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Flammes jumelles

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Summary

Tout juste fiancée, Lana rêve pendant toute une semaine d'un homme dont le visage lui est totalement inconnu. Ses rêves semblent particulièrement réels et se déroulent à une époque très lointaine, en Angleterre. Dans ses songes, son nom est différent, et elle entretient une relation amoureuse en secret avec cet homme. Perturbée par ces rêves, elle ne peut plus se concentrer sur son quotidien. Lana finit par découvrir par hasard que cet homme en question existe bel et bien. Il est nul autre que Ezra, chanteur mondialement connu. Ainsi, elle prend contact avec un médium afin d'obtenir des réponses sur cette situation particulière. Celui-ci est formel: Ezra est sa flamme jumelle, et si jamais elle voulait le reconquérir, elle devrait lui remettre LE JOURNAL. La jeune femme se retrouve face à deux choix : ignorer cette information et se marier, ou celui de reconquérir son âme-sœur, encore faut-il qu'elle y parvienne.

Genre
Romance
Author
Ama Rose
Status
7d ago
Chapters
2
Rating
4.8 (4 reviews)
Age Rating
18+

Chapitre1 - Lana

Mes yeux et ma bouche s’arrondissent de stupeur en avisant la plaque rouge fixée à l’entrée du restaurant.

Mais non, il n’est pas sérieux ?

— On dirait que tu as vu un spectre, plaisante mon chéri, un large sourire plaqué sur ses lèvres.

— Un spectre, non. Mais j’ai vu une étoile, soufflé-je.

Thomas dodeline de la tête, croisant fièrement les bras sur son torse pour toute réponse.

— Mais t’es complètement malade ! Ça coûte une blinde, ce genre d’endroit.

Il enroule un bras autour de mes épaules et arbore un air sérieux.

— Ne t’en fais pas pour ça. Je t’invite, trésor. J’ai très envie de te faire plaisir. N’oublie pas que mes parents ont de l’argent et qu’ils me donnent une petite somme tous les mois. Et enfin…

Thomas se penche vers mon oreille, son souffle effleurant ma peau.

— Je t’aime, murmure-t-il.

Je tressaille. Mon coeur valse de satisfaction chaque fois qu’il me chuchote ces trois mots à la saveur de l’amour. Mon chéri est adorable, le plus attentionné des hommes. J’ai une chance inouïe de l’avoir pour compagnon.

Thomas pose délicatement sa main au creux de mon dos pour m’inciter à pénétrer dans l’établissement. Une odeur alléchante flotte dans l’air et éveille mes papilles. Deux serveurs, un homme et une femme, vêtus d’un costume noir, se tiennent devant nous, les mains jointes devant le bassin. Un magnifique sourire étire leurs lèvres, révélant leur dentition parfaite.

— Madame, Monsieur, nous vous souhaitons la bienvenue, entonne la serveuse tandis que le garçon prend en charge les clients derrière nous. Avez-vous réservé ?

— Oui, au nom de Pelletier, répond Thomas.

Elle vérifie notre réservation au comptoir, puis hoche la tête.

— Parfait, suivez-moi.

La serveuse nous installe à une table pour deux dans un coin au calme, ornée d’une nappe en velours rouge où trônent deux chandelles dorées. Des serviettes blanches en papier, pliées en forme de lotus, occupent nos assiettes. Elle allume les bougies à l’aide d’un long briquet, nous remet la carte du menu, puis s’éloigne pour vaquer à ses occupations.

Mon regard erre d’une table à l’autre, et je constate que seuls les couples bénéficient d’une décoration identique à la nôtre. Aussitôt, un sentiment de honte m’envahit. Toutes les clientes du restaurant sont habillées avec élégance. Elles portent des robes ultra-chics, épousant leurs formes. On se croirait à un gala. Quant à moi, je nage dans un sweat noir oversize emprunté à Thomas qui me recouvre entièrement les fesses. Je fais tache au milieu de ce décor raffiné. Même mon chéri s’est joliment apprêté pour l’occasion.

Je me penche vers lui et murmure :

— Cherche l’erreur.

Les coudes posés sur la table, les mains liées sous son menton, il hausse les épaules.

