Transgressions 3 by Ngakala at Inkitt
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TRANSGRESSIONS 3

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Summary

SYNOPSIS — TRANSGRESSIONS Dans un royaume où le pouvoir vaut plus que la vérité, un roi a bâti son règne sur un mensonge. Avant même de monter sur le trône, Athanase a aimé une servante. De cette relation est née une fille, Naïra. Mais pour préserver sa succession et son mariage avec la princesse Éléonore, Athanase a fait disparaître la mère de l'enfant et a caché l'existence de sa fille. Naïra est alors présentée à la cour comme la fille d'un défunt conseiller et devient la pupille du royaume. Seize ans plus tard, le secret éclate. Kaël, l'héritier du trône, découvre que la jeune fille qu'il a toujours considérée comme sa sœur est en réalité sa demi-sœur. Trahi par son père, il quitte le royaume et s'exile dans une contrée plus moderne, où il rencontre Élise, celle qui deviendra sa femme. Quatre années passent. Puis une lettre d'Athanase le ramène au palais. La reine Éléonore est gravement affaiblie par les révélations qu'elle a découvertes. La lettre laissée autrefois par la mère de Naïra refait surface. Les secrets du roi commencent à se dévoiler les uns après les autres. Mais le retour de Kaël n'est que le commencement. La nouvelle épouse du prince découvre à son tour certains secrets de la famille royale. Devenue la maîtresse du roi, elle comprend rapidement que les scandales du passé peuvent devenir une arme. Elle commence alors à faire chanter Athanase pour obte

Genre
Drama
Author
Ngakala
Status
Complete
Chapters
1
Rating
n/a
Age Rating
16+

Chapter 3

Chapitre 31 — L'homme de l'ombre

L'homme descendit lentement les marches.

Mara recula.

Naïra n'avait jamais vu sa mère avoir peur de cette façon.

— Qui êtes-vous ? demanda Kaël.

L'homme s'arrêta à quelques mètres d'eux.

— Mon nom est Valérien.

Mara ferma les yeux.

— Je savais que tu reviendrais.

— Et moi, je savais que tu finirais par parler.

Kaël se plaça devant Naïra.

— Vous êtes le frère d'Athanase.

Valérien eut un sourire froid.

— Enfin quelqu'un qui lit les bonnes archives.

Élise observa son visage.

— Tout le monde vous croyait mort.

— C'était précisément l'objectif.

Naïra serra le registre contre elle.

— C'est vous qui avez voulu me faire disparaître ?

Valérien la regarda longuement.

— Non.

Il marqua une pause.

— Je voulais empêcher ton existence d'être utilisée comme une arme.

— Quelle différence ?

— Une différence immense.

---

La vérité sur la naissance

Valérien s'approcha de la table.

— Ton père a commis des crimes. Mais il n'a pas commencé cette histoire.

Naïra sentit son cœur se serrer.

— Alors qui l'a commencée ?

— Moi.

Kaël se crispa.

— Pourquoi ?

Valérien regarda le registre.

— Parce que j'avais découvert que mon père voulait modifier la succession.

— Pour faire de Naïra une héritière ?

— Non.

Il regarda Kaël.

— Pour empêcher Athanase de devenir Roi.

Kaël resta silencieux.

Valérien poursuivit :

— Ton grand-père savait qu'Athanase avait eu un enfant avec Mara. Il voulait utiliser cette information pour l'écarter de la succession.

Naïra comprit.

— Alors mon existence n'était pas seulement un secret familial.

— Non. Elle était devenue une affaire d'État.

---

Mara s'avança.

— Tu savais qu'Athanase allait me tuer.

— Oui.

— Et tu n'as rien fait ?

Valérien détourna les yeux.

— J'ai essayé.

Mara eut un rire amer.

— Tu as essayé trop tard.

— Parce que je surveillais ton père.

— Et pendant que tu surveillais le vieux Roi, Athanase m'a retrouvée.

Valérien resta silencieux.

Naïra intervint :

— Pourquoi mon père m'a-t-il cachée comme la fille de son conseiller ?

Valérien répondit :

— Parce qu'après la mort de ton grand-père, Athanase avait besoin d'un moyen de te protéger tout en cachant ton identité.

— Et il a tué ma mère.

— Oui.

Naïra baissa les yeux.

— Il prétendait l'avoir fait pour conserver le trône.

Valérien répondit :

— Une partie de cette histoire est vraie.

— Quelle partie ?

— Il voulait le trône.

Il regarda Naïra.

— Mais il voulait aussi empêcher qu'on t'utilise contre lui.

---

Le pacte

Kaël secoua la tête.

— Vous essayez de le défendre ?

— Non.

Valérien regarda le prince.

— Je vous explique pourquoi il a fait certains choix. Les comprendre ne signifie pas les pardonner.

Kaël resta silencieux.

Valérien poursuivit :

— Athanase et moi avons conclu un pacte.

— Quel pacte ?

— Il devait prendre la couronne.

— Et vous ?

Valérien sourit.

— Je devais contrôler les informations qui pouvaient le faire tomber.

Élise comprit immédiatement.

— Vous étiez son protecteur.

— Son gardien de secrets.

Naïra murmura :

— Et Silas ?

— Mon intermédiaire.

Kaël se raidit.

— Silas travaillait pour vous ?

— Pendant des années.

— Mais il s'est retourné contre nous.

— Silas ne travaille jamais pour une personne. Il travaille pour celui qui semble le plus susceptible de gagner.

---

Un bruit retentit dans le couloir.

Valérien se retourna.

— Nous devons partir.

Kaël dégaina son épée.

— Pourquoi ?

— Parce que mes hommes viennent de me prévenir.

— De quoi ?

Valérien répondit :

— Le palais a été attaqué.

Naïra pâlit.

— Le palais ?

— Oui.

— Par qui ?

Valérien la regarda.

— Des hommes qui cherchent ta mère.

Naïra se tourna vers Mara.

— Pourquoi ?

Valérien répondit avant elle :

— Parce que Mara possède quelque chose de plus dangereux que le registre.

Il fixa la jeune princesse.

— Elle possède la dernière lettre du vieux Roi.

---

Le retour

Ils quittèrent le domaine précipitamment.

Pendant le voyage, Naïra resta silencieuse.

Kaël finit par s'asseoir près d'elle.

— Tu vas bien ?

— Je ne sais plus.

— C'est compréhensible.

Elle regarda par la fenêtre.

— Toute ma vie, j'ai cru connaître mon histoire.

— Moi aussi.

— Et maintenant, chaque vérité ouvre une autre porte.

Kaël eut un sourire fatigué.

— Bienvenue dans notre famille.

Naïra esquissa un sourire.

Puis son expression changea.

— Kaël.

— Oui ?

— Qu'est-ce qui se passera si le Conseil apprend tout ?

Il réfléchit.

— Alors le royaume devra décider ce qu'il veut faire de nous.

— Et notre père ?

— Il devra répondre de ses actes.

Naïra hocha la tête.

— Je ne veux pas qu'il meure.

Kaël la regarda.

— Même après tout ça ?

— Je veux qu'il vive assez longtemps pour entendre la vérité.

---

Lorsqu'ils arrivèrent au palais, le chaos régnait.

Des gardes couraient dans les couloirs.

Des portes avaient été forcées.

Éléonore était entourée de soldats.

Mara se précipita vers elle.

— Tu vas bien ?

La Reine acquiesça.

— Ils cherchaient quelque chose.

— La lettre ?

Éléonore regarda Mara.

— Oui.

Naïra s'approcha.

— Où est mon père ?

Personne ne répondit.

Puis un garde arriva.

— Le Roi a disparu.

Kaël se figea.

— Quoi ?

— Ses appartements sont vides.

Naïra regarda Valérien.

— Vous saviez ?

Valérien secoua la tête.

— Non.

Il regarda les couloirs.

— Quelqu'un l'a enlevé.

---

La lettre

Dans les appartements du Roi, Élise trouva une feuille posée sur le bureau.

Elle la prit.

Quelques mots seulement :

« Athanase doit payer pour ce qu'il a fait. Mais ce n'est pas à vous de décider comment. Venez au vieux fort avant l'aube. Venez avec Naïra. »

Kaël lut par-dessus son épaule.

— Ils veulent Naïra.

Valérien secoua la tête.

— Non.

Il regarda le message.

— Ils veulent qu'elle vienne parce qu'ils savent qu'elle est la seule personne capable de faire sortir Athanase de sa cachette.

Naïra serra les poings.

— Alors j'irai.

Kaël répondit immédiatement :

— Nous irons ensemble.

Valérien secoua la tête.

— Cette fois, non.

— Pourquoi ?

— Parce que la personne qui détient votre père connaît votre plus grande faiblesse.

Il regarda Naïra.

— Toi.

---

Le vieux fort

Quelques heures plus tard, Naïra arriva devant le vieux fort.

Elle était accompagnée de Valérien.

Kaël, Élise et Mara les observaient à distance.

La porte s'ouvrit.

Naïra entra.

Au centre de la pièce, Athanase était assis, les mains attachées.

Il leva les yeux.

— Naïra...

Elle s'approcha.

— Qui vous a fait ça ?

Athanase eut un sourire triste.

— Quelqu'un qui veut le trône.

— Valérien ?

— Non.

Naïra s'arrêta.

Athanase regarda derrière elle.

— Tu dois partir.

— Pourquoi ?

— Parce que la personne qui m'a enlevé ne veut pas ma mort.

Il baissa la voix.

— Elle veut que toi et Kaël vous vous battiez pour la couronne.

Naïra resta figée.

Une silhouette apparut derrière elle.

Une voix familière résonna dans la salle :

— Exactement.

Naïra se retourna.

Et son visage se vida de toute couleur.

Silas était vivant.

Mais cette fois, il ne travaillait plus dans l'ombre.

Il portait la couronne provisoire du royaume.

Et derrière lui se tenaient plusieurs membres du Conseil.

— Bienvenue, Princesse, dit-il.

— Le véritable combat commence maintenant.


Chapitre 32 — Le royaume sans roi

Naïra resta immobile.

Silas avançait lentement dans la salle.

Derrière lui, plusieurs conseillers avaient baissé les yeux.

Athanase, toujours attaché, observait son ancien conseiller avec une expression qu'elle ne lui avait jamais vue.

De la peur.

— Tu n'aurais jamais dû me trahir, Silas, murmura-t-il.

Silas sourit.

— Je ne vous ai pas trahi, Majesté.

Il désigna la couronne provisoire.

— J'ai simplement cessé de vous servir.

Naïra regarda autour d'elle.

— Où est Kaël ?

— En sécurité.

— Je veux le voir.

— Bientôt.

Silas s'approcha.

— Mais avant cela, nous devons parler de succession.

Naïra sentit la colère monter.

— Vous avez kidnappé mon père pour me forcer à venir.

— Exactement.

— Et vous appelez ça de la politique ?

— J'appelle cela la conséquence de seize années de mensonges.

Athanase intervint :

— Ne l'écoute pas.

Silas se retourna.

— Vous n'êtes plus en position de donner des ordres.

---

Le marché

Silas posa un document devant Naïra.

— Voici ce que je vous propose.

Elle ne le toucha pas.

— Je reconnais officiellement votre naissance.

Naïra fronça les sourcils.

— Et ?

— Vous devenez une héritière légitime du royaume.

Athanase éclata d'un rire amer.

— Tu veux faire d'elle ton pantin.

Silas ne le regarda même pas.

— En échange, le Prince Kaël renonce publiquement à ses droits.

Naïra comprit.

— Vous voulez nous opposer.

— Non.

Silas sourit.

— Je veux que vous vous opposiez vous-mêmes.

— Pourquoi ?

— Parce qu'un royaume divisé est beaucoup plus facile à gouverner.

Naïra regarda Athanase.

Pour la première fois, elle comprit quelque chose.

Son père avait passé sa vie à croire qu'il contrôlait les autres.

Silas avait simplement appris à utiliser les mêmes méthodes contre lui.

---

L'arrivée de Kaël

Une porte s'ouvrit brutalement.

Kaël entra.

Deux gardes l'encadraient.

Élise se trouvait derrière lui.

Naïra fit un pas.

— Kaël !

— Je vais bien.

Silas leva la main.

Les gardes s'arrêtèrent.

— Prince Kaël, j'ai une proposition pour vous.

Kaël regarda le document.

— Je sais déjà.

— Alors vous savez ce que vous devez faire.

Kaël regarda Naïra.

— Non.

Silas fronça les sourcils.

— Non ?

— Je ne renoncerai pas à ma sœur pour vous donner le pouvoir.

Naïra sentit les yeux lui piquer.

Kaël continua :

— Mais je ne me battrai pas non plus contre elle.

Silas perdit son sourire.

— Alors vous refusez de choisir ?

— Oui.

Il regarda les conseillers.

— Et vous devriez faire pareil.

---

Un murmure parcourut la salle.

L'un des conseillers baissa son épée.

— Prince...

Silas se retourna.

— Qu'attendez-vous ?

Le conseiller répondit :

— Nous avons accepté de vous soutenir pour rétablir l'ordre.

— Et je suis celui qui rétablira l'ordre.

— Vous avez enlevé le Roi.

Silas se figea.

— C'était nécessaire.

— Non.

Un deuxième conseiller recula.

