Jamais assez

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Résumé

Avertissement : Veuillez noter que ce livre contient des scènes traumatisantes d'abus et de viol, de la violence graphique, de l'érotisme, et plus encore. D'une situation dangereuse à une autre, Genevieve pourra-t-elle survivre assez longtemps pour obtenir la conclusion dont elle a vraiment besoin ? Entre les abus et l'incertitude, sa vie n'a rien eu des contes de fées vers lesquels elle se tournait autrefois pour trouver du réconfort. Une meute de loups turbulents qui se transforment en humains encore plus turbulents pourra-t-elle l'aider à réaliser son véritable potentiel ? Peut-être lui ouvriront-ils les portes de bien plus qu'un simple nouveau départ dans la vie.

Genre :
Romance
Auteur :
Sarah McCombs
Statut :
Terminé
Chapitres :
26
Rating
4.7 20 avis
Classification par âge :
18+

Prologue

Au fond des bois isolés, une femme à la peau pâle et aux grands yeux bruns courait sans but. Ses lèvres couleur pétale de rose s'ouvrirent toutes grandes tandis que ses cris désespérés déchiraient l'obscurité. Une silhouette massive restait cachée dans l'ombre. Elle la suivait en silence à mesure qu'elle s'enfonçait dans la forêt. Il sentait le danger juste devant elle. Elle avançait sans faire attention sur les branches brisées et les pierres rugueuses. C'était comme si elle ne sentait rien sous ses pieds nus. Attends, pourquoi était-elle pieds nus ?

Son corps pulpeux et tout en courbes était couvert d'une fine robe bleue qui s'arrêtait juste au-dessus de ses genoux. Elle était un peu déchirée. Une fine bretelle glissa sur son épaule svelte alors qu'elle trébuchait soudainement. Il se retint de bouger. Il savait que s'il tentait de la rattraper, il ne ferait que l'effrayer. Il serra les poings. Ses sens s'aiguisèrent quand elle se remit debout. Elle lui semblait si familière, et pourtant si étrange.

Des larmes coulaient de son beau regard chocolat. Ses mains écorchées étaient appuyées contre le tronc d'arbre le plus proche. Il sentait sa peur. Et merde, les autres allaient sûrement la sentir aussi. Si elle ne sortait pas des bois rapidement, elle aurait bien d'autres problèmes qu'un peu de bois cassé.

Elle pleurait et courait au hasard, mais devant quoi ? Ou devant qui ? Il ne sentait personne à part sa meute. Était-elle ivre ? Ou alors confuse et sous l'effet de la drogue ?

Il secoua la tête pour reprendre ses esprits. Qu'est-ce que ça pouvait lui faire, ce que fabriquait cette femme ? Il avait capté son odeur il n'y avait même pas vingt minutes, et il essayait déjà de s'en mêler ? Il devait être fou. Aucun homme sensé ne se mêlerait des histoires d'une femme pareille, titubant dans le noir devant lui. Pourtant, il mourait d'envie de calmer son cœur qui tremblait.

« À l'aide ! S'il vous plaît… »

Elle agitait les mains devant elle. Car même s'il voyait clair dans l'obscurité épaisse, ses yeux d'humaine en étaient incapables. Encore une fois, il voulut l'aider. Encore une fois, il se retint.

« Genevieve ! »

Il se figea. Ses sens se tournèrent vers une nouvelle odeur à la lisière des arbres. Comment n'avait-il pas senti cet homme avant ? Comment avait-il pu rater cette odeur de sang et de désespoir ? À quel point était-il concentré sur cette femme étrange ? Elle l'avait empêché de repérer tout autre humain dans le coin. Ça voulait dire qu'il perdait la main, ou qu'elle était bien plus qu'une simple humaine.

La femme fit un faux pas en avant, paniquée. Son odeur se répandit dans l'air comme une tornade de terreur. Elle ne demandait qu'à être repérée par tous les change lins à la ronde.

« Merde. »

Il murmura ce mot presque sans un bruit. Le parfum de cette femme était comme une drogue pour lui. S'ils ne quittaient pas les bois dans les deux minutes, ils allaient se faire attaquer par les autres. Il serra les dents. Il savait parfaitement qu'il lui faudrait au moins quinze ou vingt minutes pour retrouver son chemin. En plus, il était clair qu'il ne valait mieux pas qu'elle retourne vers celui qui la cherchait.

