Nightmare Tome 3 [Mx M] by Pythonisse at Inkitt
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NIGHTMARE - Tome 3 [MxM]

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Summary

Après la révélation de l’identité de Nightmare, Éliah est anéanti. Trahi par celui qu’il prenait pour un ami de confiance, il refuse tout contact avec lui. L’ombre du traumatisme engendré par Mickaël est ravivée par ce cauchemar qui semble l’engloutir. Mais c’est sans compter sur l’obstination de son ours de collègue, qui semble prêt à tout pour se racheter.

Status
Complete
Chapters
16
Rating
5.0 12 reviews
Age Rating
18+

Passager clandestin

En le voyant s’éloigner sans que je ne puisse rien y faire, une vague d’amertume m’envahit. J’étais officiellement l’homme le plus stupide que cette terre ait un jour porté. Je savais que tout lui avouer serait difficile, mais je ne m’attendais pas à ce qu’il s’en aille sans rien dire. Je m’étais préparé à de la colère, du ressentiment, mais pas à un silence et de l’ignorance. Finalement, c’était bien pire. Il n’avait pas souhaité écouter mes explications et de toute façon, qu’aurais-je bien pu lui dire ? J’avais conscience d’avoir gravement fauté et je m’en voulais d’avoir été aussi bête.

Abattu, je retournai d’un pas lent à ma voiture, me maudissant et ce ne fut qu’une fois à l’intérieur que je laissai éclater ma fureur. Mon volant reçut plusieurs coups qui m’esquintèrent quelques phalanges. Je me détestais et pourtant, j’étais convaincu qu’il me haïssait encore plus. Je subsistais à l’arrêt de longues minutes, n’ayant aucune envie de rester seul puis décidais de me rendre chez ma mère, Léah.

Je roulai une belle demi-heure afin de quitter la ville et d’entrer dans la campagne qui la bordait. Dans une petite commune d’à peine cinq mille habitants, je rejoignis la maison dans laquelle j’avais grandi par intermittence. Je gravis l’allée au pas, essayant de ne pas abîmer le dessous de mon auto avec les gros cailloux qui formaient le chemin de deux cents mètres qui nous séparaient de la route puis me garai sans vraiment faire attention à mon placement. Une nouvelle fois, la rage prit le dessus sur mes sentiments et je fermai les yeux afin de tout refouler. J’avais la haine.

On toqua à ma vitre. En tournant la tête, je vis ma mère, un panier rempli de cerises à la main qui me souriait. Je sortis de la voiture et l’enlaçai immédiatement. Du haut de son mètre quatre-vingt, je n’avais aucun mal à la tenir contre moi et son contact me calma un tantinet. Assez pour que je puisse lui montrer un air amical, même s’il était feint.

En s’écartant, elle replaça l’une de ses mèches noires derrière son oreille et me tendit la corbeille que je saisis dans l’instant. Tout en marchant vers la maison, elle me questionna.

— Que me vaut le plaisir de ta visite, mon bichon ?

— J’avais besoin de voir des visages familiers.

Elle se retourna dans ma direction puis plissa les yeux en ouvrant la porte.

— Qu’est-ce que tu as fait, Logan ? Est-ce que tu vas avoir des problèmes ?

Les démons du passé refaisaient surface.

— Non. Rien de sérieux à ce point-là. J’ai seulement fait du mal à quelqu’un que… j’apprécie.

Elle me tint le battant afin que j’entre et nous nous dirigeâmes vers le salon où mon père, assis dans son gros fauteuil en cuir brun, regardait la télé d’un air distrait. Lorsqu’il me vit, il se leva et vint me serrer la main.

— Alors fiston ! C’est bien que tu passes nous rendre visite !

— Il a fait de la merde, lui apprit ma mère.

— Ah… est-ce que tu veux en parler ? me proposa-t-il.

— Avec du café et des cerises à grignoter, ajouta Léah.

Je pouffai.

— Si tu me prends par les sentiments…

En quelques minutes, nous lavâmes les fruits, fîmes couler le délicieux nectar foncé, puis nous installâmes tous les trois au salon.

— Raconte-nous, m’intima Sébastien avec un regard doux.

Je soupirai.

— Je ne saurais même pas par où commencer. Pour faire simple, j’ai trouvé un gars sur une appli. On s’est bien entendu et on a fait des rendez-vous à l’aveugle, dans le sens où je le voyais, mais lui n’a jamais su qui j’étais. Le problème, c’est qu’après notre première rencontre, je me suis rendu compte qu’il bossait dans mon entreprise. Et qu’en plus, je le terrorisais. Mais par message sur l’appli, on avait un bon feeling ! Du coup…

— T’as joué double jeu ? devina ma mère.

Je hochai la tête, coupable.

— J’ai fini par rompre le contact il y a un peu plus d’un an et demi, car qu’il allait se mettre en couple. Quand ils se sont séparés, j’avais réussi à me rapprocher de lui au boulot, mais je n’arrivais pas à lui avouer que j’étais le gars d’internet. Et au moment où il m’a proposé une autre rencontre à l’aveugle, j’ai été assez stupide pour dire oui. Depuis le début il voulait qu’on se voie en vrai, ce que j’ai toujours refusé, d’abord parce que dans la réalité, je le terrifiais et qu’il aurait fui, puis parce que j’étais empêtré dans un mensonge complètement malsain. J’ai merdé du début à la fin.

