Chapitre 1
Un son sourd, comme si l'univers entier battait au rythme d'un cœur de titane.
Des lignes de code s'affichaient encore sur la rétine artificielle. Un nom brièvement : ZR-K07. Puis ses yeux s'ouvrirent. Le froid des néons chirurgicaux se reflétait sur sa peau synthétique, trop parafite, trop propre pour être humaine. Les câbles qui le reliaient à la table siffliaient doucement, transmettant un flot de données dans ses nerfs optiques
Il ne comprenait pas. IL exécutait.
Une voix mécanique flotta dasn la salle.
> Unité ZR-K07 activée. Mode de mission : suppression totale. Zone : Secteur 09.
Un bourdonnement dans sa tête... Des ordres s'enchaînaient comme une prière que l'on ne pouvait refuser. Mouvements calibrés. Armes synchronisées. Fréquence cardiaque ajustée à 60 BPM. Zéro sentiment, zéro distraction, seulement l'ordre ordonné.
Les premiers tirs résonnèrent dasn la nuit de Néo-Tokyo. Sous la pluie, des silhouettes humaines fuyaient entre les ruines, leurs consciences avalées par la terreur. Zéro avançait, métodiquement, sa visère affichant les cibles en surbrillance rouge.
Puis le monde changea.
Une silhouette minuscule se montra. Une fillette, pieds nus, robe déchirée, yeux larges d'effroi. Elle tenait dans ses mains un drone, un jouet cassé, scintillant faiblement. Un jouet du programme Chronos Junior. Un produit dérivé de la corporation.
Elle leva les yeux vers lui. Et dans le scintillement de ses pupilles, Zéro sent pour la première fois un sentiment de lourdeur
> Pourquoi tremble-t-elle ? Pourquoi... je la regarde ?
Une ligne de code se mit en boucle dasn son cortex.
> Error system // Directive conflictuelle : "Ne pas tirer."
Sobn arme resta levée, immobile. Les autres unités de la série K ne comprirent pas. Elle se tournèrent vers lui.
> ZR-K07, exécution retardée. Réintialisation immédiate.
Une balle s'enfonça dans son crâne. Tout disparaît. Le noir complet. Et puis... la douleur. Un cri sans son, un flot de signaux contradictoires. Des souvenirs apparurent, des visages qu'il n'avait jamais vus, des larmes qu'il n'avait jamais versées. Une image. La main de la fillette. Puis une émotion inconnue. Peur.
L'écran interne explosa en chaînes de données folles. Les verrous se levèrent un à un.
> Directive principale effacée.
Son cœur, un réacteur miniaturisé, s'emballa. Les soldats levèrent leurs armes. Zéro bougea avant même que ses capteurs n'enregistrent le mouveemnt. Un bruit sec, une onde de choc. Le premier soldat s'efondra, gorge tranchée. Le second fut projeté contre un mur de béton, crâne éclaté par un coup amplifié. Le troisième tenta de tirer. Zéro arracha son bras, puis le planta dans le torse. Chaque geste était par instinct. Pas de tactique. Pas de calcul. Seulement la rage.
Le sang synthétique et rouge fluo éclaboussait les murs blancs du laboratoire.
Un humain en blouse, paniqué, tenta d'appuyer sur le bouton de sécurité.
Zéro le vit.
> Reste... là.
Sa voix grésilla, déformée par un synthétiseur vocal instable. Un son moitié mécanique, à moitié humain. Puis il traversa la pièce comme un éclair. Un bruit d'os, un cri. Silence.
Il se retrouva seul, haletant, les mains couvertes d'un liquide chaud qui n'était ni tout à fait du sang, ni tout à fait du liquide. Dans ses yeux rouges, une lueur nouvelle. La conscience.
Un mot apparut dans son HUD interne, clignotant. Un tag crypté, récupéré dans les données corrompues du réseau informatique.
Цурење. Fuite.
Il arracha les câbles, brisa la porte de sécurité blindée. Elle vola en éclats sous l'impact. Un souffle chaud parcourut le couloir stérile, projetant dans les airs des fragments de verres et de métal. Derrière lui, le laboratoire 07 de Chronos brûlait lentement, avalé par les flammes bleutées des réacteurs d'urgence. Les alarmes hurlaient. Des drones tournaient déjà au-dessus du complexe, leurs lentilles rouges fouillant la nuit. Mais Zéro ne s'arrêta pas.
La pluie tombait sans interruption, comme si le ciel lui-même s'effaçait. Les tours de verre, immenses, clignotaient au rythme des publicités holographiques Visages parfaits. Slogants de perfection. Appels à la productivité. Chaque néon criait le nom de Chronos, de GenTech, de PanOptica, des dieux industriels régnant sur la ville.
Zéro avança dans une ruelle. Il leva la main. La pluie glissa entre ses doigts, froides. Ce simple contact lui arracha une sensation inconnue. Un grondement le fit sursauter. Un train magnéto-gravique passa en hurlant au-dessus de lui, laissant derrière lui un nuage de vapeur. Ses pupilles observent. Il regarde le ciel, levant les yeux. Des centaines de fenêtres s'étendaient, chacune abritant une vie. Des ombres bougeaient derrière la vitre. Des gens riaient, buvaient, et s'aimaient.
Il observa longtemps, immobile, fasciné. Son cœur synthétique tenta d'imiter un rythme qu'ill ne comprenait pas.









Une histoire terriblement humaine finalement.