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Sauvagement, ton chaos

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Summary

Teagan Ross aime le contrôle. Son travail est organisé. Son agenda est organisé. Sa vie entière repose sur des listes, des objectifs et des plans soigneusement élaborés. Puis il y a Cameron Hayes. L'homme qui transforme chaque réunion en spectacle. Qui ignore les règles avec une aisance irritante. Qui possède un talent presque surnaturel pour bouleverser son équilibre. Depuis sept ans, ils se disputent. Depuis sept ans, ils se provoquent. Depuis sept ans, toute leur entreprise est persuadée qu'ils finiront ensemble. Teagan, elle, refuse catégoriquement cette théorie. Jusqu'au jour où ils sont contraints de travailler en binôme sur le projet le plus important de leur carrière. Alors que les tensions montent, qu'une série de messages anonymes menace leur lancement et que la frontière entre rivalité et attirance devient de plus en plus floue, Teagan découvre quelque chose de profondément inquiétant : Cameron n'est plus seulement le chaos qu'elle tente d'éviter. Il est devenu la seule personne auprès de qui elle se sent réellement en sécurité. Et lorsque l'amitié commence à se transformer en quelque chose de beaucoup plus dangereux, rester professionnelle devient soudainement impossible.

Genre
Romance
Author
Lara Dry
Status
Complete
Chapters
32
Rating
5.0 (1 review)
Age Rating
16+

Un.

TEAGAN.

Mardi 12 mars.

À 8 h 47, Cameron Hayes a réussi à m’énerver, ce qui n’a rien d’un record puisque son meilleur temps doit se situer autour de 8 h 03, un mardi de février, lorsqu’il avait cru bon de modifier une présentation que j’avais terminée la veille sous prétexte que « le message manquait de cohérence avec le produit ». Il avait changé trois mots. Trois malheureux mots qui m’avaient poussée à envisager de l’étrangler avec le câble HDMI de la salle de réunion avant de me rappeler que Bliss possédait des caméras de sécurité. Depuis, je vérifie où elles sont placées.

Ce matin, je me contente de fixer le mail qu’il vient de m’envoyer avec toute la sérénité dont je suis capable. Je ne validerai pas cette version. Le positionnement ne correspond pas au produit et tu le sais. Passe me voir quand tu auras cinq minutes. Cette dernière phrase retient mon attention un peu plus longtemps que les autres. Passe me voir. C’est beau, cette manière qu’il a de formuler ses ordres comme s’il me proposait une promenade digestive au lieu de remettre en question plusieurs heures de travail.

— Il t’a encore écrit ? demande Priya depuis le bureau voisin. Vu ta tête, j’imagine qu’il vient de déclarer la guerre au département marketing.

Je tourne mon écran vers elle. Elle parcourt le message avant de pousser un soupir qui résume assez bien mon état d’esprit.

— Cet homme tient vraiment à mourir jeune. À ce stade, je commence à croire qu’il provoque volontairement sa propre disparition.

— Cameron ne mourra jamais. Les hommes comme lui survivent par pure contrariété et probablement pour avoir le plaisir d’expliquer aux autres qu’ils ne meurent pas correctement.

Priya étouffe un rire tandis que je me lève et que Bliss s’anime autour de nous. Les écrans s’allument, les équipes arrivent et, du côté du service produit, quelqu’un discute de la rigidité d’un prototype avec un sérieux qui ferait croire à une réunion de la NASA.

Après sept ans ici, je ne réagis plus vraiment à ce genre de conversation. Je travaille pour une entreprise qui vend des sextoys, ce qui apprend vite à choisir ses combats, et le mien se trouve derrière une porte vitrée, à vingt mètres de mon bureau.

Je trouve Cameron devant ses écrans, les manches de sa chemise retroussées jusqu’aux avant-bras, une main sous le menton tandis qu’il relit quelque chose avec cette concentration agaçante qui semble faire partie intégrante de sa personnalité. Même à cette heure-là, cet homme trouve le moyen d’être scandaleusement présentable.

Je ne suis pas attirée par Cameron Hayes. Je possède simplement des yeux fonctionnels et assez d’objectivité pour reconnaître une évidence lorsqu’elle se trouve devant moi.

