Miracle
Le syndrome de la page blanche. Comme l’a dit JRR Martin à Stephen King, c’est une sorte de constipation mentale pendant laquelle on écrit une seule phrase, qu’on déteste puis qu’on abandonne comme si c’était une chaussette orpheline au sortir de la machine à laver. Cet essorage cérébrale me laisse généralement amorphe, vide de toute volonté. C’est à chaque fois un traumatisme qui me fait me demander si je suis vraiment capable d’écrire, de créer, de donner vie à mes pensées.
Et puis a un moment, au milieu de ce vide intersidéral que traverse mon esprit, il y a un déclic. Ça arrive souvent quand je me plonge dans l’obscurité de ton regard. De la noirceur nait la lumière et c’est un big-bang dans ma tête. Après des jours, parfois des semaines d’abstinence, de doutes – de désespoir – c’est un miracle qui se produit. Tout à coup, les mots se précipitent au bout de mes doigts, les phrases s’emmêlent, les personnages se mélangent et les histoires s’entrecroisent.
Lorsque tout se précipite ainsi, mon âme est en ébullition, prise de convulsions créatives. C’est à la fois Carnaval et Halloween : je suis à la fois excitée et terrifiée.