Proélefsi [Premier Jet]

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Summary

Fenrir est le protecteur de l’équilibre des mondes. Il voyage de galaxie en galaxie afin de s’assurer que tout est en ordre quand il tombe sur Hécate, celle pour qui son cœur vacille. Pour la première fois en un milliard d'années d’existence, il laisse son poste le temps d'une nuit, sans se douter que cela mènera à sa perte. Va-t-il se relever de cette trahison, ou est-ce là la fin de son règne ?

Genre
Fantasy
Author
Novaephyr
Status
Complete
Chapters
3
Rating
5.0 1 review
Age Rating
16+

Avènement d'un amour

Moi, Novaephyr, immortelle, voyageuse des mondes et conteuse des mémoires, écrit aujourd’hui l’histoire d’un être que vous connaissez sans aucun doute. Dans ce récit, tous les faits et noms des personnes ont été conservés. Ce roman est basé sur les souvenirs que m’a — plus ou moins — volontairement transmis ce dieu afin de vous permettre de plonger au plus près des évènements.

Voici l’histoire de Fenrir.


Mes griffes s’enfoncèrent dans les étoiles qui formaient la Voie lactée tandis que j’examinais la Terre dans son ensemble. Mis à part les guerres que les conflits humains engageaient les uns avec les autres, tout était normal.

Rien à signaler.

Ces créatures avaient une fâcheuse tendance à déclencher une guerre pour un rien, mais c’était dans leur nature, je n’avais donc pas à intervenir.

Ainsi était l’équilibre de la Terre.

Je poursuivis ma course effrénée et sautai dans une autre dimension.

Epim.

Un des nombreux monde parallèle de cette planète.

Encore une fois peuplé d’humain, ce monde-là parvenait pourtant à garder une paix plus stable ces derniers temps. Un homme tout particulièrement sage était à la tête d’une coalition entre plusieurs régions d’un pays et sa capacité rare de médiation étouffait les conflits avant même qu’ils ne naissent.

Peut-être que la magie qui était tombée sur ce monde sous la forme d’un astéroïde il y a une soixantaine de millions d’années y jouait là-dedans.

Rien à signaler.

Je bondis une nouvelle fois. Passant dans une autre dimension de cet univers.

Cette planète faisait partie des rares à posséder la vie, et ce, dans chacune des dimensions que je devais enchainer, sans jamais m’arrêter.

Je devais m’assurer que l’équilibre soit maintenu dans chacune d’entre elles. Et quand ce n’était pas ce globe, c’était un des mille autres de l’univers qui portait la vie en son sein.

Je poursuivis ma mission, à la recherche de la moindre anomalie qui nécessiterait une intervention. Par exemple ces dinosaures qui prenaient trop de place sur cette planète. Dans chacune des version, j’avais dû envoyer une météorite pour calmer leur apogée qui asphyxiait la boule ronde. Certes, j’avais mis fin à ces créatures que ces mondes aient connues, mais autrement, elles se seraient éteintes.

Dans certaines versions, tous les dinosaures sont morts, dans d’autres, il en reste. Ces survivants ont muté, se rangeant dans les volcans et les failles pour calmer les êtres vivants quand ces derniers prenaient trop le monopole de la planète comme dans ce monde-là.

Dans d’autres, celui où je bondis en était un exemple, les dinosaures survivants avaient désormais six membres contre quatre précédemment. Formant ainsi des êtres reptiliens volants à quatre pattes, ou d’autres rampants avec six pattes.

Mes babines se retroussèrent en un sourire tandis que j’admirais les évolutions que ces dinosaures avaient prises d’une dimension à l’autre.

Comme quoi, la vie avait un don pour être imprévisible.

Cette fois, je vidais mon esprit, me préparant ainsi à réaliser un bond aléatoire. J’atterris sur les étoiles dans une autre galaxie tandis que j’étudiais une nouvelle planète. Des extra-terrestres diraient les terriens. Des êtres vivants, tout simplement. Ici, ils vivaient principalement dans l’eau et en étaient encore qu’à leur premier stade d’évolution. Cela ne faisait que très peu de temps depuis leur apparition. Je notais dans ma tête sa position et m’amusai devant chaque naissance.

La beauté de la simplicité.

La création d’une nouvelle forme de vie, c’était toujours un jour de fête. C’était l’une des raisons pour laquelle j’aimais mon travail.

Chacune des versions de cette planète en était encore à ses débuts.

Toute.

Sauf la dernière.