— Je donne ma langue au chat.

Je lève les yeux au ciel.

— Bah, moi ! lâché-je.

— Pourquoi ça ? s’enquiert-il, un sourcil levé.

— Regarde autour de toi, puis compare avec moi.

Thomas balaye discrètement le restaurant du regard. Il hausse les épaules et se gratte le front, confus.

— Je suis la seule qui ressemble à un sac à patates, me lamenté-je. Tu as vu les autres ? On dirait des divas ! Même toi, tu es super élégant. Pourquoi tu ne m’as pas dit qu’on mangerait dans un resto étoilé ? J’aurais fait l’effort de mettre une robe…

Mon chéri porte une chemise en soie couleur bordeaux, sa chevelure blonde tirée en arrière avec une petite touche de gel. L’archétype de l’élégance, en somme. Au moins, il remonte le niveau de notre table en matière d’apparence.

— Voyons Lana, si je te l’avais dit, ce ne serait plus une surprise. T’aurais vu ta tête, c’était épique !

Je soupire.

— Lana, tu es magnifique, même dans ce sweat. La plus belle femme de ce restaurant, c’est toi.

— Mouais, soufflé-je avec un sourire amusé. Tu dis ça pour me faire plaisir, avoue !

— Jamais ! s’offusque-t-il, les yeux ronds comme des billes.

La serveuse revient une dizaine de minutes plus tard, une tablette tactile à la main.

— Désiriez-vous des boissons ? nous demande-t-elle.

— Je vais prendre une Sanpellegrino, s’il vous plait, je réponds.

Piqué par la sagesse, Thomas tranche pour un jus d’orange. Je sais très bien qu’il aurait préféré une boisson alcoolisée, mais c’est lui qui conduit ce soir, alors mieux vaut rester raisonnable.

La serveuse prend note.

— Une Sanpellegrino et un jus d’orange, très bien. Et le plat principal ?

— Un magret de canard, répond Thomas. Et toi, chérie ?

Je ne parviens pas à me décider, les prix étant beaucoup trop onéreux. Une timidité fulgurante me submerge. Je pique un fard et baisse la tête, ma longue chevelure rouge camouflant mes joues cramoisies.

— J’ai besoin d’un peu plus de temps, bégayé-je.

La jeune femme acquiesce et nous laisse de nouveau en tête à tête.

Tout en tapotant son poignet, comme s’il mimait une montre invisible, Thomas désigne la carte que je couve sous mes coudes.

— La serveuse revient, murmure-t-il.

Je lève les yeux et la vois se diriger vers nous.

Merde, déjà ?

J’ai à peine eu le temps de poser mes yeux sur le menu qu’elle est déjà là, à croire qu’elle bosse au lance-pierre. Ou alors, c’est mon cerveau qui est long à la détente, comme d’habitude.

— Alors, madame, avez-vous fait votre choix ?

Non.

Je serre les dents, tandis que mes yeux parcourent la carte à toute vitesse. La serveuse s’impatiente, je le vois dans ma vision périphérique.

Et puis merde…

J’opte finalement pour le délicieux pavé de saumon qui me fait de l’œil, accompagné de frites maison et d’une sauce béarnaise.

— Je prends le pavé de saumon et les frites, bafouillé-je.

La serveuse dodeline de la tête tout en pianotant sur son écran.

L’espace d’un instant, elle fixe mon mec avec intensité. Un sourire plus radieux que les astres étire ses lèvres pulpeuses. Thomas lui rend la pareille, un charmant clin d’œil en prime. On dirait qu’ils communiquent en silence, comme deux télépathes. Puis elle laisse échapper un ricanement avant de s’éloigner.

C’était quoi, ça ?

Mon sang se cristallise dans mes veines. Je n’ai pas rêvé.Cette femme lui a clairement fait du rentre-dedans, juste sous mon nez. Et lui, il ne marche pas, il court ! Il ne manquerait plus que la bave au coin des lèvres, tant qu’à faire !