— Et maintenant, vous en êtes où ? se renseigna-t-elle.

— Je l’ai vu y à moins d’une heure et je lui ai confié que c’était moi. Il… Il me déteste. Et puis il n’y a pas que ça… quand il m’a parlé de mon double d’internet, y a quelque temps, sans se douter que c’était moi, je l’ai conseillé en faisant comme si je n’étais au courant de rien. Je sais que j’aurais dû tout lui avouer à ce moment-là, mais j’étais vraiment terrifié à l’idée qu’il me rejette. En plus, après ça on s’est embrassé en soirée et ça a été encore plus le bordel dans ma tête. J’ai pris toutes les mauvaises décisions et maintenant, j’me retrouve comme un con.

— Et… en quoi consistaient vos rencontres à l’aveugle ? me demanda-t-elle en plantant ses yeux dans les miens.

Je me sentis alors piteux.

— C’était clairement du sexe, avouai-je.

Un silence de mort s’abattit sur le salon. Voilà, même eux se rendaient bien compte de ma bêtise.

— Franchement, Logan ! Mais qu’est-ce qui t’a pris ?! m’engueula ma mère. Tu es supposé être quelqu’un de bien ! Ce n’est pas ce que tu nous avais promis ? Tu devais arrêter tes conneries !

Mon égo fut touché. Pour moi qui tentais continuellement de me racheter, je venais d’effectuer de bons pas en arrière.

— Je sais pas, avouai-je. Je crois que c’était plus simple pour moi de jouer sur les deux tableaux plutôt que de risquer de le perdre en lui disant la vérité. J’ai été égoïste et stupide. Je ne voulais pas lui faire de mal, c’était pas mon but !

Même si j’essayais de me défendre, de me justifier, j’étais au fait d’être le méchant de l’histoire et que je n’avais aucune excuse valable.

— Pour ne rien arranger, sa relation d’un an et demi était avec une espèce de fils de purge. Il l’a détruit mentalement, il l’a frappé, humilié et j’ai récupéré Éliah dans un état… pitoyable. Il est encore affecté par ça et je pense que je viens d’amplifier son trauma. Je suis… le pire des connards…

Mon visage se ferma complètement. C’était la réponse de mon corps lorsque je n’allais pas bien et à cet instant précis, j’étais au fond du trou.

— Il a peut-être simplement besoin d’un peu de quelques jours afin de digérer la vérité ? théorisa mon père.

Je bus de longues gorgées de café afin de me laisser le temps de réfléchir.

— Non, je le connais, il me déteste.

— Tu dois t’excuser ! clama Léah.

— Il ne voudra pas me parler.

— Et alors ? C’est une raison pour t’esquiver et ne pas te repentir ? Je crois que ce pauvre petit a au moins droit à de vraies explications sincères face au comportement déplorable que tu as eu avec lui.

— Tu es dure chérie, temporisa Sébastien.

— Je ne suis pas dure. Imagine que les rôles soient inversés ! Tu n’aimerais pas que celui qui a fait du mal à Logan lui demande pardon ?

— Elle n’a pas tort, affirmai-je.

Ils continuèrent de parlementer et je perdis peu à peu le fil de leur conversation. Je repensais à la première fois où je l’avais vu au boulot. Il avait eu l’air terrorisé, alors qu’à peine quelques heures plus tôt, nous nous amusions dans le train. De mon côté, il m’avait tout de suite plu. Il ressemblait à un petit lapin. Un lapereau sans arrêt émerveillé par le monde ou étonné de sa cruauté. Je me demandais comment il avait pu survivre jusqu’ici en gardant une telle innocence. Même lorsqu’il m’avait crié dessus au club, je ne lui en avais pas tenu rigueur longtemps. Il était si gêné de ses mots quand nous en avions reparlé… En vérité, je l’avais trouvé craquant et mon affection pour lui n’avait fait que grandir depuis.

Nous avions fini par devenir amis, seulement… ça ne me suffisait pas. J’en voulais plus. Et alors même qu’il m’avouait avoir des sentiments pour Nightmare, j’avais été incapable de le dissocier de moi. Pire, une part de mon cerveau a cru qu’il avait une attirance plus poussée pour moi et quand il m’a quémandé des baisers à la soirée, je m’étais retrouvé inapte à lui refuser quoi que ce soit. J’en avais profité, égoïstement et maintenant, je gisais au pied du mur.

Si j’avais pu revenir en arrière, je lui aurais tout dévoilé bien plus tôt. Le plus tôt possible. Mais c’était impossible. J’étais condamné à payer le prix de mes erreurs et j’ignorais combien cela allait me coûter.

Je me frottai la nuque, en proie à de sérieux doutes. D’un geste mécanique, j’attrapai mon portable et ouvris l’application pour me rendre sur notre discussion où un message m’attendait.