— Je pensais que tu mettrais plus de temps à venir, dit-il en relevant les yeux. Mon mail avait toutes les qualités nécessaires pour provoquer chez toi une longue période de réflexion, suivie d’une réponse passive-agressive soigneusement structurée.

Je croise les bras sans prendre la peine de m’asseoir.

— J’ai surtout réfléchi à la façon la moins visible de t’assassiner. Malheureusement, Bliss a investi dans la vidéosurveillance et je tiens suffisamment à mon emploi pour ne pas tester l’efficacité du système.

Un sourire apparaît sur ses lèvres, et je le déteste parce qu’une partie manifestement défectueuse de mon cerveau ne semble pas partager mon avis.

— Tu pourrais commencer par t’asseoir et écouter ce que j’ai à dire avant de planifier mon meurtre. Ça te permettrait au moins de vérifier si le motif mérite réellement vingt ans de prison.

— Après toutes ces années à travailler avec toi, je peux t’assurer que l’écoute n’a jamais amélioré la situation. Elle prolonge surtout le temps pendant lequel je suis obligée de supporter ton raisonnement.

Il pivote son écran dans ma direction et désigne la partie du texte qui pose problème.

— Tu présentes Nova comme une évolution du Pulse alors que les deux produits ne répondent pas à la même attente. Pulse mise sur la puissance, Nova sur la précision. Si on mélange les deux dans la campagne, on crée une promesse que le produit ne pourra pas tenir et on donne aux utilisateurs une mauvaise idée de ce qu’ils achètent.

Je me penche pour relire le passage concerné et sens mon irritation changer de nature. Le problème avec Cameron n’est pas qu’il trouve toujours quelque chose à redire. Le véritable problème, beaucoup plus difficile à accepter, c’est qu’il lui arrive d’avoir raison, et je préférerais probablement avaler l’un de nos catalogues plutôt que de le lui annoncer assez clairement pour qu’il puisse s’en vanter jusqu’à la fin de la semaine.

— On peut modifier le paragraphe sans refaire toute la campagne. Je revois l’accroche, on sépare mieux les deux positionnements et personne n’a besoin de sacrifier quatre jours de travail parce que trois phrases te donnent des démangeaisons.

— C’est exactement ce que je te demande. Je n’ai jamais parlé de refaire toute la campagne, seulement de corriger ce qui brouille le positionnement avant que le problème se retrouve partout.

Je relève les yeux vers lui, beaucoup moins disposée à reconnaître que nous venons presque de tomber d’accord.

— Non. Ce que tu m’as demandé, c’est de venir te voir parce que tu refuses de valider la version. C’est différent et beaucoup plus agaçant, notamment parce que ton mail donnait l’impression que j’avais soudain oublié comment faire mon travail.

Il s’adosse à son fauteuil avec le calme d’un homme qui sait parfaitement qu’il vient de gagner une partie de la discussion et qui possède, par miracle, assez d’instinct de survie pour ne pas le signaler.

— Si j’avais détaillé tout ça par mail, tu m’aurais répondu avec quatre paragraphes pour m’expliquer pourquoi ton équipe avait raison, trois exemples de campagnes précédentes et probablement une étude de marché destinée à m’humilier.

— Mon équipe a souvent raison, ce qui explique pourquoi je dispose généralement de beaucoup d’arguments lorsque quelqu’un décide de remettre son travail en question à huit heures quarante-sept.

— Ton équipe a surtout appris qu’il était plus simple de te laisser gagner que de perdre une heure à découvrir jusqu’où tu es prête à aller pour avoir le dernier mot.

Je pose une main sur son bureau et le regarde avec toute la menace professionnelle que je peux raisonnablement faire passer avant neuf heures du matin.

— Fais attention, Hayes. Avec un peu moins de mauvaise foi, ça pourrait presque ressembler à une attaque personnelle, et j’aimerais au moins être prévenue avant que nous abandonnions toute prétention au professionnalisme.

— Je pensais qu’on avait dépassé le stade où il fallait signaler les attaques personnelles. Après sept ans, je considère qu’elles font partie intégrante de notre méthode de collaboration.

Je retiens le sourire qui menace de m’échapper parce que ça aussi, je refuse de le lui offrir. Travailler aussi longtemps avec Cameron m’a appris beaucoup trop de choses sur lui : il boit son café sans sucre, déteste les réunions après dix-sept heures et change de femme avec une régularité qui force presque le respect.

