Mon Avenir 2 by Ngakala at Inkitt
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MON AVENIR 2

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Summary

Si tu parles d’une note d’auteur pour accompagner l’aperçu des coulisses de Mon Avenir, je te conseille quelque chose de court, intime et mystérieux, qui donne envie aux lecteurs d’aller voir les coulisses. ❤️ Note de l’autrice — Dans les coulisses de Mon Avenir > Coucou mes lecteurs ❤️ Vous connaissez l’histoire de Clara… mais connaissez-vous ce qui se cache derrière son histoire ? Mon Avenir est une histoire qui a beaucoup évolué au fil de l’écriture. Certains personnages m’ont surprise, certaines révélations sont arrivées là où je ne les attendais pas, et Clara elle-même a changé au fur et à mesure des chapitres. Dans ces coulisses, je vais vous montrer les idées, les inspirations, les personnages, les secrets d’écriture et quelques petits détails que vous n’aviez peut-être jamais remarqués. 👀 Attention… certaines coulisses peuvent contenir des spoilers sur la saison 1 et la saison 2. 🤫 Alors, êtes-vous prêts à découvrir ce qui se cache derrière Mon Avenir ? ❤️ Bienvenue dans les coulisses.

Genre
Drama
Author
Ngakala
Status
Complete
Chapters
1
Rating
n/a
Age Rating
16+

Chapter 2

HeLe matin était calme.

Trop calme.

Clara se tenait devant la fenêtre de la chambre, une main posée sur son ventre encore discret.

Quelques mois auparavant, elle aurait donné n'importe quoi pour connaître la paix.

Aujourd'hui, elle découvrait que la paix pouvait elle aussi faire peur.

Elle regardait la ville s'éveiller lentement. Les voitures commençaient à circuler. Les premiers bruits de la rue montaient jusqu'à la chambre.

Une nouvelle journée.

Une nouvelle vie.

Derrière elle, le matelas bougea.

Christian venait de se réveiller.

— Tu es déjà debout ?

Clara se retourna.

Il avait cette voix encore rauque du réveil et les cheveux légèrement en désordre. Pendant quelques secondes, elle oublia tout.

Puis les souvenirs revinrent.

Les mensonges.

Les secrets.

Gabriel.

Son père.

La nuit où tout avait basculé.

Et cette promesse qu'il lui avait faite.

Plus jamais de mensonges.

Christian s'approcha doucement.

— Tu vas bien ?

Clara hocha la tête.

— Oui.

Il s'arrêta devant elle.

— Tu es sûre ?

Elle sourit légèrement.

— Je réfléchissais.

— À quoi ?

Clara baissa les yeux vers son ventre.

— À cette vie.

Christian regarda à son tour.

Il posa une main dessus avec précaution.

Ce geste était devenu presque quotidien.

Pourtant, il avait toujours quelque chose de nouveau.

Comme si lui aussi avait du mal à croire qu'un enfant allait réellement changer leur monde.

— Je veux que cet enfant ait une vie différente de la mienne, murmura-t-il.

Clara releva les yeux.

— Alors il faudra vraiment changer.

Christian acquiesça.

— Je sais.

Un silence s'installa.

Puis Clara demanda :

— Où en est le démantèlement ?

Christian retira lentement sa main.

Son expression changea.

— J'ai encore quelques problèmes à régler.

— Quels problèmes ?

Il hésita.

Clara le fixa.

Cette hésitation suffit.

— Christian.

Il soupira.

— Certains hommes travaillent encore pour moi.

— Pour toi ?

— Pour ce qu'il reste de l'ancien réseau.

Clara sentit une tension lui serrer la poitrine.

— Je croyais que tu avais tout arrêté.

— J'ai arrêté. Eux non.

Elle détourna les yeux.

— Et ils veulent quoi ?

Christian resta silencieux.

Cette fois, Clara sentit son cœur accélérer.

— Ils veulent quoi ?

— Ils veulent que je reprenne le contrôle.

Elle le regarda.

— Et tu leur as répondu quoi ?

— Non.

Clara l'observa longuement.

— Tu es sûr ?

Christian soutint son regard.

— Oui.

Il s'approcha.

— Je te l'ai promis.

Clara voulait le croire.

Elle voulait vraiment le croire.

Mais une petite voix au fond d'elle lui rappelait qu'elle avait déjà cru à ses promesses auparavant.

Soudain, son téléphone vibra sur la table.

Christian regarda l'écran.

Son visage se figea.

Clara le remarqua immédiatement.

— Qui est-ce ?

— Personne.

Elle fronça les sourcils.

— Personne ne t'envoie des messages à six heures du matin.

Christian prit le téléphone.

— Je vais régler ça.

— Christian.

Il s'arrêta.

Clara s'approcha.

— Tu m'as promis.

Il la regarda.

Cette fois, il ne pouvait plus détourner la conversation.

Il lui tendit le téléphone.

Clara lut le message.

Une seule phrase.

« Tu peux quitter le milieu. Mais le milieu ne te quittera jamais. »

Son sang se glaça.

— Qui a envoyé ça ?

— Je ne sais pas.

Elle releva lentement les yeux.

— Tu mens ?

— Non.

Pour la première fois depuis plusieurs minutes, Clara vit quelque chose dans son regard.

De la peur.

Pas pour lui.

Pour elle.

Christian reprit son téléphone et appela immédiatement Arthur.

La réponse arriva après quelques sonneries.

— Christian ?

— Tu as reçu quelque chose ?

Un silence.

Puis Arthur répondit :

— Oui.

Christian ferma les yeux.

— Depuis combien de temps ?

— Cette nuit.

Clara s'approcha.

— Qu'est-ce qu'il a dit ?

Arthur hésita.

— Rien de très précis.

— Arthur...

— Il a parlé de Clara.

Christian se redressa brutalement.

— Quoi ?

— Il a dit qu'il savait où elle vivait.

Le visage de Clara perdit ses couleurs.

Christian raccrocha.

Il se tourna immédiatement vers elle.

— Tu prends quelques affaires.

— Pourquoi ?

— On part.

— Pour aller où ?

— Je ne sais pas encore.

Clara secoua la tête.

— Non.

Christian la regarda, surpris.

— Non ?

— Je ne veux plus fuir.

Il s'approcha d'elle.

— Clara, ce n'est pas une question de courage.

— Alors quoi ?

— C'est une question de sécurité.

Elle posa une main sur son ventre.

— Je suis enceinte. Je veux protéger mon bébé. Mais je refuse de passer toute ma vie à courir à cause de ton passé.

Christian resta silencieux.

Elle avait raison.

Et il le savait.

— Alors qu'est-ce que tu proposes ?

Clara le regarda droit dans les yeux.

— On affronte ce qui reste.

Christian baissa les yeux.

Il connaissait ce monde mieux que personne.

Et justement pour cette raison, il savait quelque chose qu'elle ignorait encore.

Quelqu'un n'était pas simplement en train de le menacer.

Quelqu'un était en train de préparer son retour.

Son téléphone vibra une seconde fois.

Un nouveau message.

Cette fois, une photo.

Christian l'ouvrit.

Son visage devint livide.

Clara se rapprocha.

— Qu'est-ce qu'il y a ?

Il ne répondit pas.

— Christian ?

Il lui tendit le téléphone.

Clara regarda l'écran.

C'était une photo de leur maison.

Prise quelques minutes plus tôt.

Depuis l'extérieur.

Et derrière la fenêtre de leur chambre...

On les voyait tous les deux.

Clara porta instinctivement une main à sa bouche.

Christian releva lentement les yeux vers la fenêtre.

Quelqu'un les observait.

Et cette fois, le danger n'était plus dans leur passé.

Il était déjà devant leur porte.


Chapitre 2 — L'ombre derrière la fenêtre

Clara ne bougeait plus.

Ses yeux restaient fixés sur la photographie.

La fenêtre.

Leur chambre.

Elle et Christian, quelques secondes auparavant.

Quelqu'un les avait observés.

Quelqu'un était suffisamment proche pour prendre cette photo.

Et cette personne savait exactement où ils vivaient.

Christian récupéra son téléphone.

— Va dans le salon.

Clara ne répondit pas.

— Clara.

— Non.

Sa voix tremblait.

— Je ne veux pas rester enfermée à attendre que quelqu'un décide de ce qui va nous arriver.

Christian s'approcha.

— Je comprends.

— Non, tu ne comprends pas.

Elle releva les yeux vers lui.

— Toute ma vie, les autres ont décidé pour moi. Mon père. Gabriel. Victor. Même toi, parfois.

Christian encaissa le coup sans répondre.

— Je ne veux plus avoir peur.

Il prit doucement sa main.

— Alors je vais faire en sorte que tu n'aies plus à avoir peur.

Clara retira lentement sa main.

— Ce n'est pas à toi de décider.

Cette phrase le fit se taire.

Elle avait raison.

Il l'avait protégée en prenant des décisions à sa place.

Mais elle ne voulait plus être protégée comme une prisonnière.

Elle voulait être considérée comme une partenaire.

Christian inspira profondément.

— D'accord.

Il posa son téléphone sur la table.

— Alors on décide ensemble.

Un bruit retentit dans la rue.

Tous les deux se figèrent.

Christian se dirigea vers la fenêtre.

— Ne regarde pas.

Clara sentit son cœur accélérer.

— Pourquoi ?

Il écarta légèrement le rideau.

Une voiture sombre était stationnée de l'autre côté de la rue.

Moteur éteint.

Vitres teintées.

Christian resta immobile quelques secondes.

Puis la voiture démarra.

Elle disparut au bout de la rue.

— Elle est partie ?

— Oui.

Clara expira lentement.

— Tu sais qui c'était ?

— Non.

Mais quelque chose dans sa voix lui indiquait qu'il avait une idée.

---

Une heure plus tard, Arthur arriva.

Il entra rapidement dans la maison.

— Où est Clara ?

— Dans la cuisine.

Arthur se tourna vers Christian.

— J'ai vérifié les caméras.

— Et ?

— La photo a été prise depuis la rue.

Christian fronça les sourcils.

— Impossible.

— Pourquoi ?

— Parce que l'angle.

Arthur sortit son téléphone.

— Justement.

Il montra une image.

— La personne ne se trouvait pas simplement devant la maison.

Christian observa attentivement.

Son visage changea.

— Elle était en face de la chambre.

Arthur hocha la tête.

