Sur la lame du couteau

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Summary

Le monde a sombré dans le sang et la mort il y a plusieurs siècles. La terre n'appartient plus aux humains, les démons et les monstres s'en sont emparé. Savanna est une jeune fille élevée dans un Bastion, elle est une tueuse depuis l'enfance. Toute sa vie tourne autour de la survie et de ses sœurs. Enfermée pour son bien, elle ne sais plus à quoi ressemble le monde extérieur. Dans un environnement aussi violent que le sien, la confiance est la chose la plus importante, pourtant, tout semble basculer. Des attaques, des morts. Dans sa bulle sanglante, le danger finit par l'atteindre. Quand elle sera obliger de sortir survivra-t-elle? Est-elle aussi prête qu'elle le croît? Sa vie a un prix, celui de son couteau.

Status
Complete
Chapters
41
Rating
5.0 2 reviews
Age Rating
18+

PROLOGUE

Ces événements ont lieux 269 ans avant l’histoire




Avec un râle dramatique je m’étire en poussant de tout mon poids mon meilleur ami du fauteuil sur lequel nous sommes installés.

- Pousse-toi espèce de gros troll grincheux.

Il ricane avant de se décaler, les yeux fixés sur sa partie en ligne. Je pousse un profond soupir et m’installe plus confortablement. Nos autres amis jouent aux cartes, je tends la main vers la télécommande de la télévision. J’appuie sur le bouton rouge et de la musique surgit de l’écran posé à l’autre bout de la pièce. Je ferme les yeux avec un sourire satisfait, ces vacances d’été s’annoncent parfaites.

- Qui est chaud pour une nouvelle partie de Président ?

Je redresse la tête et ouvre les yeux en brandissant un poing. Je libère le fauteuil que je viens pourtant de gagner et Eliott récupère tout l’espace sans perdre de temps et sans même me regarder. Je m’assois à table et regarde Lise distribuer les cartes. Je trie rapidement les miennes et la partie commence.

- C’est quoi ça encore ?

Je tourne la tête vers Eliott qui semble à deux doigts de lancer son téléphone à l’autre bout de la pièce. Je pouffe en levant les yeux au ciel et reporte mon attention sur le jeu. La musique s’arrête. Je tourne la tête vers la télévision, un message s’y est affiché :

FR-ALERT : maintenant

Severe alert

2026-7-11 15:00

Toute la France est placée

en vigilance rouge

pour un tremblement de

terre extrêmement violent.

Veuillez vous mettre à l’abri

d’autres consignes suivrons.

Nous restons tous immobile, les yeux fixés sur l’écran qui clignote en rythme avec la voix mécanique. Je brise le silence en premier :

- Toute la France ? C’est possible ça ? C’est pas un peu… Beaucoup?

J’essaye de sourire mais en voyant les expressions inquiètes de mes amis, ma légèrtée disparaît. Lise qui est blême hausse les épaules, Eliott se lève et s’approche, nous montre son portable, le même message y est affiché. Un autre suit rapidement, dans sa main et sur la télévision.

Sortez des immeubles en utilisant les escaliers,

éloignez vous de tout ce qui pourrait s’effondrer.

Éloignez-vous des côtes et rejoignez les hauteurs.

Un séisme peut provoquer un tsunami.

Évitez de téléphoner

afin de laisser les réseaux disponibles pour les secours.

Restez à l’écoute des consignes des autorités.

Je cherche des yeux quelque part où l’on pourrait se protéger. Nous sommes seuls, six adolescents idiots chez Lise, aucun adulte pour nous dire quoi faire, personne pour gérer la situation à notre place. La panique monte en moi, je lis la même peur dans les yeux de mes autres amis. Eliott se racle la gorge en secouant la tête sans nous regarder, le regard baissé sur son téléphone. :

- D’autres messages vont sans doute arriver, en attendant, on devrait peut-être aller dans le jardin, il ne faudrait pas que la maison de Lise tombe sur nous. Louve, Charles venez avec moi, on va chercher des bouteilles d’eau et de la nourriture au cas où il faut faire des réserves. Lise, Liam et Max, prenez des couvertures et vos portables, on ne les utilise pas mais comme ça on recevra les consignes.

