Fabulations divines - tome 3 : l'avènement des Humains.

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Summary

Origine est de retour ! En compagnie d’Oméga, faites face à la déesse primordiale. La déesse suprême réussira-t-elle à récupérer toutes ses âmes, ou une autre fin est-elle possible ?

Genre
Fantasy
Author
FloCes
Status
Ongoing
Chapters
66
Rating
n/a
Age Rating
16+

Siu Lung Do

La reine Métill avait quitté le continent d’Orzenis depuis deux jours, naviguant vers l’archipel de Siu Lung Do à bord de l’Al-muqatilah. À ses côtés, Jah-Mi-Laa, fière et attentive, observait l’immense rempart de pierre encerclant l’archipel. D’après les informations glanées par les espions de la reine, cet immense édifice protégeait trois petites iles et ses habitants non pas des vivants, mais des entités divines.

« Il parait que cette construction est si gigantesque qu’elle serait visible même au-delà de la planète, commenta Jah-Mi-Laa. Mais cela m’étonnerait que sa taille soit un obstacle pour les dieux. »

— Tu te trompes, ma chère. Chaque brique de cette muraille est imprégnée d’une magie spéciale qui empêche les dieux d’attaquer cet archipel, corrigea Métill. C’est d’ailleurs pour cette magie que nous sommes venues. En revanche, pour nous, cette construction est bel et bien un obstacle, comme tu le dis.

— Comment allons-nous procéder, ma reine ? chercha à savoir la femme aux multiples cicatrices.

— Nous allons simplement avancer !

À l’intérieur de ces murailles, sur l’ile principale, là où se trouvait son empereur, un homme chauve drapé d’une grande robe couleur safran d’où s’échappait son épaule droite, avait fini sa méditation. Il était assis sous un bel arbre aux fleurs d’un rose très pâle. L’un d’eux s’était détaché et tombait lentement dans la paume tendue de l’homme, dont les yeux étaient toujours fermés.

« Le moment est venu, dit-il d’une voix calme et douce. »

L’homme ouvrit enfin ses yeux. Ses pupilles, d’un marron profond, étaient fixées vers l’horizon, comme s’il regardait quelque chose au loin. Quelque chose que lui seul pouvait voir !

« Nous attendons vos instructions, Fashi Jiànzhê. »

Des hommes, aussi chauves que Jiànzhê, et habillés de la même façon que lui, étaient accroupis face au moine supérieur. Ce dernier, en plus d’enseigner des méthodes de méditation avancée, était également le guide spirituel de l’archipel, ainsi que le conseiller principal de l’empereur. On disait de lui qu’il était capable de voir l’âme de tout ce qui vit ! Il regarda l’homme qui s’était adressé à lui. Comme à chaque fois que Jiànzhê fixait son regard sur quelqu’un, l’homme eut l’impression que son âme était mise à nu, et passée au scanner. Cependant, loin de ressentir cette expérience comme une intrusion, tout l’amour et la compassion que le moine supérieur avait en lui, se transmettait de son âme à celui de la personne qu’il contemplait.

« Tu peux prévenir notre empereur que la guerre arrive. »

Jiànzhê ne regarda pas son ami partir, et referma ses yeux après avoir déposé la pétale rose sur le sol. Les autres moines l’imitèrent, et reprirent leur méditation.

L’Al-muqatilah n’était plus qu’à quelques mètres de la muraille entourant Siu Lung Do. De près, la structure avait l’air encore plus imprenable. Au sommet, des archers pointaient leur flèche en direction du navire. Tout le monde, hormis Jah-Mi-Laa et la reine Métill, était parti se mettre à l’abri dans les cabines, craignant la pluie d’acier qui pouvait s’abattre sur eux.

« Ils sont vraiment nombreux ! commenta la capitaine du navire. Ça ira pour vous, mais c’est trop pour moi. »

— Ne t’en fais pas, la rassura la reine d’écailles. S’il voulait nous tuer, ils n’auraient pas attendu qu’on soit si proche.

— Vous avez raison, ma reine. Ils attendent peut-être de connaitre la cause de notre venue ?

Comme pour lui répondre, une voix forte résonna des hauteurs, sans qu’il ne soit possible de savoir d’où exactement.

« La reine Métill est la bienvenue ! »

— Je suis attendu, je crois. Fais-moi préparer une barque Jah-Mi-Laa, ordonna la reine Métill. Et vous allez m’attendre aussi longtemps que nécessaire. Personne ne doit essayer de pénétrer de force. Je me suis bien fait comprendre ? »

— Bien ma reine, répondit Jah-Mi-Laa en posant un genou à terre.