— Ce n'est pas ce que nous avions accepté.

La situation commençait à lui échapper.

Silas regarda autour de lui.

Puis il comprit.

Kaël n'était pas son véritable problème.

Naïra non plus.

Le véritable problème était que les conseillers commençaient à comprendre qu'ils avaient été manipulés.

---

La confession d'Athanase

Athanase se leva difficilement.

— Vous voulez connaître la vérité ?

Tous se tournèrent vers lui.

Silas tenta de l'interrompre.

— Tais-toi.

Athanase continua.

— Il y a seize ans, j'ai tué mon père.

Le silence fut absolu.

Naïra ferma les yeux.

Kaël resta immobile.

Athanase poursuivit :

— Je l'ai fait pour prendre sa place.

Il regarda Éléonore.

— Et j'ai ensuite épousé une femme qui ignorait presque tout de ce que j'avais fait.

Éléonore ne détourna pas le regard.

— J'ai caché ma fille.

Il regarda Naïra.

— J'ai laissé tout le monde croire qu'elle était la fille d'un autre homme.

Sa voix trembla.

— Et j'ai détruit des vies pour protéger ce mensonge.

Kaël serra les poings.

Mais cette fois, il ne cria pas.

Il laissa son père parler.

— Je ne demande pas votre pardon.

Athanase regarda son fils.

— Je demande seulement que mes enfants ne paient pas pour mes crimes.

Naïra sentit une larme couler.

Pas une larme de pardon.

Une larme de fatigue.

---

La vérité d'Éléonore

Éléonore s'avança.

— Il reste une chose que vous ignorez tous.

Elle regarda Naïra.

— Lorsque j'ai découvert la lettre de Mara, j'ai compris qu'Athanase me cachait quelque chose.

Naïra murmura :

— Pourquoi êtes-vous restée ?

Éléonore répondit :

— Parce que je croyais pouvoir protéger deux enfants.

Elle regarda Kaël.

Puis Naïra.

— Je savais que si je quittais Athanase à ce moment-là, il ferait disparaître toutes les preuves.

Mara baissa la tête.

— Tu as vécu dans le silence pour nous protéger.

— Oui.

Éléonore regarda Athanase.

— Mais je ne garderai plus jamais le silence pour toi.

---

Silas recula.

— Tout cela ne change rien.

Kaël répondit :

— Si.

Il désigna les conseillers.

— Maintenant, tout le monde connaît la vérité.

Silas regarda autour de lui.

Plus personne ne semblait prêt à lui obéir.

Il comprit qu'il avait perdu.

Mais son regard se posa sur une dernière personne.

Naïra.

Il sortit lentement une petite dague.

Kaël se plaça immédiatement devant elle.

Les gardes dégainèrent leurs armes.

Silas sourit.

— Vous pensez vraiment que cette histoire se terminera avec moi ?

Il lança la dague au sol.

— Vous n'avez aucune idée de ce qui se trouve dans les archives secrètes.

Naïra fronça les sourcils.

— Qu'est-ce que vous avez fait ?

Silas répondit :

— J'ai seulement ouvert une porte.

Puis les portes du fort s'ouvrirent.

Un messager entra en courant.

— Votre Altesse !

Kaël se retourna.

— Quoi ?

Le messager était essoufflé.

— Une armée étrangère vient de franchir la frontière.

Naïra regarda Silas.

— Vous les avez appelés ?

Silas sourit.

— Non.

Il regarda Athanase.

— Votre père les avait appelés bien avant moi.

Athanase pâlit.

— Impossible.

Silas répondit :

— Vous pensiez que votre père n'avait laissé aucun plan derrière lui ?

Il se tourna vers Naïra.

— Le royaume n'est plus seulement confronté à une crise de succession.

Il marqua une pause.

— Nous sommes au bord d'une guerre.

Et au loin, les premières cloches d'alarme se mirent à sonner.


Chapitre 33 — Les cloches de guerre

Les cloches continuèrent de sonner.

Une fois.

Puis encore.

Et encore.

Dans les couloirs du fort, les soldats couraient déjà vers les remparts.

Kaël regarda le messager.

— Combien sont-ils ?

— Nous ne savons pas encore. Mais plusieurs garnisons ont cessé de répondre.

Élise pâlit.

— Ils avaient donc préparé cette attaque depuis longtemps.

Silas ne disait plus rien.

Pour la première fois, son assurance semblait avoir disparu.

Athanase se tourna vers lui.

— Qui sont-ils ?

— Je ne sais pas.

Kaël observa son père.

— Tu viens de dire que ton père les avait appelés.

Athanase secoua lentement la tête.

— Je me suis trompé.

— Comment ?

— Parce que je viens de me souvenir d'une chose.

Il regarda le vieux sceau posé sur la table.

— Mon père avait conclu un accord avec un royaume voisin avant sa mort.

Naïra s'approcha.

— Quel accord ?

Athanase répondit :

— Une alliance militaire.

Le visage de Kaël se durcit.

— Et pourquoi ?

— Pour protéger la frontière.

— Alors pourquoi attaqueraient-ils aujourd'hui ?

Athanase resta silencieux.

Éléonore comprit avant les autres.

— Parce que quelqu'un leur a donné une raison de croire que notre royaume était sans défense.

Tous regardèrent Silas.

Il leva les mains.

— Cette fois, ce n'est pas moi.

---

Le retour au palais

Le groupe retourna au palais sous escorte.

À leur arrivée, la capitale était méconnaissable.

Les marchés avaient fermé.

Les rues étaient presque désertes.

Les soldats occupaient les places.

Les familles s'étaient enfermées chez elles.

Kaël descendit de cheval.

Il regarda les remparts.

— Il faut empêcher la panique.

Élise répondit :

— Et empêcher les nobles de profiter de la situation.

Naïra ajouta :

— Et retrouver celui qui contrôle l'armée ennemie.

Kaël la regarda.

— Tu penses qu'il y a quelqu'un derrière tout ça ?

— Oui.

Elle regarda Silas.

— Silas n'aurait pas pris autant de risques s'il n'avait pas eu quelqu'un au-dessus de lui.

Silas resta silencieux.

Athanase le fixa.

— Tu sais quelque chose.

— Je sais beaucoup de choses.

— Alors parle.

Silas répondit :

— Pas devant tout le monde.

Kaël s'approcha.

— Tu n'es plus en position de négocier.

Silas sourit faiblement.

— Peut-être.

Puis il regarda Naïra.

— Mais je possède une information que personne ici ne possède.

---

La lettre de Mara

Dans les appartements de la Reine, Mara sortit enfin la dernière lettre qu'elle avait conservée pendant seize ans.

Elle la posa devant Éléonore.

— Je n'ai jamais eu le courage de te la donner.

Éléonore la prit.

— Pourquoi maintenant ?

— Parce que je crois que nous n'avons plus le choix.

La Reine ouvrit l'enveloppe.

Elle reconnut immédiatement l'écriture.

C'était celle du vieux Roi.

Elle lut en silence.

Plus elle avançait, plus son visage se décomposait.

Naïra observait sa réaction.

— Qu'est-ce qu'il dit ?

Éléonore leva les yeux.

— Il savait qu'Athanase avait tué sa mère.

Naïra ferma les yeux.

— Et il savait qu'Athanase avait tué son propre père.

Kaël demanda :

— Alors pourquoi n'a-t-il jamais parlé ?

Éléonore répondit :

— Parce qu'il craignait que le royaume ne tombe dans une guerre civile.

Elle tourna la page.

Puis s'arrêta.

— Il y a autre chose.

Tout le monde se rapprocha.

— Il écrit qu'il avait préparé un plan au cas où Athanase deviendrait Roi.

— Quel plan ? demanda Kaël.

Éléonore lut la dernière ligne.

— « Le jour où mon fils deviendra le danger que je redoute, cherchez la personne qui porte mon ancien sceau. Elle seule connaît la véritable sortie de cette crise. »

Naïra regarda le symbole qu'ils avaient trouvé.

— Le sceau Valcourt.

Mara acquiesça.

— Oui.

---

L'inattendu

Un garde entra précipitamment.

— Majesté !

Éléonore se retourna.

— Qu'y a-t-il ?

— Un navire vient d'accoster au port.

— Un navire ennemi ?

— Non.

Le garde hésita.

— Ils affirment venir du royaume d'Arven.

Kaël fronça les sourcils.

— Arven ?

Élise murmura :

— Le royaume où tu as vécu pendant ton exil.

Kaël se figea.

— Pourquoi viendraient-ils ici maintenant ?

Le garde tendit une lettre.

— Ils demandent à parler au Prince Kaël.

Kaël prit le document.

Il reconnut immédiatement le sceau.

Son visage changea.

Naïra demanda :

— Qu'est-ce qu'il y a ?

Kaël releva les yeux.

— C'est une lettre du souverain d'Arven.

— Et ?

— Il propose une alliance.

Élise sourit légèrement.

— Alors ton exil vient peut-être de devenir notre meilleure chance.

---

Le prix d'une alliance

Quelques heures plus tard, un représentant d'Arven entra au palais.

Il s'inclina devant Kaël.

— Prince.

Kaël répondit :

— Pourquoi votre royaume veut-il nous aider ?

L'homme posa un document sur la table.

— Parce que nous savons qui commande l'armée qui approche de vos frontières.

Athanase s'avança.

— Qui ?

Le représentant regarda le Roi.

— Le général Varnek.

Silas pâlit.

Naïra le remarqua immédiatement.

— Vous le connaissez.

Silas ne répondit pas.

Kaël le fixa.

— Répondez.

Silas finit par murmurer :

— Oui.

— Qui est-il ?

— Un ancien commandant du vieux Roi.

Athanase comprit.

— Il a survécu à la purge.

Silas acquiesça.

— Et il veut reprendre le royaume.

Kaël demanda :

— Pour qui ?

Silas regarda Naïra.

— Pour la personne qui lui a promis la couronne.

Naïra sentit un frisson.

— Qui ?

Silas ferma les yeux.

— Valérien.

---

Un silence terrible envahit la pièce.

Mara se leva brusquement.

— Valérien est mort.

Silas secoua la tête.

— Non.

— Tu mens.

— Je l'ai vu il y a trois jours.

Kaël se tourna vers Naïra.

Elle comprit alors que leur découverte au vieux domaine n'était pas la fin.

Valérien n'avait pas simplement attendu qu'ils découvrent la vérité.

Il préparait quelque chose.

Et cette fois, il ne cherchait plus à contrôler Athanase.

Il voulait contrôler le royaume entier.

---

Au même moment, loin du palais, dans une forteresse située à la frontière, Valérien regardait les troupes se mettre en mouvement.

Un officier s'approcha.

— Tout est prêt.

Valérien regarda l'horizon.

— Et Athanase ?

— Prisonnier.

— Silas ?

— Il a été découvert.

Valérien sourit.

— Alors il ne nous est plus utile.

L'officier hésita.

— Et la princesse Naïra ?

Valérien resta silencieux quelques secondes.

Puis il répondit :

— Elle doit vivre.

— Pourquoi ?

Valérien se retourna.

— Parce qu'elle est la seule personne capable de légitimer ce que je vais faire.

Il regarda la capitale au loin.

— Quand le royaume apprendra qui est réellement Naïra, il acceptera peut-être de suivre celui qui prétendra la protéger.

L'officier comprit.

— Vous voulez utiliser son nom.

— Non.

Valérien sourit.

— Je veux utiliser son sang.

---

Dans le palais, Kaël serra le poing.

— Nous devons retrouver Valérien avant qu'il n'arrive jusqu'à Naïra.

Naïra regarda son frère.

— Et si c'est justement ce qu'il veut ?

Kaël se tut.

Élise comprit.

— Il sait qu'elle est la clé de la succession.

Naïra regarda la carte du royaume.

Puis elle posa le doigt sur la frontière.

— Alors nous ne devons pas attendre qu'il vienne à nous.

Kaël la regarda.

— Que proposes-tu ?

Naïra répondit :

— Nous allons à sa rencontre.

Pour la première fois depuis le début de la crise, une décision ne venait ni du Roi, ni du Conseil, ni d'un conseiller.

Elle venait de Naïra.

Et cette décision allait changer le destin du royaume.


Chapitre 34 — Le royaume d'Arven

À l'aube, Kaël réunit les commandants encore fidèles à la Couronne.

La salle de guerre était plongée dans une lumière grise.

Une immense carte couvrait la table.

Naïra se tenait à côté de lui.

Élise, Mara et Éléonore étaient présentes.

Athanase, lui, était toujours sous surveillance.

Kaël posa un doigt sur la frontière.

— Les troupes de Varnek avancent ici.

— Et Arven ? demanda un général.

— Ils ont proposé leur aide.

Un conseiller secoua la tête.

— Nous ne pouvons pas faire confiance à un royaume étranger.

Naïra répondit calmement :

— Nous ne pouvons pas non plus faire confiance à ceux qui ont passé seize ans à nous mentir.

Le conseiller se tut.

Kaël regarda sa sœur.

— Elle a raison.

---

Une décision difficile

Éléonore prit la parole.

— Si Valérien veut utiliser Naïra pour légitimer son pouvoir, il faut empêcher qu'il puisse prétendre agir en son nom.

— Comment ? demanda Mara.

