Chapitre 1 - Goûter à l'euphorie
Tome 1 de la série - Bonne lecture !
Adella :
C’était censé être une soirée amusante en ville avec mes amies les plus proches. Une façon d’oublier ma rupture toute fraîche avec mon ex, Justin, et la douleur atroce qui l'accompagnait.
« Ce bâtard… ce putain d’enfoiré de tricheur ! »
J’espère qu’il est heureux avec Brittany. Ils se méritent l’un l’autre, c’est le moins qu’on puisse dire.
Le cœur déjà brisé en mille morceaux, j’espérais vraiment que mes amies tiendraient leur promesse d’une soirée mémorable.
Je voulais me défoncer complètement et danser jusqu’au bout de la nuit sans me soucier de rien.
À cause de la rupture, je me sentais vide.
Utilisée.
Sans valeur.
Peut-être avais-je juste besoin de me sentir vivante à nouveau.
J’étais loin de me douter que ma vie entière allait bientôt basculer. Sans le savoir, je m'engageais sur un chemin sombre et dangereux, vers un monde qui allait m’ouvrir les yeux pour de bon.
Cela m’a permis de découvrir un univers totalement nouveau… un monde dont je n'aurais jamais pu imaginer l'existence.
Le monde des morts-vivants.
Une chose était sûre : cette nuit serait bel et bien une nuit que je ne pourrais jamais oublier.
Zain :
La boîte de nuit est pleine à craquer de centaines d’humains ivres, de tous les styles et de toutes corpulences.
Ils boivent énormément et dansent sous les lumières stroboscopiques agressives.
Ils font la fête autour de nous sans se douter une seconde du danger que nous représentons pour eux.
J'entends le pouls de la brune juste à côté de moi. Il résonne si fort dans ma tête que je serre les dents, luttant pour garder le contrôle.
Cela fait plus de huit heures que je n’ai pas bu une goutte de sang. Je sens l’envie revenir, alors je détourne volontairement le regard pour me concentrer sur autre chose.
Je me dis que ce n'est ni le moment, ni l'endroit pour céder à de tels désirs.
De toute façon, j'ai une mission à accomplir.
Ce soir, mes compagnons Vamperial Hunters et moi sommes en chasse. À la recherche de sang humain, pour être précis.
Et il semblerait que nous ayons décroché le gros lot avec cet endroit.
« Zain, la rousse à trois heures. » Jarred se penche pour me parler à l'oreille, par-dessus la musique assourdissante.
N'importe quel humain aurait été incapable d'entendre ses paroles sous les basses tonitruantes, mais nous, les vampires, avons des capacités spéciales.
Des sens exacerbés, dont une ouïe exceptionnelle.
Mes yeux bleu néon se tournent immédiatement dans la direction indiquée. Ils se fixent sur une grande rousse qui rit avec plusieurs amies assises autour d'un grand canapé.
Elles semblent apprécier une ribambelle de cocktails colorés, inondant leur système d’alcool et souillant ainsi leur précieux sang.
Il y en a six, si je compte bien, et elles sont toutes différentes. Elles ont l’air complètement bourrées, à en juger par leurs rires et leur démarche chancelante.
Une cible parfaite, dirait-on.
Je souris avec satisfaction et je me retourne vers les autres un instant.
Un simple signe de tête suffit à leur donner le signal. Leo et Jarred acquiescent avant d'aller se présenter.
Notre plan est simple.
Leo et Jarred servent d’appât pour infiltrer le groupe, puis elles seront entraînées à l’extérieur sous prétexte d'une autre fête ailleurs.
Une fois dehors, les filles seront conduites vers la limousine qui attend déjà au bord du trottoir.
Enfin, avant notre départ, elles seront sédatées pour le long voyage de retour vers la Vamperial City.
Le plan est infaillible.
Ça a fonctionné plus de fois que je ne pourrais le compter, et nous faisons toujours attention à ne jamais frapper deux fois au même endroit.
En toutes ces années de service, je n’ai jamais été pris, ni même interrogé par l'un des leurs.
Quelques minutes suffisent pour que Leo et Jarred trinquent joyeusement avec nos cibles. En les observant, je dois admettre que ces bâtards sont doués.
Les joueurs.
Il semble que l’étape d’infiltration soit terminée.
Il est temps de passer à la suite.
Je fais signe aux autres de sortir pour s'assurer que tout est prêt.
Finalement, je me fraie un chemin à travers la foule compacte pour les rejoindre.
Un jeu d’enfant…
Adella :
Une fois mon maquillage refait dans les toilettes de la boîte, je ressors et je me faufile parmi les clients ivres pour retrouver mon groupe d’amies.
