Créer une nouvelle liste
Partager avec vos amis
Personnaliser la lisibilité

UN AN SANS COURONNE

Tous droits réservés ©

Résumé

Léa est princesse, et son père n'a plus qu'un an à vivre. Pour échapper à un mariage arrangé, elle accepte une épreuve impossible : vivre un an dans le monde ordinaire, sans argent, sans titre, sans jamais dire qui elle est. Son seul emploi : s'occuper de la maison de Simon, un père veuf épuisé, et de son fils Sam, sept ans, un petit garçon plein de colère. Elle n'a jamais fait un lit de sa vie. Elle va apprendre à aimer.

Genre :
Romance
Auteur :
stephanefortin12
Statut :
Terminé
Chapitres :
20
Rating
5.0 (1 avis)
Classification par âge :
13+

Le verdict

Le palais de Valmérie avait trois cent douze fenêtres, et Léa les avait comptées toutes, un hiver, à neuf ans, parce qu'elle s'ennuyait.

Ce soir-là, elle les aurait toutes ouvertes pour pouvoir respirer.

« Raphaël d'Aubreuil », répéta-t-elle.

Elle se tenait debout au milieu du petit salon bleu, celui où sa famille réglait les affaires trop graves pour la grande salle du trône. Un feu brûlait dans la cheminée de marbre. Sa mère, la reine, était assise très droite dans un fauteuil, les mains jointes sur les genoux. Et dans le grand lit qu'on avait installé là depuis l'automne, parce qu'il ne pouvait plus monter l'escalier, son père la regardait.

Il avait tellement maigri. Ses mains, qui l'avaient fait sauter dans les airs quand elle était petite, étaient posées sur la couverture comme deux feuilles sèches.

« Raphaël est un homme sérieux, dit le roi d'une voix lente. Sa famille sert la couronne depuis quatre générations. Il connaît le pays. Il saura te protéger quand je ne serai plus là. »

Léa sentit sa gorge se serrer.

« Je n'ai pas besoin d'être protégée, papa.

— Tout le monde a besoin d'être protégé, ma chérie. Même une reine. Surtout une reine. »

Elle se détourna vers la fenêtre. Dehors, la neige tombait sur les jardins du palais, sur les fontaines gelées et sur les lanternes de l'allée des tilleuls. Une neige douce et silencieuse, comme si rien au monde ne pouvait mal tourner.

« Raphaël ne m'aime pas, dit-elle. Il aime le trône. Il me regarde comme on regarde un héritage. »

Personne ne répondit. C'était bien la preuve qu'elle avait raison.

« Je refuse », dit Léa.

Le mot tomba dans le salon bleu comme une vitre qu'on brise.

Sa mère ferma les yeux une seconde. Son père, lui, ne bougea pas. Il la regarda avec une tendresse fatiguée, la même qu'il avait eue la fois où, à seize ans, elle s'était enfuie du palais pour aller à un concert de rock dans la capitale.

« Les médecins me donnent un an, Léa. Peut-être moins. »

Elle le savait. Tout le palais le savait. Mais l'entendre de sa bouche, si calmement, lui coupa les jambes.

« Je ne peux pas partir en te laissant seule, continua-t-il. Et la loi est claire. Une reine non mariée ne peut pas monter sur le trône de Valmérie. Si tu n'épouses personne avant ma mort, la couronne passera à la famille d'Aubreuil. À Raphaël. Avec ou sans toi. »

Léa se retourna. Ses yeux brûlaient.

« Alors c'est ça ? Je l'épouse, ou il prend tout ?

— Il existe une troisième voie », dit la reine.

Sa mère se leva. Elle traversa le salon jusqu'à un petit secrétaire de bois sombre, dans le coin, et en sortit un coffret ancien, couvert de cuir usé et fermé par une serrure de cuivre.

Elle l'ouvrit avec une clé qu'elle portait au cou, sur une chaîne. Léa ne l'avait jamais remarquée.

À l'intérieur, il y avait un parchemin jauni, roulé et noué d'un ruban pourpre.

« En 1724, dit la reine, la princesse Aurélie de Valmérie a refusé, elle aussi, le mari que son père lui avait choisi. Le roi, furieux, lui a imposé une épreuve. Il pensait qu'elle échouerait et qu'elle reviendrait se marier en baissant la tête. »

Elle déroula le parchemin avec précaution.

« Elle n'a pas échoué. Et depuis, la loi de notre famille l'a gardée. On l'appelle l'Année ordinaire. »

Léa regarda le parchemin. L'écriture était penchée, presque illisible. Elle reconnut le sceau royal, au bas de la page.

« Quelle épreuve ?

— Vivre un an hors du palais, dans le monde ordinaire, lut la reine. Sans titre. Sans fortune. Sans jamais révéler à quiconque qui tu es. Gagner ton pain de tes propres mains. »

Elle leva les yeux vers sa fille.

« Et trouver, dans ce monde-là, un amour sincère. Quelqu'un qui t'aime sans savoir que tu es princesse. Si tu réussis, la loi t'autorise à choisir toi-même celui qui régnera à tes côtés. Sans l'accord du conseil. Sans l'accord de personne. »

Léa resta silencieuse.

« Et si j'échoue ?

— Si tu révèles qui tu es, si tu touches à l'argent du royaume, ou si tu reviens avant un an sans avoir trouvé cet amour, tu épouses Raphaël. »

Le roi parla depuis son lit, d'une voix si faible qu'elle dut s'approcher pour l'entendre.

« C'est une folie, Léa. Je le sais. Tu n'as jamais fait ton lit toi-même. Tu ne sais pas ce que coûte un pain. Tu ne sais pas ce que c'est, d'avoir faim. »

Il lui prit la main. Ses doigts étaient froids.