Un sentiment d’insécurité m’envahit. Je demeure perplexe, les yeux accrochés à ceux de Thomas. Pourquoi lui a-t-il décoché un clin d’œil ? C’est sans compter ce sourire aguicheur édenté. Je ne suis pas folle, n’est-ce pas ? Je viens à penser qu’il drague la serveuse sous mon nez, alors qu’il m’a emmenée dans un restaurant étoilé. Juste après avoir chuchoté à mon oreille qu’il m’aimait. Que j’étais la plus belle ...

Je dois relativiser. Jamais Thomas ne séduirait une autre femme, c’est tout bonnement impossible. Pourtant, cet échange de sourires et de regards me semble bien trop complice à mon goût. Le genre d’œillade qu’un homme amoureux adresse à sa belle. Si je ne m’abuse, sa belle, c’est moi.

— Pourquoi tu me fixes comme ça ? ricane-t-il. C’est parce que je suis trop beau ?

— Ça va, je ne te dérange pas trop ?

Thomas me lorgne bouche bée, la mâchoire prête à se décrocher. Il incline la tête sur le côté, un pli lui barrant le front.

— Comment ça ? balbutie-t-il, visiblement confus.

— Bah, ça ! rétorqué-je, la voix aussi tranchante qu’une lame de rasoir.

Il cille.

— Mais enfin, qu’est-ce que tu racontes ?

Est-il en train de se payer ma tête ? Il semble sincère, pourtant, avec ses sourcils froncés et son air hagard. À moins qu’un excellent jeu d’acteur se dissimule derrière ses airs d’innocent.

Je le fusille du regard. Si mes iris étaient des armes, il rejoindrait les anges.

— Je t’ai vu faire un clin d’œil à la serveuse, sifflé-je. Tu t’intéresses aux autres femmes, maintenant ? Je ne te suffis pas ?

Thomas se renverse sur sa chaise, les bras croisés sur son torse. Il plante ses yeux dans les miens et laisse s’échapper un rire nerveux.

— Je dois t’avouer que ton inquiétude me touche beaucoup, ironise-t-il, un petit sourire narquois étirant la commissure de ses lèvres. Ça prouve que tu tiens à moi. J’aime beaucoup.

Ma mâchoire se crispe.

Ça le fait rire en plus. Je crois rêver !

Il pousse un soupir nasal.

— Relax, il ne se passe rien avec cette nana. Tu es la seule qui est importante pour moi.

— Avoue que c’est normal que je me fasse des films, non ? grogné-je. On parle d’un clin d’œil, Thomas. C’est pas rien.

— S’il te plaît, Lana. Ne gâche pas tout alors qu’on passe une excellente soirée. Il n’y a rien avec cette fille. Je te le promets.

Je fixe la flamme dansante d’une chandelle, dubitative. J’ai toujours eu confiance en mon chéri, et ce, aveuglément. Mais ce soir, quelque chose s’est brisé en moi. Et pour cause ? Un putain de clin d’œil. Je suis sans doute parano, mais son comportement n’a rien d’habituel. Thomas semble détaché, plus nerveux qu’à l’accoutumée. Sa jambe tressaute sans arrêt depuis qu’il s’est assis, comme si l’appréhension l’étreignait.

Mais pourquoi ?

Mon instinct me chuchote qu’il me dissimule quelque chose. Que cette affaire me taraudera jusqu’à ce que je découvre la nature de ses cachoteries.

La serveuse se dirige vers nous, épanouie comme une fleur. Elle dépose nos plats sur la table, cherche encore le regard de Thomas, un petit sourire niais plaqué sur ses lèvres. Il l’ignore, de peur de s’attirer les foudres.

— Bon appétit, articule-t-elle avant de tourner les talons.

Nous dînons dans un silence de mort. Aucun mot ne peut franchir la barrière de mes lèvres quand je rumine. Je n’entends plus rien, ne vois plus rien. Mes pensées sont portées sur l’attitude douteuse de Thomas, au point d’estomper la saveur de ce plat étoilé qui fond sur mes papilles. Ce dîner aux chandelles avec mon chéri se mue en un repas en tête-à-tête avec un filet de saumon. Au moins, lui, il ne me trahira jamais.

— Vous désirez un dessert, madame ?

La voix lointaine de la serveuse heurte mes oreilles, mettant un terme à la fanfare qui résonne sous ma boîte crânienne.

Je sursaute.

