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Cousin's Island

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Summary

Au large de l'Irlande, L'île Franigan est apparue du jour au lendemain il y a 500 ans. On la dit magique et protégée par des douces sorcières. Nell la sent comme sa terre refuge

Genre
Romance
Author
Pessac
Status
Complete
Chapters
18
Rating
n/a
Age Rating
18+

Chapitre 1

Tous les acteurs de cette histoire sont majeurs

Elle contemplait l’îlot verdoyant dont les contours se précisaient peu à peu. Le ferry ballottait à peine, la mer était calme. À travers les brumes matinales, elle vit d’abord le phare bien sûr, tout blanc, gardien fidèle érigé sur une falaise escarpée. Juste à côté, une maison. Solide, bien campée sur ses fondations. Étrange, amusante avec ses tourelles et son belvédère.

Telle qu’elle l’avait vue sur un tableau dans une boutique de Westport. Une découverte qui l’avait décidée. Elle avait alors eu un flash : c’est là qu’elle voulait aller. Qu’elle devait aller. Pour se réfugier, se couper du monde. Disparaître.

Cela faisait presqu’un an maintenant qu’elle avait recouvré sa liberté. Ses peurs évanouissaient très lentement mais restaient trop vives encore. Beaucoup trop vives.

Nell avait dû mourir pour pouvoir vivre. Vivre à nouveau. Et bon dieu, il lui avait fallu un immense courage pour mourir !

L’Irlande, pays des farfadets, loin de Douvres. En foulant le sol à l’aéroport de Galway, elle avait eu l’étrange sentiment prégnant d’un retour à ses racines. Inexplicable pour cette petite nana de Douvres, du Kent. Une force mystérieuse l’avait poussé vers la petite île de l’aquarelle avant même qu’elle ne l’ait vue.

Elle n’était peut-être pas assez loin encore de Douvres ou de Londres mais là, sur cette île, elle serait en sécurité. Ce morceau de terre est indubitablement celui qu’elle a si souvent vu dans ses rêves. Sa terre ! Elle la reconnaissait, elle savait qu’elle l’appelait.

Oui, elle était SA terre.

Elle savait qu’elle y trouverait ses racines, sa maison. Des amis, des sœurs.

Accoudée au bastingage, elle observait désormais les maisons de pierres grises groupées autour du port. Les commerces. Savait qu’elle y trouverait un job. Du moins l’espérait-elle car ses poches étaient presque vides. Quelques petites livres-sterling encore...

Le vent ébouriffait ses cheveux qui avaient recouvré leur blondeur naturelle. Après son grand saut, elle les avait teints en noir, coupé courts, coiffés raides aussi. Les avaient teints en rouge après, en brun cuivré. Elle avait abandonné tout maquillage. Elle portait des lunettes carrées aux verres neutres. Grande monture qui cassait l’arrondi de son visage. Elle était autre, différente de celle qu’elle avait été. Nouvelle !

Henry aimait sa longue chevelure bouclée ? Il la caressait souvent : jamais plus elle ne laisserait pousser ses cheveux !

Il n’était pas là bien sûr. Plusieurs centaines de kilomètres les séparaient de ce petit îlot à l’ouest de Gallway.

Et pour lui, de toute façon, elle était morte !

Après l’accostage, elle débarqua avec pour tout bien un sac à dos, trois livres et douze pence, quelques vêtements et sa vieille Vauxhall qu’elle gara sur le quai.

Respirant à pleins poumons, elle décida de faire un tour à pied pour admirer les façades de pierres et volets colorés de maisons serrées les unes contre les autres. Joyeuses. Priory Road était bordé de nombreuses boutiques et commerces divers. Avant même de songer à trouver une chambre, elle résolut de se mettre en quête d’un job.

« Tu es bien trop écervelée et bécasse pour espérer trouver un emploi. D’ailleurs que sais-tu faire, pauvre gourde. Heureusement que je suis là pour m’occuper de toi »

C’est ce que lui aurait craché Henry et elle entendit sa voix dans son esprit.

Parce que sa voix résonnait trop fort dans sa tête, sapait sa fragile confiance, elle décida de chercher ce maudit boulot plus tard.

À la vue d’une librairie, elle soupira : sa future maison serait pleine de livres ! Pas des reliures coûteuses de romans et d’essais qu’elle ne lirait jamais, mais des livres de poche écornés, des livres qui racontent des histoires. Histoires d’amour, de tendresses partagées. Elle décida de s’en offrir un premier et entra dans la boutique qui s’annonçait Café-Librairie sur la vitrine.