Naïra répondit :

— En disant publiquement la vérité.

Tous la regardèrent.

— Je veux apparaître devant le peuple.

Kaël fronça les sourcils.

— C'est dangereux.

— Tout ce que nous faisons est dangereux.

— Ils pourraient t'enlever.

— Ils essaieront de toute façon.

Elle regarda son frère.

— La différence, c'est que cette fois, je veux décider moi-même de ce que mon existence signifie.

Kaël resta silencieux.

Puis il acquiesça.

— Alors je serai à tes côtés.

---

La déclaration

À midi, les cloches de la capitale annoncèrent une assemblée exceptionnelle.

La foule se rassembla devant le palais.

Pour la première fois, Naïra apparut publiquement sans le titre de pupille.

Elle portait une tenue simple.

Aucune couronne.

Aucun bijou royal.

Kaël se plaça à côté d'elle.

Éléonore les observait depuis les marches.

Naïra regarda la foule.

Sa voix trembla légèrement au début.

Puis elle devint plus assurée.

— Pendant seize ans, on m'a présentée comme la fille d'un homme qui n'était pas mon père.

Un murmure parcourut la foule.

— La vérité est différente.

Elle inspira.

— Le Roi Athanase est mon père biologique.

La foule explosa de réactions.

Certains crièrent.

D'autres restèrent silencieux.

Naïra poursuivit :

— Je ne suis pas ici pour réclamer votre couronne.

Elle regarda Kaël.

— Je suis ici pour vous dire que le royaume ne doit pas être détruit par nos secrets.

Kaël prit alors la parole.

— Je suis le fils légitime de la Reine Éléonore. Naïra est ma sœur. Nous ne nous battrons pas pour satisfaire ceux qui veulent nous diviser.

La foule commença à se calmer.

Naïra conclut :

— Nous voulons simplement que la vérité soit connue.

Un vieil homme cria :

— Et qui doit régner ?

Naïra regarda Kaël.

Puis répondit :

— Ce n'est pas à moi de décider seule.

Le silence s'installa.

— Ce sera à notre peuple et aux lois du royaume de décider.

---

La réponse du peuple

Lorsque Naïra et Kaël quittèrent la place, personne ne savait encore ce que cette déclaration allait provoquer.

Mais une chose avait changé.

La princesse n'était plus un secret.

Et Kaël n'était plus le seul héritier potentiel.

Valérien ne pouvait plus utiliser son identité comme une révélation surprise.

Il devait maintenant affronter une vérité publique.

Mais il lui restait une arme.

Athanase.

---

Dans ses appartements surveillés, le Roi reçut un message.

« Votre fils et votre fille viennent de parler au peuple. »

Il ferma les yeux.

Puis un second message arriva.

« Valérien avance vers la capitale. »

Athanase se leva.

— Il faut les prévenir.

Le garde refusa.

— Vous êtes sous surveillance.

Athanase le fixa.

— Alors surveille-moi pendant que je te dis ceci.

Le garde resta immobile.

— Valérien ne veut pas simplement le trône.

— Que veut-il ?

Athanase répondit :

— Il veut que Kaël et Naïra s'entretuent politiquement.

Le garde pâlit.

— Pourquoi ?

— Parce qu'une fois le royaume divisé, il n'aura plus besoin de conquérir la capitale.

---

Le départ

Le soir même, Kaël prépara son départ pour Arven.

Élise l'attendait dans les écuries.

— Tu es sûr ?

— Non.

Elle sourit.

— Au moins, tu es honnête.

Kaël prit sa main.

— Si je ne reviens pas...

— Ne dis pas ça.

— Élise.

Elle le regarda.

— Tu reviendras.

Kaël sourit.

— Comment peux-tu en être certaine ?

— Parce que tu n'as jamais réussi à me désobéir.

Il rit doucement.

Puis son visage redevint sérieux.

— Je t'aime.

— Je sais.

Ils s'embrassèrent brièvement.

Mais une silhouette observait la scène depuis une fenêtre.

Naïra.

Elle détourna les yeux.

Elle savait que son frère avait trouvé quelqu'un qui l'attendrait toujours.

Et cette pensée lui donna du courage.

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Le voyage

Kaël, Naïra et Élise quittèrent la capitale avec une petite escorte.

Mara resta auprès d'Éléonore.

Athanase demeura au palais.

Le trajet jusqu'à Arven dura plusieurs jours.

Plus ils approchaient de la frontière, plus le paysage changeait.

Les routes étaient plus larges.

Les villes plus développées.

Les bâtiments plus modernes.

Kaël regardait autour de lui avec une étrange nostalgie.

Naïra le remarqua.

— Tu regrettes ton exil ?

— Non.

— Même après tout ce qui s'est passé ?

Kaël sourit.

— Mon exil m'a appris qui j'étais.

Il regarda Élise.

— Et il m'a permis de la rencontrer.

Élise leva les yeux au ciel.

— Tu racontes toujours la même histoire.

— Parce qu'elle est vraie.

Naïra sourit.

Pour quelques minutes, ils oublièrent presque la guerre.

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L'accueil d'Arven

À leur arrivée, le souverain d'Arven les attendait.

Il serra la main de Kaël.

— Prince Kaël.

— Votre Majesté.

Le souverain regarda Naïra.

— Et voici donc la princesse dont tout le royaume parle.

Naïra s'inclina.

— Merci de nous accueillir.

— Ce n'est pas de la générosité.

Il regarda Kaël.

— Je vous dois une dette.

Kaël fronça les sourcils.

— Une dette ?

— Pendant votre exil, vous avez sauvé mon fils.

Kaël sembla surpris.

— Je n'ai fait que ce que n'importe qui aurait fait.

— Peu de gens auraient risqué leur vie pour lui.

Élise intervint :

— C'est bien Kaël.

Le souverain sourit.

— Alors je comprends pourquoi vous l'avez épousé.

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Une proposition

Le soir venu, le souverain d'Arven révéla enfin pourquoi il avait fait venir Kaël.

— Je peux vous fournir des troupes.

Kaël acquiesça.

— Nous vous en sommes reconnaissants.

— Mais ce ne sera pas gratuit.

Naïra fronça les sourcils.

— Que demandez-vous ?

Le souverain regarda Kaël.

— Une alliance officielle entre nos deux royaumes.

Kaël resta silencieux.

— Une alliance commerciale, militaire et politique.

Élise comprit.

— Et après la guerre ?

— Après la guerre, nos deux royaumes devront rester liés.

Kaël regarda Naïra.

Il savait que cette décision pouvait changer toute leur histoire.

Mais avant qu'il puisse répondre, un messager entra précipitamment.

— Votre Majesté !

— Qu'y a-t-il ?

— Une nouvelle vient d'arriver de la capitale.

Le messager se tourna vers Kaël.

— La Reine Éléonore vient de s'effondrer.

Kaël devint livide.

— Ma mère ?

— Elle est vivante.

Le messager hésita.

— Mais les médecins disent qu'elle est très faible.

Kaël se leva immédiatement.

Naïra sentit son cœur se serrer.

— Nous devons rentrer.

Le souverain d'Arven les regarda.

— Vous ne pouvez pas.

— Pourquoi ?

Il posa une carte sur la table.

— Parce que l'armée de Varnek vient de franchir la frontière.

Kaël regarda la carte.

Puis Naïra.

Puis Élise.

Le royaume était désormais pris entre deux dangers.

Et derrière eux, leur mère était peut-être en train de mourir.

La guerre venait de commencer.


Chapitre 35 — Entre deux royaumes

Kaël resta devant la carte.

Il ne bougeait plus.

— Ma mère est malade et mon royaume est attaqué.

Le souverain d'Arven répondit calmement :

— C'est précisément pour cela que vous ne devez pas agir sous l'effet de la peur.

— Vous me demandez de rester ici pendant qu'elle souffre ?

— Je vous demande de comprendre que si vous retournez maintenant, vous risquez de tomber directement entre les mains de Varnek.

Naïra s'approcha de la table.

— Alors nous devons trouver un autre chemin.

Le souverain la regarda.

— Vous avez une idée ?

— Oui.

Elle posa son doigt sur la carte.

— Si Varnek avance vers la capitale, il s'attend à ce que Kaël rentre par la route principale.

Kaël comprit immédiatement.

— Nous pouvons passer par les anciennes routes commerciales.

Le souverain secoua la tête.

— Elles sont surveillées.

Élise intervint :

— Pas toutes.

Elle désigna une zone montagneuse.

— Il existe un ancien passage utilisé pendant la guerre précédente.

Le souverain la regarda avec surprise.

— Comment le connaissez-vous ?

Élise sourit légèrement.

— J'ai grandi dans cette région.

Kaël la regarda.

— Tu ne m'avais jamais dit ça.

— Tu ne m'avais jamais demandé.

Naïra esquissa un sourire.

Pour la première fois depuis leur départ, une possibilité apparut.

Ils pouvaient rentrer.

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L'alliance

Le souverain d'Arven posa finalement sa main sur l'épaule de Kaël.

— Je vais vous donner deux cents soldats.

Kaël se tourna vers lui.

— Deux cents ?

— Des soldats entraînés, pas une armée.

— C'est déjà beaucoup.

— En échange, je veux votre parole.

Kaël fronça les sourcils.

— Pour quoi ?

— Si vous devenez Roi, vous ouvrirez officiellement les frontières commerciales entre nos deux royaumes.

Kaël réfléchit.

— D'accord.

Le souverain secoua la tête.

— Non. Pas à moi.

Il regarda Naïra.

— À elle aussi.

Naïra fut surprise.

— Pourquoi ?

— Parce que si votre royaume choisit de vous donner un rôle dans sa succession, votre voix aura du poids.

Naïra regarda Kaël.

— Je donne ma parole.

Le souverain acquiesça.

— Alors Arven vous aidera.

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La capitale

Pendant ce temps, au palais, Éléonore était allongée dans son lit.

Mara était assise près d'elle.

— Ils vont revenir.

Éléonore ouvrit lentement les yeux.

— Kaël ?

— Oui.

— Et Naïra ?

Mara sourit.

— Elle est avec lui.

La Reine ferma les yeux.

— Alors je peux attendre.

Mara lui prit la main.

— Tu dois te reposer.

Éléonore murmura :

— J'ai passé seize ans à croire que Naïra était seulement une enfant que je devais protéger.

Elle inspira difficilement.

— Maintenant, je comprends qu'elle est aussi celle qui peut réparer ce que nous avons détruit.

Mara baissa les yeux.

— Tu l'aimes comme ta fille.

— Parce qu'elle est ma fille.

Mara la regarda.

Éléonore poursuivit :

— Le sang ne décide pas toujours de la famille.

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Le piège de Varnek

À la frontière, Varnek reçut un rapport.

— Le prince n'est pas revenu.

Le général fronça les sourcils.

— Alors où est-il ?

— À Arven.

Varnek sourit.

— Parfait.

Son officier hésita.

— Parfait ?

— Oui.

Il posa une carte devant lui.

— Le prince croit qu'Arven va le protéger.

Il désigna la frontière.

— Mais nous avons déjà envoyé des hommes surveiller les anciens passages.

L'officier sourit.

— Ils seront pris au piège.

Varnek secoua la tête.

— Non.

Il regarda la capitale.

— Nous ne voulons pas tuer Kaël.

— Alors que voulez-vous ?

— Nous voulons qu'il revienne.

Il marqua une pause.

— Et lorsqu'il arrivera, nous voulons que le peuple pense que c'est lui qui a déclenché la guerre.

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Le passage secret

Deux jours plus tard, Kaël, Naïra et Élise partirent d'Arven avec leur escorte.

Ils empruntèrent le passage montagneux.

Le chemin était étroit.

La pluie avait rendu la terre glissante.

À la tombée de la nuit, Élise s'arrêta.

— Attendez.

Kaël descendit de cheval.

— Qu'est-ce qu'il y a ?

Elle montra le sol.

Des traces.

— Des chevaux.

Un soldat s'accroupit.

— Elles sont fraîches.

Kaël regarda la montagne.

— Nous avons été suivis.

Naïra demanda :

— Par qui ?

Une flèche se planta dans un arbre.

Puis une deuxième.

— À couvert !

Les soldats formèrent immédiatement un cercle autour d'eux.

Des hommes surgirent des hauteurs.

Le combat fut bref mais violent.

Kaël se battit aux côtés de ses soldats.

Naïra resta protégée au centre.

Élise, elle, avait déjà compris que l'attaque n'était qu'une diversion.

— Kaël !

Il se retourna.

— Quoi ?

— Ils ne cherchent pas à nous tuer !

Un soldat ennemi tenta de s'enfuir.

Élise le rattrapa.

Elle lui arracha un document.

Elle l'ouvrit.

Son visage se vida de couleur.

— Kaël...

— Quoi ?

Elle lui tendit le papier.

C'était un ordre militaire.

« Capturer le prince Kaël vivant. La princesse Naïra doit être conduite à la capitale. »

Kaël comprit.

— Ils veulent nous séparer.

Naïra regarda l'ordre.

— Pourquoi ?

Élise répondit :

— Parce qu'ils savent que tant que nous restons ensemble, ils ne peuvent pas contrôler la succession.

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Le prisonnier

Ils ramenèrent l'un des soldats ennemis avec eux.