En faisant un sourire et un signe de main à Stephanie, je remarque deux hommes plutôt beaux gosses en train de boire avec elles. J’hésite un instant.
« Depuis quand la soirée consiste à pécho ? Je pensais que les mecs, c’était fini pour moi. »
L’idée de rencontrer des hommes si peu de temps après ma rupture me fait froncer les sourcils.
La dernière chose dont j’avais envie, c’était de parler à des mecs ce soir.
Je me sens à vif et dévastée, là, à les observer à distance.
Mais après un moment à essayer de reprendre mes esprits, je décide d'oublier cette sensation et je finis par avancer vers la table.
Pourquoi est-ce que je me sens comme ça ?
Peut-être qu’après tout, faire une rencontre ce soir ne serait pas une si mauvaise idée.
Alors que je marche, plongée dans mes pensées, je percute soudain ce qui ressemble à un mur solide.
Le choc me fait perdre l'équilibre et je chute vers le sol poisseux.
« Beurk ! »
Je pousse un cri de surprise et de terreur, m'attendant à m'étaler par terre. Mais alors que je ferme les yeux, quelque chose d’étrange se produit.
Quand je rouvre les yeux, je vois bien le sol sous moi, mais pour une raison inconnue, je ne tombe plus.
C’est alors que je sens deux mains froides agripper le haut de mes bras. Je lève les yeux vers le regard bleu le plus brillant que j’aie jamais vu de toute ma vie.
Ils sont incroyables.
Rien à voir avec tout ce que j'ai pu voir auparavant.
Peut-être que ce sont des lentilles.
Et son visage… trop parfait pour être réel.
Dire qu’il est beau serait un euphémisme. Ses cheveux sont courts, en bataille, d’un brun foncé qui semble presque noir dans la pénombre du club.
Il a une barbe de trois jours sur la mâchoire et le menton, et ses lèvres…
Waouh.
Je pourrais les embrasser pendant des jours.
Réalisant soudain que nous ne bougeons plus, je secoue la tête pour dissiper mes pensées. Je m'éclaircis la gorge et me penche pour essayer de lui parler par-dessus la musique assourdissante.
« Euh, merci. »
Alors il sourit, et mon cœur fond. Mon corps entier se réchauffe et je sens quelque chose s’enflammer en moi.
« Comment ce type peut-il être aussi canon ? »
Alors qu’il se penche assez près pour m’embrasser la joue, il finit par parler et je tremble au son de sa voix. Elle est grave, mais douce comme de la soie.
« C’était moins une », songe-t-il.
Prise dans une sorte de transe, je ne fais que le fixer. Son parfum boisé m'envahit les narines, provoquant en moi des sensations que je n’aurais jamais cru ressentir si tôt.
Surtout ce soir.
Puis, il fait quelque chose d’inhabituel.
Il semble flairer l’air un instant avant de baisser les yeux vers ma main.
C’est seulement maintenant que je ressens une vague de douleur soudaine m'envahir. Je gémis en berçant ma main blessée avec l’autre, tandis qu’il m’aide à me remettre debout.
Je me suis coupé la main je ne sais comment et elle saigne.
« Génial… c’est franchement séduisant. »
Les gens qui nous entourent ne semblent pas remarquer ce qui se passe entre cet bel inconnu et moi, alors qu’il continue de s’occuper de moi sans raison apparente.
« Qu’est-ce qu’il fait ? »
Il tend la main et prend la mienne, fermement, mais assez doucement pour ne pas me faire mal. Et je le laisse faire.
Il l’attire ensuite vers lui pour mieux examiner ma blessure sous les lumières stroboscopiques.
« Qu’est-ce que vous faites ? » demandé-je, sans savoir s’il peut m’entendre.
La musique est assourdissante et martèle le fond de notre conversation improvisée.
Mes yeux se dirigent aussi vers ma main pour évaluer les dégâts. Je fronce les sourcils en découvrant l’entaille profonde que je me suis faite en heurtant le coin du banc.
« Évidemment. C’est tout moi, ça. »
Le sang suinte de la plaie ouverte et elle a déjà commencé à bleuir.
« Aïe », murmuré-je, le visage crispé par la douleur.
Il regarde autour de lui un instant, puis m’entraîne par la main vers un siège libre non loin de là.
Je le suis comme un chaton perdu, me demandant pourquoi ce bel inconnu en aurait quelque chose à faire de ma blessure.
« Pourquoi fait-il ça ? »
Avant même que je m’en rende compte, le bel inconnu m’a fait asseoir et s’accroupit à ma hauteur. Il berce toujours ma main tout en me regardant droit dans les yeux.
Il se penche pour me parler à l’oreille une fois de plus.
