Les mémoires d'un assassin

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Summary

Toute vie vaut la peine d'être vécue. Elle se caractérise par sa particularité, par des bribes uniques qui lui sont propres. Alors, dans cette œuvre, accompagnez un jeune assassin aux portes de la mort, à travers ses souvenirs : ses mémoires.

Genre
Thriller
Author
AKRAMBN
Status
Ongoing
Chapters
18
Rating
4.8 6 reviews
Age Rating
18+

Perspective

On a tous, plus ou moins, un jour dans notre vie où l’on se pose la question : pourquoi est-on né ? Quelle est la valeur effective et véridique de la vitalité humaine ? Moi, j’ai pensé à cette question pendant une grande partie de ma vie, et contrairement aux pseudo-philosophes et aux humanistes, je suis arrivé à une tout autre conclusion : nous vivons dans un monde régi par une loi, une loi imposée par la nature, cette même nature que l’humain tente de bafouer. Si l’Homme, pour garantir sa survie, est prêt à détruire son ancien dominateur, l’écosystème, qui pourtant, par son grand pouvoir, l’a protégé et lui reste indispensable, alors je m’inspire de l’Homme. Celui qui a gravi les échelons de la chaîne alimentaire grâce à son génie, sa force et sa chance.

Malheureusement, je ne suis ni cet étudiant phare qui peut progresser académiquement dans la terrible jungle de la concurrence pour l’emploi, la connaissance et la reconnaissance… ni un hyper chanceux que le trèfle a décidé de gracier. Je ne suis pas croyant, et je n’en ai pas le droit. Je suis tout bonnement celui que les doctrines de toutes les religions repoussent : l’incarnation du péché capital, l’impardonnable, celui de la mort.

Mais même en cette position, je ne me targue pas d’être un ange de la mort, ou encore un Dieu. Je refuse cette idée. Je suis un homme de perspectives, traumatisé par l’Homme, assoiffé d’une haine, cette haine qui sera ma force. Je suis celui que les grands écartent par leurs jugements et critiques, leurs injures et moqueries. Rien que de la dérision, aucune bribe de louange, même pas sous forme d’hypocrisie.

Vous pouvez trouver cela scandaleux, mais si vous vivez heureux, vous êtes également partisans. Car, au fond, le bonheur des uns fait le malheur des autres. L’emploi que tu possèdes est celui qu’un autre homme aurait pu avoir. La maison que tu habites aurait pu servir d’abri à une toute autre personne. Mais si tu la possèdes, c’est par ta chance, par ton travail, par ta labeur.

Ceci est peut-être la dernière page du livre de ma vie, un livre qui aura été plein d’action. Un livre qui m’a permis de me déchaîner, d’être un symbole pour l’humanité. Cette ennemie, celui que l’on écarte d’abord, puis que l’on considère, que l’on traque. Celui qui passe de la petite chose au grand démon. Certains me prennent pour un symbole de révolution, d’autres me maudissent, m’injurient, me damnent… Mais pour moi, leurs vies ne sont que du fantasme, une dose d’essence avec laquelle j’alimente mon plaisir personnel.

En bref, je suis un assassin, un tueur à gages, un chasseur de primes… Pour faire simple, tout ce qui consiste à faire tomber des têtes. Mais ne vous attendez pas à un rôle innocent. Je tue les putes, les vierges, les pédophiles, les violeurs, les amoureux, les pères, les mères, les vieux, les jeunes, les enfants, les fous, les rationnels, les croyants, les athées, les pauvres, les riches… Je ne fais que tuer. Je ne volerai jamais du concrets ; je suis un homme d’éthique. Je ne serai jamais prêt à tout prendre à une famille. Je me limite à voler la vie.

Dans ce récit, chers mortels, permettez-moi de vous confesser mes crimes, de vous les décrire. Je sais que vous n’oserez pas tuer, mais vous restez néanmoins des meurtriers. Alors, par les mots, je vais vous faire ressentir le plaisir de tuer !

Je suis né au siècle de l’arc, du sabre, de l’épée, de la dague, du poignard… Le siècle où les larrons grouillent dans le pays, où le tueur est un métier extrêmement bien rémunéré par les nobles, les rois, les ministres… Dès qu’une tête les encombre, les emmerde, les dérange, ils se laissent aller : quelques sous en échange d’une vie. Par ce moyen, les gens craignent les êtres de haute société comme ils craignent la faucheuse. Mais moi, je vais leur faire comprendre que la mort fauche tout le monde. Pas besoin de se faire d’ennemis. Je ne veux pas que l’on craigne l’élite sociale. Moi, je veux que l’on ait peur de son voisin, de soi-même, de son quotidien. Je veux semer la folie, que les gens deviennent paranoïaques, qu’ils aient peur de se faire déchiqueter par un éventreur fou, un psychopathe qui n’accorde aucun intérêt à leur vie.

Plutôt que de craindre l’élite sociale, autant craindre tout le monde. Celui qui rôde, celui qui vit. Au moment où le doute sera semé, je ferai encore pire. Car moi, je ne suis pas là pour me faire du blé, même si ce sera nécessaire à un moment. Mais l’argent n’est pas ma priorité. Moi, je suis là pour voir le sang couler, les têtes tomber, pour voir la panique et le désespoir dans les yeux de ces vantards. Je ne crains ni le bagne, ni le pénitencier, ni la condamnation. Je ne suis pas là pour avoir peur, je suis là pour faire régner la terreur.

La loi du plus fort, celle que la nature a toujours imposée, celle que l’Homme ne considère plus. Mais il n’aura plus à la prendre en compte une fois dans la tombe.

Alors, en cette œuvre funèbre, priez pour l’âme des défunts, pour que les flammes des enfers soient tendres à leur égard.

Ne me jugez pas, je vous en prie. Ce ne sont que quelques pulsions meurtrières, qui constituent une idée que je défends, tout comme tu défends ta réalité.