Blondes, brunes, rousses, elles sont toutes magnifiques, élancées et impeccablement apprêtées, le genre de femmes qui semblent avoir été choisies dans le même catalogue et dont je ne prends plus la peine de retenir le prénom. Pas par jalousie, évidemment. Par souci d’efficacité.

Je sais que je suis jolie, ce n’est pas la question, tout comme je sais que je ne ressemble pas aux femmes que Cameron ramène chez lui. Après des années d’indifférence constante de sa part, je pense pouvoir affirmer sans prendre beaucoup de risques que je ne suis pas son genre. Ce qui est idéal, parce que ça m’évite de réfléchir au fait qu’il pourrait être le mien.

— Ross ? Je ne voudrais pas t’interrompre dans cette passionnante conversation intérieure, mais tu me regardes sans répondre depuis assez longtemps pour que ça devienne inquiétant.

Je cligne des yeux et ramène aussitôt mon attention dans son bureau.

— Qu’est-ce que tu veux ? Je t’écoute depuis cinq minutes, j’ai bien le droit de m’accorder quelques secondes de récupération mentale.

— Tu étais partie quelque part et, vu ton expression, ce n’était visiblement pas un endroit particulièrement agréable.

— Je réfléchissais à quelque chose qui n’avait rien à voir avec toi, ce qui devrait déjà suffire à rassurer ton ego.

— Vu la concentration que ça semblait te demander, j’espère que le sujet en valait la peine. Ça avait l’air presque douloureux.

Je récupère mon dossier avant qu’il ne décide de pousser l’interrogatoire plus loin.

— J’essayais d’imaginer ce que ta vie deviendrait si tu développais une personnalité agréable. L’exercice demande beaucoup plus d’imagination que je ne le pensais.

— Et tu es arrivée à une conclusion ou tu as abandonné avant d’atteindre les limites du possible ?

— J’ai conclu que ça relevait de la science-fiction et que même Bliss ne disposait probablement pas du budget nécessaire pour financer un prototype crédible.

Un rire lui échappe tandis que je serre le dossier contre moi, satisfaite d’avoir retrouvé un terrain beaucoup moins dangereux que celui sur lequel mes pensées venaient de m’entraîner.

— Je modifie le texte. Et toi, la prochaine fois, essaie d’écrire un mail qui ne ressemble pas à une convocation disciplinaire envoyée par quelqu’un qui vient de découvrir une faute grave dans mon dossier.

— Je peux essayer, mais je ne veux pas te donner de faux espoirs. La diplomatie n’a jamais fait partie des compétences pour lesquelles on me paie.

— Quelle délicatesse. Tes conquêtes doivent être bouleversées de découvrir que derrière cette charmante personnalité se cache un homme encore moins romantique qu’il n’en a l’air.

Son sourcil se relève et je comprends, une demi-seconde trop tard, que j’aurais mieux fait de garder cette réflexion pour moi. La petite alarme qui se déclenche dans mon cerveau arrive avec un retard regrettable, accompagnée d’un merde silencieux qui ne m’aidera absolument pas à récupérer ce que je viens de dire.

— Tu t’intéresses à mes conquêtes, Ross ? Voilà une information que je ne pensais pas obtenir un mardi matin avant neuf heures.

— Toute l’entreprise s’y intéresse malgré elle. On ne sait jamais s’il faut apprendre les prénoms, faire l’effort de les retenir ou attendre la semaine suivante pour éviter de surcharger inutilement notre mémoire.

Son sourire s’élargit d’une façon qui ne me plaît pas du tout.

— Tu les comptes vraiment ? Parce que pour quelqu’un qui prétend ne pas s’y intéresser, tu sembles disposer de statistiques étonnamment précises.

— Je ne les compte absolument pas. Je travaille seulement dans le même immeuble que toi depuis sept ans et certaines tendances deviennent difficiles à ignorer.

— Tu viens pourtant d’établir une fréquence assez claire. Je commence à me demander depuis combien de temps tu constitues ce dossier.

— J’aime les données fiables, surtout lorsqu’elles permettent d’identifier des schémas répétitifs sans fournir le moindre effort.

— Je vois surtout que tu accordes beaucoup plus d’attention à ma vie privée que tu ne sembles prête à l’admettre.

