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Mon golden boy

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Summary

Samira Cortez a un talent : dire exactement ce qu'il ne faut pas, au moment où il ne faut surtout pas. Fatiguée après une journée de réunions interminables, elle traite le nouvel associé principal de Veylan Corp d'incompétent recruté uniquement pour son physique — devant témoins, devant le buffet du pot de bienvenue, et surtout devant lui. Le problème ? Cet homme au sourire trop confiant et à la montre trop chère, c'est Brad Connor. Son PDG. Celui avec qui elle échange des mails secs et professionnels depuis deux ans sans jamais avoir posé les yeux sur son visage. Ce qui aurait dû être la fin de carrière la plus courte de l'histoire de Veylan Corp devient, contre toute attente, le début de quelque chose d'entièrement différent. Entre joutes verbales en salle de conférence, un fantôme du passé nommé Vanessa bien décidé à ne pas rester enterré, et une meilleure amie journaliste qui ne rate jamais une occasion d'attiser le feu, Samira et Brad vont découvrir qu'une insulte bien sentie peut parfois être la plus belle déclaration d'amour qui soit. Une comédie romantique pétillante, portée par des dialogues qui fusent, une alchimie irrésistible, et la promesse qu'on ne devrait jamais sous-titrer un PDG avant de connaître son nom.

Genre
Humor
Author
Rory
Status
Complete
Chapters
58
Rating
5.0 (5 reviews)
Age Rating
16+

CHAPITRE 1 Soirée entre reines

CHAPITRE 1

Soirée entre reines

Le vin blanc était encore trop froid, mais Samira Cortez s'en fichait royalement. Elle avait

enlevé ses talons dès qu'elle avait passé la porte de la villa, laissé tomber son sac de designer sur le

canapé comme on abandonne un corps sur une scène de crime, et s'était affalée sur les coussins

avec la grâce d'une femme qui vient de survivre à huit heures de réunions inutiles. Sa nuque

craquait encore du dernier point du dernier PowerPoint de la journée, celui où quelqu'un avait

osé mettre douze polices différentes sur une seule diapositive, et elle sentait la fatigue s'écouler

d'elle par vagues, lentement, comme une marée qui se retire.

Par la baie vitrée, la ville commençait déjà à s'allumer, un tapis de lumières orangées s'étalant

jusqu'à l'horizon, et quelque part là-dedans, elle le savait, des gens comme Gregory du marketing

continuaient probablement à parler de synergie transversale à des chaises vides. --- Si Gregory du service marketing me reparle de « synergie transversale », je jure devant

Dieu que je l'étrangle avec le câble HDMI de la salle de conf, annonça-t-elle en tendant son verre

vers Ellie pour qu'elle le remplisse.

Ellie Chapman, perchée sur le comptoir de la cuisine dans un kimono en soie qui avait dû

coûter plus cher que le loyer de la moitié de leurs voisins, leva un sourcil parfaitement épilé sans

même lever les yeux de la bouteille qu'elle inclinait avec une précision de sommelière.

--- Tu dis ça toutes les semaines.

--- Et toutes les semaines, c'est vrai. --- C'est même devenu une sorte de rituel, tu sais. Comme la messe du dimanche, sauf que

Dieu ici s'appelle Gregory et qu'il porte des mocassins sans chaussettes. --- Ne me lance pas sur les mocassins sans chaussettes, gémit Samira en fermant les yeux. On

y sera encore à minuit. Héritière du Golden Boy

5

--- Tu sais ce qui te calmerait les nerfs ? dit Ellie avec ce sourire qu'elle réservait uniquement

aux mauvaises idées, celui qui étirait légèrement le coin gauche de sa bouche avant le droit, un tic

que Samira connaissait par cœur depuis vingt ans et qui annonçait toujours des catastrophes

délicieuses. Un bon débardage.

Samira faillit s'étouffer avec son vin, toussa deux fois, et reposa son verre avec la dignité qu'il

lui restait.

--- Un « débardage » ? C'est le mot que t'as choisi ? Sérieusement ?