— Exactement.

Un silence lourd s'installa.

— Quelqu'un connaît la maison, murmura Christian.

Arthur rangea son téléphone.

— Et probablement nos habitudes.

Christian serra les mâchoires.

— Tu penses à qui ?

Arthur hésita.

— Je pense qu'on devrait arrêter de chercher parmi les anciens hommes de Gabriel.

Christian releva les yeux.

— Pourquoi ?

Arthur le fixa.

— Parce que Gabriel n'est peut-être pas celui qui contrôle tout.

Christian resta silencieux.

Clara venait d'entrer dans la pièce.

— Qu'est-ce que tu veux dire ?

Arthur se tourna vers elle.

— Rien de certain.

— Je veux savoir.

Arthur échangea un regard avec Christian.

Puis il répondit :

— Après l'arrestation de Gabriel, certains comptes ont continué à fonctionner.

Clara fronça les sourcils.

— Quels comptes ?

— Des comptes liés à l'ancien réseau.

Christian intervint :

— Arthur.

— Elle a le droit de savoir.

Clara regarda Christian.

— Pourquoi tu ne m'as jamais parlé de ça ?

— Parce que je pensais pouvoir régler le problème avant qu'il ne t'atteigne.

— Encore une fois.

Christian baissa les yeux.

Clara secoua lentement la tête.

— Tu vois ? C'est exactement ce que je ne veux plus.

Il acquiesça.

— Tu as raison.

Arthur reprit :

— Quelqu'un récupère progressivement ce qui appartenait autrefois à Christian.

Clara regarda son compagnon.

— Quelqu'un veut prendre ton empire ?

Christian répondit :

— Ce qui reste de mon empire.

— Et cette personne me surveille ?

Arthur ne répondit pas.

Son silence suffisait.

---

Plus tard dans la journée, Clara resta seule dans la chambre.

Elle regardait son reflet dans le miroir.

Une main posée sur son ventre.

Elle pensait à l'enfant.

À la vie qu'elle voulait lui offrir.

Une vie sans peur.

Sans armes.

Sans secrets.

Sans hommes décidant de son avenir.

Elle ferma les yeux.

Puis elle entendit quelque chose.

Un léger bruit.

Elle se retourna.

Rien.

La chambre était vide.

Clara s'approcha lentement de la fenêtre.

Elle regarda dehors.

La rue semblait normale.

Des passants.

Des voitures.

La vie continuait.

Elle allait refermer le rideau lorsqu'elle aperçut quelque chose sur le rebord extérieur.

Une petite enveloppe blanche.

Son cœur se mit à battre plus vite.

Elle ouvrit la fenêtre.

L'enveloppe était coincée sous le rebord.

Elle la prit.

Aucun nom.

Aucune adresse.

Seulement une phrase écrite à la main :

« Tu devrais demander à Christian ce qu'il a réellement abandonné. »

Clara sentit ses doigts devenir froids.

Elle resta immobile.

Puis elle ouvrit l'enveloppe.

À l'intérieur se trouvait une seule photographie.

Elle la regarda.

Son souffle se coupa.

Christian y apparaissait, beaucoup plus jeune.

Il se tenait devant un bâtiment qu'elle ne connaissait pas.

À côté de lui se trouvait un homme.

Un homme qu'elle connaissait pourtant.

Clara fixa la photo.

Puis elle murmura :

— Non...

La porte s'ouvrit derrière elle.

Christian venait d'entrer.

— Clara ?

Elle se retourna.

La photographie tremblait entre ses doigts.

— Qui est cet homme ?

Christian regarda l'image.

Son visage se vida de ses couleurs.

Il ne répondit pas.

Clara sentit quelque chose se briser en elle.

— Christian...

Il releva lentement les yeux.

— Je pensais qu'il était mort.

Clara sentit un frisson parcourir son corps.

— Qui ?

Christian regarda encore la photographie.

Puis il murmura :

— Mon père.


Chapitre 3 — Le fantôme du passé

Clara resta figée.

Elle regardait Christian comme si elle ne reconnaissait plus l'homme devant elle.

— Ton père ?

Christian hocha lentement la tête.

— Oui.

— Mais ton père est mort.

— C'est ce que je croyais.

Clara regarda de nouveau la photographie.

L'homme à côté de Christian était plus jeune, mais son visage ne laissait aucun doute.

— Quand cette photo a-t-elle été prise ?

Christian ne répondit pas.

— Christian.

— Il y a des années.

— Avant notre rencontre ?

— Oui.

Clara serra la photographie entre ses doigts.

— Alors pourquoi quelqu'un me l'envoie maintenant ?

Christian s'approcha.

— Je ne sais pas.

— Tu ne sais pas...

Elle eut un rire nerveux.

— C'est incroyable. Chaque fois que je pense que tout est enfin terminé, il y a encore quelque chose.

Christian ne chercha pas à la retenir lorsqu'elle s'éloigna.

— Je ne voulais pas te mentir.

— Mais tu ne m'as pas dit que tu pensais ton père mort.

— Parce que je n'avais aucune raison de penser autrement.

Clara se retourna.

— Et cette photo ?

Christian prit une inspiration.

— Je l'ai reçue il y a plusieurs années.

Elle se figea.

— Quoi ?

— Une seule fois.

— Et tu ne m'en as jamais parlé ?

— Je ne savais pas qui l'avait envoyée.

— Tu aurais pu me le dire.

— Oui.

Sa réponse immédiate la désarma.

Il ne cherchait même plus à se défendre.

— Qu'est-ce qu'il y avait avec la photo ? demanda-t-elle.

Christian regarda l'image.

— Rien.

— Rien ?

— Seulement la photo.

Clara le fixa.

— Alors pourquoi avoir eu peur ?

Il baissa les yeux.

— Parce que la dernière fois que j'ai vu mon père, il m'a dit quelque chose que je n'ai jamais oublié.

— Quoi ?

Christian resta silencieux quelques secondes.

Puis :

— Il m'a dit que même mort, il trouverait toujours un moyen de revenir dans ma vie.

Un frisson parcourut Clara.

---

Arthur arriva moins d'une heure plus tard.

Christian lui tendit la photographie.

Arthur la regarda.

Son expression changea immédiatement.

— Où as-tu trouvé ça ?

— Quelqu'un l'a déposée à la fenêtre.

Arthur releva les yeux.

— Ce n'est pas possible.

— C'est pourtant arrivé.

Arthur observa de nouveau la photo.

— Tu es certain que c'est lui ?

— Oui.

— Alors nous avons un problème.

Clara croisa les bras.

— Quel genre de problème ?

Arthur hésita.

— Le genre qui signifie que nous avons peut-être cru trop vite que toute cette histoire était terminée.

Christian prit la parole.

— Tu savais quelque chose ?

— Non.

— Arthur.

— Je te jure que non.

Clara observa les deux frères.

Elle commençait à comprendre quelque chose.

Le danger n'était pas seulement extérieur.

Le passé de Christian était tellement vaste qu'elle ne savait plus où commençait la vérité.

— Je veux tout savoir, dit-elle.

Christian la regarda.

— Clara...

— Non.

Sa voix était calme cette fois.

— Tu m'as demandé de te faire confiance. Alors donne-moi une raison de le faire.

Christian resta silencieux.

Puis il acquiesça.

— D'accord.

Il s'assit.

— Mon père n'était pas seulement un homme dangereux.

Arthur détourna les yeux.

— Il était obsédé par le contrôle.

Christian poursuivit :

— Il avait construit son organisation autour d'une idée : personne ne devait pouvoir lui échapper.

Clara pensa immédiatement à son propre père.

— Et mon père ?

— Il connaissait certains de ses secrets.

— Lesquels ?

Christian hésita.

— Je ne sais pas exactement.

Clara le fixa.

— Encore des zones d'ombre.

— Je te donne ce que je sais.

Il prit la photographie.

— Après la disparition de ton père, mon père a commencé à chercher quelque chose.

— Quoi ?

— Un document.

— Quel document ?

Christian secoua la tête.

— Je ne sais pas.

Arthur intervint.

— Mais moi, je sais où chercher.

Christian se tourna vers lui.

— Où ?

Arthur posa lentement son téléphone sur la table.

— Dans l'ancien refuge.

Clara sentit son cœur se serrer.

Le même endroit où ils avaient affronté Gabriel.

— Vous pensez qu'il y a encore quelque chose là-bas ?

Arthur hocha la tête.

— Je pense que Gabriel cherchait quelque chose lui aussi.

Christian se leva.

— Alors nous y retournons.

Clara se leva à son tour.

— Nous ?

Christian la regarda.

— Tu restes ici.

Elle secoua la tête.

— Non.

— Clara...

— Je viens.

— C'est dangereux.

— Justement.

Elle s'approcha de lui.

— Je ne veux plus être la personne qu'on laisse derrière pour la protéger.

Christian la regarda longuement.

Puis il acquiesça.

— D'accord.

---

La nuit était tombée lorsqu'ils arrivèrent devant l'ancien refuge.

Le bâtiment semblait encore plus sinistre qu'avant.

Les murs étaient plongés dans l'obscurité.

Aucune lumière.

Aucun bruit.

Arthur descendit le premier.

Christian suivit.

Clara resta quelques secondes dans la voiture.

Elle posa une main sur son ventre.

— Tout ira bien, murmura-t-elle.

Puis elle sortit.

Ils franchirent la porte.

L'air froid du bâtiment leur donna immédiatement la chair de poule.

Arthur alluma sa lampe.

— La pièce où Gabriel avait installé ses hommes est au fond.

Ils avancèrent.

Chaque pas résonnait dans le couloir.

Puis Clara s'arrêta.

— Attendez.

Christian se retourna.

— Quoi ?

Elle regardait un mur.

— Cette porte.

Arthur s'approcha.

— Elle était là ?

— Je ne sais pas.

Christian posa sa main sur la poignée.

La porte s'ouvrit.

À l'intérieur, il n'y avait presque rien.

Une table.

Une chaise.

Et un vieux coffre métallique.

Arthur s'approcha.

— C'est ça.

Christian observa le coffre.

— Tu le reconnais ?

— Oui.

— Comment ?

Arthur regarda son frère.

— Parce que notre père avait exactement le même.

Le silence retomba.

Christian ouvrit le coffre.

À l'intérieur se trouvaient plusieurs dossiers.

Des photographies.