« Le profil de Peach&Cream a été supprimé. Tu ne peux plus converser avec lui. »

Je ne pus retenir un rire nerveux. Évidemment qu’il avait détruit son compte. Il n’allait pas me laisser le contacter par le biais de Nightmare… J’allais alors dans mes SMS et lui envoyai :

« On peut parler ? »

Je ne reçus jamais l’accusé de réception. Il m’avait bloqué. Je soupirai, en colère contre moi.

— Excusez-moi.

Je me levai et rejoignis ma chambre d’ado. Telle la loque en laquelle je me transformais peu à peu, je me laissai retomber sur mon fauteuil de bureau, roulant jusqu’à la fenêtre où mon regard s’égara un peu sur le grand verger qui bordait la maison. J’en avais assez de moi et de mes réactions faites dans la précipitation, sans même réfléchir aux conséquences de mes actes. En repensant à son visage lorsqu’il avait compris que je disais la vérité, j’avais bien vu qu’il avait instantanément perdu toute la confiance qu’il avait en moi et c’était ça qui m’emmerdait le plus. J’avais tellement bataillé pour m’adoucir, pour qu’il m’accepte et que nous puissions nous rapprocher… Maintenant, tout était réduit à néant à cause de moi et de mes envies.

De petits coups furent frappés sur le battant avant qu’il ne s’ouvre sur Léah. Elle prit place sur le lit et tapota sur la couverture à côté d’elle jusqu’à ce que j’aille m’y asseoir. Elle me tendit une photo où deux jeunes femmes se tenaient, bras-dessus bras-dessous, sourire aux lèvres.

— Tu sais, plus tu grandis et plus tu me fais penser à elle.

Sur le cliché, elles devaient avoir une quinzaine d’années. Leurs chevelures d’ébène se mélangeaient et leurs visages, presque identiques, ne pouvaient être différenciés que par leurs yeux. Ma tante, Léah, avait un regard bleu, presque azur qui lui donnait l’air sévère et froid. Ma génitrice, quant à elle, m’avait légué ses iris d’un noir profond et insoluble. Elle attrapa ma main et la serra dans la sienne.

— Quand nous étions enfants, elle me disait souvent qu’une bêtise n’était pas une fin en soi. La rédemption est possible à partir du moment où l’on est sincère.

Je ne pus m’empêcher de rire, cynique. Ma mère biologique qui parlait de rédemption et d’excuses, alors ça, c’était comique.

— Elle n’était pas une personne malfaisante. Elle a simplement fait les mauvais choix et s’est retrouvée dans l’incapacité totale d’y faire face. Avant qu’elle ne tombe dans ses travers, elle était mon modèle. C’était une femme droite et avec des valeurs à faire blêmir un prêtre.

— Tu as peur que je finisse comme elle ?

Elle saisit ma mâchoire et tourna mon visage vers elle, les sourcils froncés.

— Bien sûr que non ! Vous êtes différents, mais je sais aussi que vous êtes semblables sur beaucoup de points. Tu as su garder ses meilleures parties, ce n’est pas rien. Alors, même si tu penses que tout est perdu pour le petit, ne perds pas espoir. S’il a pu voir plus loin que ton allure revêche, il y a une chance qu’il finisse par s’adoucir, à son tour.

Des souvenirs remontèrent sans que j’y sois préparé. Une pièce de béton, lugubre, sale et humide. L’odeur de moisissure, de transpiration, de fluides divers et variés répandus au sol… Je soupirai, posant une main sur mes yeux afin de bloquer ces images déplaisantes.

— Léah, j’ai vraiment peur d’avoir tout gâché et de l’avoir perdu définitivement.

Elle m’enlaça, m’obligeant à me pencher pour appuyer ma tête sur son épaule.

— Tu es un gentil garçon. Tu es droit et tu fais toujours de ton mieux. Ne pars pas défaitiste. Il aura peut-être besoin de temps pour te pardonner, mais rien n’est impossible.

Si j’avais pu être honnête avec elle, je lui aurais dit qu’il y avait peu de chances que je puisse un jour récupérer la complicité que nous avions. Qu’en trahissant Éliah, je venais tout simplement de renforcer ses traumas et le fait qu’il me compare peut-être à ce connard de Mickaël faisait enfler une colère sourde en moi. Mais après tout, il avait peut-être raison.

Je décidais de passer le week-end dans la maison de mes parents adoptifs. L’air de la campagne périurbaine était bon pour mon moral. Je ne rentrais dans mon triste chez-moi que le dimanche soir, pas vraiment reposé. En refermant la porte de mon appartement, je me retrouvais une nouvelle fois seul avec moi-même. J’allais accrocher, à même le mur jouxtant mon lit, la photo que Léah m’avait donnée et me fis la promesse de tout tenter pour au moins apaiser la colère d’Éliah.

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Good Writing

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Great Character

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Strong Dialog

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author

Enfin...... ❤️ Ça va être dur d'attendre la suite 😊💝

2 years
author

Pauvre Eliah 😔 Pauvre Logan 😔 Je les plaints tout les deux 😢

a year

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