Chapitre 1
Samara s’activait dans sa boutique de fleurs, enjolivant l’atmosphère avec ses créations colorées. Les senteurs enivrantes des roses, des lys et des tulipes embaumaient la pièce, créant une oasis de beauté au milieu de la ville animée. Les clients entraient et sortaient, séduits par la diversité et la fraîcheur des fleurs proposées.
Ce jour-là, Samara était plongée dans son univers floral, laissant sa créativité s’épanouir à travers chaque arrangement. Elle était une femme passionnée, vivant pour les fleurs et leur langage silencieux. Son amour pour la nature et son désir de partager sa beauté avec les autres se reflétaient dans chaque pétale délicatement placé.
Elle appréciait particulièrement la composition de bouquets de fleurs, car cela lui offrait l’opportunité d’exprimer sa créativité et son imagination. De plus, elle avait l’habitude de suivre attentivement les instructions de ses clients pour incorporer des fleurs symbolisant leurs demandes. À ses yeux, chaque arrangement floral était unique, tout comme chaque personne venant solliciter ses services.
C’est alors qu’Azir, le Sultan de Riad, fit une entrée discrète dans la boutique. Il avait été attiré par la beauté des fleurs exposées à travers la vitrine et avait décidé de s’aventurer à l’intérieur. Il observa Samara avec un intérêt grandissant, intrigué par son talent et son amour pour les plantes.
Elle était au centre de sa boutique en train de confectionner un bouquet. Le noir profond de sa carnation de peau ressortait divinement bien sous le faible rayon du soleil à travers la vitre. Elle arborait de magnifiques cheveux afro remontés en un chignon négligé. Ses mains habiles et gracieuses s’affairaient à placer des fleurs les unes entre les autres.
Azir resta dans l’ombre, se cachant derrière une étagère remplie de plantes vertes, admirant Samara tandis qu’elle travaillait avec grâce et passion. Il était fasciné par sa présence rayonnante, elle chantonnait des chansons typiques de leur pays. Ses petits pieds bougeaient sur place et ses épaules faisaient des va et vient. Sa voix était mélodieuse.
Azir était incapable de défaire son regard de cette femme.
Alors que Samara prenait une pause pour examiner un bouquet de roses, elle sentit soudainement un regard sur elle. Elle leva les yeux et rencontra les yeux sombres d’Azir, qui la fixait intensément. Un frisson parcourut son échine, et elle se sentit mal à l’aise d’avoir était surprise dans son travail.
— Bonjour, puis-je vous aider ? l’acceuilla-t-elle doucement.
Azir ferma un bref instant les yeux, savourant les esquisses de sa voix. Il reprit rapidement le contrôle de ses émotions avant de lui répondre.
— Excusez-moi de vous déranger. Je suis captivé par vos travaux. Je vous regarde travailler depuis quelques minutes, et j’aurais besoin de vos conseils, commença le Sultan, rapidement.
Samara, surprise mais flattée, s’approcha un peu avec un sourire chaleureux. Elle reprenait son professionnalisme habituelle, prête à ne pas perdre ses moyens. Il l’avait surprise en train de chanter mais ce n’était pas un drame.
Son travail la passionnait et elle ne changerait ses méthodes pour rien au monde.
— Je serais ravie de vous aider. Que puis-je faire pour vous ?
Azir mit quelques minutes à donner ce qu’il voulait, à vrai dire il ne savait pas vraiment ce qu’il voulait. Car à la base, il était de passage ici. Il lui fallut quelques minutes avant de trouver quelque chose à dire.
— Je suis à la recherche d’un bouquet, quelque chose qui exprimerait à la fois la beauté et la force. Je suis curieux de qavoir quelles fleurs représenteraient cela.
Samara sentit son cœur s’emballer. Elle était enchantée de pouvoir partager son savoir et sa passion avec quelqu’un. Elle éprouvait toujours un réel plaisir à partager son savoir auprès des autres. La jeune femme voyait bien que cet homme cherchait ses mots, comme si il s’intéressait à son monde, ce qui la mettait plus en joie.
— Bien sûr, je serais ravie de vous aider à créer ce bouquet. Mais pouvons-nous discuter un peu plus de ce que vous recherchez ? Quelles fleurs vous attirent particulièrement ? demanda-t-elle en marchant vers son comptoir, Azir sur ses talons.
Azir s’installa près du comptoir, il se pinça les lèvres. Une précurseur que l’homme était en pleine réflexion.
— J’ai toujours été fasciné par les roses, en particulier leur symbolisme de beauté et de passion. Mais j’aimerais également intégrer des fleurs qui évoquent la force et la résilience. J’ai traversé des épreuves difficiles dans ma vie, et j’aimerais connaître les symboles de tout cela.