Des carnets.

Et une enveloppe.

Christian la prit.

Son nom était écrit dessus.

CHRISTIAN.

Il ouvrit l'enveloppe.

À l'intérieur, une feuille pliée.

Il la déplia.

Son visage changea.

Clara s'approcha.

— Qu'est-ce qu'il y a ?

Christian lui tendit la lettre.

Elle lut.

Quelques lignes seulement.

Mais elles suffirent à faire disparaître toute couleur de son visage.

« Si tu lis cette lettre, c'est que tu as enfin compris.

Je ne suis pas mort.

Et ce que tu crois savoir sur la disparition du père de Clara est faux.

Tu as été manipulé depuis le début. »

Clara releva lentement les yeux.

— Christian...

Il ne bougeait plus.

Puis, au fond du bâtiment, une porte claqua.

Arthur se retourna immédiatement.

Quelqu'un venait d'entrer.

Une voix résonna dans le couloir.

Calme.

Vieillie.

Mais parfaitement reconnaissable.

— Mon fils.

Christian se figea.

Clara sentit sa main chercher instinctivement la sienne.

La voix reprit :

— Il est temps que nous parlions.


Chapitre 4 — Le retour

Christian ne respirait presque plus.

Cette voix.

Il l'avait entendue dans ses cauchemars pendant des années.

Une voix grave, froide, impossible à oublier.

Arthur s'avança devant Clara.

— Reste derrière moi.

Christian ne bougea pas.

— Non.

Arthur le regarda.

— Christian...

— Je dois le voir.

Des pas résonnèrent dans le couloir.

Lentement.

Sans précipitation.

Puis une silhouette apparut dans l'encadrement de la porte.

Christian sentit son estomac se nouer.

L'homme avait vieilli.

Ses cheveux étaient devenus gris.

Son visage portait les marques des années.

Mais ses yeux n'avaient pas changé.

Les mêmes yeux froids.

Les mêmes yeux qui avaient terrorisé deux frères lorsqu'ils étaient enfants.

— Papa...

L'homme esquissa un sourire.

— Tu as grandi.

Arthur serra les poings.

— Tu es censé être mort.

— Je l'étais.

Christian fronça les sourcils.

— Qu'est-ce que ça signifie ?

L'homme entra dans la pièce.

— Cela signifie que j'ai laissé tout le monde croire que j'étais mort.

Clara sentit Christian se tendre.

— Pourquoi ?

Son père la regarda.

— Parce que disparaître était le meilleur moyen de continuer à contrôler les choses.

Arthur eut un rire amer.

— Toujours la même obsession.

L'homme tourna lentement la tête vers lui.

— Et toujours le même fils incapable de comprendre.

— Je te comprends très bien.

Arthur fit un pas en avant.

— Tu as détruit notre famille.

Le visage de l'homme resta impassible.

— Je vous ai rendus forts.

— Non.

Arthur secoua la tête.

— Tu nous as appris à avoir peur.

Un silence lourd s'installa.

Clara regardait Christian.

Elle voyait quelque chose qu'elle n'avait encore jamais vu chez lui.

Pas de la colère.

Pas seulement.

Il y avait une blessure ancienne.

Profonde.

— Pourquoi es-tu revenu ? demanda Christian.

Son père sourit.

— Pour récupérer ce qui m'appartient.

— Ton empire est terminé.

— Mon empire ?

Il eut un léger rire.

— Tu crois vraiment que tout cela m'appartenait ?

Christian fronça les sourcils.

L'homme désigna le dossier posé sur la table.

— Ouvre-le.

Christian ne bougea pas.

— Ouvre-le.

Arthur intervint :

— Ne l'écoute pas.

Mais Christian prit le dossier.

Il l'ouvrit.

Les premières pages étaient remplies de noms.

Des noms de personnes.

Des dates.

Des transactions.

Puis il aperçut un nom qu'il connaissait.

Le père de Clara.

Christian se figea.

Clara s'approcha.

— Qu'est-ce qu'il y a ?

Il lui montra le document.

Elle lut.

Son père avait travaillé avec l'organisation.

Mais ce n'était pas ce qui la bouleversa.

Une annotation manuscrite apparaissait à côté de son nom.

« Il sait où se trouve le document. »

Clara leva les yeux.

— Quel document ?

Le père de Christian répondit :

— Celui que ton père a caché avant de disparaître.

— Pourquoi tout le monde le cherche ?

— Parce qu'il contient la vérité.

Christian referma brutalement le dossier.

— Quelle vérité ?

Son père sourit.

— Celle qui pourrait détruire définitivement tout ce que tu crois savoir.

Clara sentit une boule se former dans sa gorge.

— Mon père n'était pas seulement une victime ?

L'homme la regarda.

— Ton père avait des secrets.

Christian intervint :

— Ça ne répond pas à sa question.

— Non.

Son père regarda Clara.

— Parce que la vérité est beaucoup plus compliquée.

Un bruit retentit soudain dehors.

Arthur se retourna.

— On n'est pas seuls.

Le père de Christian sourit.

— Enfin.

Christian comprit.

— Tu nous as attirés ici.

— Bien sûr.

Arthur regarda vers la porte.

Des pas approchaient.

Plusieurs.

Christian se plaça devant Clara.

— Combien sont-ils ?

Arthur regarda rapidement par la fenêtre.

— Trop.

Clara sentit la peur monter.

Mais cette fois, elle ne recula pas.

Elle prit la main de Christian.

— Qu'est-ce qu'on fait ?

Il la regarda.

— On sort par l'arrière.

Le père de Christian éclata de rire.

— Vous ne comprenez toujours pas.

Christian se retourna.

— Quoi ?

— Il n'y a pas d'issue.

La porte principale s'ouvrit brusquement.

Des hommes entrèrent.

Mais aucun ne leva d'arme.

Ils s'écartèrent simplement.

Quelqu'un avançait derrière eux.

Christian sentit son cœur s'arrêter.

Une femme apparut.

Clara la regarda.

Elle connaissait ce visage.

Elle l'avait déjà vu.

Dans les vieux dossiers.

Dans les photographies.

Puis elle comprit.

— Anna...

Anna s'arrêta devant eux.

Son regard était différent.

Plus dur.

Plus froid.

Christian murmura :

— Tu nous as trahis.

Anna secoua lentement la tête.

— Non.

Elle regarda Clara.

— Je vous ai menti.

Clara sentit son cœur se serrer.

— Pourquoi ?

Anna s'approcha.

— Parce que je savais que Gabriel n'était pas le véritable cerveau de tout ça.

Elle regarda le père de Christian.

— Lui l'était.

Le silence devint glacial.

Christian fixa son père.

— Alors pourquoi Gabriel ?

L'homme répondit calmement :

— Gabriel était utile.

— Victor ?

— Utile aussi.

— Et moi ?

Pour la première fois, le sourire de son père disparut.

— Toi, Christian...

Il marqua une pause.

— Tu étais mon héritier.

Christian resta immobile.

— Mais j'ai refusé.

— Oui.

— Alors tu as essayé de me remplacer.

— Non.

Son père regarda Clara.

— J'ai cherché quelqu'un capable de te faire revenir.

Clara sentit un frisson parcourir son corps.

— Moi ?

L'homme hocha la tête.

— Toi.

Christian se plaça immédiatement devant elle.

— Tu ne la toucheras pas.

Son père sourit.

— Je n'en ai jamais eu besoin.

Il désigna doucement le ventre de Clara.

— Elle porte déjà ce dont j'ai besoin.

Christian pâlit.

Clara porta instinctivement ses mains sur son ventre.

— Qu'est-ce que tu veux dire ?

L'homme ne répondit pas.

Anna, elle, détourna les yeux.

Et Clara comprit qu'Anna savait quelque chose.

Quelque chose de grave.

— Anna...

La jeune femme releva lentement la tête.

— Clara...

Sa voix tremblait.

— Il faut que je te dise quelque chose.

Christian se retourna vers elle.

— Quoi ?

Anna inspira profondément.

— Ton père ne cherche pas seulement le document.

Elle regarda Clara.

— Il cherche ton enfant.


Chapitre 5 — Ce qu'il veut

Le silence qui suivit sembla interminable.

Clara avait instinctivement reculé.

Une main sur son ventre.

L'autre agrippée au bras de Christian.

— Mon enfant ? murmura-t-elle.

Anna hocha lentement la tête.

— Oui.

Christian se plaça complètement devant Clara.

— Pourquoi ?

Le père de Christian ne répondit pas.

Anna, elle, semblait incapable de soutenir le regard de Clara.

— Parce que ton père avait découvert quelque chose.

Clara fronça les sourcils.

— Quoi ?

— Il avait compris que certaines personnes de l'organisation cherchaient à utiliser les familles comme moyen de pression.

Christian serra les mâchoires.

— Ça n'explique pas pourquoi ils veulent notre enfant.

Anna baissa les yeux.

— Parce qu'il existe un héritage.

Clara resta silencieuse.

— Quel héritage ?

Le père de Christian répondit enfin :

— Celui que ton père a laissé.

Christian se tourna vers lui.

— Arrête de parler par énigmes.

L'homme sourit.

— Tu as toujours été impatient.

— Et toi, tu as toujours aimé manipuler les gens.

Le sourire disparut.

— Fais attention, Christian.

— Non.

Christian fit un pas vers lui.

— C'est toi qui devrais faire attention.

Arthur intervint avant que la situation ne dégénère.

— On ne va pas résoudre ça ici.

Il regarda les hommes présents.

— Vous voulez le document ? Alors dites-nous où il est.

Le père de Christian secoua la tête.

— Je ne l'ai jamais eu.

Clara fronça les sourcils.

— Alors pourquoi nous avoir amenés ici ?

— Parce que vous êtes les seuls capables de le trouver.

Christian comprit soudain.

— Tu ne sais pas où il est.

— Non.

— Et tu veux qu'on le trouve pour toi.

— Exactement.

Clara regarda Christian.

— Et mon père ?

Son visage se ferma.

— Il l'a caché avant de disparaître.

— Où ?

— Je ne sais pas.

Clara sentit une colère profonde monter en elle.

— Tout ce temps...

Elle regarda l'homme.

— Tu savais que mon père avait caché quelque chose.

— Oui.

— Et tu as laissé tout le monde croire qu'il était mort à cause de toi.

L'homme resta silencieux.