Mon front se fronça tandis qu’une forme absorbait les autres sans s’arrêter. Certes, la sélection naturelle était nécessaire, mais si elle continuait à ce rythme, il n’y aurait plus qu’elle d’ici à quelques jours. J’enregistrais les coordonnées stellaires et poursuivis ma patrouille.

Je reviendrai demain voir ce qu’il en est. Il était encore trop tôt pour prendre une décision.

— Tu pourrais prendre une pause Fenrir, souffla une voix mielleuse.

Je m’étirais après un énième saut et me tournais vers la jeune déesse, accoudée sur une planète naine, elle me toisait. Je levai les yeux aux étoiles.

— Hécate, soupirai-je.

Elle fit la moue et se pencha vers moi avant de poser son index long et fin sur mon museau.

— Voyons Fenrir, ne soit pas si surpris de me voir. Tu voyages sur mes étoiles après tout, pesta-t-elle.

Mes yeux louchèrent sur son doigt un instant. Peu étaient ceux qui osaient me toucher. Après tout, j’étais censé être l’avènement de la fin de l’univers.

Une catastrophe.

Un monstre.

Je lui fis un geste de ma tête, l’invitant ainsi à me suivre.

— Bien, je t’autorise à m’accompagner, pour cette fois, dis-je avec détachement.

Malgré l’air que je pouvais donner, je me battais de toutes mes forces pour ne pas laisser ma queue fouetter le vide de l’espace. Je m’accordais un instant d’inattention tandis que je me laissais perdre dans sa beauté éthérée. Ses longs cheveux noirs tombaient jusqu’à ses genoux. Des étoiles brillaient sur chacun d’entre eux, la rendant d’autant plus irréelle. Une longue robe blanche couvrait ses formes et ses bras avec délicatesse. Ses iris ambrés se posèrent dans les miens et je détournai le regard.

Elle avait remarqué, c’était une évidence.

Que je la dévorais des yeux.

Le loup de la destruction que j’étais ne pouvait que l’observer de loin. L’admirer. L’aimer.

Mon cœur rata un battement quand elle posa sa main sur ma fourrure.

— Elle est si douce, susurra-t-elle.

Hécate approcha ses doux traits de ma tête et elle posa sa joue contre la mienne, caressant désormais mes oreilles.

— Surtout là, rit-elle avec douceur.

Une mélodie astrale à mes oreilles.

Un chef-d’œuvre.

Elle recula un instant et toucha une nouvelle fois le bout de mon museau.

— Tu sais, ta couleur, elle me fait toujours penser à l’obscurité que je m’efforce de peindre. Il serait peut-être temps que je rajoute des étoiles à ta vie, chantonna-t-elle en s’éloignant sur la pointe des pieds, ses mains désormais entremêlées dans son dos. Une posture de vulnérabilité.

Je découvris des joues cramoisies et des yeux embués par le doute.

Et je compris. Je me figeai.

La déesse Hécate venait de faire une confession au loup du chaos que j’étais.

Elle venait de se confesser.

À moi.

Moi.

— Jolie proposition, Hécate, murmurai-je en reprenant ma marche. Je ne la mérite pas, déclarai-je.

Un être comme moi ne pouvait pas accaparer un tel havre de paix.

Un rire enchanteur s’échappa de ses cordes vocales. Et je me détendis, ce n’était encore qu’une de ses farces. Mon esprit cessa de perdre la raison et je soufflais.

Une main s’agrippa à ma croupe et elle sauta sur mon dos, allongeant son buste le long de mon dos. Je ne pus retenir les frissons qui parcoururent mon corps.

— Hécate, soufflai-je agacé.

— Fenrir répéta-t-elle, me copiant ouvertement.

— Que crois-tu faire ? demandai-je en tournant ma tête vers elle.

La jeune déesse caressa le bout de mon museau puis le poussa.

— Tu m’as dit que je pouvais t’accompagner cette fois, maugréa-t-elle en enfonçant encore plus son visage dans ma fourrure.

Je lâchai un soupir.

Je pouvais au moins lui accorder un dernier moment avant qu’elle ne s’enfuie à jamais. Avec les dieux, nous ne pouvions jamais savoir quand était la dernière fois que nous les verrons.

Je roulai des yeux et repris ma marche, jetant un dernier regard au monde. Puis j’accélérais la cadence. Ma fourrure se hérissa de délice sous son emprise croissante et je bondis vers une autre galaxie.

Nous observions les mondes, partions à la découverte de l’univers. Ses yeux brillaient dans une teinte que je ne lui avais encore jamais vue, face aux créatures qui naissaient et mouraient devant elle.

