers elle.


— Tu veux que je reste ?


Élena regarda Julian.


— Non.


— Tu es sûre ?


— Oui.


— Alors je vais partir.


Élena se retourna brusquement.


— Quoi ?


Maya sourit.


— Tu viens de dire que tu voulais être seule.


— Je voulais dire...


— Je sais.


Elle posa une main sur son bras.


— Si tu as besoin de moi, je suis à trois mètres.


— Tu viens de dire que tu partais.


— Je pars émotionnellement. Physiquement, je reste à trois mètres.


Élena eut malgré elle un petit rire.


— Idiote.


— Je sais.


Maya s'éloigna.


Julian arriva devant elle.


Et soudain, six ans disparurent.


Il était là.


À portée de main.


Avec ce regard qu'elle connaissait trop bien.


— Bonsoir, Élena.


Sa voix lui fit plus mal qu'elle ne l'aurait admis.


Elle aurait voulu lui répondre avec indifférence.


Elle avait préparé cette scène dans sa tête des centaines de fois.


Dans aucune version, elle n'était aussi déstabilisée.


— Tu es venu.


Julian baissa légèrement les yeux vers son verre vide.


— J'ai cru comprendre que c'était le principe d'une invitation.


— Je pensais que tu ne viendrais pas.


— Pourquoi ?


— Parce que tu détestes les mariages.


— Je déteste surtout les mariages où je connais les mariés.


Un sourire passa entre eux.


Infime.


Involontaire.


Puis il disparut.


Élena croisa les bras.


— Alors pourquoi celui-ci ?


Julian la regarda.


Longtemps.


— Pour la même raison que toi.


— Maya m'a forcée.


— Mensonge.


Un seul mot.


Et pourtant, Élena sentit quelque chose se tendre entre eux.


Elle releva le menton.


— Tu ne me connais plus.


— Je te connais suffisamment pour savoir quand tu mens.


— Après six ans ?


— Certaines choses ne prennent pas six ans à oublier.


La phrase resta suspendue.


Élena sentit son ventre se nouer.


— Tu ne devrais pas être là.


— Probablement.


— Alors pars.


Julian ne bougea pas.


— Tu veux vraiment que je parte ?


Elle soutint son regard.


— Oui.


Il hocha lentement la tête.


— D'accord.


Il recula d'un pas.


Un seul.


Et ce fut précisément à cet instant qu'Élena comprit quelque chose qu'elle aurait préféré ignorer.


Elle ne voulait pas qu'il parte.


Pas encore.


— Julian.


Il s'arrêta.


Elle détesta immédiatement sa propre voix.


— Pourquoi maintenant ?


Son visage changea.


Plus de sourire.


Plus d'ironie.


Plus de façade.


— Parce que j'ai trouvé quelque chose.


— Quoi ?


Il regarda autour de lui.


Les invités riaient toujours.


Une femme photographiait les mariés.


Quelqu'un venait de renverser une coupe et s'excusait en riant.


La vie continuait autour d'eux.


Julian baissa la voix.


— La vérité sur le 14 octobre.


Élena sentit son corps se figer.


Il y avait des dates qu'on oubliait.


Et puis il y avait celles qui vous poursuivaient.


Le 14 octobre était de la deuxième catégorie.


— Ne fais pas ça.


— Je ne joue pas avec toi.


— Alors ne parle pas de cette nuit.


— Pourquoi ?


— Parce qu'elle est terminée.


Julian secoua doucement la tête.


— Non.


Il sortit son téléphone.


— Elle ne l'a jamais été.


Il ouvrit une image.


Élena ne voulait pas regarder.


Elle regarda quand même.


Une photographie.


Ancienne.


Mauvaise qualité.


Le genre de photographie prise trop vite, dans l'obscurité.


Elle reconnut immédiatement l'immeuble.


Le vieux balcon.


La fenêtre du troisième étage.


La pluie qui transformait les lampadaires en halos flous.


Puis elle vit deux silhouettes.


Elle et Julian.


Elle sentit son souffle se couper.


— Où as-tu trouvé ça ?


— Dans une sauvegarde que je croyais perdue.


— Cette photo n'existait pas.


— Je sais.


Elle zooma.