Clara sentit les larmes lui monter aux yeux.

— Pourquoi ?

Il la fixa.

— Parce que certaines vérités coûtent plus cher que des vies.

Christian regarda son père avec dégoût.

— Tu n'as jamais changé.

— Et toi, tu es devenu faible.

Christian ne répondit pas.

Il prit simplement la main de Clara.

— On part.

Le père de Christian sourit.

— Tu crois vraiment que je vais vous laisser partir ?

Arthur sortit son téléphone.

— La police est déjà en route.

Le sourire de l'homme s'effaça.

— Tu bluffes.

— Essaie.

Un silence.

Puis, au loin, un bruit de sirène.

Les hommes commencèrent à s'agiter.

Anna regarda Christian.

— Il faut y aller.

— Pourquoi tu nous aides ?

Elle hésita.

— Parce que j'ai déjà fait assez de mal.

Christian la fixa.

— Ce n'est pas une réponse.

Anna baissa les yeux.

— Je te l'expliquerai.

— Quand ?

— Quand nous serons sortis.

Arthur ouvrit une porte secondaire.

— Maintenant.

Christian prit Clara par la main.

Ils commencèrent à avancer.

Mais avant de franchir la porte, Clara se retourna.

Le père de Christian la regardait.

Il n'avait pas peur.

Au contraire.

Il souriait.

Comme s'il savait quelque chose qu'eux ignoraient encore.

---

Ils arrivèrent chez eux au milieu de la nuit.

Clara resta silencieuse pendant tout le trajet.

Christian le remarqua.

— Tu veux parler ?

— Non.

Il acquiesça.

— D'accord.

Quelques minutes passèrent.

Puis Clara demanda :

— Tu savais qu'il était vivant ?

Christian tourna la tête vers elle.

— Non.

— Jamais ?

— Jamais.

— Alors pourquoi cette impression que tout le monde sait quelque chose sauf moi ?

Christian ne répondit pas immédiatement.

— Parce que ton père a laissé beaucoup de choses derrière lui.

Clara regarda par la fenêtre.

— Je veux savoir qui était réellement mon père.

Christian posa doucement une main sur la sienne.

— On le découvrira.

Elle retira sa main.

— Ensemble.

Christian hocha la tête.

— Ensemble.

---

Le lendemain matin, Anna arriva seule.

Elle semblait épuisée.

Clara l'attendait dans le salon.

Christian était dans la pièce voisine.

Anna s'assit.

— Je suis désolée.

Clara resta debout.

— Tu l'as déjà dit.

— Je sais.

— Alors parle-moi de la vérité.

Anna prit une profonde inspiration.

— Ton père n'était pas un membre de l'organisation.

Clara fronça les sourcils.

— Quoi ?

— Il enquêtait sur eux.

Clara resta immobile.

— Alors pourquoi les documents disent qu'il travaillait avec eux ?

— Pour pouvoir les infiltrer.

Christian apparut dans l'encadrement de la porte.

— Continue.

Anna se retourna.

— Ton père avait découvert l'existence d'un registre.

— Le document ? demanda Clara.

— Oui.

— Qu'est-ce qu'il contient ?

Anna regarda Christian.

— Les noms des personnes qui finançaient l'organisation.

Christian comprit immédiatement.

— Des personnes importantes.

— Très importantes.

Clara sentit son cœur battre plus vite.

— Et mon père voulait révéler leurs noms ?

— Oui.

— Alors pourquoi ne l'a-t-il jamais fait ?

Anna baissa les yeux.

— Parce qu'il a compris que quelqu'un de très proche de lui travaillait pour eux.

Clara se figea.

— Qui ?

Anna ne répondit pas.

Christian s'approcha.

— Anna.

Elle ferma les yeux.

Puis murmura :

— Quelqu'un de votre famille.

Clara sentit le sol se dérober sous ses pieds.

— Ma famille ?

Anna hocha la tête.

— Oui.

— Qui ?

Anna releva lentement les yeux.

— Je ne sais pas.

Clara secoua la tête.

— Tu mens.

— Non.

— Alors comment peux-tu savoir qu'il y avait quelqu'un ?

Anna sortit une petite clé de sa poche.

Elle la posa sur la table.

— Parce que ton père me l'a donnée la veille de sa disparition.

Clara fixa la clé.

— Qu'est-ce qu'elle ouvre ?

Anna répondit d'une voix basse :

— Le dernier endroit où ton père a caché ses secrets.


Chapitre 6 — La dernière cachette

La petite clé resta au milieu de la table.

Clara la regardait comme si elle pouvait, à elle seule, répondre à toutes les questions qui la poursuivaient depuis des années.

— Où est-ce ? demanda-t-elle.

Anna baissa les yeux.

— Je ne peux pas te le dire ici.

Christian fronça les sourcils.

— Pourquoi ?

— Parce que je ne sais pas si nous sommes encore en sécurité.

Arthur, qui venait d'entrer dans la pièce, entendit la dernière phrase.

— Alors nous partons maintenant.

Clara se retourna.

— Où ?

Anna prit une inspiration.

— Dans l'ancienne maison de tes grands-parents.

Clara resta silencieuse.

— Je pensais qu'elle avait été vendue.

— Officiellement, oui.

— Officiellement ?

Anna hocha la tête.

— Ton père l'avait conservée au nom d'une autre personne.

Christian regarda Arthur.

— Tu savais ça ?

Arthur secoua la tête.

— Non.

Clara prit la clé.

Elle était froide dans sa paume.

Une sensation étrange la traversa.

Comme si elle tenait quelque chose qui avait attendu des années avant de revenir jusqu'à elle.

---

La maison se trouvait à l'écart de la ville.

L'herbe avait envahi une partie du jardin.

Les volets étaient fermés.

Le bâtiment semblait abandonné depuis longtemps.

Clara descendit de voiture.

Elle resta immobile devant la façade.

— Je suis déjà venue ici.

Christian se tourna vers elle.

— Quand ?

— Quand j'étais petite.

Elle fronça les sourcils.

— Je ne me souvenais presque plus de cet endroit.

Anna regarda la maison.

— Ton père venait souvent ici.

Ils entrèrent.

L'odeur du bois ancien et de la poussière flottait encore dans l'air.

Chaque pièce semblait conserver une trace du passé.

Clara passa ses doigts sur une vieille commode.

Des souvenirs lui revinrent par fragments.

Son père.

Sa voix.

Une main sur ses cheveux.

Puis une phrase.

Elle s'arrêta brusquement.

— Attendez.

Christian se retourna.

— Quoi ?

— Mon père me disait toujours quelque chose quand j'étais petite.

— Quoi ?

Clara ferma les yeux.

— « Quand tu seras grande, tu comprendras. »

Anna pâlit.

— C'est ça.

Clara la regarda.

— Quoi ?

— Il m'avait dit qu'il avait laissé un indice que seule sa fille pourrait comprendre.

Clara sentit son cœur accélérer.

Elle regarda autour d'elle.

— Mais lequel ?

Arthur inspectait les murs.

— Cherchons.

Ils fouillèrent chaque pièce.

Les tiroirs.

Les armoires.

Les bibliothèques.

Rien.

Puis Clara entra dans une petite chambre.

Elle s'arrêta devant une vieille boîte à musique.

Elle la connaissait.

Elle s'approcha.

— Elle était dans ma chambre quand j'étais petite.

Christian la rejoignit.

— Tu te souviens de quelque chose ?

Clara prit la boîte.

Elle tourna la petite clé sur le côté.

Une mélodie douce retentit.

Elle sentit les larmes lui monter aux yeux.

Son père la lui faisait écouter lorsqu'elle avait peur.

Elle retourna la boîte.

Un petit compartiment s'ouvrit.

À l'intérieur se trouvait une seconde clé.

Et un morceau de papier.

Clara le déplia.

Une seule phrase.

« Là où tu as appris à ne plus avoir peur. »

Elle réfléchit.

Puis son visage changea.

— La plage.

Christian fronça les sourcils.

— Quelle plage ?

— Celle où mon père m'emmenait quand j'étais enfant.

Arthur prit la clé.

— Alors on sait où aller.

---

Ils arrivèrent à la plage en fin d'après-midi.

Le vent soufflait doucement.

Clara marcha jusqu'à l'endroit où son père s'asseyait autrefois avec elle.

Elle regarda autour d'elle.

— Il disait que la mer gardait les secrets.

Christian resta derrière elle.

— Tu te souviens de quelque chose ?

Clara s'accroupit.

Elle observa les pierres.

Puis elle aperçut quelque chose.

Un petit morceau de métal dépassait du sable.

Elle creusa avec ses doigts.

Une boîte apparut.

Son cœur se mit à battre très fort.

Elle utilisa la clé.

La serrure s'ouvrit.

À l'intérieur :

des photographies,

un carnet,

et une enveloppe.

Clara prit l'enveloppe.

Son nom était inscrit dessus.

Elle l'ouvrit.

La lettre était ancienne.

L'écriture de son père.

« Clara,

Si tu lis cette lettre, c'est que je n'ai pas pu revenir.

Je veux que tu saches une chose : je ne t'ai jamais abandonnée.

J'ai disparu pour te protéger.

Mais il y a une vérité que je n'ai jamais eu le courage de te révéler.

La personne qui m'a trahi était quelqu'un en qui j'avais entièrement confiance.

Je ne savais pas si cette personne travaillait seule.

C'est pourquoi j'ai caché le registre.

Ne le cherche que lorsque tu seras prête à connaître toute la vérité.

Et surtout, ne fais confiance à personne qui prétend connaître toute l'histoire.

Même ceux qui pensent t'aimer peuvent avoir été manipulés.

Papa. »

Clara resta immobile.

Les larmes coulaient silencieusement sur ses joues.

Christian s'approcha.

— Clara...

Elle leva la main.

— Pas maintenant.

Il s'arrêta.

Elle regarda le carnet.

Puis les photographies.

Elle en prit une.

Son père était dessus.

À côté de lui...

Christian.

Mais il était beaucoup plus jeune.

Clara regarda la photo.

Puis Christian.

— Pourquoi es-tu sur cette photo ?

Christian pâlit.

— Je ne sais pas.

Clara retourna la photographie.

Une date était inscrite au dos.

La veille de la disparition de ton père.

Elle releva lentement les yeux.

— Christian...

Il ne répondit pas.

