Les héritiers de la fin Zéro

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Summary

Avant les dieux, il y eut un vœu. Et ce vœu brisé engendra la fin. Au commencement, Elowen, dernière des déesses, voulut un enfant. Les cieux la refusèrent — et dans son désespoir, elle ouvrit la première Faille. De cette plaie cosmique naquirent deux lignées : les Devas, tisseurs de lumière, et les Asuras, enfants de la faim. Mais dans les profondeurs du Néant, quelque chose d’autre s’éveilla. Une entité née du refus même des dieux. Son nom : Ashura. L’Héritière de la Fin. Des millénaires plus tard, dans un village rongé par la stérilité, une femme nommée Lirael Tsukuyomi scelle un pacte interdit pour donner la vie. Son enfant, Noora, semble être une lueur d’espoir… Mais sous cette lumière dort une apocalypse prête à hurler. 🌘 Un récit mythologique d’une beauté tragique — entre amour, perte et apocalypse. Plonge dans la genèse d’un monde où chaque lumière naît d’un manque, et où la fin n’est peut-être que le début.

Genre
Fantasy
Author
ALFA
Status
Complete
Chapters
17
Rating
5.0 1 review
Age Rating
13+

PROLOGUE — La Faille Primordiale

Avant que les étoiles ne s’allument, avant même que le temps n’ose respirer, il n’y avait que le Tourbillon — un océan sans rivages, vaste et muet, où les possibles s’entrechoquaient comme des serpents affolés, leurs écailles frémissant d’un chuintement humide et vorace. Pas de haut, pas de bas. Juste un murmure — un appel à l’existence, tissé de soie déchirée, que personne encore n’avait osé répondre.

Et puis, dans le silence, les premiers souffles prirent forme : des consciences pures, ni anges ni dieux, fluides comme une brume primordiale. On les nomma plus tard les Éthérés. Ils tissaient la lumière et le silence, gardiens du fragile équilibre entre le rêve et le vide, leurs voix un chœur de fils d’argent suspendus au bord du néant.

Mais parmi eux, Elowen, la Tisseuse des Songes, osa un vœu que nul n’avait encore formulé : celui de la chair. Imaginez-la : fluide comme une brume affamée, sa peau pâle traversée de veines luisantes, ses yeux deux lacs d’étoiles naissantes, déjà creusés par ce vide qu’elle osait nommer. Elle supplia les cieux pour un enfant. Un seul. Pas pour régner, mais pour combler ce creux qui la rongeait, un battement à tenir contre son cœur de lumière.

Mais le monde refusa. Et dans ce refus… quelque chose se brisa. Le tissu de la réalité, tendu comme une peau de tambour cosmique, se tendit jusqu’au craquement — puis céda, saignant des veines d’ombre dans un hurlement muet.

Ce fut la première Faille. Une déchirure invisible, née d’un vœu qu’aucune loi n’avait voulu exaucer. Un cri qui traversa les Éthérés non comme une lame, mais comme un deuil primal, les coupant en deux : frères contre frères, lumière contre faim. Ceux qui choisirent l’ordre et la clarté prirent le nom de Devas — gardiens du haut, tisseurs d’étoiles ordonnées. Ceux qui écoutèrent l’appel du manque devinrent Asuras — enfants du désir et de la faim, murmures affamés dans l’abîme. Deux visages d’un même chant. Deux héritages d’un seul refus.

Mais aucun ne fut comme elle. Pas encore.

Des millénaires plus tard, dans les brumes d’une vallée oubliée, une femme humaine nommée Lirael murmura la même prière qu’Elowen. Sous un if ancestral, elle offrit son ombre au Néant pour sentir un jour la vie bouger en elle — un pacte scellé dans la boue et les larmes. Le vent frissonna, chargé d’un froid ancien. La Faille, encore ouverte au cœur du monde comme une plaie qui palpite, entendit. Et dans son ventre, une graine de fin s’éveilla : un éclat d’Elowen, une réponse tardive à un vœu interdit, battant comme un cœur volé.

On dit que cette graine portait un nom banni des lèvres divines. Un nom que le Néant seul ose murmurer dans ses abysses — un battement affamé, prêt à réveiller les étoiles : Ashura.