Kaël l'interrogea.

— Qui vous donne vos ordres ?

L'homme resta silencieux.

— Répondez.

Toujours rien.

Naïra s'approcha.

— Qui est votre commandant ?

L'homme leva les yeux vers elle.

— Vous ne comprenez pas.

— Alors expliquez-moi.

Il hésita.

— Le général Varnek n'est pas celui qui donne les véritables ordres.

Kaël se figea.

— Qui alors ?

Le soldat murmura :

— Un homme qui porte l'ancien sceau royal.

Naïra sentit son cœur se serrer.

— Valérien.

Le soldat secoua la tête.

— Non.

Il regarda Kaël.

— Quelqu'un d'autre.

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Le retour de Dorian

Une silhouette apparut derrière les soldats.

— C'est moi.

Kaël se retourna.

Dorian avançait difficilement.

Naïra resta stupéfaite.

— Dorian !

Il avait le visage marqué par plusieurs blessures.

— Je vous avais dit que je savais qui avait ordonné votre disparition.

Kaël s'approcha.

— Tu as été capturé ?

— Oui.

— Par qui ?

Dorian regarda Naïra.

— Par celui qui a commencé tout cela.

Naïra sentit son souffle se couper.

— Qui ?

Dorian répondit :

— Le véritable héritier du vieux Roi.

Kaël fronça les sourcils.

— Mais il n'y avait que mon père.

Dorian secoua la tête.

— Non.

Il regarda Naïra.

— Il y avait un autre enfant.

Le silence fut total.

— Un enfant que le vieux Roi avait fait disparaître des registres.

Naïra murmura :

— Un autre héritier ?

Dorian acquiesça.

— Et il est vivant.

Au même moment, une cloche retentit au loin.

Kaël se retourna vers la direction de la capitale.

Une colonne de fumée s'élevait à l'horizon.

Dorian ajouta :

— Et il vient de prendre le palais.

Kaël pâlit.

— Ma mère...

Dorian baissa les yeux.

— La Reine Éléonore est prisonnière.

Naïra serra les poings.

Cette fois, ils n'avaient plus le choix.

Ils devaient rentrer.

Mais ils ne savaient pas encore que celui qui occupait désormais le palais connaissait un secret capable de détruire définitivement la famille royale.


Chapitre 36 — L'autre héritier

Pendant quelques secondes, personne ne bougea.

Kaël fixait Dorian.

— Tu viens de dire que le palais est tombé ?

— Oui.

— Et ma mère ?

Dorian baissa les yeux.

— Elle est vivante.

Kaël ferma les yeux, soulagé malgré lui.

— Alors nous rentrons.

Dorian l'arrêta.

— Non.

Kaël se retourna.

— Quoi ?

— Vous ne pouvez pas rentrer par la route principale.

— Pourquoi ?

— Parce que celui qui contrôle le palais vous attend.

Naïra s'approcha.

— Qui est-il ?

Dorian répondit :

— Son nom est Cassian.

Kaël fronça les sourcils.

— Je ne connais aucun Cassian.

— C'est normal.

Dorian regarda Naïra.

— Pendant seize ans, son existence a été effacée.

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Le fils oublié

Ils trouvèrent refuge dans une ancienne maison de garde.

Dorian étala plusieurs documents sur la table.

— Le vieux Roi avait un premier fils.

Kaël resta immobile.

— Un premier fils ?

— Oui. Cassian.

Naïra regarda les documents.

— Alors pourquoi Athanase a-t-il été présenté comme héritier ?

— Parce que Cassian a disparu lorsqu'il était encore enfant.

Élise demanda :

— Disparu comment ?

Dorian hésita.

— Le vieux Roi l'a fait envoyer loin du royaume.

Kaël fronça les sourcils.

— Pourquoi ferait-il ça à son propre fils ?

— Parce que Cassian avait une maladie qui, à l'époque, était considérée comme incompatible avec la fonction de Roi.

Naïra regarda son frère.

— Et il est revenu.

— Oui.

Dorian posa une lettre devant eux.

— Il est revenu il y a plusieurs années. Il a découvert qu'Athanase avait pris le trône.

Kaël comprit.

— Il veut récupérer ce qu'il considère comme son héritage.

— Exactement.

---

Le véritable manipulateur

Naïra relut les documents.

— Et ma naissance ?

Dorian répondit :

— Cassian la connaissait.

— Comment ?

— Il avait retrouvé les archives de Mara.

Kaël serra les poings.

— Alors il savait qu'elle était la fille d'Athanase.

— Oui.

— Pourquoi l'avoir laissée vivre ?

Dorian regarda Naïra.

— Parce que votre existence lui était utile.

Naïra sentit un froid lui parcourir le dos.

— Utile comment ?

— Si Cassian devenait Roi, il pouvait prétendre être l'unique héritier masculin légitime. Mais votre existence pouvait servir à fragiliser Kaël.

Kaël se redressa.

— Donc tout ce qui s'est passé...

Dorian acquiesça.

— Une partie des événements a été manipulée.

Naïra regarda les documents.

— Silas.

— Oui.

— Valérien.

— Oui.

— Et Cassian ?

Dorian répondit :

— Cassian les a utilisés tous les deux.

Le silence tomba.

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Au palais

Pendant ce temps, Éléonore était conduite dans la grande salle du trône.

Cassian se tenait devant le siège royal.

Il ne portait pas encore la couronne.

Il la regardait comme quelqu'un qui retrouvait enfin un objet perdu.

— Vous ressemblez beaucoup à mon père, dit Éléonore.

Cassian répondit :

— Je ne suis pas comme lui.

— Alors pourquoi avoir pris le palais ?

— Parce qu'il m'a été volé.

Éléonore le fixa.

— Cette couronne n'est pas un héritage que l'on récupère par la force.

Cassian sourit.

— Votre mari n'a pas obtenu la sienne autrement.

Éléonore ne répondit pas.

Cassian s'approcha.

— Où est Naïra ?

La Reine resta silencieuse.

— Où est-elle ?

— Je ne vous le dirai pas.

Cassian soupira.

— Vous la protégez encore.

— Elle est ma fille.

Il marqua un temps d'arrêt.

— Même si elle n'est pas de votre sang ?

Éléonore répondit :

— Elle n'a jamais eu besoin de mon sang pour être ma fille.

Cassian détourna les yeux.

— Vous êtes plus courageuse que je ne le pensais.

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Le choix de Kaël

Dans la maison de garde, Kaël préparait son retour.

Naïra l'observait.

— Tu vas vouloir reprendre le trône.

Kaël secoua la tête.

— Je veux sauver maman.

— Et après ?

Il resta silencieux.

— Après, nous déciderons.

Naïra s'approcha.

— Et si Cassian est réellement l'héritier ?

— Alors le Conseil devra décider selon les lois.

— Tu pourrais perdre ta place.

Kaël regarda sa sœur.

— Je préfère perdre une couronne que perdre ma famille.

Naïra baissa les yeux.

— Tu as changé.

— L'exil m'a changé.

Il sourit légèrement.

— Et certaines personnes m'ont appris à ne plus confondre pouvoir et valeur.

Élise, à quelques mètres, les observait.

Elle savait que Kaël parlait aussi d'elle.

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Le plan

Dorian sortit une carte.

— Il existe un ancien tunnel sous la capitale.

Kaël s'approcha.

— Où mène-t-il ?

— Sous le palais.

— Peut-on y entrer ?

— Oui.

Naïra demanda :

— Et Cassian ?

— Il a concentré ses soldats autour des portes principales. Le tunnel devrait être moins surveillé.

Élise secoua la tête.

— « Devrait » ?

Dorian sourit.

— Dans cette famille, il faut apprendre à aimer ce mot.

Kaël prit la carte.

— Nous partons cette nuit.

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Une dernière révélation

Avant le départ, Dorian retint Naïra.

— Il faut que tu saches quelque chose.

— Quoi ?

— Cassian ne veut pas seulement récupérer le trône.

Naïra attendit.

— Il veut que tu reconnaisses publiquement son droit à la couronne.

— Pourquoi moi ?

— Parce que tu es la fille d'Athanase.

Naïra fronça les sourcils.

— Et alors ?

— Parce qu'une déclaration de ta part pourrait convaincre une partie du Conseil que Cassian est le véritable héritier de la génération précédente.

Elle comprit.

— Il veut m'utiliser comme témoin.

— Oui.

— Et si je refuse ?

Dorian répondit :

— Il fera pression sur ta famille.

Naïra regarda le palais au loin.

— Alors il a commis une erreur.

— Laquelle ?

— Il croit que je suis encore la petite fille que tout le monde pouvait déplacer comme une pièce sur un échiquier.

Elle releva la tête.

— Je ne le suis plus.

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Cette nuit-là, ils entrèrent dans le tunnel.

Kaël marchait en tête.

Élise derrière lui.

Naïra suivait Dorian.

La progression était silencieuse.

Jusqu'à ce qu'un bruit résonne dans l'obscurité.

Des pas.

Kaël leva la main.

Tout le monde s'arrêta.

Une voix retentit derrière eux.

— Vous êtes vraiment prévisibles.

Dorian pâlit.

— Impossible...

Une silhouette apparut.

Valérien.

Kaël dégaina son épée.

— Pourquoi es-tu ici ?

Valérien répondit :

— Parce que vous avez tous commis la même erreur.

— Laquelle ?

Valérien regarda Naïra.

— Vous avez cherché à comprendre le passé.

Il marqua une pause.

— Pendant que Cassian préparait déjà l'avenir.

Puis il ajouta :

— Et si vous voulez sauver Éléonore, vous allez devoir choisir lequel de vos deux héritiers vous êtes prêts à sacrifier.

Naïra fixa Valérien.

— Personne ne sera sacrifié.

Valérien eut un sourire énigmatique.

— C'est exactement ce que disait votre père.

Au-dessus d'eux, les cloches du palais se mirent à sonner.

La capitale venait de recevoir une nouvelle proclamation.

Cassian se déclarait Roi.

Et dans la salle du trône, Éléonore venait de comprendre que son fils et Naïra étaient désormais officiellement recherchés comme traîtres.


Chapitre 37 — Les deux héritiers

La proclamation se répandit dans la capitale avant même que l'aube ne se lève.

Cassian était désormais proclamé Roi.

Et Kaël et Naïra étaient accusés de trahison.

Dans les rues, les soldats arrachaient les anciens emblèmes du palais.

Les habitants regardaient en silence.

Personne ne savait encore quelle version de l'histoire croire.

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Dans le tunnel

Kaël fixait Valérien.

— Écarte-toi.

Valérien ne bougea pas.

— Vous ne comprenez toujours pas.

— Comprendre quoi ?

— Cassian n'a pas pris le palais pour vous combattre.

Naïra fronça les sourcils.

— Alors pourquoi ?

Valérien répondit :

— Pour forcer Athanase à révéler un dernier secret.

Kaël se figea.

— Lequel ?

Valérien regarda Naïra.

— Le secret de votre naissance.

Naïra sentit une boule se former dans sa gorge.

— Je sais déjà qui est mon père.

— Non.

Valérien secoua lentement la tête.

— Tu sais qui est ton père biologique.

Il marqua une pause.

— Mais tu ignores pourquoi ta mère a été choisie.

Mara avait toujours raconté qu'elle avait rencontré Athanase par hasard.

Mais Valérien venait de semer un doute.

Naïra demanda :

— Qu'est-ce que tu veux dire ?

— Mara n'était pas une simple servante.

Kaël regarda Dorian.

— Tu savais ça ?

Dorian baissa les yeux.

— Une partie.

Naïra sentit la colère monter.

— Tout le monde savait quelque chose sauf moi.

Valérien répondit :

— C'est le problème de votre famille. Tout le monde protège les secrets des autres.

---

Le passé de Mara

Valérien expliqua que Mara avait été placée au palais avant même l'arrivée d'Athanase au pouvoir.

Elle avait été choisie parce qu'elle appartenait à une famille autrefois liée à la cour.

— Elle avait accès aux appartements privés du vieux Roi.

Naïra demanda :

— Elle espionnait ?

— Non.

Valérien répondit :

— Elle cherchait quelqu'un.

— Qui ?

— Son frère disparu.

Naïra resta silencieuse.

— Et elle ne l'a jamais retrouvé.

Valérien regarda Kaël.

— Parce que son frère avait été envoyé à Arven.

Kaël comprit immédiatement.

— Arven...

Élise s'approcha.

— Quel rapport avec Cassian ?

Valérien répondit :

— Cassian a grandi là-bas.

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Le piège de Cassian

Dorian intervint :

— Il y a quelque chose que nous devons faire maintenant.

Kaël se tourna vers lui.

— Quoi ?

— Retourner au palais.

Naïra fronça les sourcils.

— C'est un piège.

— Bien sûr.

Dorian désigna le tunnel.

— Mais nous devons y aller.

Kaël comprit.

— Éléonore.

— Oui.

Naïra regarda Valérien.

— Tu viens avec nous ?

Valérien sourit.

— Je savais que vous finiriez par me le demander.

---

La salle du trône

Cassian était assis sur le trône.

Le Conseil se tenait devant lui.

Éléonore était toujours prisonnière.

Un conseiller s'avança.

— Votre Majesté, les troupes ennemies approchent.