Son téléphone vibre au même moment que le mien, coupant heureusement cette conversation avant qu’elle ne prenne une direction que je n’ai aucune envie d’analyser à huit heures passées. Une invitation vient d’apparaître sur mon écran : Réunion — 9 h 15. Salle Atlas. Participants : Cameron Hayes. Teagan Ross.

Je relève les yeux vers lui et découvre qu’il consulte déjà la même notification.

— Si tu as porté plainte auprès des ressources humaines, dit-il en attrapant sa tablette, je tiens à préciser que je n’ai encore rien fait aujourd’hui qui puisse justifier un licenciement. Je préfère que ce détail figure officiellement au dossier.

— Il est neuf heures. Laisse-toi un peu de temps avant de faire des déclarations aussi ambitieuses, tu pourrais encore dépasser toutes mes attentes.

Quelques minutes plus tard, Judith nous attend dans la salle Atlas avec deux dossiers identiques posés devant elle, ce qui suffit à éveiller ma méfiance. Je n’aime déjà pas la disposition des lieux, encore moins son expression, et les deux chemises parfaitement alignées devant les sièges ne font rien pour améliorer mon intuition.

— Bliss travaille depuis dix-huit mois sur un projet confidentiel qui doit devenir notre lancement principal de l’année prochaine. Jusqu’à maintenant, seules les équipes directement impliquées dans le développement ont eu accès à l’ensemble des informations.

J’ouvre le dossier placé devant moi et découvre un seul mot imprimé en grandes lettres sur la première page : EROS. Les informations qui suivent sont beaucoup plus explicites. Nouvelle technologie, expérience connectée, produit conçu pour être utilisé à deux et déploiement international.

— Le développement entre dans sa dernière phase, poursuit Judith. Nous avons besoin d’une direction commune entre innovation et marketing, avec une seule stratégie dès maintenant jusqu’au lancement. C’est pour cette raison que j’ai choisi de vous confier le projet à tous les deux.

Je relève la tête, certaine d’avoir parfaitement entendu et tout aussi certaine de ne pas aimer la formulation.

— Quand tu dis « vous », j’espère que tu veux dire qu’il s’occupe de sa partie, que je m’occupe de la mienne et qu’on se retrouve une fois par semaine dans une salle suffisamment grande pour maintenir une distance de sécurité raisonnable. Je suis tout à fait disposée à faire cet effort pour le bien de Bliss.

Cameron referme son dossier avant de se tourner vers Judith.

— Pour une fois, je trouve sa proposition parfaitement raisonnable. J’irais même jusqu’à dire qu’elle démontre une maturité professionnelle que nous devrions encourager.

Je tourne la tête vers Judith avec le sérieux que mérite un événement aussi rare.

— Profite bien de cet instant. Cameron vient d’être d’accord avec moi sans qu’aucun de nous soit menacé physiquement, ça ne se reproduira sans doute pas avant plusieurs années.

Elle croise les mains devant elle, bien trop calme pour quelqu’un qui semble sur le point de ruiner les six prochains mois de mon existence.

— Je ne veux justement plus que vos équipes travaillent séparément. Vous allez diriger Eros ensemble, depuis la stratégie jusqu’au lancement, et toutes les décisions importantes devront être prises à deux.

Je regarde Cameron. Il me regarde à son tour et, pour une fois, son expression correspond tellement à la mienne que je pourrais presque éprouver de la solidarité envers lui. Presque.

— Tu connais notre historique, donc je suppose qu’il existe une deuxième partie à cette phrase qui rend la première moins inquiétante. Quelque chose comme une cloison, des horaires alternés ou une interdiction de nous retrouver seuls dans la même pièce.

— Il y en a bien une, mais elle ne va certainement pas te plaire davantage. En réalité, je pense qu’elle risque même d’aggraver assez considérablement ton opinion sur cette réunion.

Évidemment qu’il existe une deuxième partie, et évidemment qu’elle est pire. À ce stade, il aurait été étonnant que Judith nous annonce simplement que nous devrons participer à quelques réunions supplémentaires et échanger davantage de mails.

— Le bureau 4B vous est réservé à partir de cet après-midi. Vous y travaillerez tous les deux jusqu’au lancement, avec vos équipes respectives qui continueront à vous rejoindre selon les besoins.