Et pour la première fois depuis qu'ils s'étaient rencontrés, Clara vit quelque chose dans son regard qui lui fit plus peur que tous les mensonges du passé.

Il ne se souvenait vraiment pas.

Ou il venait de comprendre qu'il avait oublié quelque chose.

Quelque chose d'essentiel.

Soudain, le téléphone d'Arthur sonna.

Il décrocha.

Son visage se décomposa.

— Quoi ?

Il écouta quelques secondes.

Puis il regarda Clara.

— Il faut partir.

— Pourquoi ?

Arthur raccrocha.

— La police vient de retrouver le père de Christian.

Christian se figea.

— Où ?

Arthur répondit d'une voix grave :

— Dans une voiture abandonnée.

Clara sentit son cœur se serrer.

— Il est mort ?

Arthur secoua lentement la tête.

— Non.

Il regarda Christian.

— Mais il a laissé quelque chose pour toi.

— Quoi ?

Arthur sortit son téléphone.

— Un message.

Il lut :

« Tu veux connaître la vérité sur la nuit où le père de Clara a disparu ? Alors viens seul. »


Chapitre 7 — La nuit oubliée

Christian relut le message.

Une fois.

Puis une deuxième.

Son visage était devenu fermé.

Clara le regardait sans parler.

Elle connaissait déjà la réponse.

Il allait vouloir y aller seul.

— Non.

Christian releva les yeux.

— Clara...

— Tu n'iras pas seul.

— C'est dangereux.

— Justement.

Arthur intervint :

— Elle a raison.

Christian le regarda.

— Toi aussi ?

— Oui.

Arthur rangea son téléphone.

— Si quelqu'un veut t'attirer quelque part, tu n'y vas pas sans nous.

Christian regarda Clara.

Elle s'approcha.

— Tu m'as demandé de te faire confiance.

— Je sais.

— Alors ne recommence pas à décider seul.

Il baissa les yeux.

Puis acquiesça.

— D'accord.

---

Le lieu indiqué par le message se trouvait à plusieurs kilomètres de la ville.

Un ancien entrepôt abandonné.

Les portes étaient rouillées.

Christian entra le premier.

Arthur le suivait.

Clara resta près de lui.

— Il n'y a personne, murmura Arthur.

Une lumière s'alluma au fond du bâtiment.

Puis une voix retentit.

— Je savais que tu viendrais.

Christian se figea.

Son père apparut.

Mais quelque chose avait changé.

Il ne souriait plus.

Il semblait épuisé.

— Tu voulais me parler ?

— Oui.

— Alors parle.

L'homme regarda Clara.

— Elle n'aurait pas dû venir.

Christian se plaça devant elle.

— Elle reste.

Son père soupira.

— Très bien.

Il s'assit sur une vieille chaise.

— Tu veux savoir ce qui s'est passé cette nuit-là ?

Christian hocha la tête.

— Oui.

— Alors écoute attentivement.

Il fixa son fils.

— Ton père...

Il s'arrêta.

— Je veux dire, le père de Clara...

Clara fronça les sourcils.

— Continuez.

— Il n'était pas seul cette nuit-là.

Christian sentit son cœur accélérer.

— Avec qui ?

— Avec moi.

Clara ferma les yeux.

Les images de la saison précédente lui revinrent.

La disparition.

Les mensonges.

La culpabilité de Christian.

— Vous l'avez fait disparaître.

— Oui.

Christian serra les poings.

— Pourquoi ?

— Parce qu'il avait le registre.

— Et où est-il ?

— Il me l'a donné.

Clara fit un pas.

— Alors pourquoi ne l'avez-vous pas gardé ?

L'homme la regarda.

— Parce qu'il m'a convaincu de le cacher.

Clara resta immobile.

— Mon père vous a convaincu ?

— Il savait que quelque chose allait arriver.

— Quoi ?

— Une trahison.

Arthur fronça les sourcils.

— De qui ?

L'homme regarda Arthur.

— De quelqu'un qui était très proche de nous.

Christian intervint :

— Qui ?

Son père baissa la tête.

— Victor.

Clara resta silencieuse.

— Mais Victor travaillait pour vous.

— Exactement.

Christian secoua la tête.

— Pourquoi nous avoir fait croire que vous étiez responsable de tout ?

Son père leva les yeux.

— Parce que je l'étais.

Un silence.

— Mais Victor avait commencé à agir seul.

Christian comprit.

— Il voulait le registre.

— Oui.

— Et mon père ?

— Il refusait de lui donner.

Clara sentit les larmes lui monter aux yeux.

— Alors mon père essayait de nous protéger.

— Oui.

— Pourquoi l'avoir laissé disparaître ?

L'homme détourna les yeux.

— Parce qu'il m'a demandé de le faire.

Christian se figea.

— Quoi ?

— Il savait qu'il allait être traqué. Il voulait que tout le monde pense qu'il était mort.

Clara porta une main à sa bouche.

— Alors...

— Ton père était vivant lorsque je l'ai quitté.

Christian fit un pas en avant.

— Et ensuite ?

— Je ne sais pas.

— Tu mens.

— Non.

Son père se leva.

— J'ai essayé de le retrouver.

— Pourquoi ?

— Parce que j'avais compris trop tard que Victor ne travaillait plus pour moi.

Arthur serra les dents.

— Et tu as laissé Christian porter cette culpabilité pendant toutes ces années.

L'homme regarda son fils.

— Oui.

Christian resta silencieux.

Toutes ces années...

Il avait cru avoir échoué.

Il avait vécu avec cette culpabilité.

Et maintenant, il découvrait que la vérité était différente.

Mais une question demeurait.

— Pourquoi cette photo ?

Son père fronça les sourcils.

— Quelle photo ?

Christian comprit immédiatement.

— Celle où je suis avec lui.

Son père se figea.

— Quelle photo ?

Clara sortit la photographie de son sac.

Il la regarda.

Son expression changea.

— Où as-tu trouvé ça ?

— Dans les affaires de mon père.

L'homme prit la photo.

Ses mains tremblaient légèrement.

— Ce n'est pas possible.

Christian s'approcha.

— Quoi ?

Son père retourna la photographie.

Puis il murmura :

— Cette photo n'aurait jamais dû exister.

— Pourquoi ?

Il regarda Christian.

— Parce que ce n'est pas la nuit où tu pensais l'avoir rencontré.

Christian fronça les sourcils.

— Qu'est-ce que tu racontes ?

Son père répondit :

— Cette photo a été prise plusieurs heures avant sa disparition.

Christian resta figé.

— J'étais là ?

— Oui.

— Mais je ne m'en souviens pas.

Son père le regarda avec gravité.

— Parce que tu avais été blessé.

Clara s'approcha.

— Comment ?

— À la tête.

Christian porta instinctivement une main à sa tempe.

Une douleur ancienne semblait revenir.

Un fragment.

Une lumière.

Une voiture.

Une voix.

Puis le noir.

Il ferma les yeux.

— Je me souviens...

Clara le regarda.

— De quoi ?

Christian respirait difficilement.

— Ton père...

Il rouvrit les yeux.

— Il m'a donné quelque chose.

— Quoi ?

Christian regarda Clara.

— Une clé.

Clara sortit immédiatement la petite clé qu'elle avait trouvée dans la maison.

— Celle-ci ?

Christian la fixa.

Son visage se vida de ses couleurs.

— Non.

Il secoua lentement la tête.

— Il y en avait une autre.

Un silence.

— Où est-elle ? demanda Clara.

Christian ferma les yeux.

Puis murmura :

— Victor l'a prise.

Arthur se figea.

— Victor ?

Christian hocha la tête.

— Je me souviens maintenant.

Son regard se perdit dans le vide.

— La nuit de sa disparition...

Il regarda Clara.

— Victor n'était pas seulement là.

Une pause.

— Il nous a suivis.

Clara sentit son cœur accélérer.

— Pourquoi ?

Christian répondit :

— Parce qu'il savait que ton père avait caché le registre.

Son père reprit :

— Et parce que quelqu'un lui avait donné l'ordre de le récupérer.

Christian se tourna vers lui.

— Qui ?

L'homme hésita.

Puis il prononça un nom.

Un nom que personne dans la pièce n'attendait.

— Anna.


Chapitre 8 — La vérité d'Anna

Le prénom resta suspendu dans l'air.

Anna.

Clara regarda Christian.

Puis Arthur.

Personne ne parlait.

— Non, murmura Clara.

Son père soutenait son regard.

— C'est elle qui avait transmis l'information à Victor.

Christian secoua lentement la tête.

— Anna n'était qu'une adolescente à cette époque.

— Elle était jeune, oui. Mais elle savait ce qu'elle faisait.

Clara sentit quelque chose se briser en elle.

— Elle nous a aidés.

— Plus tard.

— Elle a témoigné contre Gabriel.

— Parce qu'elle savait que Gabriel finirait par la sacrifier à son tour.

Christian s'approcha de son père.

— Tu es en train de dire qu'Anna est responsable de la disparition de son père ?

— Je dis qu'elle a donné à Victor les informations qui lui ont permis de le retrouver.

Clara ferma les yeux.

Elle repensa à Anna.

À ses excuses.

À ses silences.

À cette clé qu'elle lui avait donnée.

— Pourquoi m'avoir aidée alors ?

Son père répondit :

— La culpabilité.

Arthur intervint :

— Tu as des preuves ?

L'homme sortit une petite enveloppe de sa veste.

— J'ai gardé ceci.

Il la tendit à Christian.

À l'intérieur se trouvait une ancienne lettre.

Christian la parcourut rapidement.

Puis il la donna à Clara.

Elle reconnut immédiatement l'écriture.

C'était celle d'Anna.

« Il est avec elle. La fille du disparu. Si vous voulez retrouver le registre, surveillez-la. »

Clara sentit ses doigts trembler.

— C'est impossible...

Christian posa une main sur son épaule.

— Clara...

Elle recula.

— Non.

Elle regarda la lettre.

— Elle m'a surveillée pendant tout ce temps ?

Son père secoua la tête.

— Pas exactement.

Clara releva les yeux.

— Expliquez.

— Au début, elle devait seulement retrouver le registre.

— Et ensuite ?

— Ensuite, elle a compris que Gabriel voulait utiliser Clara pour atteindre Christian.

Clara resta silencieuse.

— Elle a changé de camp ?

— Oui.

— Pourquoi ?

L'homme fixa Clara.