Cassian répondit :

— Elles n'attaqueront pas.

— Comment pouvez-vous en être certain ?

Cassian sourit.

— Parce que leur commandant travaille pour moi.

Le conseiller pâlit.

— Varnek ?

— Oui.

Éléonore regarda Cassian.

— Vous avez donc préparé cette guerre depuis des années.

Cassian répondit :

— Depuis le jour où j'ai découvert que mon père avait décidé de m'effacer.

— Et vous pensez que la violence vous rendra ce qu'il vous a pris ?

— Non.

Il regarda le trône.

— Ce sont les lois qui me le rendront.

Éléonore secoua la tête.

— Vous n'avez aucune preuve.

Cassian sourit.

— J'ai mieux.

Il fit signe à un garde.

Le garde apporta une boîte.

Cassian l'ouvrit.

À l'intérieur se trouvait un ancien document portant le sceau royal.

Éléonore le reconnut.

— Le testament de votre père...

— Exactement.

Cassian déplia le document.

— Il m'avait désigné comme héritier.

Éléonore resta stupéfaite.

— Alors pourquoi ce testament n'a-t-il jamais été présenté ?

Cassian répondit :

— Parce qu'Athanase l'a détruit.

— Vous avez une copie ?

— Non.

Cassian sourit.

— J'ai l'original.

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Le retour de Kaël

Une porte secrète s'ouvrit.

Kaël apparut.

Les gardes dégainèrent leurs armes.

Cassian leva la main.

— Laissez-le entrer.

Kaël s'avança.

— Où est ma mère ?

— Vivante.

— Je veux la voir.

Cassian fit signe aux gardes.

Éléonore fut amenée dans la salle.

Kaël courut vers elle.

— Maman.

Elle lui prit le visage entre les mains.

— Tu es revenu.

— Je ne vous abandonnerai plus.

Naïra apparut derrière lui.

Éléonore la regarda.

— Naïra...

Naïra s'approcha.

La Reine la prit dans ses bras.

Cassian observa la scène.

Puis il déclara :

— Voilà les deux enfants qui peuvent décider de mon avenir.

Kaël se retourna.

— Nous ne déciderons rien pour vous.

Cassian sourit.

— Vous le ferez malgré vous.

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Le testament

Cassian posa le document sur la table.

— Voici la vérité.

Kaël le lut.

Ses yeux s'écarquillèrent.

— C'est impossible.

Naïra prit le document.

Elle lut à son tour.

Le testament ne désignait pas seulement Cassian.

Il indiquait une condition.

Si Cassian refusait la couronne ou disparaissait, le pouvoir devait revenir au descendant légitime d'Athanase.

Kaël releva les yeux.

— Alors c'est moi.

Cassian répondit :

— Non.

Il regarda Naïra.

— C'est elle.

Le silence fut total.

Naïra sentit son cœur s'arrêter.

— Pourquoi ?

Cassian posa le doigt sur une ligne.

— Parce que ton père est le premier descendant direct d'Athanase.

Kaël comprit.

— Attends...

Cassian sourit.

— Le testament ne parle pas du premier fils.

Il regarda Naïra.

— Il parle du premier enfant biologique d'Athanase.

Naïra resta figée.

Kaël se tourna vers elle.

Pour la première fois, il ne la regardait plus seulement comme sa sœur.

Il la regardait comme une possible héritière.

Et cette révélation allait bouleverser définitivement leur relation.

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Le dernier avertissement

Cassian se leva.

— Voilà pourquoi je vous ai fait revenir.

Kaël demanda :

— Pour lui donner la couronne ?

— Non.

Cassian regarda Naïra.

— Pour qu'elle la réclame.

Naïra répondit :

— Et si je refuse ?

Cassian sourit.

— Alors le royaume sombrera dans une guerre dont personne ne sortira vainqueur.

Éléonore se plaça devant Naïra.

— Vous ne la forcerez pas.

Cassian regarda la Reine.

— Je ne la forcerai pas.

Il se tourna vers les fenêtres.

Au loin, les premières troupes entraient dans la capitale.

— Je vais simplement lui montrer ce qui arrivera si elle dit non.

Naïra regarda Kaël.

Kaël lui prit la main.

— Peu importe ce qu'il prétend, tu ne seras jamais seule.

Mais au même instant, un garde entra précipitamment.

— Votre Majesté !

Cassian se retourna.

— Qu'y a-t-il ?

— Athanase s'est échappé.

Le visage de Cassian changea.

— Comment ?

— Nous ne savons pas.

Le garde hésita.

— Mais il n'est pas seul.

— Avec qui ?

— Silas.

Cassian resta silencieux.

Puis il murmura :

— Alors le véritable dernier acte commence.

Et, pour la première fois, même Cassian semblait inquiet.


Chapitre 38 — Le dernier acte

Le garde n'avait pas encore terminé sa phrase que Cassian quitta le trône.

— Fermez toutes les portes.

Les soldats obéirent.

Kaël regarda sa mère.

— Où est père ?

Cassian répondit :

— C'est précisément ce que je veux savoir.

Naïra observa son visage.

Pour la première fois, Cassian semblait réellement inquiet.

— Silas est avec lui, murmura-t-elle.

— Oui.

— Alors ils ont probablement trouvé quelque chose.

Cassian se tourna brusquement vers elle.

— Quoi ?

Naïra soutint son regard.

— Je ne sais pas.

Elle mentait.

Elle venait de comprendre.

Silas connaissait les passages secrets du palais.

Et Athanase connaissait les archives interdites.

S'ils s'étaient échappés ensemble, ils ne cherchaient probablement pas à fuir.

Ils cherchaient une preuve.

---

L'archive royale

Dans une partie oubliée du palais, Athanase avançait avec difficulté.

Silas marchait derrière lui.

— Tu es certain qu'elle est ici ?

— Mon père me l'avait montrée une seule fois.

— Quoi donc ?

Athanase s'arrêta devant un mur.

— La véritable archive de succession.

Silas regarda les pierres.

— Elle n'apparaît sur aucun plan.

— Parce qu'elle ne devait jamais apparaître.

Athanase appuya sur une pierre.

Un mécanisme se déclencha.

Le mur s'ouvrit.

Derrière se trouvait une petite pièce.

Au centre, un coffre.

Athanase resta immobile.

— C'est ici que tout a commencé.

Silas s'approcha.

— Et tu crois que ce coffre peut sauver ta couronne ?

Athanase secoua la tête.

— Non.

Il regarda le coffre.

— Je crois qu'il peut sauver mes enfants.

---

Le document perdu

Athanase ouvrit le coffre.

À l'intérieur se trouvaient plusieurs lettres.

Des actes anciens.

Et un registre.

Silas prit le premier document.

Son expression changea.

— Qu'est-ce que c'est ?

Athanase répondit :

— La preuve que Cassian n'a jamais été légalement déshérité.

Silas resta silencieux.

— Mais alors...

— Oui.

Athanase prit une seconde lettre.

— Il avait bien un droit au trône.

Silas fronça les sourcils.

— Alors pourquoi ton père l'a-t-il envoyé à Arven ?

Athanase regarda la lettre.

— Parce qu'il avait découvert quelque chose sur Cassian.

— Quoi ?

Athanase hésita.

— Cassian n'était pas son fils biologique.

Silas resta pétrifié.

— Quoi ?

— Il était le fils d'une femme de la cour.

— Alors pourquoi ton père l'a-t-il reconnu ?

— Pour éviter un scandale.

Silas recula.

— Et Cassian le sait ?

— Il vient probablement de le découvrir.

---

La vérité sur Cassian

Athanase comprit soudain le véritable objectif de Cassian.

Ce n'était pas seulement la couronne.

C'était la vengeance.

Son père avait caché la vérité sur la naissance de Cassian.

Puis il avait élevé Athanase comme héritier.

Athanase avait ensuite tué son propre père.

Et, pendant seize ans, plusieurs secrets s'étaient empilés les uns sur les autres.

— Nous devons trouver Naïra, dit Athanase.

Silas acquiesça.

— Pourquoi ?

— Parce que Cassian pourrait utiliser son identité pour légitimer son pouvoir.

— Et si elle refuse ?

Athanase répondit :

— Alors il pourrait révéler publiquement toute la vérité sur sa naissance.

Silas le regarda.

— Ce qui détruirait le royaume.

— Oui.

---

Dans la salle du trône

Cassian avait fait évacuer les conseillers.

Il ne restait plus que Kaël, Naïra et Éléonore.

— Je vais vous donner une dernière chance, déclara Cassian.

Kaël répondit :

— Nous ne négocierons pas avec un usurpateur.

Cassian sourit.

— Tu me considères comme un usurpateur ?

— Oui.

— Même si les archives prouvent que j'ai un droit au trône ?

Kaël resta silencieux.

Naïra intervint :

— Avoir un droit ne donne pas le droit de prendre le pouvoir par la force.

Cassian la regarda.

— Tu parles comme une reine.

— Je parle comme quelqu'un qui en a assez des mensonges.

Cette réponse sembla le surprendre.

Éléonore posa une main sur l'épaule de Naïra.

— Elle ne deviendra jamais votre instrument.

Cassian détourna les yeux.

— Vous ne comprenez pas.

— Alors expliquez.

Il resta silencieux.

Puis il dit :

— J'ai passé ma vie à être le fils que personne ne devait connaître.

Il regarda le trône.

— Je ne veux plus être effacé.

Naïra répondit doucement :

— Alors ne devenez pas celui qui efface les autres.

Cassian la fixa longuement.

Cette phrase le toucha plus qu'il ne voulait le montrer.

---

Le retour d'Athanase

Les portes s'ouvrirent soudainement.

Athanase entra.

Kaël se retourna.

— Père !

Naïra resta immobile.

Athanase avait l'air épuisé.

Il regarda ses enfants.

Puis Éléonore.

— Je suis désolé.

Éléonore répondit :

— Tu as dit cela trop tard.

Athanase baissa la tête.

— Je sais.

Cassian s'avança.

— Donnez-moi le coffre.

Athanase le regarda.

— Tu veux la vérité ?

— Oui.

— Alors écoute-la devant eux.

Il posa les documents sur la table.

— Tu n'es pas le fils biologique du vieux Roi.

Cassian se figea.

Kaël regarda son père.

Naïra ne respirait presque plus.

Éléonore murmura :

— Mon Dieu...

Cassian recula.

— Tu mens.

Athanase secoua la tête.

— J'ai passé seize ans à mentir.

Il posa une lettre devant Cassian.

— Mais pas aujourd'hui.

Cassian prit la lettre.

Ses mains tremblaient.

Il lut.

Son visage se décomposa.

---

Une couronne sans héritier

Kaël comprit soudain l'ampleur du problème.

— Si Cassian n'est pas le fils biologique du Roi...

Naïra termina :

— Alors son droit au trône est beaucoup plus fragile.

Athanase acquiesça.

— Mais cela ne signifie pas que tout est réglé.

Kaël demanda :

— Pourquoi ?

Athanase regarda Naïra.

— Parce que le vieux Roi avait prévu une autre succession.

Naïra sentit son cœur se serrer.

— Encore ?

Athanase hocha la tête.

— Il savait que plusieurs secrets pouvaient être révélés après sa mort.

Il prit le dernier document.

— Il avait donc désigné une personne qui devait être protégée à tout prix.

Kaël regarda la feuille.

— Qui ?

Athanase ne répondit pas.

Il tendit simplement le document à Naïra.

Elle le prit.

Son regard parcourut les lignes.

Puis elle leva lentement les yeux.

— C'est impossible.

Éléonore s'approcha.

— Qu'est-ce qu'il y a ?

Naïra lui donna le document.

La Reine lut.

Puis elle porta une main à sa bouche.

Kaël demanda :

— Maman ?

Éléonore répondit d'une voix tremblante :

— Le vieux Roi avait prévu que...

Elle s'interrompit.

Athanase termina :

— ...si la succession masculine échouait, le trône devait revenir à la première fille biologique d'Athanase.

Kaël regarda Naïra.

Cassian regarda Naïra.

Et Naïra comprit enfin pourquoi tant de personnes avaient passé seize années à vouloir cacher son existence.

Elle n'était pas seulement le secret d'Athanase.

Elle était devenue, malgré elle, la pièce centrale de la succession.

Mais avant que quelqu'un puisse parler, un bruit assourdissant retentit dehors.

Une explosion.

Puis une deuxième.

Les fenêtres tremblèrent.

Un soldat entra en courant.

— Majesté !

Cassian se retourna.

— Quoi ?

— Les troupes de Varnek ont franchi les dernières défenses.

Le soldat reprit son souffle.

— Ils sont aux portes de la capitale.

Athanase ferma les yeux.

Kaël dégaina son épée.

Naïra regarda la couronne.

Puis elle regarda son père.

Cette fois, elle ne voulait plus fuir la vérité.

Elle voulait savoir qui avait réellement déclenché la guerre.

Et surtout...

pourquoi.


Chapitre 39 — La ville assiégée

Le deuxième coup de canon fit trembler les vitres.

Dans la cour du palais, les chevaux s'affolaient.

Des soldats couraient dans toutes les directions.

Kaël saisit son épée.

— Il faut fermer les portes intérieures.

Athanase secoua la tête.

— Elles ne tiendront pas longtemps.