La jeune femme plonge sa main sous mon nez pour s’emparer de mes couverts utilisés. Je lève les yeux de mon assiette et déglutis péniblement le dernier morceau de pain imbibé de béarnaise. Des résidus de sauce perlent à la commissure de mes lèvres. Je m’empresse de les essuyer avec ma serviette en papier. Je pique un fard, pour changer.

— Je vais prendre un moelleux au chocolat, balbutié-je.

Thomas, lui, choisit une coupe de dame blanche.

La serveuse pianote sur sa tablette avant de faire les yeux doux à mon homme, tout en jouant des sourcils. Puis elle s’éloigne.

Non, mais c’est une blague, là !

Je me mords l’intérieur des joues, réprimant l’envie de me lever pour lui refaire le portrait. Heureusement pour elle, mon côté angélique triomphe, une fois de plus, des ténèbres qui sommeillent en moi.

Cette nana vient de draguer mon mec sous mes yeux, je n’ai pas halluciné. Pour le coup, Thomas est resté de marbre, à mon plus grand bonheur.

Mon regard létal lui arrache un petit ricanement.

— Elle te veut, sifflé-je. J’en suis sûre.

Il lève les yeux au ciel.

— Ma chérie, ne serais-tu pas un peu parano ? glousse-t-il. Juste un tout petit peu, hein.

Je grommelle des paroles inaudibles pour toute réponse.

La serveuse réapparaît quelques minutes plus tard, nos entremets alléchants trônant sur un plateau rond. Elle dépose devant moi le fondant au chocolat qui me faisait de l’œil. Je saisis la longue cuillère et prends une première bouchée. Les saveurs explosent dans ma bouche. Mes yeux s’écarquillent tandis que je réprime un gémissement de satisfaction. Ce moelleux a été préparé au paradis, par les divinités en personne.

— Putain, c’est trop bon, couiné-je, la bouche pleine, faisant glousser la serveuse, qui n’a pas bougé d’un iota.

C’est quoi son problème ?

Cette dernière est littéralement en train de m’observer jouir des papilles, tout en faisant craquer ses doigts avec nervosité. Ces cris de phalanges me déshonorent les tympans. Je sens que je vais devenir dingue.

— Ravi que ça te plaise, s’enthousiasme Thomas, les mains jointes sous son menton.

Il me fixe avec intensité, ignorant sa dame blanche.

— Tu ne manges pas ? m’enquiers-je.

— J’attends que ça fonde.

Mes yeux blasés roulent dans leur orbites.

— Haha, très drôle, Thomas.

— Prends une autre bouchée, m’intime-t-il en désignant mon dessert d’un geste du menton.

J’enfonce ma cuillère au cœur du moelleux, jusqu’à heurter quelque chose de dur. Un filet de chocolat noir s’écoule dans l’assiette, tel un doux ruisseau.

Perplexe, j’arque un sourcil.

C’est comme tomber sur la fève d’une galette des Rois. Or, à ce que je sache, ce n’est pas l’Épiphanie. Ça ne peut être qu’un objet, jamais ils ne serviraient de gâteau rassis dans un restaurant étoilé. Cette chose a-t-elle été placée à dessein au cœur de ce gâteau ? Et si oui, pour quelle raison ?

Je lève furtivement les yeux vers Thomas et les repose sur mon dessert. Il me fixe, immobile, comme s’il s’attendait à une quelconque réaction de ma part.

Ce n’est quand même pas… Oh mon Dieu !

Mon cœur se met à jouer des claquettes dans ma cage thoracique. Un dîner aux chandelles dans un restaurant étoilé, un truc glissé dans mon fondant. Des échanges muets avec la serveuse. Plus étrange encore : tous les deux me scrutent avec intensité, comme si j’étais un petit bonhomme vert égaré sur Terre…

Je ravale la boule d’appréhension qui m’obstrue la gorge. Puis d’une main tremblante, je gratte autour du trésor caché avec ma cuillère. Mon organe vital effectue plusieurs loopings dans ma poitrine, si bien que je crois qu’il va me lâcher. Les yeux exorbités, je plaque une main sur ma bouche pour étouffer un cri à alerter tout le restaurant. Une magnifique bague argentée, sertie d’un diamant carré, étincelle dans mon assiette, n’attendant qu’à habiller mon annulaire.

