Premier partie : la domination
Chapitre 1 — La Fuite de Gevanie
Dans un monde encore inconnu, le silence régnait sur le palais royal. Soudain, le roi se leva brusquement de son trône d'or. Les lourdes portes de la salle s'ouvrirent dans un grincement sinistre. Plusieurs cavaliers entrèrent, couverts de poussière et de boue. Leurs armures portaient les marques d'un long voyage et leurs regards étaient remplis de honte. Aucun n'osait relever la tête.
Le roi les observa quelques instants avant de parler d'une voix froide :
— Où est-elle ?
Le premier soldat serra les poings.
— Votre Altesse... elle nous a échappé.
Un silence pesant envahit la salle, puis le roi frappa l'accoudoir de son trône.
— Impossible !
Sa voix résonna contre les murs de pierre.
— Comment une vieille femme peut-elle vaincre des hommes armés ?
Le soldat déglutit difficilement.
— Elle n'est pas ordinaire, sire.
Le roi descendit les marches de son trône et s'approcha lentement. Les flammes des bougies vacillaient sous les courants d'air qui traversaient le palais.
— Explique-toi.
Le cavalier inspira profondément.
— Nous l'avons poursuivie jusqu'aux Falaises Noires. Malgré son âge, elle courait comme si le temps n'avait aucun pouvoir sur elle.
— Mais vous étiez à cheval.
— Oui, sire.
— Alors je ne comprends pas comment vous avez pu échouer.
Le soldat baissa davantage la tête.
— Parce qu'elle n'a jamais eu peur de nous.
Le roi s'immobilisa.
— Continue.
— Lorsque nous avons fini par la rattraper, elle s'est arrêtée.
Les autres cavaliers échangèrent des regards nerveux.
— Elle nous observait simplement.
— Et alors ?
— Alors... elle a levé les mains vers le ciel.
La salle entière semblait suspendue à ses paroles.
— Une force invisible nous a frappés. Les chevaux ont été projetés au sol. Certains hommes ont entendu des voix. D'autres ont vu une lumière autour d'elle.
Le roi fronça les sourcils.
— Une lumière ?
— Oui, sire.
Le soldat trembla légèrement.
— Ses yeux brillaient d'un éclat argenté.
Le silence retomba, personne n'osa parler. Même les gardes postés le long des murs semblaient inquiets. Le roi se détourna lentement et marcha vers l'une des grandes fenêtres du palais. Au loin, le soleil disparaissait derrière les plaines sauvages, son regard se perdit vers le sud.
Pendant plusieurs secondes, il resta immobile, puis murmura d'une voix chargée de haine :
— Gevanie...
Ses doigts se refermèrent lentement en un poing.
— Je ne te pardonnerai jamais.
Le vent souffla contre les vitraux du palais. Et quelque part, bien loin du royaume, une vieille femme continuait sa route dans l'obscurité.









c'est du lourd
C'est génial mon frère