--- J'écris pour un magazine de mode, ma belle, je ne peux pas dire « un coup » comme une

plouc. Il faut de l'élégance dans la vulgarité. C'est toute la différence entre nous et le commun des

mortels.

--- T'es officiellement la pire influence de ma vie, et je dis ça avec tout l'amour du monde. --- Je suis ta meilleure amie depuis l'école primaire, ça revient au même, répondit Ellie en

venant s'asseoir, ramenant ses jambes sous elle avec l'aisance d'un chat qui a trouvé le meilleur

coussin de la maison.

Elles trinquèrent sur ce constat, qui n'était ni faux ni vraiment un compliment. La villa

qu'elles partageaient — héritage discret de la grand-mère d'Ellie, « un cadeau empoisonné avec

vue sur l'océan » comme elle aimait le dire chaque fois qu'un plombier lui envoyait une facture à

quatre chiffres — respirait le genre de vie que la plupart des gens n'obtenaient qu'en gagnant au

loto ou en épousant quelqu'un de très riche et très ennuyeux. Elles avaient fait l'un sans l'autre : le

loto professionnel, obtenu à coups de nuits blanches, de cafés à trois heures du matin et d'une

ambition qui ne dormait jamais tout à fait. Samira avait grimpé les échelons de Veylan Corp à une

vitesse qui avait fait grincer des dents la moitié du service RH — on murmurait encore, deux

étages plus bas, qu'elle avait « des dents » et « pas de patience pour les incompétents », ce qui

n'était pas faux — et Ellie était devenue la plume la plus redoutée, et la plus citée, de tout le

paysage mode californien, celle dont un simple paragraphe pouvait faire couler une marque ou la

propulser au sommet. Héritière du Golden Boy

6

Le silence qui suivit fut de ceux qu'on ne remplit pas par gêne, mais par plaisir — deux

femmes qui n'avaient rien à prouver l'une à l'autre, savourant simplement le fait d'être enfin

assises, enfin seules, enfin loin du bruit. --- Parle-moi de ton fantôme, dit Ellie en s'installant enfin à côté d'elle, jambes repliées sous

elle, le regard soudain aussi vif que celui d'une enquêtrice qui vient de flairer une piste.

--- Mon quoi ?

--- Ton PDG invisible. Le mystérieux Monsieur Connor. Celui dont personne, dans toute

cette ville, n'a jamais vu la trace d'une photo LinkedIn correcte.

Samira leva les yeux au ciel si fort qu'elle sentit presque une contracture, et but une gorgée

pour se donner une contenance qu'elle n'avait, en réalité, pas vraiment besoin de se donner — c'était juste un réflexe, à ce stade, chaque fois qu'on prononçait ce nom devant elle. --- Il n'y a rien à raconter. On s'échange des mails. Des mails secs, professionnels,

parfaitement ennuyeux. Genre : « Merci de finaliser le rapport avant vendredi, cordialement, B.C.

» Un vrai poète, tu vois le genre. Un vrai Shakespeare de la relance administrative. --- Deux ans, Sam. Deux ans que tu bosses pour un mec dont tu n'as jamais vu le visage,

jamais entendu la voix, jamais croisé même l'ombre dans un couloir. Avoue que c'est un peu

gothique comme situation. Genre roman victorien où l'héroïne travaille pour un comte reclus

dans son manoir. --- C'est pratique, surtout. Pas de blagues sexistes en réunion, pas de regard qui traîne trop

bas sur mon chemisier, pas de « souriez un peu plus, ça vous irait bien » lâché entre deux dossiers.

Juste du travail. Propre. Efficace. J'apprécie l'anonymat, figure-toi. Ça simplifie tout. --- Tu apprécies surtout ne jamais devoir gérer un mec, corrigea Ellie avec la précision

chirurgicale d'une femme qui connaissait son amie depuis vingt ans et qui avait, au fil des années,

développé un talent presque effrayant pour repérer les failles dans les arguments de Samira avant

même que celle-ci ne les ait formulées. Parce qu'un mec, ça déçoit toujours, en vrai. Un mail,

jamais. Un mail ne t'a jamais laissée en plan un samedi soir, ne t'a jamais dit qu'il « avait besoin

d'espace » trois semaines après une première fois réussie. Héritière du Golden Boy

7

--- Contrairement au vin, dit Samira en levant son verre avec un sourire théâtral, qui lui ne

m'a jamais déçue. Pas une seule fois. Fidèle, constant, jamais d'excuses bidons. --- Sauf cette fois où t'as vomi dans mes escarpins Louboutin. Le vin, à ce moment-là, t'a

clairement déçue toi, si on va par là.