— Parce qu'elle avait commencé à comprendre qu'elle avait participé à quelque chose qu'elle ne pourrait jamais réparer.

Christian prit la parole.

— Alors pourquoi ne nous a-t-elle jamais tout raconté ?

Son père répondit :

— Parce qu'elle avait peur.

Arthur eut un rire amer.

— Tout le monde a toujours peur.

Le silence retomba.

Puis Clara prit une décision.

— Je veux lui parler.

Christian acquiesça.

— D'accord.

---

Anna attendait dans la maison lorsque Clara rentra.

Elle se leva immédiatement.

— Vous avez trouvé quelque chose ?

Clara ne répondit pas.

Elle posa la lettre sur la table.

Anna la regarda.

Son visage changea.

Elle comprit.

— Où as-tu trouvé ça ?

— Peu importe.

Anna s'approcha.

— Clara...

— C'est vrai ?

Anna resta silencieuse.

— C'est toi qui as donné à Victor les informations sur mon père ?

Les yeux d'Anna se remplirent de larmes.

— Oui.

Clara ferma les yeux.

Elle avait espéré entendre une autre réponse.

N'importe laquelle.

— Pourquoi ?

— J'avais peur.

— De qui ?

— De ton père de Christian.

— Alors tu as sacrifié mon père ?

— Je ne savais pas ce qu'ils allaient lui faire.

Clara eut un rire sans joie.

— Mais tu savais qu'ils allaient le chercher.

Anna baissa la tête.

— Oui.

— Tu savais.

— Oui.

Clara sentit les larmes couler.

— Et après toutes ces années, tu es revenue dans ma vie en prétendant vouloir m'aider.

Anna essuya ses joues.

— Parce que je voulais réparer ce que j'avais fait.

— On ne répare pas certaines choses.

Anna acquiesça.

— Je sais.

Christian se tenait dans l'encadrement de la porte.

— Pourquoi nous avoir donné la clé ?

Anna le regarda.

— Parce que ton père de Christian la cherchait.

Christian fronça les sourcils.

— Il voulait que tu nous conduises jusqu'à elle.

— Oui.

— Pour nous utiliser.

— Oui.

— Et tu as décidé de nous prévenir.

Anna hocha la tête.

— Parce que je ne voulais plus être son instrument.

Clara la fixa.

— Où est le registre ?

Anna secoua la tête.

— Je ne sais pas.

— Tu mens ?

— Non.

Elle inspira profondément.

— Mais je sais où Victor l'a emporté.

Christian s'approcha.

— Où ?

Anna le regarda.

— Dans l'ancien entrepôt où il gardait ses archives.

Arthur fronça les sourcils.

— Celui qui a brûlé ?

— Oui.

— Il ne reste rien.

Anna secoua la tête.

— Si.

Elle regarda Clara.

— Une pièce souterraine.

---

Quelques heures plus tard, ils se tenaient devant les ruines de l'entrepôt.

La nuit enveloppait les lieux.

Arthur ouvrit un passage sous des débris.

Un escalier apparut.

Ils descendirent.

L'air était humide.

Au fond, une porte métallique.

Anna sortit une clé.

— Victor me l'avait donnée.

Christian la regarda.

— Tu l'as gardée toutes ces années ?

— Oui.

La porte s'ouvrit.

À l'intérieur, des cartons étaient empilés contre les murs.

Des dossiers.

Des registres.

Des photographies.

Arthur alluma sa lampe.

— Cherchons.

Clara avança lentement.

Puis elle aperçut une boîte.

Son nom était inscrit dessus.

CLARA.

Elle l'ouvrit.

À l'intérieur se trouvait un petit carnet.

Et une photographie.

Elle la prit.

Son père était assis devant une table.

À côté de lui se trouvait un homme.

Clara fronça les sourcils.

— Qui est-ce ?

Christian regarda la photographie.

Son visage se figea.

— Je le connais.

Arthur s'approcha.

— Qui ?

Christian répondit d'une voix basse :

— L'avocat de mon père.

Clara retourna la photographie.

Une date.

Puis une phrase manuscrite :

« S'il m'arrive quelque chose, ne cherchez pas seulement parmi mes ennemis. Cherchez parmi ceux qui ont juré de me protéger. »

Christian regarda Arthur.

— Il travaillait encore avec notre père après sa disparition.

Arthur comprit.

— Et il a accès à tous les documents.

Clara referma le carnet.

— Alors il sait où se trouve le registre.

Un bruit métallique résonna derrière eux.

Ils se retournèrent.

La porte venait de se fermer.

Anna pâlit.

— Nous ne sommes pas seuls.

Une voix résonna dans l'obscurité.

— Vous avez enfin compris.

Christian se plaça devant Clara.

La lumière d'une lampe apparut au bout de la pièce.

Un homme avançait lentement.

L'avocat.

Il souriait.

— Mais vous avez mis beaucoup trop de temps.


Chapitre 9 — Le dernier secret

L'avocat s'arrêta à quelques mètres d'eux.

Il n'avait pas l'air pressé.

C'était presque pire.

Clara sentit Christian se raidir devant elle.

— Vous, murmura-t-il.

L'homme sourit.

— Tu te souviens de moi.

— Difficile de vous oublier.

Arthur fit un pas vers lui.

— Vous avez travaillé pour notre père.

— J'ai travaillé pour votre famille.

— Ce n'est pas la même chose.

L'homme inclina légèrement la tête.

— Tu as toujours été le plus méfiant des deux.

Son regard passa ensuite sur Clara.

Il s'attarda quelques secondes sur son ventre.

Christian le remarqua.

— Ne la regardez pas comme ça.

— Je ne lui veux aucun mal.

— Alors pourquoi nous avoir enfermés ici ?

— Parce que je voulais être certain que vous m'écouteriez.

Clara prit la parole.

— Vous savez où est le registre ?

L'avocat sourit.

— Oui.

— Où ?

— Mais avant, tu dois comprendre ce qu'il contient.

Christian serra les mâchoires.

— Nous n'avons pas le temps pour tes énigmes.

— Au contraire.

L'homme s'approcha d'une vieille table.

Il posa une clé dessus.

— Le registre ne contient pas seulement des noms.

Clara observa la clé.

— Alors quoi ?

— Des preuves.

Arthur fronça les sourcils.

— De quoi ?

— De plusieurs années de corruption, de détournements et de manipulations.

Il regarda Christian.

— Ton père n'était pas le sommet de la pyramide.

Christian resta immobile.

— Qui était au-dessus de lui ?

L'avocat ne répondit pas.

Clara comprit.

— Vous.

L'homme eut un léger sourire.

— Non.

Il désigna la clé.

— Quelqu'un d'autre.

Un silence.

— Qui ? demanda Christian.

— Une personne que vous connaissez.

Clara sentit son cœur se serrer.

— Qui ?

L'avocat la fixa.

— Ton père.

Clara recula.

— Mon père ?

— Oui.

Christian secoua la tête.

— Mon père vient de dire qu'il cherchait le registre.

— Parce qu'il voulait le récupérer.

— Pour quoi faire ?

L'avocat sourit.

— Pour effacer son nom.

Christian resta silencieux.

Clara sentit les pièces du puzzle se déplacer dans son esprit.

— Vous êtes en train de dire que mon père faisait partie de tout ça ?

— Pas au début.

— Alors quand ?

— Lorsqu'il a compris qu'il ne pouvait pas détruire le système de l'extérieur.

Clara baissa les yeux.

— Il l'a infiltré.

— Exactement.

L'avocat se tourna vers Christian.

— Comme ton père.

Christian fronça les sourcils.

— Alors pourquoi se sont-ils affrontés ?

— Parce qu'ils ont fini par vouloir des choses différentes.

— Lesquelles ?

— Ton père voulait contrôler le système.

Il regarda Clara.

— Le tien voulait le détruire.

Un silence pesant suivit.

Clara sentit les larmes lui monter aux yeux.

— Et le registre ?

L'avocat désigna la clé.

— Il est dans une chambre forte.

Arthur prit la clé.

— Où ?

— Sous l'ancien tribunal.

Christian le fixa.

— Pourquoi nous le dire ?

L'homme sourit.

— Parce que je n'en ai plus besoin.

Un bruit de sirène retentit au loin.

Arthur regarda son téléphone.

— La police.

L'avocat ne bougea pas.

— Vous avez appelé la police ?

— Oui.

— Alors pourquoi rester ici ?

Arthur répondit :

— Parce que je voulais vous entendre parler.

L'avocat eut un sourire amusé.

— Intelligent.

Soudain, les lumières s'éteignirent.

Clara sentit une main attraper son bras.

Christian.

— Reste près de moi.

Un bruit de pas résonna.

Puis un claquement.

La porte s'ouvrit.

La lumière des lampes de la police envahit la pièce.

— Personne ne bouge !

L'avocat leva les mains.

Anna poussa un soupir de soulagement.

Mais Christian regardait ailleurs.

Le carnet de Clara avait disparu.

— Clara ?

Elle porta immédiatement une main à son sac.

Vide.

— Il était là.

Christian se retourna vers l'avocat.

— Où est le carnet ?

L'homme sourit.

— Je ne l'ai pas.

Arthur regarda autour de lui.

Puis il comprit.

— Quelqu'un d'autre était ici.

---

Quelques minutes plus tard, les policiers fouillèrent le bâtiment.

Rien.

Aucune trace.

Aucun carnet.

Clara s'assit dans la voiture.

Elle avait l'impression que son passé venait de se transformer en labyrinthe.

Christian monta à côté d'elle.

— Je suis désolé.

Elle le regarda.

— Pourquoi ?

— Parce que je pensais pouvoir te protéger.

Clara secoua doucement la tête.

— Tu n'as pas besoin de me protéger de la vérité.

Il resta silencieux.

— J'ai besoin que tu sois honnête avec moi.

— Je le serai.

Elle posa sa tête contre le siège.

— Alors dis-moi quelque chose.

— Quoi ?

— Est-ce que tu crois que mon père était un homme mauvais ?

Christian prit quelques secondes avant de répondre.

— Je crois qu'il a fait des choses qu'il regrettait.

Clara regarda par la fenêtre.

— Comme toi.

— Oui.

Elle lui prit doucement la main.

— Alors peut-être que nous ne sommes pas obligés de devenir ce que nos familles ont été.

Christian serra ses doigts.

— Non.