« Ça a l’air incroyablement douloureux », annonce-t-il, les yeux baissés vers ma plaie.
« Je vais trouver de quoi arrêter le saignement… attendez ici. »
J’acquiesce, toujours un peu confuse, tandis que je sens mon sang chaud couler le long de ma main jusque sur mes genoux.
« Merde ! Pas sur ma robe. Ça va laisser une tache ! »
Je le regarde se lever et se diriger vers le bar.
« Qu’est-ce qui se passe ? »
Zain :
« Merde, merde, merde ! »
C’est exactement ce dont j’avais besoin.
Je suis en pleine mission importante et, à cause de ma maladresse, je me retrouve à devoir m’occuper d’une inconnue qui m’est rentrée dedans et s’est blessée.
C’est la dernière chose dont j’ai envie en ce moment.
Honnêtement, je devrais juste m’en aller et poursuivre ma part de la mission.
Ce n’est pas comme si j’allais revoir cette humaine un jour.
Avec un soupir exaspéré, je me poste à l’un des nombreux bars de la boîte de nuit, en attendant d’être servi.
Peut-être ont-ils une trousse de secours derrière le comptoir.
J’attire finalement l’attention de la barmaid en lui faisant signe, puis je lui explique la situation.
Je lui dis qu’il me faut une trousse de secours ; elle sourit en hochant la tête.
Je la regarde fouiller sous le comptoir pendant une minute ou deux. Pendant ce temps, je jette un coup d’œil rapide vers l’humaine que j’ai blessée.
Juste pour m’assurer qu’elle est toujours là où je l’ai laissée.
Ouais, elle y est toujours.
Bien.
Je regarde ensuite vers la table de la cible et je vois que Leo et Jarred ont déjà fait leur magie à merveille.
Ça a été rapide !
Ces connards prétentieux sont déjà en train d’escorter tout le groupe de filles vers la sortie du club pour la prochaine phase de notre plan.
Ce qui signifie que ma présence est requise devant.
« Putain ! »
Il faut que je me dépêche de les rejoindre.
Pour dire les choses simplement, je manque de temps.
Soudain, la femme derrière le bar se relève et me tend la trousse de secours que j’avais demandée.
Elle me sourit, je lui adresse un signe de tête reconnaissant, puis je me tourne pour retourner soigner l’humaine.
Ça ne devrait pas prendre longtemps, non ?
Nettoyer le sang, un pansement rapide, et c’est plié. Ensuite, je dégage.
Fastoche.
Alors que je commence à me frayer un chemin à travers la foule, je sens l’odeur du sang frais qui émane de ma main.
Elle m’envahit les narines et, sans réfléchir, j’porte instinctivement ma main à ma bouche pour aspirer le fluide délicieux à la surface de ma peau pâle.
Et c’est là que tout a basculé pour moi.
Ce goût…
Cette vague d’euphorie…
Cette puissance…
J’ai senti tout cela m’inonder en quelques secondes, comme un raz-de-marée de perfection délicieuse.
Dès l’instant où son sang a touché ma langue, je me suis senti revigoré comme jamais auparavant.
Envahi par une bouffée d’énergie incroyablement puissante, les sens en alerte et une force inégalée, je me suis senti plus vivant que je ne l’étais du temps où j’étais humain.
« C’est incroyable ! »
Mes yeux brillent encore plus fort qu’à l’accoutumée et je prends une profonde inspiration, exhalant d’exaltation face à la sensation que je découvre.
« Putain de merde... son sang… c’est euphorique ! »
Après m’être arrêté, frappé par toutes ces sensations simultanées, je sais ce que je dois faire.
Les femmes que nous avions ciblées au départ peuvent attendre.
« Il faut que je capture cette femme ! »
Je commence à me frayer un chemin dans la foule ivre vers l’endroit où j’avais laissé la mystérieuse humaine, mais à ma grande frustration, le siège est désormais vide.
Elle est partie.
« Merde ! »
« Où est-elle allée ? »
Je regarde désespérément dans toutes les directions, ma vision améliorée scrutant soigneusement la foule à sa recherche, tandis que les humains dansent inconscients autour de moi.
« Je dois la retrouver. »
Les humains possédant ses capacités sont incroyablement rares aujourd’hui, et nous, les vampires, n’en avons pas trouvé un seul depuis plus d’une décennie !
La ramener changerait ma vie entière.
Je pourrais même obtenir une promotion !
Je me déplace au milieu de ces humains en sueur, ayant complètement oublié ma mission originale de kidnapper le groupe de femmes comme prévu.
Il semble que j’ai une mission bien plus importante à accomplir maintenant.
Je dois trouver cette femme et l’offrir au Roi Vampire.