Elle fut instantanément charmée par le lieu atypique. Des milliers de livres alignés sur des étagères vert olive. Des parfums de fleurs et d’épices, un éclairage LED évoquant un ciel étoilé. Nell, charmée, déambula dans cet espace enchanteur, découvrit un escalier en colimaçon menant à l’étage. D’autres livres encore. Et le café.

Salle presque vide, seulement deux couples de consommateurs attablés. Deux femmes aussi, debout entre le comptoir et l’office et qui discutaient vivement.

—Je suis désolée Gwenn mais je pars dès demain, je pars à Londres avec mon homme, il a décroché une opportunité trop sensationnelle pour la laisser passer !

— Je comprends mais... demain déjà ? Comment je vais m’en sortir moi ici ? Je ne sais même pas utiliser cette énorme machine à café.

— Désolée Gwenn mais je n’ai pas le choix. Et merci encore pour ta gentillesse, patronne !

— Allez, file, horrible lâcheuse. Je vais tout de même te souhaiter, vous souhaiter tout le bonheur du monde !

Les deux femmes s’étreignirent tendrement, puis la plus jeune s’enfuit prestement.

L’autre restait les bras ballants, petit sourire attendri aux lèvres mais sourcils froncés, visiblement embarrassée. Nell, rassemblant son courage, décida de se lancer.

— Madame, veuillez m’excuser mais j’ai capté sans le vouloir votre conversation. Si jamais vous cherchez une remplaçante, permettez-moi de présenter ma candidature. Je sais me servir de cette machine à café et je suis bonne cuisinière et pâtissière.

Nell avait aperçu le comptoir réfrigéré contenant salades diverses, petits plats mitonnés et pâtisseries relativement alléchantes.

Gwenn, la patronne des lieux la considéra attentivement. C’était une rousse flamboyante à la peau d’albâtre et aux yeux d’un gris profond mais lumineux. Une beauté époustouflante !

— Que faites-vous par ici ? En randonnée ?

— Euh non. Je cherche un travail et à me loger. J’aimerais beaucoup m’établir sur cette île.

— Et vous savez cuisiner donc ?

Le regard de la rousse était perçant. Intrusif. Nell se sentait scrutée par ce regard aiguisé qui reflétait une sérieuse interrogation.

— J’ai besoin de ce travail car je voudrais vivre sur cette île. Et j’ai été séduite par l’atmosphère insolite de votre boutique.

Intriguée, Gwenn inclina la tête.

— Qu’avez-vous ressenti en entrant ici ?

— ... des possibilités !

Excellente réponse, pensa Gwenn.

— Vous croyez aux possibilités ?

— Par la force des choses, oui.

Un couple les héla depuis leur table.

— Pourrions avoir deux cafés encore ?

Gwenn se tourna vers Nell.

— Vous êtes embauchée, dit-elle en désignant la machine à café. On discutera des conditions plus tard. Au fait, comment vous appelez-vous.

— Nell Browing.

Gwenn était perplexe. Nell l’avait attirée à l’instant où ses grands yeux bleus avaient croisé les siens.

« L’innocence blessée, le petit lapin pris dans les phares d’une voiture. Meurtrie »

Telle avait été l’impression de Gwenn. Et quelque chose de plus. Et Gwenn se fiait toujours à ses premières impressions.

Impressions confirmées dès que Nell s’était mise au travail. À l’aise, rayonnante, affable, il était évident que la jolie blonde était dans son élément.

Gwenn remonta plusieurs fois de son bureau pour jauger cette nouvelle employée et fut impressionnée par la propreté impeccable des plans de travail et de la gazinière.

Dans la salle, plusieurs clients dégustaient leurs consommations.

— Tu me prépares un café ?

Nell avait immédiatement filé à la grosse machine derrière le comptoir. Le café servit, elle allait retourner dans la cuisine lorsqu’elle vit Gwenn lui tendre la main.

— On ne s’est pas vraiment salué. Bienvenue dans ma boutique.

L’horloge égrenait les douze coups de midi. Nell saisit la main tendue.

La jeune femme eut soudain la sensation que le sol tremblait sous ses pieds et que la lumière devenait éclatante. Une étrange musique résonna sous son crâne, comme si l’on avait pincé simultanément un millier de cordes de harpes. Un vent chaud lui balaya le visage. Une odeur de terre mouillée envahit ses narines. Le monde palpita, tournoya puis se remit d’aplomb.

Nell secoua la tête. Perplexe. Ahurie ! Les clients, eux, paraissaient n’avoir rien vu, rien ressenti.

— Qu’est-ce que c’était ? Un tremblement de terre ? J’ai cru... J’ai senti...