J’hyperventile, brasse de l’air, tandis que des larmes perlent au coin de mes yeux. Si Thomas souhaitait que je succombe de stupeur, c’est réussi. Une syncope menace de me pulvériser tant les émotions m’envahissent.

Thomas s’empare du bijou et l’essuie avec une petite serviette humide. Il se lève, chancelle légèrement, puis contourne la table avec maladresse pour me rejoindre. Il s’agenouille devant moi, son regard intense ancré dans le mien. Une lueur d’inquiétude vacille dans ses iris noisette.

Mon chéri prend une profonde inspiration. Il pose une paume moite et tremblante sur ma cuisse, la bague scintillante sous les lumières tamisées du plafonnier dans l’autre, et déclare :

— Lana, je t’aime comme un fou depuis que mes yeux ont croisé les tiens. Depuis ce jour, j’ai toujours su que c’était toi que je voulais épouser. Toi, Lana Fabre, et pas une autre. Je voulais attendre cinq ans avant de te le demander. Et cette année, ça fera cinq ans. Alors…

Il marque une pause. L’espace d’un instant, il effleure mon visage avec la douceur d’une plume. Puis, il glisse une mèche de ma longue chevelure rousse derrière mon oreille.

— Lana, voudrais-tu devenir ma femme ?

Une larme solitaire roule sur ma joue. Les mots de Thomas me bouleversent. Jamais je n’aurais imaginé qu’il veuille m’épouser un jour. C’est sans compter ce sentiment de soulagement qui m’étreint, cédant rapidement à la culpabilité. Je me suis vraiment mal comportée tout au long du dîner. Lui balancer une crise de paranoïa en pleine poire, c’était lamentable. Il n’a jamais tenté de séduire la serveuse. Au contraire, il ne désire qu’une chose : m’épouser. Comment pourrais-je me le pardonner ?

Mon chéri me dévisage, comme s’il essayait de sonder mon âme.

— Thomas, je suis vraiment désolée…

Son visage se décompose, à l’instar d’un cadavre.

— Je vois… Je comprends, soupire Thomas, les larmes au bord des cils, alors que je n’ai même pas terminé ma phrase.

Affolée, je m’empresse de rectifier :

— Non, non, non, tu te trompes ! Je voulais dire que j’ai mal agi pendant le repas, alors que tu avais prévu… tout ça… Je suis désolée, Thomas. Je m’en veux tellement.

Les muscles de sa mâchoire se relâchent quelque peu. Il prend une profonde inspiration et réitère :

— Lana, veux-tu m’épouser ?

Sa voix est frêle, à peine audible, si bien que je dois tendre l’oreille pour capturer chacun de ses mots.

En proie au bonheur, je me lève de ma chaise. Mes jambes sont lourdes et tremblantes sous le poids des émotions. Debout devant lui, je tire sur les bras de mon homme pour l’aider à se relever. Je saisis son visage en coupe, plante mon regard dans le sien et murmure à son oreille le petit mot qu’il espère tant. L’appréhension cède à la joie dans ses iris. Son visage s’illumine, plus brillant que les astres, tandis que des larmes de joie roulent sur ses joues. Je les essuie avec la pulpe de mon pouce, un geste qu’il reproduit pour estomper les miennes.

Thomas saisit mon annulaire gauche et y glisse la bague avec délicatesse. Comblée, j’écarte mes doigts en éventail pour admirer le splendide diamant qui a dû lui coûter une fortune, peut-être même un rein. Mon fiancé me soulève par la taille et écrase ses lèvres sur les miennes sans se soucier des regards curieux. Des acclamations fusent dans le restaurant. Nous nous esclaffons, heureux comme deux futures mariés.

Je risque un regard vers la serveuse.

— Toutes mes félicitations ! s’écrie-t-elle avec entrain, tandis que je lui décoche un clin d’œil.

Je suis fiancée. Il me faudra toute une éternité pour réaliser ce qu’il vient de se passer.


L'histoire est intégralement rédigée. Je n'ai plus qu'à poster la suite :)

Bonne lecture :)

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