Samara acquiesça, comprenant l’importance de créer un arrangement floral qui refléterait à la fois la délicatesse et la puissance de l’âme d’Azir. Enfin c’est ce qu’elle comprenait à travers sa demande.
— Je peux vous proposer une combinaison de roses rouges, symboles de l’amour passionné, associées à des fleurs de lys, qui représentent la noblesse et la force.
Elle posa ses mains sur le comptoir, réfléchissant à ce qu’elle pourrait ajouter. Elle trouvait que les lys et les roses restaient trop basiques pour cet homme qui lui paraissait hors du commun.
— En supplément, nous pourrions ajouter quelques tiges de glaïeuls, qui symbolisent la détermination et la résilience, de manière à former un mélange harmonieux.
Azir observait attentivement Samara alors qu’elle choisissait soigneusement chaque fleur, appréciant sa passion et son expertise. Elle les lui montra une à une puis les positionna de diverses manières, de sorte qu’Azir puisse choisir ce qui lui convenait le plus.
— Vos suggestions sont merveilleuses. Je suis impressionné par votre connaissance. Vous parvenez à créer de véritables œuvres d’art avec des pétales et des tiges.
Samara rougit légèrement sous les compliments d’Azir, touchée par ses paroles sincères. On pourrait penser qu’il en faisait trop, elle la première, mais l’intérêt que Samara lisait dans ses yeux l’en dissuadait. Il était vraiment sincère avec elle. Ce qui la touchait au fond d’elle.
Ce n’est pas tous les jours qu’elle rencontrait des clients comme lui !
— Merci, monsieur, c’est un plaisir pour moi.
— Appellez-moi Azir, répondit-il en baissant humblement la tête.
Samara sourit alors qu’elle continuait de peaufiner le bouquet. D’ordinaire, elle ne parlait pas trop à ses clients quand elle travaillait car elle préférait se concentrer sur le résultat final de ses œuvres. Toutefois, avec Azir, elle ne put s’empêcher de lui partager la passion de son art.
— Les fleurs ont un langage bien à elles, fit-elle, elles nous permettent de communiquer des émotions profondes sans avoir à prononcer un mot. C’est une joie pour moi de donner vie à ces messages à travers mes créations. J’aime apporter ma part de sensibilité dans tout ce que je fais.
Azir fixa Samara avec admiration, sa voix se teintant d’une émotion sincère.
— Vous êtes une véritable fleur dans l’âme mademoiselle. Votre passion pour les fleurs et votre talent pour l’art floral sont un don précieux. Je ne regrette pas d’avoir frappé à votre porte.
Samara ressentit un mélange de gratitude et d’émerveillement. Il venait de la complimenter, si cela ne tenait qu’à elle, elle lâcherait une larme d’émotion. La présence d’Azir au sein de sa boutique semblait apporter une lueur d’espoir dans sa vie. Elle ne comprenait pas pourquoi mais elle se sentait agréablement bien auprès de cet inconnu.
Serait-ce étrange de dire cela alors que cet homme lui était inconnu il y a encore quelques minutes ?
— Merci, Azir. Je vous en prie, appelez-moi par mon prénom, Samara.
Azir acquiesça, un sourire doux étirant ses lèvres. Il aimait son prénom. Il était long, presque noble. Tandis qu’elle accrochait le bouquet avec un ruban, elle invita Azir à la suivre à sa caisse. Le sultan paya le montant de sa commande, ne quittant pas Samara du regard.
— Je vous remercie de votre aide, Samara. Nous nous retrouverons bientôt, je l’espère.
Samara sentit son cœur s’accélérer, une lueur d’excitation dansant dans ses yeux.
— Je serais enchantée de vous revoir. Ma boutique vous est ouverte. N’hésitez pas à revenir quand vous le souhaitez, que ce soit pour des conseils sur les fleurs ou tout autre demande !
Azir s’inclina légèrement en signe de respect et de gratitude. Il s’éloigna un peu de la fleuriste, le cœur battant.
— Merci, Samara. Je reviendrai pour profiter de votre compagnie et de vos conseils.
Un léger sourire se dessina sur les lèvres de Samara, ravie de la perspective de revoir Azir et d’explorer davantage cette connexion grandissante, mais étrange.
— Je suis impatiente de vous revoir... N’hésitez pas à passer quand vous en ressentez le besoin. Je serai là pour vous accueillir.
Sur ces mots, Azir quitta la boutique, emportant avec lui le bouquet de sa résilience. Samara resta là, le cœur empli d’excitation, son esprit tourbillonnant d’émotions contradictoires. Cette rencontre venait de la bouleverser plus que ce qu’elle pourrait s’avouer à voix haute.
Cet homme dégageait une aura agréable, dont le magnétisme la poussait à vouloir le connaître. Elle était presque déçu qu’il parte loin d’elle...
