Le commencement
Hognestad, Norvège 1000 ans plus tôt
Cela fait des semaines qu’il est plongé dans les reliques des sorciers. Des jours à chercher la solution à ses ambitions trop élevées et qui arrivaient à leurs limites. L’épuisement commence à se faire sentir.
Il jette le parchemin sur la table qui s’enroule aussitôt pour reprendre sa forme initiale. Le vieil oracle lui a raconté des balivernes ! Il ne pourra jamais obtenir ce qu’il pense lui revenir de droit. Si l’oracle disait vrai d’ici la fin de l’année, il siégera sur le nouveau trône. D’ici la fin de l’année, il aura le monde à ses pieds. Quelle idiotie d’y avoir cru. Ce vieux débris s’est manifestement moqué de lui pour sans aucun doute l’éloigner de ses manigances.
Il frotte machinalement son visage, bascule contre le dossier de son fauteuil. Un craquement sinistre résonne dans la grande salle des parchemins. Il se lève et parcourt une dernière fois les rangées de grimoires, de parchemins aussi vieux que le monde. Il les a tous lu, sans qu’aucun ne lui soit utilite. À part de nombreuses recettes de décoctions pour soigner les maladies et des livres de sorts, rien d’autre ne lui a semblé sortir de l’ordinaire. Agacé, il donne un violent coup de pied dans l’une des étagères en bois. Un long tremblement fait craquer le meuble avant qu’un claquement sec retentit. L’étagère s’avance de quelques centimètres vers lui charriant une odeur de renfermé plus forte que celle de tous ces parchemins.
Voilà qui sort de l’ordinaire. Il tire sur le meuble qui s’ouvre en grand sur un passage encombré de toiles d’araignée et d’humidité fétide. Il jette un oeil à l’intérieur mais il fait aussi noir qu’une nuit sans lune. Il attrape une des bougies qui alimentent la pièce en lumière et entreprend de visiter sa découverte.
Un courant d’air apporte avec lui l’odeur putride de la décomposition dans un gémissement lugubre. La flamme de sa bougie vacille brutalement puis s’immobilise quand il la protège de sa main. Il longe un petit couloir qui le mène à une toute petite salle. Chacun de ses murs sont recouverts d’étagères encombrées de fioles, comme autant d’amphores et de marmites de toutes tailles. L’odeur est plus prenante, si bien qu’il lui est plus difficile de respirer. Il remarque alors sur un pupitre, scellé par une chaîne, un coffre ouvragé avec soin et décoré d’or et d’argent.
L’homme sourit devant sa découverte, le cœur battant à tout rompre. Il se précipite vers le pupitre sur lequel il dépose sa bougie. Il examine avec attention le coffre, soupèse la chaîne qui lui brûle les mains. Il grogne, jure avant de comprendre qu’elle aussi est faite d’argent. Récupérer sa trouvaille va lui poser quelques problèmes. Il fouille le moindre recoin de la pièce et trouve un candélabre en bronze. Il s’en empare et s’active à faire sauter le cadenas qui retient prisonnier le coffre de son entrave. Au bout de plusieurs reprises, le cadenas cède et tombe dans un bruit sourd sur le sol rocheux.
Excité par le moment, il s’empresse de soulever le couvercle avec les manches de sa tunique. À l’intérieur, un livret repose dans un linceul presque transparent brodé de fils d’or et d’argent. Il repousse avec précaution le tissu et lit :
“ Manifeste de sélection et sort de contrôle”.
Un sourire étire ses lèvres. Finalement l’oracle ne sera pas décapité.