« Mais tu es ma fille. Et si tu veux tenter ta chance, je ne te l'interdirai pas. »

Léa regarda son père. Elle pensa à Raphaël d'Aubreuil, à son sourire poli, à sa façon de détailler les tableaux du palais comme s'il en faisait déjà l'inventaire.

« J'accepte », dit-elle.

« Une dernière chose », dit la reine.

Elle tira sur un cordon de soie près de la cheminée. Une porte s'ouvrit sans bruit au fond du salon, et un homme entra.

Léa le connaissait depuis toujours. Edmond. Le majordome de la famille royale. Soixante ans, grand, sec, toujours vêtu de noir, les cheveux gris parfaitement peignés en arrière. Il lui avait appris à tenir une fourchette, à saluer un ambassadeur et à ne jamais, jamais courir dans les couloirs. Elle ne l'avait jamais vu sourire.

« Edmond t'accompagnera, dit la reine. Il veillera à ce que tu respectes les règles. »

Léa se tourna vers sa mère, incrédule.

« Il va m'espionner ?

— Il va te surveiller. Nuance. »

Edmond s'inclina très légèrement.

« Votre Altesse. Je m'efforcerai d'être aussi discret qu'une ombre.

— Vous êtes la personne la moins discrète que je connaisse, Edmond.

— Je m'efforcerai d'autant plus, Votre Altesse. »

La reine lui tendit une enveloppe brune, toute simple. Léa l'ouvrit.

Un billet d'avion aller simple, en classe économique, pour Montréal. Un passeport canadien au nom de Léa Martin, fourni par la loi de l'Année ordinaire et par d'anciennes amitiés de la famille. Et deux billets de cent dollars.

« Deux cents dollars, murmura Léa. Pour un an ?

— Pour commencer, répondit la reine. La princesse Aurélie est partie avec une pièce d'or et une paire de souliers. »

Léa glissa l'enveloppe dans sa poche. Elle s'approcha du lit de son père, se pencha et l'embrassa sur le front.

« Attends-moi, papa. Je reviens dans un an.

— Je t'attendrai, ma chérie. »

Il sourit.

« Je suis très doué pour attendre. Demande à ta mère. »

Le lendemain soir, Léa était assise à la place 34B d'un avion bondé, entre une femme qui ronflait et un hublot qui donnait sur une aile.

C'était la première fois de sa vie qu'elle voyageait en classe économique. Ses genoux touchaient le siège de devant. Le repas ressemblait à une expérience scientifique ratée. Elle n'avait jamais été aussi seule.

Et elle n'avait jamais été aussi libre.

L'homme assis de l'autre côté de l'allée replia son journal. Il portait un manteau noir et une écharpe grise. Il n'y avait aucun doute sur la façon dont ses cheveux étaient peignés.

« Bonsoir, mademoiselle Martin, dit Edmond sans la regarder. Je vous recommande le poulet. Le poisson est une erreur. »

Léa ferma les yeux et appuya la tête contre le hublot.

Ça allait être une très, très longue année.

⭐ Bienvenue dans ma nouvelle histoire ! Si Léa vous intrigue déjà, un petit vote m'aide énormément. Et en commentaire : à sa place, auriez-vous accepté l'épreuve ?

Dites à stephanefortin12 ce que vous avez pensé de ce chapitre !
J'adore ça

0

J'adore ça

Drôle

0

Drôle

Épicé

0

Épicé

Plein de suspense

0

Plein de suspense

Émouvant

0

Émouvant

Profond

0

Profond

Réconfortant

0

Réconfortant

Choquant

0

Choquant

Bien écrit

0

Bien écrit

Intrigue captivante

0

Intrigue captivante

Super personnage

0

Super personnage

Dialogues forts

0

Dialogues forts

Autres recommandations

Hell's Knights

Fany: L'histoire est super. J'ai adoré les personnages

Lire maintenant
My Angel

contesse: Tout ma plus sauf le chapitre avec la barbie refaite .Un amour sincère et tout de suite ,il se sont reconnus.bravo

Lire maintenant
Nos Retrouvailles

val: J'ai adoré ce livre très bien écrit et super personnages

Lire maintenant
A qui sait bien aimer, il n'est rien d'impossible

Ilham: Alors jai beaucoup aimé le livre et la fin est trop mimi j'adore. C'est drôle et touchant. Bien écrit. Bravo et merci à l'auteur et bonne continuation.

Lire maintenant
Mes chaussettes dépareillées

Christine: J'ai pas les mots...j'ai tellement adorée ce livre pleins de sentiments ! J'ai beaucoup pleurée énormément même... un véritable bijoux je recommande à tous les lecteurs et félicite vivement l'auteur... bravo!!!

Lire maintenant
La Luna Blanche aux yeux clairs

Cecile: Belle histoire cohérente et pleine d'amour. Pas l'amour guimauve mais celui qui est juste et qui fait rêver.Continuez et ne laissez personne vous dire que vous manquez d'imagination ou que vous nêtes pas douée. Il ont tord.

Lire maintenant
Enchaîné à son Destin

Latifa: Cette histoire m'a plu elle est presque humaine, je voudrais seulement un happy end. Merci.

Lire maintenant
Oméga

karinealbert44: Très jolie histoire, mais la fin vient beaucoup trop vite. Manque : les retrouvailles avec sa maman, Liam pourquoi il ne l'appréciait au début du livre, pourquoi Calliste a réussi à séparer son frère et son alpha lorsqu'ils allaient se combattre. L'écriture du livre a bien évolué au fil du livre. V...

Lire maintenant
Kalista

Colette Causse: Globalement bien

Lire maintenant
UN AN SANS COURONNE