Je lui contais leur histoire, n’omettant aucun détails. Et elle m’écoutait d’une attention sans faille.

Mon cœur ne se calma pas un seul instant, dévorant chacune de mes émotions tandis qu’elle resserrait son emprise sur mon âme.

Elle devait se douter, de ce qu’elle faisait. Chaque moment nourrissait l’amour qui avait grandi pour elle depuis que j’avais commencé à patrouiller, à veiller sur la vie. Mais peu importe, tant que j’étais avec elle, c’était tout ce qui comptait. Même si c’était seulement le temps d’une balade.

Sa respiration s’était stabilisée dans mon cou et son cœur battait plus lentement.

Hécate s’était endormie sur mon dos. Elle n’en perd pas une.

Je sautais une nouvelle fois. Mais cette fois, la destination n’était pas l’univers, mais une colline du panthéon. Un lieu hors de l’espace et du temps sur Terre.

Chez elle.

Je montai les marches, veillant à ce qu’elle ne tombe pas, longeai les murs en reniflant l’air à la recherche de sa chambre. Et je la trouvai. Là où son odeur était la plus forte.

J’ouvris la porte et une fois à côté du lit, je me penchai, la laissant tomber en douceur sur ses draps de soie. Elle marmonna, et je ne pus contenir un sourire.

Il était néanmoins temps pour moi de retourner travailler.

Sa main attrapa ma queue et je la découvris assise sur le lit, une robe de nuit désormais tissée parfaitement sur ses courbes.

— Reste, s’il te plait, me demanda-t-elle.

— Je dois travailler Hécate, m’excusai-je.

Elle resserra son étreinte, à présent accrochée à mon poitrail.

— Je t’en prie, supplia-t-elle.

Mon cœur rata un battement. Je pouvais bien céder à un de ses caprices. Une nuit n’allait pas mener l’univers à sa perte.

À l’instant où j’acceptais, l’odeur de la magie gagna l’air et la fraicheur de la nuit fit trembler mes membres. Je découvris avec stupeur que mes poils avaient disparu, que je me tenais sur des jambes, que j’étais humain.

— Qu’est-ce …

Je n’eus pas le temps de terminer ma phrase qu’elle posa ses douces lèvres sur les miennes. Ma colère céda instantanément au désir tandis qu’elle pressa son corps contre le mien, nu.

Un grognement fit vibrer ma cage thoracique et je la soulevai pour la jeter sur le lit. Ses yeux emplis de luxure et son odeur alléchante accentua mon excitation.

— Je te veux, ronronna-t-elle.

Elle m’attira vers elle en m’offrant son cou et je cédai. Je l’emprisonnais de mes bras, goutant à chacune des parties de son corps salé, ancrant son gout et son odeur dans ma mémoire. Mon nez s’enfonça entre ses cuisse et je goutais à la source du bonheur.

Son corps s’arqua et je la maintins fermement avec mes bras afin de savourer chaque goutte que son corps d’amour pouvait m’offrir. Maintenant qu’elle était à moi, il était hors de question que je la laisse s’enfuir. D’autant plus après avoir reçu sa bénédiction. Après avoir goûté un délice pareil, jamais plus je ne pourrai m’en passer.

Je me délectais des doux sons que mes actions produisaient en elle. La symphonie qu’elle créait noyait mes doutes quant à elle. J’avais mépris sa sincérité pour des moqueries.

Son goût s’accentua sur ma langue et ses tremblement accentuèrent mon excitation. La déesse me tira vers elle et je dévorai une nouvelle fois ses lèvres avec passion.

Ses jambes réclamant plus s’enroulèrent autour de mes hanches et j’arrachais sa robe, découvrant enfin le corps de ma bien-aimée.

Plus beau encore que je ne l’avais imaginé.

Mon cœur hésita tandis qu’elle resserra ses cuisses une nouvelle fois autour de moi. Et je cédai, lui faisant lâcher un cri de luxure qui fendit l’air.

Notre amour créa une harmonie et le grincement du lit s’ajouta à notre mélodie afin de créer la musique de notre union.

Toutes ces émotions, cet amour, ce désir, ces doutes et ses peurs s’entrelacèrent et s’accordèrent. Je n’avais plus aucun doute à avoir sur ses intentions, son corps, grâce à sa danse, me le racontait. Ses gémissements me le contaient. Sa langue me le chantait.

Et notre amour explosa en cette douce nuit d’été.