— Alors nous gagnerons du temps.

Cassian regardait toujours le document posé devant lui.

Il semblait avoir oublié la guerre.

— Toute ma vie...

Sa voix était presque inaudible.

— Toute ma vie, j'ai cru que mon père m'avait rejeté parce que j'étais malade.

Il releva les yeux vers Athanase.

— Mais il m'avait rejeté parce que je n'étais pas son fils.

Athanase ne répondit pas.

— Tu le savais.

— Oui.

— Et tu ne m'as jamais rien dit.

— Je voulais protéger le royaume.

Cassian eut un rire sans joie.

— Vous utilisez tous cette excuse.

Il regarda Éléonore.

— Vous aussi.

La Reine ne baissa pas les yeux.

— Oui.

Cassian se tourna vers Naïra.

— Et maintenant, c'est toi qui dois porter toutes leurs fautes.

Naïra répondit :

— Non.

Elle regarda la couronne.

— Je refuse.

---

Le choix de Naïra

Tout le monde se tourna vers elle.

— Je refuse quoi ? demanda Kaël.

— De devenir une nouvelle raison de guerre.

Elle regarda Cassian.

— Vous voulez cette couronne parce que vous pensez qu'elle vous rendra enfin justice.

Cassian resta silencieux.

— Mais elle ne réparera pas votre enfance.

Puis elle regarda Athanase.

— Et elle ne réparera pas les crimes de mon père.

Athanase encaissa ses paroles sans répondre.

Naïra continua :

— Je ne prendrai aucune décision tant que le peuple sera sous les bombes.

Kaël acquiesça.

— Alors nous défendrons la capitale.

Cassian le regarda.

— Même contre moi ?

Kaël répondit :

— Aujourd'hui, il n'y a plus de rivalité entre nous.

Il désigna les remparts.

— Il y a un royaume à sauver.

---

Le palais se divise

Les portes de la salle s'ouvrirent.

Plusieurs gardes entrèrent.

Le commandant s'inclina.

— Prince Kaël, nos défenses tiennent encore.

Il regarda Cassian.

— Mais nous ne savons plus à qui obéir.

Kaël observa les deux hommes.

Athanase.

Cassian.

Puis Naïra.

Il comprit qu'une décision devait être prise.

— Jusqu'à la fin du siège, aucune succession ne sera proclamée.

Le commandant acquiesça.

— Et qui commande ?

Kaël répondit :

— Nous commandons ensemble.

Cassian le fixa.

— Vous me faites confiance ?

— Non.

Kaël marqua une pause.

— Mais je crois que vous aimez suffisamment ce royaume pour ne pas le détruire.

Cassian détourna les yeux.

— Peut-être.

---

Le secret de Varnek

Dans la salle de guerre, les cartes furent déployées.

Élise rejoignit Kaël.

— Les troupes de Varnek avancent plus vite que prévu.

Kaël demanda :

— Combien de soldats ?

— Au moins dix mille.

Naïra pâlit.

— Dix mille ?

Élise acquiesça.

— Mais quelque chose ne correspond pas.

Elle désigna la carte.

— Leur armée aurait dû arriver par l'est.

Kaël fronça les sourcils.

— Alors pourquoi arrive-t-elle par le nord ?

Dorian s'approcha.

— Parce que Varnek ne veut pas seulement prendre la capitale.

Il posa un document devant eux.

— Il veut contrôler les mines du nord.

Naïra lut le document.

— Les mines d'or.

Dorian acquiesça.

— Si Varnek les contrôle, il peut financer une guerre pendant des années.

Cassian entra.

— Non.

Tout le monde se tourna vers lui.

— Ce n'est pas Varnek qui veut les mines.

Il désigna la carte.

— C'est la personne qui le finance.

Kaël demanda :

— Qui ?

Cassian répondit :

— Un groupe de nobles de notre propre royaume.

---

La trahison du Conseil

Un silence lourd s'installa.

— Ils veulent quoi ? demanda Éléonore.

Cassian répondit :

— La fin de la monarchie.

Kaël secoua la tête.

— Ils veulent une république ?

— Pas exactement.

Cassian regarda Naïra.

— Ils veulent placer un conseil de familles riches au-dessus du trône.

Naïra comprit.

— Et ils utilisent Varnek pour nous affaiblir.

— Oui.

Dorian ajouta :

— Ils ont probablement manipulé Valérien.

Kaël se tourna vers Cassian.

— Et Silas ?

Cassian eut un sourire amer.

— Silas travaillait pour eux.

Tout s'emboîtait.

Silas n'avait jamais voulu réellement gouverner.

Il avait voulu créer le chaos.

Le chaos permettait aux nobles de prendre le pouvoir.

---

La disparition d'Éléonore

Un cri retentit dans le couloir.

— La Reine !

Kaël se précipita.

Éléonore venait de s'effondrer.

Mara était agenouillée près d'elle.

— Elle respire.

Naïra s'approcha.

— Maman...

Éléonore ouvrit difficilement les yeux.

Elle regarda Naïra.

— Ne laisse personne...

Elle reprit son souffle.

— ...te faire croire que tu dois choisir entre ta famille et ton royaume.

Naïra lui prit la main.

— Je ne te laisserai pas.

Éléonore ferma les yeux.

Le médecin arriva.

— Elle doit être conduite dans ses appartements immédiatement.

Kaël resta immobile.

Il avait déjà perdu quatre années avec sa famille.

Il refusait de perdre sa mère maintenant.

---

Le départ de Kaël

Le commandant entra.

— Prince, les troupes ennemies ont atteint la porte nord.

Kaël se tourna vers Élise.

— Je dois y aller.

Elle lui prit le bras.

— Je viens.

— Non.

— Kaël.

— Si quelque chose m'arrive...

— Alors il faudra que je sois là pour te ramener.

Il sourit malgré lui.

— Tu es impossible.

— Et tu m'as épousée quand même.

Ils partirent ensemble.

Naïra les regarda s'éloigner.

Puis elle sentit quelqu'un derrière elle.

Athanase.

— Tu as changé.

Elle se retourna.

— Vous aussi.

Il baissa les yeux.

— Je ne mérite pas ton pardon.

— Je ne vous ai pas pardonné.

Athanase acquiesça.

— Je sais.

Naïra le regarda longuement.

— Mais je ne veux plus être votre secret.

— Tu ne le seras plus jamais.

---

La bataille

Sur les remparts, les premiers soldats ennemis apparaissaient.

Kaël leva son épée.

— Tenez la ligne !

Les archers tirèrent.

Les machines de guerre frappèrent les portes.

Élise combattait à ses côtés.

Dorian commandait une seconde section.

Pendant plusieurs heures, la capitale résista.

Puis un soldat arriva en courant.

— Prince !

— Quoi ?

— La porte sud vient de s'ouvrir !

Kaël se figea.

— Impossible.

Le soldat tremblait.

— Quelqu'un l'a ouverte de l'intérieur.

Une trahison.

Kaël regarda Élise.

— Ils sont déjà dans la ville.

---

Le véritable ennemi

Au même moment, dans les souterrains du palais, Naïra avançait avec Cassian.

Ils avaient découvert une entrée secrète.

Cassian s'arrêta.

— Écoute.

Des voix venaient de l'autre côté de la porte.

Naïra reconnut l'une d'elles.

— Silas.

Cassian acquiesça.

Ils ouvrirent légèrement la porte.

Silas se trouvait avec plusieurs nobles.

Et au centre du groupe se tenait Varnek.

Mais ce n'était pas lui qui parlait.

Une femme était assise devant eux.

Naïra la reconnut.

Elle avait vu son portrait dans les archives.

Cassian blêmit.

— C'est impossible.

Naïra murmura :

— Qui est-ce ?

Cassian répondit :

— Ma mère.

La femme se leva lentement.

Elle regarda son fils.

Puis sourit.

— Bonjour, Cassian.

Le sang de Naïra se glaça.

La femme que tout le monde croyait morte depuis plus de vingt ans était vivante.

Et elle venait de révéler que toute la guerre avait été préparée par elle.


Chapitre 40 — La reine morte

Personne ne parla.

La femme s'avança dans la lumière.

Cassian la fixait comme s'il regardait un fantôme.

— Mère...

Elle sourit.

— Tu as grandi.

Cassian recula d'un pas.

— Vous êtes morte.

— C'est ce qu'on t'a laissé croire.

Naïra observa son visage.

Elle comprit immédiatement que cette femme n'était pas seulement revenue pour récupérer un fils.

Elle était revenue pour récupérer un royaume.

— Qui êtes-vous réellement ? demanda Naïra.

La femme tourna les yeux vers elle.

— Je m'appelle Ariane.

Puis son regard s'arrêta sur le visage de la jeune princesse.

— Et toi... tu es la fille d'Athanase.

Naïra ne répondit pas.

Ariane sourit.

— Enfin.

---

Une vengeance de vingt ans

Cassian s'approcha.

— Pourquoi ?

Ariane resta silencieuse.

— Pourquoi m'avoir abandonné ?

Son sourire disparut.

— Je ne t'ai jamais abandonné.

— Vous m'avez laissé croire que vous étiez morte.

— Parce que ton grand-père voulait te faire disparaître.

Cassian secoua la tête.

— Et Athanase ?

— Il devait être éliminé.

— Vous avez déclenché tout ça ?

Ariane regarda son fils.

— J'ai simplement récupéré ce qui appartenait à notre famille.

Cassian eut un rire amer.

— Vous avez envoyé une armée contre mon royaume.

— Notre royaume.

— Vous avez fait tuer des milliers d'hommes.

— Quelques milliers contre des décennies d'humiliation.

Naïra intervint :

— Vous avez utilisé votre propre fils.

Ariane se tourna vers elle.

— J'ai utilisé ce que le royaume avait déjà créé.

— Cassian ne vous appartient pas.

Le visage d'Ariane se durcit.

— Tu ne sais rien de ce que signifie appartenir à une famille royale.

Naïra répondit :

— Au contraire.

Elle regarda Silas.

— J'en sais probablement plus que vous.

---

Le piège

Ariane fit un signe.

Deux soldats saisirent Naïra.

Cassian réagit immédiatement.

— Lâchez-la !

— Pourquoi ?

— Parce qu'elle n'a rien fait.

Ariane sourit.

— C'est justement pour cela qu'elle est précieuse.

Cassian se plaça devant Naïra.

— Vous ne la toucherez pas.

Ariane regarda son fils.

— Tu commences déjà à lui ressembler.

— À qui ?

— À Athanase.

Cassian serra les dents.

— Ne prononcez pas son nom comme si vous le connaissiez.

Ariane répondit :

— Je le connais mieux que tu ne le crois.

---

La véritable histoire

Ariane révéla alors ce qu'elle avait gardé secret pendant toutes ces années.

Le vieux Roi n'avait jamais officiellement renoncé à Cassian.

Il avait seulement caché son existence.

Pourquoi ?

Parce qu'il craignait qu'Ariane et son fils ne prennent le contrôle de la cour.

Mais Athanase avait découvert la vérité.

Et il avait compris qu'en éliminant son père, il pourrait prendre la couronne.

Ariane avait alors disparu.

Elle avait attendu.

Pendant seize ans.

Elle avait placé des hommes dans les administrations.

Dans l'armée.

Dans le Conseil.

Et même au palais.

Silas n'était qu'un rouage parmi d'autres.

Valérien également.

Naïra comprit soudain.

— Vous avez préparé tout cela depuis ma naissance.

Ariane répondit :

— Non.

Elle regarda Naïra.

— Depuis avant ta naissance.

---

Le rôle de Mara

Naïra sentit son cœur se serrer.

— Et ma mère ?

Ariane resta silencieuse.

— Qu'avez-vous fait à Mara ?

— Rien.

Naïra ne la croyait pas.

— Vous mentez.

Ariane soupira.

— Mara devait mourir parce qu'elle connaissait certaines informations.

— C'est vous qui avez ordonné sa mort ?

Ariane ne répondit pas.

Cassian se retourna vers elle.

— Mère.

Ariane finit par dire :

— Oui.

Cassian resta immobile.

— Pourquoi ?

— Parce qu'elle pouvait révéler ton existence.

Naïra sentit sa colère monter.

— Vous avez détruit ma famille.

Ariane répondit :

— Votre famille s'est détruite toute seule.

---

Au-dessus d'eux

Un bruit assourdissant retentit.

Le palais trembla.

Ariane se retourna.

— Que se passe-t-il ?

Un soldat arriva en courant.

— La porte nord a cédé.

— Et Varnek ?

— Il demande des renforts.

Ariane fronça les sourcils.

— Envoyez-les.

Le soldat hésita.

— Il y a un problème.

— Parlez.

— Le Prince Kaël a repris la porte sud.

Ariane se tourna lentement vers Cassian.

— Ton frère.

Cassian répondit :

— Il ne vous laissera pas prendre le royaume.

Ariane sourit.

— Alors il mourra avec.

---

Le combat de Kaël

Dans la cour, Kaël se battait au milieu des soldats.

La porte sud avait été reprise.

Élise combattait à quelques mètres de lui.

— Kaël !

Il se retourna.

Un soldat ennemi arrivait derrière lui.

Élise le frappa avant qu'il ne puisse atteindre le prince.

Kaël la regarda.

— Tu viens encore de me sauver.