— Oui, je sais, répondit calmement Gwen.

Un franc et doux sourire extasié illuminait son visage.

— Oui, je sais, répéta calmement Gwenn. Eh bien, voilà qui explique tout !

— Qui explique quoi ?

Nell agrippa le poignet de Gwenn qui ressentit immédiatement un flux puissant remonter le long de son bras et envahir son cœur et son esprit.

— On en reparlera ce soir. Chez moi. Tiens, prends cette liste, ce sont les magasins où nous avons comptes ouverts. Cet après-midi, va faire quelques courses pour le café. Nous sommes fermés demain, cela te permettra de tout préparer pour la réouverture. Et tiens, dit-elle en lui glissant deux billets : ça, c’est pour que tu t’achètes de quoi remplacer ton t-shirt dépenaillé et ton jean usé. Considère que c’est une avance sur ton salaire. Reviens ici à dix-neuf heures. On montera chez moi, tu pourras y cuisiner. Maintenant file, ton service est fini.

Totalement décontenancée, Nell serra la main de Peggy, la fille qui prenait son relais au service pour l’après-midi. Dans la rue, elle retrouva peu à peu ses esprits et fit le tour des magasins de la liste. Elle acheta des légumes, du poisson, de la viande ainsi que toutes les bases pour la confection des pâtisseries. Chargée comme une mule, elle rangea le tout dans le coffre de sa voiture avant d’aller rôder dans les boutiques de prêt à porter. À force de fouiner et d’essayer, elle dénicha deux robes dans ses prix. Une robe fleurie, printanière, une autre dans un camaïeu de bleus qu’elle endossa immédiatement. Elle casa aussi dans son budget une paire de chaussures confortables à talons plats.

Elle passa le reste de l’après-midi à flâner dans les rues animées du bourg. Elle se remplissait les mirettes mais son esprit continuait à s’interroger sur ce qui c’était passé un peu plus tôt : le tremblement de terre, la lumière, la musique, les parfums mêlés !

Sans compter qu’une excitation parfaitement incongrue démangeait son entre-jambe. Si puissante qu’elle finit par capituler, parcourut quelques kilomètres jusqu’à trouver un chemin de traverse dans une lande déserte. Ni tenant plus, elle troussa sa robe, enleva sa culotte qui était trempée par son excitation soutenue et se planta trois doigts dans la boutique. Elle se branla grave, s’affolant tant ses fanons graciles que son clito exacerbé. Elle avait nécessité à apaiser ses sens tourmentés par l’image de la rousse flamboyante. Ses trois doigts enfouis dans son canal brûlant, elle s’activa tant et si bien qu’elle décrocha la lune ! Un plaisir inédit pour elle qui n’avait jamais fantasmé sur une femme. Mais Gwenn l’avait comme envoûtée :la longue rousse dégageait une aura particulière et incroyablement puissante. Effondrée sur son volant, Nell réalisa l’absurdité, voire la misère que représentait cette branlette solitaire.

À dix-neuf heures, elle suivit la voiture de sa patronne qui grimpait la colline. Surprise : Gwenn habitait la jolie maison à côté du phare au point le plus haut de l’île.

Nell, fébrile et intimidée, transborda toutes les provisions achetées dans la cuisine. Une cuisine toute simple, dépourvue des robots et ustensiles dont elle aurait eu besoin pour ses préparations mais elle ne s’en inquiéta pas : à la guerre comme à la guerre, elle ferait tout à la main ! Elle avait un bon coup de poignet pour battre ses pâtes.

Gwenn s’était assise sur la table haute de petit-déjeuner et ses jambes se balançaient dans le vides. Sacrées belles jambes, se dit Nell (qui n’avait aucunement honte des siennes). Et superbes cuisses aussi. Simple vision qui suffit à réactiver ses désirs.

Celles-ci étaient assez largement découvertes par la robe troussée. Et quand Gwenn s’éventa en faisant flotter le tissu sur ses cuisses, il sembla à Nell que...

« Non, j’ai mal vu, ce n’est pas possible ! »

Troublée, elle avait continué à s’affairer à la préparation du repas.

— Je suis nulle en cuisine. Alors, démontre-moi tes talents ! avait dit Gwenn.

Pendant le repas, sa patronne lui avait servi des tonnes de compliments. Elle était visiblement aux anges, dévorant avec entrain toutes les préparations servies.

Si contente qu’elle fut, Nell n’en restait pas moins sur des charbons ardents. Le tremblement de terre, la lumière, la musique...

Timidement, elle mit le sujet sur la table...

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