Afin de ne pas se laisser aller à des réflexions trop complexes, Samare se remit au travail. Elle devait finir sa couronne !
★★
Quelques jours plus tard, Azir fit une nouvelle apparition à la boutique de Samara. Elle leva les yeux de son arrangement floral pour le découvrir debout devant elle, un sourire chaleureux aux lèvres. Azir contemplait la peau foncée de Samara, elle s’harmonisait avec une longue chevelure crépu et un visage oval.
Cette femme l’intriguait de plus en plus, et plus il la voyait, plus il voulait en apprendre davantage.
— Bonjour, Samara. Je suis venu chercher quelques conseils experts en matière de fleurs. Pouvez-vous m’aider ?
Samara, légèrement surprise, posa ses outils et s’approcha d’Azir.
— Eh bien, votre majesté. Que puis-je faire pour vous ?
— J’ai récemment acquis un petit jardin privé près de mon palais, et j’aimerais y cultiver quelques fleurs. Cependant, je suis totalement novice dans ce domaine. Pourriez-vous me recommander quelques variétés qui s’épanouiraient dans notre climat ?
Samara se prit au jeu de ce nouveau défi et sourit. Elle se posa au comptoir et mis ses lunettes de travail. Elle sortit son calepin noir et un crayon.
— Pour votre jardin, d’abord, il faudrait tenir compte de l’ensoleillement, du type de sol et des températures de votre jardin. Ensuite, nous pourrons choisir des fleurs adaptée !
Azir écoutait attentivement les conseils de Samara, absorbant chaque information avec un intérêt sincère. Il répondit à chacune de ses questions tandis qu’elle cherchait à en connaître davantage sur son petit havre de paix. Samara aimait parler avec cet homme, et son projet l’intéressait tout autant.
— Je vous remercie d’avoir répondu à mes question. Je suis sûr que mon jardin sera un véritable paradis floral grâce à vos conseils avisés...
Samara hocha la tête, intimidée par sa manière de parler d’elle. Il était si troublant avec sa façon de la regarder. Elle ne savait pas toujours où se mettre, peu habituée à ce qu’on lui porte un tel intérêt. Cet homme la troublait de plus en plus, elle voulait le connaître mais n’osait s’aventurer à poser des questions trop intimes.
Après tout, ils ne se virent qu’à deux reprises !
Azir sembla détecter sa timidité à son égard puisqu’il fit le premier pas.
— Samara, avant que je ne vienne à vous faire ma demande, je souhaiterai vous mettre au courant de quelque chose sur moi.
La fleuriste pencha la tête sur le côté, intriguée par ce qu’il comptait lui dire.
— Je suis le sultan Azir El Hassan...
Samara s’était attendue à tout sauf à ça. Face à elle se tenait un homme loin d’être ordinaire, non. Il s’agissait du souverain de Riad, cet homme bon qui apparaissait rarement en public. La jeune femme savait qui il était, tout le monde d’ailleurs, mais peu mettaient un visage sur son nom.
Au sein de son pays, il était respecté et aimé. C’était un homme juste qui avait libéré ses sujets de la tyrannie de son frère. Il avait mené des campagnes de nourriture, d’aide humanitaire pour veiller au bien de son peuple souffrant. Tout cela sans se montrer au grand jour. C’était comme si il préservait son anonymat. Chose que le peuple comprenait.
Intimidée, Samara fit une révérence maladroite. Ne sachant pas où se mettre, elle mit du temps à trouver ses mots.
— C’est un plaisir de vous aider, votre majesté. Je suis enchantée de partager ma passion pour les fleurs avec vous. Si vous avez besoin de mon aide pour vos jardins, j’en serais honorée.
Azir sourit, captivé par la détermination de Samara. Elle ne montrait même pas que sa révélation l’avait atteinte, restant imperturbable et professionnelle. L’homme prit une légère inspiration avant de formuler sa demande.
— Samara, j’aimerais que vous veniez voir mon jardin, pour que vous puissiez apprécier l’espace et me donner vos idées directement sur place. Seriez-vous d’accord pour vous déplacer ?
Samara fut prise de court par cette proposition inattendue. Son cœur s’emballa et elle se demanda si elle était prête à franchir une telle étape. Cependant, elle sentait que c’était une occasion unique de découvrir le palais royale et ses jardins majestueux.
— Je serais honorée de visiter votre jardin et de vous aider sur place. C’est une opportunité que je ne peux pas laisser passer. Je vous suis reconnaissante de votre confiance, répondit-elle, professionnelle.
Azir sembla soulagé par la réponse de Samara, ses yeux pétillaient d’empressement.
— Parfait ! Nous fixerons une date pour cette visite.
Azir sourit à la femme, ignorant que leur rencontre allait réellement changer leur destin à tous les deux.









superbe découverte