Un silence paisible s'installa.

Puis son téléphone vibra.

Un numéro inconnu.

Un message.

« Vous cherchez au mauvais endroit. Le registre n'est plus sous le tribunal. »

Christian regarda Clara.

Un deuxième message arriva.

« Demandez à votre avocat. Il sait où votre père l'a caché. »

Christian fronça les sourcils.

— Quel avocat ?

Clara sentit son cœur se serrer.

— Celui qui représentait mon père.

Christian releva les yeux.

— Nous devons le retrouver.

Clara acquiesça.

Mais avant qu'ils ne démarrent, elle aperçut quelque chose dans le rétroviseur.

Une voiture noire.

La même que celle qu'ils avaient vue devant leur maison.

Elle était garée à quelques mètres.

Le moteur tournait.

Puis elle démarra.

Christian la regarda disparaître.

— Cette fois, nous ne laissons personne nous échapper.

Clara posa une main sur son ventre.

Elle ne savait pas encore que leur prochain rendez-vous avec le passé allait changer définitivement leur avenir.


Chapitre 10 — L'avocat

Le cabinet était fermé depuis plusieurs années.

Pourtant, une lumière brillait encore au dernier étage.

Christian coupa le moteur.

Clara regarda le bâtiment.

— Tu es sûr qu'il est là ?

— Non.

Arthur sortit de la voiture.

— Mais quelqu'un y est.

Ils entrèrent par une porte latérale.

L'intérieur sentait le vieux papier et la poussière.

Anna resta près de Clara.

Christian et Arthur avancèrent dans le couloir.

Puis une voix retentit.

— Vous auriez dû arrêter de chercher.

Christian s'immobilisa.

L'avocat apparut au bout du couloir.

Il tenait un dossier.

— Vous nous attendiez ? demanda Christian.

— Depuis longtemps.

Clara s'avança.

— Où est le registre ?

L'homme regarda le dossier.

— Il n'est plus là.

— Où est-il ?

— Ton père l'a confié à quelqu'un.

— À qui ?

L'avocat fixa Clara.

— À toi.

Elle resta figée.

— Moi ?

— Oui.

Christian fronça les sourcils.

— Elle ne savait rien.

— Justement.

L'avocat posa le dossier sur une table.

— Ton père savait qu'il ne pouvait faire confiance à personne. Alors il a décidé de cacher le registre là où personne ne penserait à le chercher.

Clara secoua la tête.

— Où ?

L'homme ouvrit le dossier.

À l'intérieur se trouvait une ancienne photographie de Clara enfant.

Elle était assise sur les genoux de son père.

À son cou pendait un petit pendentif.

Clara porta immédiatement la main à son cou.

— Ce collier...

Elle le portait encore.

Christian la regarda.

— C'est celui que ton père t'avait donné.

Clara retira le pendentif.

Elle l'observa attentivement.

Une petite rainure était visible sur le côté.

L'avocat murmura :

— Ouvre-le.

Clara appuya.

Le pendentif s'ouvrit.

À l'intérieur se trouvait une minuscule clé.

Elle sentit son souffle se couper.

— Il l'avait cachée ici.

L'avocat acquiesça.

— Ton père savait que personne ne fouillerait un souvenir d'enfant.

Christian prit doucement la clé.

— Elle ouvre quoi ?

L'avocat répondit :

— Une chambre forte.

Arthur fronça les sourcils.

— Où ?

— Sous la vieille maison de Clara.

Clara regarda Christian.

— La maison de mes grands-parents ?

— Oui.

— Mais nous y étions hier.

— Vous n'avez pas trouvé l'entrée.

Un silence.

Puis Clara comprit.

— La chambre d'enfant.

L'avocat hocha la tête.

— Le coffre est sous le plancher.

---

Ils retournèrent à la maison.

La nuit était profonde.

Christian avançait derrière Clara.

Cette fois, elle savait exactement où aller.

Elle entra dans l'ancienne chambre.

Son regard parcourut les murs.

Puis elle s'agenouilla.

Sous un vieux tapis se trouvait une trappe presque invisible.

Arthur força légèrement le mécanisme.

La trappe s'ouvrit.

Un escalier descendait dans l'obscurité.

Clara inspira profondément.

— Je descends.

Christian lui prit la main.

— Ensemble.

Ils descendirent.

Au sous-sol se trouvait une petite chambre en béton.

Au centre : un coffre.

Clara inséra la clé.

Un déclic.

Le coffre s'ouvrit.

À l'intérieur se trouvaient plusieurs dossiers.

Des relevés bancaires.

Des contrats.

Des photographies.

Et surtout...

Un registre.

Christian le prit.

Il l'ouvrit.

Les noms défilaient.

Des hommes politiques.

Des hommes d'affaires.

Des responsables de sociétés.

Des personnes qui avaient financé l'organisation pendant des années.

Arthur regarda les pages.

— C'est énorme.

Clara prit un autre document.

Son regard s'arrêta sur un nom.

Elle devint pâle.

— Christian...

Il s'approcha.

— Quoi ?

Elle lui tendit le document.

Le nom était là.

Le père de Clara.

Mais à côté de son nom, une annotation était écrite :

« Informateur. A coopéré avec nous avant de tenter de nous dénoncer. »

Clara sentit ses jambes trembler.

— Il a vraiment travaillé avec eux.

Christian passa un bras autour d'elle.

— Oui.

Elle ferma les yeux.

— Toute ma vie, je pensais connaître mon père.

Une larme coula.

— En réalité, je ne connaissais qu'une partie de lui.

Christian lui prit le visage entre les mains.

— Tu n'es pas responsable de ses choix.

Elle le regarda.

— Et toi non plus.

Il resta silencieux.

Puis Arthur tourna une page.

— Attendez.

Ils se rapprochèrent.

Un document récent était posé au fond du coffre.

La date était postérieure à la disparition du père de Clara.

Christian fronça les sourcils.

— Quelqu'un a continué à utiliser ce registre.

Arthur acquiesça.

— Après sa disparition.

Clara regarda la signature.

Son cœur s'arrêta.

Elle connaissait cette signature.

— Non...

Christian la regarda.

— Quoi ?

Elle posa lentement le document sur la table.

— Cette personne est encore en vie.

Arthur lut le nom.

Son visage se décomposa.

— C'est impossible.

Christian regarda à son tour.

Puis il murmura :

— Mon père.

Un bruit retentit au-dessus d'eux.

Ils levèrent tous la tête.

Des pas.

Quelqu'un venait d'entrer dans la maison.

Arthur éteignit immédiatement la lampe.

Clara se rapprocha de Christian.

Les pas descendirent lentement l'escalier.

Un.

Puis deux.

Puis trois.

Quelqu'un s'approchait.

Christian serra la main de Clara.

La poignée de la porte du sous-sol bougea.

Puis une voix prononça calmement :

— Vous avez trouvé le registre.

Clara reconnut immédiatement la voix.

Son sang se glaça.

Le père de Christian.

— Maintenant, donnez-le-moi.


Chapitre 11 — Ce que les pères ont laissé

— Maintenant, donnez-le-moi.

La voix du père de Christian résonna dans la chambre souterraine.

Clara serra le registre contre elle.

Christian se plaça devant elle.

— Tu ne l'auras pas.

Son père esquissa un sourire.

— Tu crois encore que tout ceci est une question de force ?

— Non. C'est une question de choix.

— Tu parles comme elle.

Christian regarda Clara.

— C'est elle qui m'a appris.

Son père eut un rire bref.

— Voilà donc ce qu'elle a fait de toi.

Clara prit la parole.

— Non.

L'homme la regarda.

— C'est lui qui a choisi de changer.

Elle fit un pas en avant.

— Et vous n'avez plus aucun pouvoir sur lui.

Le regard du vieil homme se durcit.

— Tu ne sais rien de ce pouvoir.

— Alors expliquez-moi.

Un long silence suivit.

Finalement, il soupira.

— Ton père et moi avons commencé du même côté.

Clara sentit son cœur se serrer.

— Je le savais.

— Mais il a voulu sortir.

— Pourquoi ?

— Parce qu'il avait compris que l'organisation ne pouvait pas être contrôlée éternellement.

Il regarda Christian.

— Comme toi aujourd'hui.

Christian ne répondit pas.

— Il avait préparé sa fuite. Il avait rassemblé les preuves. Le registre était la dernière pièce.

— Et vous l'avez poursuivi.

— Oui.

— Vous l'avez fait disparaître.

Le vieil homme baissa les yeux.

— Je l'ai laissé partir.

Clara fronça les sourcils.

— Quoi ?

— Cette nuit-là, je pouvais le tuer.

Christian resta immobile.

— Mais je ne l'ai pas fait.

— Pourquoi ?

Son père regarda Clara.

— Parce qu'il m'a demandé de te laisser vivre sans connaître ce monde.

Clara sentit les larmes monter.

— Et vous avez accepté ?

— Pour la première fois de ma vie, oui.

Christian serra les poings.

— Alors pourquoi revenir aujourd'hui ?

Le vieil homme regarda le registre.

— Parce que d'autres veulent ce qu'il contient.

Arthur intervint :

— Qui ?

— Ceux qui ont financé l'organisation.

Christian comprit.

— Les noms du registre.

— Exactement.

Clara regarda les pages.

— Alors ce n'est pas seulement votre passé.

— Non.

Le vieil homme fixa son fils.

— C'est ton avenir qui est en jeu.

---

Chapitre 12 — Le choix de Clara

Cette nuit-là, Clara ne dormit pas.

Elle était assise près de la fenêtre.

Christian entra silencieusement.

— Tu veux que je reste ?

— Oui.

Il s'assit à côté d'elle.

— J'ai peur.

Il ne répondit pas immédiatement.

— Moi aussi.

Clara le regarda.

— Tu as peur ?

— De te perdre.

Elle détourna les yeux.

— Tu pourrais me perdre si tu recommences à décider à ma place.

— Je sais.

— Alors promets-moi quelque chose.

— Quoi ?

— Si demain je décide de partir, tu me laisseras partir.

Christian sentit quelque chose se serrer dans sa poitrine.

Mais il répondit :

— Oui.

— Même avec notre enfant ?

— Oui.

Clara ferma les yeux.

— Merci.

Il lui prit doucement la main.

— Mais j'espère que tu resteras.

Elle sourit tristement.

— Moi aussi.

