Quelques mots sur un gardien de parking mais pas que...
Il y a des journées qui avant même d’avoir commencé, sont déjà lourdes et pénibles. C’était mon cas ce matin. Mission Bituah Leumi, la sécu sociale israélienne. Je prie pour que cela se passe le plus vite possible.
J’arrive devant la “vénérable institution” avec ma trottinette électrique, la plie et m’apprête a rentrer, mais la fille de de l’entrée m’interdit l’accès.
Je lui demande comment je dois faire ?
Elle : « laisse la dehors ... »
Moi : « - On va me la voler »
Elle : « Peut être, peut être pas… »
Je tente le coup avec le gardien de l’immeuble à côté. Je me fais jeter aussi.
Je me vois déjà contraint de revenir un autre jour, mais j’erre encore un peu en faisant le tour du bloc et totalement par hasard finit par arriver dans un parking situé en dessous de l’administration israélienne.
C’est là que j’assiste à cette scène un peu hors du temps. Au fond de ce parking très sale et très sombre, celui qui semble être le shomer (gardien) des lieux, prie en tefilinnes et talit.
Je le regarde...figé par le contraste et la beauté du tableau. Je ne suis pas religieux, mais ce que je vois me touche vraiment. Il y a un total décalage entre l’endroit, la fonction et l’instant, et pourtant tout colle.
J’essaie de le photographier en espérant ne pas troubler son moment. Il me voit, me regarde, m’observe quelques instants, mais ne dit rien. Il continue à prier. Il m’a donné son consentement implicite. Ça rend le moment d’autant plus fort.
Une fois terminé, je lui dis ce que je ressens, que je trouve ça très beau. Il sourit et me demande ce que je veux.
Je lui réponds que j’ai besoin de déposer ma trottinette, le temps d’aller au bituah leumi. Sans même discuter il me montre l’endroit où la mettre. Derrière sa chaise.
Je le remercie, il sourit à nouveau et sort ces quelques mots « quand tu reviendras je te mettrai les tefs, si tu veux bien » .
Je bredouille que je ne suis pas religieux. Ce à quoi il me répond : tu ne l’es peut être pas, mais je ressens très fort ta neshama (âme en hébreu)...
30 minutes plus tard, me voilà au milieu d’un parking avec le shomer des lieux, avec le talit et tefs, répétant les paroles bibliques millénaires que David Cohen me fredonne tout en me bénissant, moi ma famille, mes proches mes amis.
Avant de se séparer et il a ces quelques mots. « quand tu reviens au bituah leumi la prochaine fois, passe directement déposer ta trottinette ici, on boira le café ensemble et on mettra les tefs et le talit.”
David Cohen, gardien de parking a Tel aviv, et de Neshama/ot dans l’univers...