« Reviens ici, espèce de traînée ! »

La voix grave fit monter un grognement dans la poitrine de l'homme. Peu importe qui était cet étranger, il voulait chasser cette femme, c'était évident. Dieu, pourquoi fallait-il qu'il ressente de la pitié pour les humains ? D'habitude, il arrivait à ignorer son envie d'aider. Mais là, son instinct le poussait carrément vers elle. Sa peau semblait briller de l'intérieur sous la lune. Il frissonna en imaginant ce qu'il ressentirait en la touchant du bout des doigts.

En prenant une grande inspiration, il sortit de l'ombre pour lui faire face. Il essaya d'avoir l'air aussi humain que possible malgré ses deux mètres dix. C'était un géant aux épaules larges et aux biceps saillants. Pourtant, il devait tenter de paraître innocent et inoffensif.

La femme écarquilla les yeux et s'arrêta net. Elle tremblait de tout son corps, ses mains s'agitant le long de ses hanches. Il lutta contre ses pulsions animales qui lui donnaient envie de la posséder. Avec difficulté, il détacha son regard de sa forte poitrine pour regarder son visage. Il lui parla d'un ton apaisant. Doux Jésus, il était resté dans les bois bien trop longtemps. Son regard brûlant remarqua les bleus autour de son cou fragile. Il ignora pourtant l'envie de l'interroger sur sa blessure.

« Mademoiselle, ça va ? »

Elle fronça les sourcils tandis qu'il l'observait. Ses genoux étaient écorchés. Ses bras fragiles étaient griffés par les branches qu'elle avait percutées en courant. Son visage en forme de cœur paraissait pâle sous la lune qui perçait à travers les feuilles. Ses cheveux d'un châtain doré tombaient autour de son visage comme un rideau emmêlé. Elle avait l'air terrifiée et épuisée.

Il leva les mains en l'air pour montrer qu'il n'était pas armé, comme si ça le rendait moins dangereux. Pourtant, ses épaules se relâchèrent un peu. Pourquoi cela lui donnait-il envie de s'approcher encore ? De la toucher ? Était-il vraiment devenu fou ? Il ne pensait tout de même pas qu'aborder une inconnue en plein milieu des bois allait bien se terminer.

« Qui… qui êtes-vous ? »

Il pointa un doigt vers les arbres derrière elle.

« J'habite plus loin dans la forêt, dans un chalet pas loin d'ici. J'étais dehors quand j'ai entendu vos cris. Je me suis dit que je devrais venir voir si vous aviez besoin d'aide. »

Il sentait sa meute se rapprocher, mais ils n'oseraient pas attaquer l'humaine tant qu'il resterait près d'elle. Il pouvait la marquer comme sienne avec son odeur. Ce n'est pas qu'il en avait envie, mais ça leur permettrait de sortir des bois vivants. Pourtant, la revendiquer ainsi ferait d'elle une cible à cause de sa réputation auprès des clans voisins. Il fit un pas de plus, le temps pressait.

« Mademoiselle, qui vous poursuit ? »

Elle sortit soudain de sa transe. Son regard passa derrière lui, vers l'endroit d'où elle venait. Pourquoi ne la suivait-il pas ? Il devrait déjà être là, non ? Il pouvait la traquer à l'odeur et la chasser comme une bête. Comme un monstre.

« C'est... il est mon... »

Il sentit une odeur de sang mais ne voyait pas de blessure. Elle parut s'assombrir en levant les yeux vers lui. Ses pupilles se dilatèrent légèrement, puis sa lèvre inférieure trembla et ses doigts devinrent mous. Il sentit l'inquiétude le gagner alors qu'elle faisait un pas chancelant en avant.

« Je n'en peux plus… »

Il fut devant elle en un clin d'œil. Il la rattrapa dans ses bras alors qu'elle perdait connaissance. Ses oreilles se dressèrent. Il comprit que quelque chose clochait. Son cœur battait trop lentement, sa peau devenait livide. Elle était blessée, mais où ? À part quelques éraflures et des bleus, elle semblait aller bien. Pourtant, il avait clairement raté un détail.

« S'il te plaît… »

« Chut, ça va aller. Je te tiens. »

Il la serra fort contre lui. Ses pieds touchaient à peine le sol alors qu'il sortait de la forêt. La ville la plus proche était à plus de cinquante kilomètres, mais il savait qu'elle venait d'un endroit plus près. Celui qui la chassait était parti maintenant, mais il resterait sur ses gardes.

Il s'arrêta juste à la sortie du bois. Il repéra la trace de son odeur avant de repartir. Il aurait pu suivre son parfum sucré jusqu'à son point de départ, même si son instinct lui disait de ne pas le faire. Il l'ignora. Pour la deuxième fois de sa vie, une humaine le faisait douter de lui-même et de ses réflexes.