La petite barque de la reine Métill naviguait sous un pont-levis entièrement construit en pierre, impressionnant par son ingéniosité mécanique. Elle observait avec fascination le système complexe de poulies qui permettait de le manœuvrer. Au fur et à mesure que sa barque progressait, elle prenait conscience de l’imposante épaisseur des murs de la muraille. Des arcades étaient disséminées le long de la paroi, offrant des cachettes stratégiques pour les archers. Malgré l’obscurité qui régnait, Métill, entraînée par le Maître Jodd, avait affiné ses sens et percevait chaque détail avec acuité.

Face à cette imposante démonstration de défense, elle se demandait avec étonnement comment ses espions avaient réussi à s’infiltrer dans ces lieux fortifiés.

Une fois la muraille de Siu Lung Do franchie, la reine Métill fut subjuguée par la beauté qui s’offrait à elle. Jamais elle n’avait vu une mer si bleue, si translucide que les poissons étaient visibles loin de la surface. Elle remarqua d’ailleurs des espèces qui lui étaient inconnues.

Elle accosta enfin sur les berges de l’ile centrale, là où l’attendaient dix hommes vêtus de robes marron. Et tous, ils n’avaient pas de cheveux.

« Nous vous souhaitons la bienvenue sur l’ile impériale de Ghörm, la saluèrent les hommes en s’inclinant devant la reine Métill. »

— Je vous demanderai de nous suivre, je vous prie, demanda l’un des hommes avec un sourire bienveillant.

Sans un mot, Métill suivit les moines, qui se placèrent à ses côtés, en deux rangées de cinq.

La procession avança en silence, passant parfois devant de magnifiques jardins aux plantes exotiques, et parfois devant des zones où des hommes labouraient avec lenteur et douceur ce qui semblait être du sable. La reine ne fit aucun commentaire et ne posa aucune question. Elle observait, et analysait.

Enfin, ils arrivèrent devant un petit temple en bois et en paille. Un homme était assis en tailleur à l’entrée, les yeux fermés, les deux mains repliées sous une tasse.

Les moines s’arrêtèrent, et invitèrent leur invité à monter les marches du temple.

« Je vous ai vu arrivé, avoua l’homme les yeux toujours clos. Mes yeux voient au travers de la matière, et votre âme est visible de loin. »

« Que veut-il dire par là ? se demanda la reine en fronçant très légèrement ses sourcils. »

Après ses mots, Jiànzhê ouvrit ses yeux, et les plongea dans ceux de Métill, qui sentit tout de suite comme si son l’homme devant elle était en train de lire son âme.

« Vous arrivez de façon habile à dissimuler vos intentions. »

— Que recherchez-vous en moi ? questionna Métill sur la défensive.

— Veuillez me pardonner mon impolitesse, reine de Legnister. Je fais un piètre hôte. Laissez-moi d’abord me présenter, et ensuite je vous proposerai du thé.

Métill était surprise, déconcertée par cet homme qui respirait la bonté et dégageait une aura à la fois douce et puissante.

Le moine posa sa tasse et se mit debout. Très grand, il faisait deux têtes de plus que la reine, mais ne donnait pas l’impression de la regarder de haut.

« Je suis Jiànzhê, se présenta-t-il en s’inclinant. Moine et conseiller de l’empereur. Enfin nous nous rencontrons. »

— Vous m’attendiez ? voulut savoir Métill en s’inclinant à son tour.

— Depuis le départ de vos espions, oui. Je dois d’ailleurs vous remercier pour nous les avoir envoyés. Ils ont été une source d’information importante.

— Comment cela ? voulu comprendre la reine.

— Cela n’est plus important aujourd’hui. Je vous prie de vous assoir à mes côtés, demanda Jiànzhê en montrant un coussin qui avait été placé au sol.

Métill s’assit, tout de suite suivie par le moine, qui lui servit du thé fumant.

« Vous avez une belle âme, reconnut Jiànzhê. Et puissante. Elle est caractéristique des grands de ce monde. »

— Je vous remercie. Mais pourrions-nous parler de ce qui m’amène dans votre paradis, recentra la reine.

— Vous êtes venu pour nouer une alliance avec notre empereur.

— Vos espions sont décidément très efficaces ! En effet, confirma Métill. Êtes-vous également au courant que l’ennemi a peut-être installé une machine sur l’une vos iles ?

— Le Legïonne a été scellé, lui apprit le moine en après avoir bu une gorgé de thé.

Alors que la reine Métill avait fait son maximum pour ne montrer aucune émotion, son hôte vit tout de même l’âme de la reine vaciller comme une flamme sur laquelle on aurait soufflé.

« C’est donc après notre magie de scellement que vous en avez, comprit le moine. »