— J'ai perdu le compte.

Ils se sourirent.

Puis un cri retentit.

— Le palais !

Kaël leva les yeux.

Une fumée noire montait des fenêtres.

Son visage se vida de couleur.

— Naïra.

Élise comprit.

— Elle est à l'intérieur.

Kaël partit immédiatement.

---

La confrontation

Dans les souterrains, Cassian avait réussi à désarmer l'un des gardes.

Il se plaça devant Naïra.

Ariane regarda son fils.

— Tu vas vraiment la protéger contre moi ?

— Oui.

— Alors tu me déçois.

— Je ne suis pas votre arme.

Ariane sortit une petite lame.

— Tu es mon fils.

— Et justement.

Cassian fixa sa mère.

— Je refuse de devenir comme vous.

Ariane s'avança.

Mais avant qu'elle puisse atteindre Naïra, une explosion secoua le tunnel.

Les torches s'éteignirent.

Une voix retentit dans l'obscurité.

— Écartez-vous d'elle !

Kaël.

Il venait d'entrer.

Naïra se retourna.

— Kaël !

Il la rejoignit.

— Tu vas bien ?

— Oui.

Puis il regarda Ariane.

— Vous êtes donc la véritable responsable.

Ariane sourit.

— Et toi, tu es le fils d'Athanase.

— Oui.

— Alors tu dois savoir quelque chose.

Elle s'approcha.

— Si tu veux sauver ta mère, ton royaume et ta sœur, tu dois faire un choix.

Kaël se raidit.

— Lequel ?

Ariane désigna Naïra.

— Elle ou la couronne.

Naïra secoua la tête.

— Ne l'écoute pas.

Ariane sourit.

— Il ne pourra pas sauver tout le monde.

---

Le sacrifice

Kaël regarda Naïra.

Puis Cassian.

Puis la sortie menant vers les appartements d'Éléonore.

Il comprit que le véritable piège n'était pas militaire.

C'était moral.

Ariane voulait les pousser à choisir.

Et elle connaissait déjà leur faiblesse.

La famille.

Kaël abaissa lentement son épée.

Ariane sourit.

— Sage décision.

Mais Kaël répondit :

— Je ne choisis ni la couronne ni ma sœur.

Ariane fronça les sourcils.

— Alors que choisis-tu ?

Kaël releva son épée.

— Je choisis de ne plus jouer selon vos règles.

Il se précipita.

Cassian attaqua en même temps.

Naïra se dégagea des soldats.

Le tunnel explosa en mouvement.

---

La chute d'Ariane

La bataille fut courte.

Mais brutale.

Ariane tenta de fuir vers une seconde sortie.

Naïra la rattrapa.

— Attendez !

Ariane se retourna.

— Pourquoi ?

— Je veux savoir une dernière chose.

— Quoi ?

— Pourquoi ma mère a écrit cette lettre à Éléonore.

Ariane resta silencieuse.

Puis elle répondit :

— Parce qu'elle savait qu'Éléonore serait la seule femme capable de t'aimer malgré ton sang.

Naïra sentit ses yeux se remplir de larmes.

Ariane continua :

— Mara savait qu'elle allait mourir.

— Et mon père ?

— Athanase avait déjà choisi la couronne.

— Et vous ?

Ariane regarda son fils.

— Moi, j'avais choisi la vengeance.

Des soldats arrivèrent.

Ariane fut arrêtée.

Mais avant d'être emmenée, elle regarda Naïra.

— Tu crois avoir gagné.

Naïra répondit :

— Non.

Elle regarda Kaël.

— Je crois seulement que nous avons enfin arrêté de nous mentir.

---

Après la bataille

À l'extérieur, les troupes de Varnek commençaient à déposer leurs armes.

Le général lui-même fut capturé.

Silas fut arrêté peu après.

Valérien, lui, avait disparu.

Athanase retrouva Éléonore.

La Reine était faible, mais consciente.

Lorsqu'elle vit Kaël et Naïra entrer ensemble, elle sourit.

— Mes enfants...

Kaël s'agenouilla près d'elle.

Naïra prit sa main.

Éléonore les regarda.

— Vous êtes revenus.

— Ensemble, répondit Kaël.

Athanase se tenait derrière eux.

Il observa ses enfants.

Il savait que rien ne pourrait effacer ce qu'il avait fait.

Mais pour la première fois, il vit quelque chose qu'il n'avait jamais réussi à construire lui-même.

Une famille qui choisissait de rester unie malgré la vérité.

---

Le lendemain

À l'aube, les cloches sonnèrent.

Cette fois, elles n'annonçaient pas une attaque.

Elles annonçaient la fin du siège.

Mais le royaume n'avait toujours pas de véritable solution politique.

Cassian était vivant.

Naïra était officiellement reconnue comme fille du Roi.

Kaël demeurait l'héritier désigné par la loi actuelle.

Ariane était prisonnière.

Silas attendait son procès.

Et Athanase savait que son règne touchait à sa fin.

Il convoqua ses enfants.

— Il est temps que je vous dise toute la vérité.

Kaël regarda son père.

— Encore un secret ?

Athanase répondit :

— Le dernier.

Il posa un document sur la table.

Naïra le prit.

Son visage changea.

— C'est quoi ?

Athanase répondit :

— Mon abdication.

Kaël releva brusquement les yeux.

— Tu veux quitter le trône ?

Athanase regarda Éléonore.

Puis ses enfants.

— Oui.

Il poussa le document vers eux.

— Mais je ne choisirai pas mon successeur.

Il regarda Naïra.

Puis Kaël.

— Cette fois, le royaume choisira.

Et pour la première fois depuis seize ans, la couronne ne serait plus décidée dans une chambre secrète.

Elle serait décidée devant tout le royaume.


Chapitre 41 — Le jugement de la couronne

Le lendemain, le palais ne ressemblait plus au même endroit.

Les soldats avaient cessé de courir dans les couloirs. Les armes avaient été déposées. Les portes avaient été rouvertes.

Mais le silence qui régnait dans la capitale était plus lourd que le vacarme de la guerre.

Le peuple attendait.

Athanase avait convoqué le Grand Conseil.

Pour la première fois, il ne s'assit pas sur le trône.

Il resta debout devant lui.

Éléonore était installée à sa droite. Son visage demeurait pâle, mais son regard avait retrouvé une certaine fermeté.

Kaël se tenait derrière elle.

Naïra se trouvait de l'autre côté.

Ils n'étaient plus deux enfants séparés par un mensonge.

Ils étaient désormais deux héritiers possibles d'une histoire qu'ils n'avaient jamais choisie.

Athanase regarda l'assemblée.

— Pendant seize ans, j'ai gouverné ce royaume en cachant la vérité.

Personne ne parla.

— J'ai menti à mon épouse. J'ai menti à mon fils. J'ai menti à ma fille. J'ai menti au Conseil et à mon peuple.

Il inspira profondément.

— Et j'ai commis des crimes pour conserver ce que je croyais devoir protéger.

Un murmure parcourut la salle.

Kaël baissa les yeux.

Il savait déjà une partie de cette histoire.

Mais entendre son père la reconnaître publiquement était différent.

Athanase continua :

— Aujourd'hui, je renonce à mon trône.

Le silence devint absolu.

---

La question de la succession

Le premier conseiller se leva.

— Votre Majesté... qui doit vous succéder ?

Athanase répondit :

— C'est précisément ce que je refuse de décider.

Il regarda Kaël.

— Mon fils a été élevé pour devenir roi.

Puis il regarda Naïra.

— Ma fille a été privée de son identité et de ses droits.

Naïra resta immobile.

— Je ne peux pas réparer seize années de mensonges en donnant simplement une couronne à l'un ou à l'autre.

Kaël prit la parole.

— Alors il faut consulter les lois.

Un ancien conseiller hocha la tête.

— La loi de succession actuelle désigne l'héritier masculin légitime.

Naïra demanda :

— Et l'ancien testament ?

Le conseiller hésita.

— Il existe une disposition plus ancienne concernant la descendance directe du souverain.

Cassian, qui était gardé à quelques mètres, intervint :

— Voilà pourquoi cette famille s'est toujours battue.

Tous les regards se tournèrent vers lui.

— Vous avez écrit des lois différentes pour chaque secret.

Kaël répondit :

— Et toi, tu as voulu résoudre le problème avec une armée.

Cassian baissa les yeux.

— Oui.

Pour la première fois, il ne chercha pas à se justifier.

---

Le procès d'Ariane

Ariane fut conduite dans la salle.

Elle ne portait plus ses vêtements de cour.

Ses poignets étaient entravés.

Elle regarda son fils.

Cassian ne bougea pas.

— Tu ne me regardes pas ? demanda-t-elle.

— Je ne sais plus qui regarder.

Ariane eut un sourire triste.

— Je suis toujours ta mère.

— Et pourtant tu as essayé de détruire ce royaume.

— Parce qu'il nous avait détruits avant.

Cassian répondit :

— Tu m'as transformé en instrument de ta vengeance.

Ariane resta silencieuse.

Puis elle regarda Naïra.

— Et toi, tu as gagné.

Naïra secoua la tête.

— Non.

— Pourquoi ?

— Parce que personne ne gagne lorsque sa famille est détruite.

Ariane observa longuement la jeune femme.

Pour la première fois, elle sembla comprendre qu'elle avait perdu bien davantage qu'une bataille.

---

Le secret de Mara

Après le procès, Naïra retourna dans les archives.

Elle voulait revoir la lettre de sa mère.

Éléonore l'y rejoignit.

— Tu n'as pas besoin de faire ça seule.

Naïra sourit.

— Je sais.

Elle ouvrit la boîte.

La lettre de Mara était là.

Elle la relut lentement.

Puis elle remarqua quelque chose qu'elle n'avait jamais vu auparavant.

Une phrase avait été écrite dans la marge.

Quelques mots seulement.

« Ne cherche pas seulement celui qui m'a tuée. Cherche celui qui m'a protégée avant ma mort. »

Naïra fronça les sourcils.

— Maman...

Éléonore s'approcha.

— Qu'y a-t-il ?

Naïra lui montra la phrase.

La Reine pâlit.

— Ce n'est pas possible.

— Quoi ?

Éléonore regarda le papier.

— Cette écriture...

— Tu la reconnais ?

Éléonore resta silencieuse.

Puis elle murmura :

— C'est celle de ton père.

---

Athanase face à sa fille

Naïra trouva Athanase dans l'ancienne bibliothèque.

Il était seul.

— Vous avez écrit quelque chose dans la lettre de maman ?

Athanase se retourna.

Son visage changea lorsqu'il comprit ce qu'elle tenait.

— Où as-tu trouvé ça ?

— Dans sa lettre.

Il s'approcha.

Naïra recula légèrement.

— Répondez-moi.

Athanase regarda la phrase.

— Je ne l'ai pas écrite.

— Alors pourquoi votre écriture est-elle là ?

Il prit la lettre.

Ses mains tremblaient.

— Parce que...

Il s'arrêta.

— Parce que ta mère n'était pas seule le soir où elle est morte.

Naïra sentit son cœur accélérer.

— Qui était avec elle ?

Athanase ferma les yeux.

— Quelqu'un que j'ai cru mort.

Naïra comprit.

— Le père d'Éléonore ?

Athanase releva la tête.

— Non.

Un silence.

— Le conseiller royal.

Naïra fronça les sourcils.

— Votre ancien conseiller ?

Athanase acquiesça.

— Celui que j'ai présenté comme mon meilleur ami.

Naïra resta figée.

— Mais... c'est lui que vous avez utilisé pour me présenter comme sa fille.

— Oui.

— Alors il savait ?

— Il savait que tu étais ma fille.

Naïra sentit sa colère revenir.

— Et vous avez continué à mentir ?

Athanase répondit d'une voix brisée :

— Parce qu'il m'avait promis de protéger ta mère.

---

Quatre années d'exil

Kaël entra dans la bibliothèque.

Il s'arrêta lorsqu'il vit Naïra.

— Je vous dérange ?

Naïra secoua la tête.

— Non.

Athanase regarda son fils.

— Kaël, il y a quelque chose que tu dois savoir.

Kaël répondit :

— J'en ai assez des secrets.

Athanase baissa les yeux.

— Je sais.

Kaël regarda Naïra.

Il éprouvait une profonde culpabilité.

Pendant son exil, il avait souvent pensé à la jeune fille qu'il avait laissée derrière lui.

À son retour, il avait été frappé par sa transformation.

Elle était devenue une femme forte, indépendante, consciente de son pouvoir.

Et cette admiration avait parfois troublé ses émotions.

Mais maintenant qu'il connaissait toute la vérité, il comprenait surtout une chose :

Naïra avait besoin d'un frère.

Pas d'un homme qui compliquerait davantage sa vie.

Kaël s'approcha d'elle.

— Je suis désolé.

— Pour quoi ?

— Pour être parti.

Naïra répondit doucement :

— Tu avais besoin de partir.

— Mais je t'ai laissée seule avec leurs mensonges.

— Nous étions tous les deux prisonniers de cette histoire.

Kaël lui tendit la main.

Naïra la prit.

— Cette fois, on en sort ensemble.

---

Élise

Dans le couloir, Élise attendait Kaël.

Lorsqu'il arriva, elle comprit immédiatement à son expression que quelque chose avait changé.