Quelque chose apparut derrière eux.


Une troisième silhouette.


Un homme.


À moitié dissimulé dans l'ombre.


Élena sentit ses doigts devenir froids.


— Qui est-ce ?


Julian ne répondit pas.


Elle leva les yeux.


— Julian.


Toujours rien.


— Tu sais qui c'est.


Il finit par acquiescer.


— Oui.


— Alors dis-moi.


— Pas ici.


— Tu viens de me faire regarder une photographie vieille de six ans au milieu d'un mariage et maintenant tu me dis que ce n'est pas le bon endroit ?


— Parce que quelqu'un nous regarde.


Élena se retourna immédiatement.


La salle entière sembla soudain suspecte.


Les invités.


Les serveurs.


Les couples.


Les téléphones.


Chaque visage pouvait appartenir à un inconnu.


— Qui ?


— Je ne sais pas.


— Tu viens de dire que quelqu'un nous regarde.


— Je sais.


— Alors comment peux-tu ne pas savoir qui ?


Julian la fixa.


— Parce que c'est précisément ce que je cherche à découvrir.


Élena sentit la colère revenir.


C'était plus confortable que la peur.


— Tu veux que je te croie ?


— Non.


— Après six ans ?


— Non.


— Alors qu'est-ce que tu veux ?


Julian prit une inspiration.


— Que tu m'écoutes.


Elle eut un rire sec.


— Tu as eu six ans pour parler.


— Je sais.


— Tu m'as dit que tu ne m'aimais plus.


— Je sais.


— Tu m'as dit que ce qu'il y avait entre nous était une erreur.


— Je sais.


— Tu m'as laissée croire que j'avais imaginé tout le reste.


Julian baissa les yeux.


Cette fois, Élena vit clairement la douleur.


Elle aurait voulu en profiter.


Elle n'y arriva pas.


— Pourquoi ?


Il releva la tête.


— Parce que quelqu'un m'a demandé de te quitter.


Le monde sembla ralentir.


— Qui ?


Julian ouvrit la bouche.


Les lumières s'éteignirent.


Un cri traversa la salle.


Puis un deuxième.


Les conversations explosèrent dans toutes les directions.


Élena sentit quelqu'un la heurter.


Elle se retourna.


— Julian ?


Aucune réponse.


Les lumières de secours s'allumèrent.


Rouges.


La salle baignait désormais dans une lumière étrange.


Des silhouettes bougeaient partout.


Élena chercha le costume noir.


Rien.


— Julian ?


Elle avança.


Une table.


Un serveur.


Une porte.


Toujours rien.


Il avait disparu.


Comme si les six dernières années n'avaient jamais existé.


Comme si elle venait de l'imaginer.


Son téléphone vibra.


Elle s'immobilisa.


Numéro inconnu.


Un message.


TU N'AURAIS JAMAIS DÛ LE REVOIR.


Élena releva la tête.


Son regard parcourut la salle.


Quelqu'un pouvait être en train de la regarder.


Elle sentit soudain la présence de Maya derrière elle.


— Élena ?


Elle ne répondit pas.


Son téléphone vibra encore.


MAINTENANT, IL FAUT QUE TU TE SOUVIENNES.


Elle sentit sa gorge se serrer.


Puis un troisième message apparut.


Cette fois, aucune menace.


Aucune explication.


Seulement une phrase.


COMMENCE PAR TE DEMANDER QUI T'A MENTI.


Élena resta immobile.


Son regard se posa sur la porte.


Julian avait disparu derrière cette porte.


Six ans auparavant, elle avait cru qu'il l'avait abandonnée.


Elle avait passé six ans à essayer de comprendre pourquoi l'homme qu'elle aimait avait pu devenir un étranger en une seule nuit.


Elle venait peut-être de découvrir qu'elle s'était trompée de question.


Ce n'était peut-être pas :


Pourquoi Julian m'a-t-il quittée ?


Mais :


Qui lui a demandé de le faire ?


Et, pour la première fois depuis six ans, Élena eut peur de connaître la réponse.


Parce qu'elle connaissait déjà l'homme qui se trouvait dans l'ombre de la photographie.


Et parce que cet homme était censé être mort.

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