---

Chapitre 13 — La liste

Arthur passa la nuit à analyser le registre.

Au matin, il avait une liste.

— Nous avons un problème.

Christian releva la tête.

— Combien ?

— Douze personnes sont encore actives.

Clara s'approcha.

— Qui sont-elles ?

Arthur posa les documents.

— Des hommes d'affaires. Des intermédiaires. Un ancien responsable politique. Deux banquiers.

Christian parcourut les noms.

Puis il s'arrêta.

— Celui-ci.

Arthur hocha la tête.

— Oui.

— C'est lui qui finançait mon père.

Clara demanda :

— Et maintenant ?

Arthur répondit :

— Il finance ceux qui veulent récupérer son réseau.

Christian ferma le registre.

— Alors c'est lui qu'ils attendent.

Une enveloppe arriva quelques heures plus tard.

Elle ne contenait qu'une adresse.

Et une phrase :

« Venez sans la police. »

Clara regarda Christian.

— Tu n'iras pas seul.

Il sourit légèrement.

— Je sais.

---


Chapitre 14 — La rencontre

L'adresse les conduisit à un restaurant presque vide.

Un homme les attendait.

Costume impeccable.

Visage calme.

Il se leva.

— Christian.

— Monsieur Delmas.

Clara resta silencieuse.

Delmas la regarda.

— Alors voici Clara.

Christian se raidit.

— Ne la mêlez pas à ça.

— Elle est déjà mêlée à tout.

Delmas posa une enveloppe sur la table.

— Votre père voulait le registre.

— Il ne l'aura pas.

— Je ne parle pas de votre père.

Christian fronça les sourcils.

— Alors de qui ?

Delmas regarda Clara.

— De ton père.

Clara sentit son cœur accélérer.

— Qu'est-ce qu'il voulait ?

— Il voulait révéler tous les noms.

— Alors pourquoi ne l'a-t-il pas fait ?

— Parce qu'il savait que cela provoquerait une guerre.

Clara comprit.

— Il a choisi de me protéger.

— Oui.

Delmas se pencha légèrement.

— Mais maintenant que vous avez le registre, vous avez le choix.

— Quel choix ?

— Le rendre public.

Il marqua une pause.

— Ou le détruire.

Christian regarda Clara.

Pour la première fois, personne ne décidait pour elle.

---

Chapitre 15 — La vérité entière

Clara passa plusieurs jours à lire les documents.

Elle découvrit les noms.

Les dates.

Les transactions.

Les manipulations.

Mais aussi quelque chose qu'elle n'attendait pas.

Une lettre de son père.

Elle était destinée à Christian.

« Si tu lis ceci, c'est que Clara a découvert la vérité.

Ne cherche pas à effacer tes erreurs.

Elle doit savoir qui tu étais pour pouvoir choisir qui tu deviendras.

Je t'ai observé lorsque tu étais jeune.

Tu n'étais pas comme ton père.

Tu avais encore le choix.

Ne lui enlève jamais ce choix. »

Christian lut la lettre.

Ses yeux se remplirent de larmes.

— Il me connaissait mieux que je ne le pensais.

Clara posa sa main sur la sienne.

— Il avait raison sur une chose.

— Laquelle ?

— Tu avais le choix.

Elle le regarda.

— Et tu l'as fait.

---

Chapitre 16 — La chute

Le registre fut finalement transmis aux autorités.

Les enquêtes commencèrent.

Les premiers noms tombèrent.

Puis d'autres.

L'ancien réseau s'effondra.

Le père de Christian fut officiellement poursuivi.

Delmas fut arrêté.

Les comptes furent gelés.

Et pour la première fois depuis des années, Christian n'était plus poursuivi par son passé.

Il en répondait.

Clara assista à son témoignage.

Lorsqu'il sortit du tribunal, elle l'attendait.

— Comment tu te sens ?

Christian expira.

— Libre.

Elle sourit.

— Moi aussi.

Il lui tendit la main.

Elle la prit.

---


Chapitre 17 — Sans peur

Les mois passèrent.

La grossesse de Clara avançait.

Christian avait vendu les dernières entreprises liées à son ancien empire.

Avec l'argent restant, il créa une fondation destinée à financer l'éducation de jeunes en difficulté.

Arthur l'aida.

Sandra aussi.

Anna poursuivit son chemin, assumant ses responsabilités et témoignant jusqu'au bout.

Un soir, Clara regarda Christian travailler.

— Tu es différent.

Il leva les yeux.

— C'est bien ?

Elle sourit.

— Oui.

Elle s'approcha.

— Tu ne cherches plus à contrôler chaque chose.

— J'ai une bonne professeure.

Clara rit.

Puis elle posa sa tête contre son épaule.

— Tu sais ce que je veux ?

— Quoi ?

— Une maison normale.

— Avec un enfant qui crie ?

— Oui.

— Des jouets partout ?

— Oui.

— Des nuits sans sommeil ?

— Probablement.

Christian sourit.

— Alors on aura tout ça.

---

Chapitre 18 — Le dernier adieu

Clara retourna seule sur la plage où elle avait retrouvé la boîte de son père.

Elle tenait sa dernière lettre.

Le vent faisait bouger ses cheveux.

— J'aurais aimé te connaître autrement, papa.

Elle regarda l'horizon.

— Mais je comprends maintenant.

Elle posa la lettre contre son cœur.

— Tu voulais que je sois libre.

Une larme coula.

— Je le suis.

Christian arriva derrière elle.

Il ne parla pas.

Clara lui tendit la main.

Il la prit.

— Tu crois qu'il aurait accepté notre histoire ?

Christian regarda la mer.

— Je crois qu'il aurait surtout voulu que tu sois heureuse.

Clara sourit.

— Alors je pense qu'il serait rassuré.

---

Chapitre 19 — Une nouvelle promesse

Quelques semaines plus tard, Christian retrouva la petite boîte contenant la bague qu'il avait offerte à Clara.

Il la posa devant elle.

— Je ne vais pas te demander de m'épouser.

Clara sourit.

— Encore heureux.

Il rit.

— Je veux seulement te dire quelque chose.

Il prit sa main.

— Je t'ai aimée alors que je pensais devoir te protéger.

Il inspira.

— Puis j'ai compris que t'aimer signifiait te laisser libre.

Clara sentit ses yeux s'humidifier.

— Et maintenant ?

— Maintenant, je veux construire avec toi. Pas décider pour toi.

Elle regarda la bague.

Puis Christian.

— Alors demande-moi.

Il sourit.

— Clara...

Il s'agenouilla.

— Est-ce que tu veux m'épouser ?

Elle le regarda quelques secondes.

Puis sourit à travers ses larmes.

— Oui.

Il lui passa la bague au doigt.

Elle l'attira vers elle.

Et cette fois, leur promesse n'était pas née de la peur.

Elle était née du choix.

---

Chapitre 20 — Mon avenir

Un an plus tard.

Le soleil entrait doucement par les fenêtres.

Clara était devant le miroir.

Elle ajustait sa robe.

Derrière elle, Christian apparut.

— Tu es prête ?

Elle se retourna.

— Oui.

Il la regarda avec émotion.

— Tu es magnifique.

Clara sourit.

— Tu es nerveux ?

— Terriblement.

Elle s'approcha.

— Pourquoi ?

— Parce que cette fois, je sais exactement ce que je risque.

— Quoi ?

— De passer le reste de ma vie avec la femme que j'aime.

Elle rit.

— Quel drame.

Christian l'embrassa.

Puis ils descendirent rejoindre leurs proches.

Arthur était là.

Sandra aussi.

Anna, désormais réconciliée avec elle-même, avait été autorisée à venir.

Il n'y avait plus d'ennemis.

Plus de menaces.

Plus de secrets.

Seulement les personnes qui avaient survécu à cette histoire.

Lorsque Clara entra dans la salle, elle sentit son cœur battre plus fort.

Elle regarda Christian.

Et pendant quelques secondes, elle repensa à tout ce qu'elle avait traversé.

La peur.

La trahison.

Les mensonges.

La disparition de son père.

L'homme qu'elle avait aimé malgré ses secrets.

Les choix qu'elle avait dû faire.

Elle comprit alors quelque chose.

Son avenir n'avait jamais été écrit.

Il avait été construit.

Par elle.

Jour après jour.

Christian lui prit la main.

— Tu es prête ?

Clara sourit.

— Maintenant, oui.

Ils avancèrent ensemble.

Pas parce que quelqu'un leur avait dit qu'ils étaient destinés l'un à l'autre.

Mais parce qu'ils avaient choisi de marcher dans la même direction.

Et lorsque Clara prononça ses vœux, sa voix ne trembla pas.

— Je ne te promets pas une vie parfaite.

Elle regarda Christian.

— Je te promets seulement de rester moi-même, de te dire la vérité et de continuer à choisir notre histoire chaque jour.

Christian répondit :

— Et moi, je te promets de ne jamais confondre amour et possession. Tu seras toujours libre de choisir. Même lorsque ton choix ne sera pas celui que j'espère.

Clara sourit.

— Alors oui.

Ils échangèrent leurs alliances.

Puis s'embrassèrent.

Les applaudissements éclatèrent.

Plus tard, alors que la nuit tombait, Clara s'éloigna quelques instants.

Elle posa une main sur son ventre.

Puis regarda Christian.

Il la rejoignit.

— À quoi tu penses ?

Elle sourit.

— À tout.

— Et tu regrettes ?

Elle secoua la tête.

— Non.

Il prit sa main.

Clara regarda l'horizon.

Elle avait longtemps eu peur de demain.

Elle avait cru que son avenir dépendait des secrets de sa famille, des choix de son père, du passé de Christian et des décisions des autres.

Elle avait fini par comprendre.

L'avenir ne promettait rien.

Il ne garantissait ni bonheur, ni absence de douleur.

Mais il offrait quelque chose de plus précieux.

Le choix.

Clara regarda Christian.

Puis leur enfant.

Et elle sourit.

— Maintenant, je sais où je vais.

— Où ?

Elle serra sa main.

— Là où nous choisirons d'aller.

Ils avancèrent ensemble.

Sans courir.

Sans fuir.

Sans regarder derrière eux.

Parce que cette fois, le passé était enfin derrière eux.

Et devant eux se trouvait une vie qu'aucun autre ne pouvait écrire.

FIN DÉFINITIVE

MON AVENIR ❤️

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