--- On ne reparle jamais de ça. Jamais. C'est gravé dans le pacte fondateur de notre amitié.

Elles éclatèrent de rire, ce rire un peu trop fort et un peu trop libre qu'on ne se permet

qu'avec les gens qui ont déjà vu le pire de nous — les mascaras coulés, les ruptures ridicules, les

nuits où on a pleuré pour de mauvaises raisons — et qui sont restés quand même, encore et

encore. Dehors, l'océan cognait doucement contre les rochers en contrebas, un métronome

patient et indifférent, et la ville scintillait en contrebas comme une promesse qu'elles avaient déjà

largement tenue, chacune à sa manière.

Ellie se resservit, observant son amie par-dessus le bord de son verre avec cette expression

qu'elle prenait toujours juste avant de lâcher une information qu'elle avait gardée en réserve toute

la soirée, comme une carte qu'on ne joue qu'au bon moment.

--- Il paraît qu'il revient, dit-elle soudain, sa voix perdant un peu de sa légèreté.

--- Qui ça ?

--- Ton fantôme. J'ai entendu Cassandra du service com en parler à la machine à café de mon

dernier événement presse — tu sais, celle qui connaît absolument tout le monde et qui ne sait

jamais tenir sa langue, Dieu merci pour ça. Apparemment il était basé en Europe depuis des

années, Londres ou Genève, on ne sait pas trop, et il revient s'installer définitivement à L.A. Le

grand retour du fils prodigue.

Samira sentit un petit pincement d'agacement — ou de quelque chose d'approchant, quelque

chose qu'elle refusa immédiatement d'analyser plus avant, parce qu'analyser ces choses-là ne

menait jamais nulle part de bon un samedi soir avec du vin blanc dans les veines. --- Génial. Un patron avec un visage, maintenant. C'est le début de la fin de deux années de

tranquillité parfaite. Héritière du Golden Boy

8

--- Ou le début de quelque chose de beaucoup plus intéressant, chantonna Ellie en

remplissant à nouveau leurs verres jusqu'au bord, avec la générosité insouciante de quelqu'un qui

sait qu'il n'aura pas à conduire. J'ai un instinct pour ces choses-là, Sam. Un instinct de journaliste.

Un radar. Je le sens dans mes tripes.

--- Ton instinct t'a fait sortir avec un mannequin qui croyait que Paris était un pays. --- C'était il y a trois ans ! Et il était magnifique, on ne va pas mentir sur ce point-là.

Magnifique et stupide, mais magnifique quand même. On ne peut pas toujours tout avoir.

Samira rit de nouveau, but une gorgée, et essaya très fort — vraiment très fort — de ne pas

se demander à quoi pouvait bien ressembler la voix de B.C. Grave ? Posée ? Avec un accent,

peut-être, hérité de ces années passées quelque part de l'autre côté de l'Atlantique ? Elle échoua,

un peu, laissant l'image flotter une seconde de trop dans son esprit avant de la chasser, mais ne

l'aurait admis pour rien au monde, pas même sous la torture, pas même après trois verres de plus.

Après tout, il n'était qu'une signature au bas d'un mail. Un fantôme professionnel, poli et distant,

qui n'avait jamais eu de visage et n'en avait, décida-t-elle fermement, aucun besoin.

Elle n'avait aucune idée de ce qui l'attendait lundi.

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Good Writing

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Compelling Plot

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Great Character

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Strong Dialog

1

Strong Dialog

author

Les paragraphes sont séparés par des interlignes de manière aléatoirement. Je ne sais pas si c'est voulu mais je trouve ça perturbant pour la lecture.

a month

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