Nous obéissons. J’attrape mon téléphone que j’avais abandonné près d’une prise. Je le glisse dans ma poche. Suivant mes deux amis, nous entrons dans la grande cuisine. Je m’agenouille sous l’évier à la recherche de bouteilles.- Eh Lou ? Les bouteilles en plastique sont dans l’armoire près de la fenêtre. Si tu veux je m’en charge, récupère quelque chose à manger, des biscuits ou…

Je secoue la tête, et m’approche de l’armoire désignée. La voix reprend dans la pièce à côté et dans ma poche :

Si vous êtes dans une maison,

abritez vous sous des meubles lourds

lits, commodes, …

Tenez-vous à l’écart des fenêtres

en cas de fissures visible à la suite du tremblement de terre,

Ne sortez pas à l’extérieur.

mettez vous dans une cave.

Je croise le regard de mon meilleur ami qui semble horrifié, il retourne à toute vitesse au salon, je me précipite à sa suite, les autres sont déjà sortis par la baie vitrée. Il hurle en faisant des grands gestes avec les bras, indiquant l’intérieur :

- OUBLIEZ TOUT CE QUE J’AI DIS ! REVENEZ À L’INTÉRIEUR !

Ils n’ont pas le temps de faire un seul pas. Tout explose en un instant. La vitre dont je m’approchais se fissure et en une fraction de seconde des éclats brillants fusent sur moi. Le sol s’agite et je tombe. Mon genou gauche heurte le coin de la petite table et je lâche une plainte. Je me recroqueville et croise les mains derrière ma nuque. Les livres tombent de la bibliothèque et pleuvent sur moi. À chaque impact je serre davantage les paupières, les larmes dévalent mes joues. J’essaye de respirer mais l’air est saturé de poussière. Je ferme les yeux et le temps s’allonge.

Enfin après ce qui semble avoir duré des heures le silence retombe, les joues baignées de larmes je relève la tête. Mon genoux me fait un mal de chien et je suis sûre d’avoir des dizaines de bleus aux différents endroits où les livres sont tombés sur moi. Je m’appuie sur mes mains et me redresse. La poussière à emplit la pièce, je relève le bas de mon pantalon pour regarder mon genoux, il est gonflé et d’une rouge inquiétante. J’appuie légèrement dessus et serre les dents en me détournant, la respiration courte.

- Personne n’est blessé ?

Eliott c’est redressé aussi, sa voix hésitante s’élève derrière un mur de poussière et de placo. Lentement, sa silhouette émerge et il grimace en regardant ma jambe.

- Merde.

Je m’approche en boitillant, du verre parsème ses cheveux bouclés. Il a une coupure sur la joue mais le sang est lavé par les larmes qu’il s’efforce d’essuyer. Je jette un regard par-dessus son épaule, dans le jardin nos trois autres amis se relèvent.

- C’est pas aussi terrible que ça en à l’air. Charles ?

Aucune réponse, j’échange un regard inquiet avec mon meilleur ami et nous retournons à la cuisine. Je m’appuie sur lui en poussant la porte qui a sauté de ses gonds. Là, couché sous la table, notre ami blond ne réagit pas à nos appels. Eliott s’accroupit et le pousse doucement,il roule sur le côté. Les yeux vitreux, du sang coule de son nez et de sa bouche. Je hoquette et recule, son front n’est qu’une grande craquelure sanglante. Mes larmes qui s’étaient calmées redoublent tandis que je lutte pour retrouver ma respiration.

- Putain, putain, putain, putain, putain.

Ma voix se brise et je recule en titubant. Eliott se redresse et m’écarte doucement, lui-même semble avoir du mal à réaliser. Il marmonne comme si il y avait quelque chose de rationnel dans tout ce qui vient de se passer :

- Il a dû tomber c’est... blessé, il a sans doute rampé pour se mettre à l’abri... Je ne sais pas trop...

Je m’accroche à son bras et nous rejoignons les autres dans le jardin, je n’ai pas le temps d’expliquer ce qui c’est passé, Eliott non plus. Il me jette brutalement au sol et se couche sur moi. La douleur dans mon genou fait danser des étoiles devant mes yeux mais je vois parfaitement la gigantesque créature ailée et écailleuse attraper Max. La tête de Max. Le reste de son corps reste debout un bref moment avant de s’effondrer. Lise hurle et se tait brutalement. Elle a disparu, en un autre éclair. Liam se précipite au sol avec un hoquet. Je sent le sang couler de mon genoux, je demande, les yeux fixés sur le corps sans tête de Max.

- C’est quoi ce bordel ?!

La main d’Eliott, pleine de terre et de morceaux de verre se pose sur ma bouche, me faisant aussitôt taire. Il murmure avec précipitation:

- Tais-toi, tais-toi, tais-toi! Ce n’est ni humain ni animal.