Je reste immobile quelques secondes, persuadée que mon cerveau a refusé de traiter l’information. Lorsqu’il accepte enfin de coopérer, le résultat ne rend pas la situation plus acceptable.

— Excuse-moi, mais j’aimerais vérifier que j’ai bien compris avant de considérer une démission spectaculaire. Tu veux réellement nous enfermer tous les deux dans le même bureau pendant plusieurs mois ?

Cameron se tourne à son tour vers Judith, et l’entendre soutenir ma position pour la deuxième fois en moins de cinq minutes devrait suffire à prouver que la situation est grave.

— Je partage malheureusement ses inquiétudes. Il doit exister quelque part dans notre règlement intérieur une clause qui interdit de créer volontairement un environnement de travail hostile et de placer ensuite deux salariés à l’intérieur.

— Vous êtes tous les deux l’environnement de travail hostile. Le bureau, lui, n’a encore rien fait pour mériter cette accusation.

Je pince les lèvres pendant que Cameron baisse la tête pour dissimuler son sourire. Je pourrais lui reprocher de trouver ça drôle si je n’étais pas moi-même dangereusement proche de rire.

— Vous êtes aussi excellents dans vos domaines respectifs, poursuit Judith sans nous laisser le temps de protester davantage. Vos meilleurs projets sont ceux sur lesquels vous avez collaboré, même lorsque vous avez passé la moitié du temps à vous contredire. Alors vous allez apprendre à survivre dans vingt mètres carrés sans déclencher d’incident diplomatique ni traumatiser vos équipes.

— Combien de temps exactement sommes-nous censés participer à cette expérience sociale particulièrement douteuse ? demandé-je.

— Six mois environ, jusqu’au lancement. Si le calendrier évolue, vous serez les premiers informés.

Six mois avec Cameron dans le même bureau. L’idée est suffisamment catastrophique pour que j’envisage brièvement une reconversion professionnelle, mais Judith n’a manifestement pas terminé de rendre ma matinée intéressante.

— Il faudra également prévoir un déplacement au printemps pour finaliser le lancement avec l’équipe européenne. Une partie des tests utilisateurs et de la stratégie internationale sera bouclée sur place.

Cameron fronce les sourcils et se penche légèrement vers la table.

— Dans quelle ville est-ce qu’on nous envoie exactement ? J’aimerais savoir jusqu’où va cette punition avant de décider si je dois contester officiellement la décision.

— Paris. Vous y passerez une semaine avec l’équipe européenne avant le verrouillage définitif du lancement.

Je fixe le dossier devant moi tandis que les informations s’alignent avec une précision désagréable : six mois dans le même bureau, un sextoy conçu pour être utilisé à deux et, désormais, une semaine entière à Paris. Même en faisant preuve de beaucoup d’optimisme, il devient difficile de considérer tout ça comme une organisation professionnelle raisonnable.

À côté de moi, Cameron finit par rompre le silence.

— Si ça peut te rassurer, Ross, Paris est une grande ville. Nous devrions réussir à passer une semaine entière là-bas sans nous parler en dehors des heures de travail, à condition que tu résistes à l’envie de surveiller mes statistiques sentimentales pendant le voyage.

Je tourne la tête vers lui et retrouve immédiatement une excellente raison de considérer les six prochains mois comme une menace directe contre ma santé mentale.

— Après sept ans à travailler avec toi, Cameron, ce qui me rassurerait réellement serait de découvrir que ton billet est pour une autre destination, idéalement située sur un autre continent avec plusieurs fuseaux horaires entre nous.

Son sourire s’étire avec cette satisfaction agaçante qu’il semble éprouver chaque fois qu’il réussit à obtenir exactement la réaction qu’il cherchait.

— Voilà, je savais que ce projet finirait par te plaire. Nous n’avons même pas commencé et tu réfléchis déjà avec enthousiasme à l’organisation du déplacement.

Je referme mon dossier en résistant à l’envie de lui répondre, parce qu’aucune phrase suffisamment professionnelle ne me vient à l’esprit. Je ne sais presque rien d’Eros, mais six mois enfermée avec Cameron Hayes dans vingt mètres carrés me paraissent déjà suffisants pour apprendre où se trouvent toutes les caméras de sécurité.

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Good Writing

2

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Compelling Plot

3

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Great Character

3

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Strong Dialog

3

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author

j'aime la dynamique des personnages sur ce premier chapitre.

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