— Qu'est-ce qui s'est passé ?

Kaël répondit :

— Je viens de comprendre que je ne peux pas réparer le passé.

Élise s'approcha.

— Mais ?

— Je peux choisir ce que je fais maintenant.

Elle sourit.

— Alors commence par rentrer avec moi.

Kaël prit sa main.

— Où ?

— Chez nous.

Il sourit.

Pour la première fois depuis longtemps, il ne pensait ni au trône ni aux secrets.

Il pensait simplement à sa femme.

---

Le lendemain

Le Grand Conseil devait voter.

Mais avant même que les conseillers ne se réunissent, un événement inattendu se produisit.

Un cavalier arriva aux portes du palais.

Il portait les couleurs d'un royaume voisin.

Il remit une lettre au commandant.

Le commandant entra dans la salle.

— Votre Majesté.

Athanase se retourna.

— Je ne suis plus roi.

— Alors... Prince Kaël.

Kaël prit la lettre.

Il brisa le sceau.

Il lut.

Son visage devint grave.

Élise s'approcha.

— Qu'est-ce qu'il y a ?

Kaël lui tendit le document.

Elle lut à son tour.

Naïra demanda :

— Qui nous écrit ?

Kaël répondit :

— Le royaume d'Arven.

Il marqua une pause.

— Ils demandent une rencontre officielle.

Naïra fronça les sourcils.

— Pourquoi ?

Kaël releva les yeux.

— Parce qu'ils viennent d'apprendre la vérité sur Cassian.

Il regarda Éléonore.

Puis Athanase.

— Et ils affirment posséder une preuve concernant la naissance de Cassian que nous n'avons pas.

Cassian se leva brusquement.

— Quelle preuve ?

Kaël lui tendit la lettre.

Cassian la lut.

Son visage se décomposa.

— Non...

Naïra s'approcha.

— Qu'est-ce qu'il y a ?

Cassian leva lentement les yeux.

— Ils disent que ma mère n'est pas la seule personne qui connaissait la vérité.

— Qui d'autre ?

Cassian répondit :

— Le Roi d'Arven.

Le silence tomba.

Et Athanase comprit que leur histoire n'était peut-être pas terminée dans ce royaume.

Elle venait simplement de dépasser ses frontières.


Chapitre 42 — Le royaume d'Arven

Trois jours plus tard, les couleurs d'Arven apparurent à l'horizon.

Kaël avait insisté pour partir lui-même.

Élise l'accompagnait.

Naïra également.

Athanase et Éléonore restaient au palais, sous la protection du Conseil.

Cassian, lui, avait demandé à venir.

Personne ne savait encore s'il était prisonnier ou allié.

Peut-être les deux.

À mesure qu'ils approchaient d'Arven, Kaël observait les grandes avenues, les bâtiments modernes et les véhicules qui circulaient autour du palais.

Il connaissait déjà cette ville.

C'était ici qu'il avait vécu quatre années loin de sa famille.

C'était ici qu'il avait rencontré Élise.

Mais aujourd'hui, il y revenait avec un passé qu'il ne pouvait plus fuir.

Élise posa doucement sa main sur la sienne.

— Tu es nerveux.

— Je ne pensais jamais revenir dans ces circonstances.

— Tu n'es plus le même homme que lorsque tu es arrivé ici.

Kaël regarda par la fenêtre.

— J'espère que c'est une bonne chose.

---

Le Roi d'Arven

Le Roi Adrien les reçut dans une immense salle de réception.

Il était plus âgé qu'Athanase, mais son regard était vif.

À côté de lui se tenait sa fille, la princesse Amélia.

Adrien regarda Cassian.

Un long silence s'installa.

— Tu lui ressembles.

Cassian répondit :

— À ma mère ?

— Non.

Le Roi d'Arven marqua une pause.

— À ton père.

Cassian se raidit.

— Vous le connaissiez ?

— Très bien.

Adrien fit signe à ses serviteurs de quitter la pièce.

— Ce que je vais vous raconter n'a jamais quitté cette salle.

Kaël s'approcha.

— Nous sommes prêts.

Le Roi regarda Naïra.

— Votre présence est essentielle.

Naïra fronça les sourcils.

— Pourquoi ?

Adrien répondit :

— Parce que l'histoire de votre père et celle de Cassian sont liées depuis bien avant votre naissance.

---

La vérité sur Cassian

Adrien ouvrit un coffre.

Il en sortit une photographie ancienne.

Cassian la prit.

Un homme et une femme se tenaient devant le vieux palais.

La femme était Ariane.

L'homme...

Cassian pâlit.

— C'est mon père.

Adrien acquiesça.

— Non.

Cassian le regarda.

— Quoi ?

— C'est l'homme qui t'a élevé pendant tes premières années.

Cassian resta figé.

Adrien désigna un second homme sur la photographie.

— Ton véritable père est celui-ci.

Kaël s'approcha.

Naïra regarda également.

Aucun d'eux ne connaissait cet homme.

— Qui est-il ? demanda Naïra.

Adrien répondit :

— Le frère aîné de ton père, Athanase.

Kaël releva brusquement les yeux.

— Athanase avait un frère ?

— Oui.

Le silence devint lourd.

— Un frère dont l'existence a été effacée des archives.

Cassian regardait toujours la photographie.

— Pourquoi ?

Adrien répondit :

— Parce qu'il était l'héritier véritable.

---

Un secret plus ancien

Kaël comprit alors pourquoi le vieux Roi avait toujours eu peur.

Il ne s'agissait pas seulement de Cassian.

Il existait une branche entière de la famille royale que l'histoire officielle avait supprimée.

Naïra demanda :

— Pourquoi Athanase n'a-t-il jamais parlé de lui ?

Adrien répondit :

— Parce que son frère est mort.

Cassian releva la tête.

— Comment ?

Adrien hésita.

— Dans des circonstances que personne n'a jamais pu expliquer.

Cassian murmura :

— Mon père l'a tué.

Adrien ne répondit pas.

Mais son silence suffisait.

Cassian serra les poings.

— Toute ma vie...

Il ferma les yeux.

— Toute ma vie, j'ai cru que j'avais été abandonné.

Naïra posa doucement une main sur son bras.

— Tu n'es pas responsable de ce qu'ils t'ont caché.

Cassian la regarda.

— Toi non plus.

Pour la première fois, ils comprirent qu'ils avaient quelque chose en commun.

Ils étaient tous les deux nés au milieu d'un mensonge.

---

La lettre d'Ariane

Adrien sortit une enveloppe.

— Ceci appartenait à Ariane.

Cassian la prit.

— Elle vous l'avait confiée ?

— Oui.

— Pourquoi ?

— Parce qu'elle savait qu'un jour, son fils chercherait la vérité.

Cassian ouvrit la lettre.

Il lut silencieusement.

Puis ses yeux se remplirent de larmes.

Kaël détourna légèrement le regard.

Élise resta près de lui.

Cassian finit par murmurer :

— Elle savait qu'elle allait mourir.

Adrien répondit :

— Elle savait surtout que sa vengeance finirait par détruire ceux qu'elle prétendait protéger.

Cassian plia la lettre.

— Alors pourquoi a-t-elle continué ?

Adrien répondit :

— Parce qu'elle ne savait plus faire la différence entre justice et vengeance.

---

Le choix de Naïra

Le soir, Naïra sortit seule sur la terrasse.

La ville d'Arven brillait sous elle.

Kaël la rejoignit.

— Tu vas bien ?

— Je réfléchis.

— À quoi ?

— À la couronne.

Kaël resta silencieux.

— Tout le monde veut que je la prenne ou que je la refuse.

Elle se tourna vers lui.

— Mais personne ne me demande ce que je veux réellement.

Kaël répondit :

— Alors je te le demande.

Naïra regarda l'horizon.

— Je ne sais pas encore.

— Tu as le droit de ne pas savoir.

Elle sourit.

— Tu es devenu beaucoup plus raisonnable pendant ton exil.

— Élise prétend que non.

Naïra rit doucement.

Puis son expression changea.

— Kaël...

— Oui ?

— Merci de m'avoir protégée.

Il répondit simplement :

— Tu es ma sœur.

Naïra baissa les yeux.

Cette fois, les mots ne lui firent pas mal.

Ils lui apportèrent une forme de paix.

---

La décision

Le lendemain matin, Adrien réunit tout le monde.

— J'ai une proposition.

Kaël demanda :

— Laquelle ?

— Arven reconnaîtra officiellement Naïra comme fille biologique d'Athanase.

Naïra resta silencieuse.

— Et nous reconnaîtrons Kaël comme héritier légitime du royaume selon les lois actuellement en vigueur.

Cassian fronça les sourcils.

— Et moi ?

Adrien le regarda.

— Toi, tu dois décider ce que tu veux faire de ton nom.

Cassian répondit :

— Je ne veux plus de cette guerre.

Adrien hocha la tête.

— Alors prouve-le.

Cassian regarda Kaël.

Puis Naïra.

— Je retournerai avec vous.

Kaël fut surpris.

— Pour être jugé ?

— Oui.

— Tu pourrais être condamné.

— Je sais.

Il regarda sa mère, qui avait été ramenée sous escorte.

— Mais je ne veux pas finir comme elle.

---

Le retour

Lorsque leur navire quitta Arven, Naïra resta longtemps sur le pont.

Kaël vint la rejoindre.

— Tu sembles différente.

— Je le suis.

— Pourquoi ?

Elle regarda la mer.

— Parce que je pensais que découvrir mon père me donnerait des réponses.

— Et ?

— Cela m'a donné davantage de questions.

Kaël sourit.

— Bienvenue dans la famille.

Naïra éclata de rire.

Pour la première fois, leur passé ne pesait plus autant.

Mais au loin, derrière eux, un messager d'Arven préparait déjà une seconde lettre.

Une lettre destinée à Éléonore.

Elle contenait une information qu'Adrien n'avait pas révélée devant eux.

Mara n'était pas morte comme Athanase l'avait raconté.

Et surtout...

la femme qui avait élevé Naïra avant son arrivée au palais n'était pas celle que tout le monde croyait.

Le dernier secret de la famille royale venait seulement de refaire surface.


TRANSGRESSIONS

Chapitre 43 — Le dernier secret de Mara

Le voyage de retour fut silencieux.

Naïra regardait l'horizon depuis le pont.

Elle pensait à tout ce qu'elle avait appris.

Son père.

Sa mère.

Athanase.

La couronne.

Cassian.

Et maintenant cette nouvelle information : Mara n'était peut-être pas morte comme on le lui avait raconté.

Kaël s'approcha.

— Tu penses encore à la lettre ?

— Oui.

— Nous aurons les réponses bientôt.

Naïra secoua la tête.

— J'ai peur de les connaître.

Kaël resta près d'elle.

— Moi aussi.

---

À leur arrivée au palais, Éléonore les attendait.

Elle était encore fragile, mais elle avait retrouvé suffisamment de forces pour se tenir debout.

Naïra courut vers elle.

La Reine l'étreignit.

— Tu es revenue.

— Oui.

Éléonore ferma les yeux.

— Alors je peux enfin te dire la vérité.

Naïra se détacha doucement d'elle.

— Sur maman ?

Éléonore acquiesça.

— Sur Mara.

Athanase se trouvait derrière elle.

Naïra le regarda.

— Vous saviez.

— Je savais qu'elle n'était pas morte comme je l'avais prétendu.

Le silence tomba.

— Alors racontez-moi.

Athanase baissa la tête.

— Mara avait survécu à l'attaque.

Naïra resta immobile.

— Elle était blessée, mais vivante.

— Où était-elle ?

— Dans un village à plusieurs jours de la capitale.

— Pourquoi ne l'avez-vous pas retrouvée ?

Athanase ferma les yeux.

— Parce que quelqu'un m'a convaincu qu'elle était morte.

Naïra fronça les sourcils.

— Qui ?

Athanase regarda Éléonore.

— Le conseiller qui était officiellement ton père.

Naïra comprit.

Le mensonge était encore plus profond qu'elle ne l'avait imaginé.

---

Chapitre 44 — La femme du village

Ils partirent dès le lendemain.

Naïra, Kaël, Élise et Dorian se rendirent dans le village indiqué dans les archives.

Une vieille femme les attendait.

Lorsqu'elle vit Naïra, elle se mit à pleurer.

— Tu as les yeux de ta mère.

Naïra s'approcha.

— Vous la connaissiez ?

— Oui.

— Qui êtes-vous ?

La vieille femme sourit tristement.

— Je m'appelle Yvette.

Elle leur raconta que Mara avait vécu plusieurs mois dans le village après avoir fui le palais.

Elle était enceinte.

Elle avait accouché d'une petite fille.

Mais Athanase n'était jamais venu.

— Alors comment a-t-elle survécu ?

— Elle ne voulait pas retourner au palais.

Naïra sentit les larmes monter.

— Pourquoi ?

Yvette répondit :

— Parce qu'elle savait que quelqu'un voulait la tuer.

Naïra serra les poings.

— Qui ?

Yvette hésita.

— Ton père.

Le silence fut glacial.

Kaël baissa les yeux.

Il connaissait déjà la culpabilité de son père.

Mais entendre cette vérité prononcée par une étrangère la rendait réelle.

---

Chapitre 45 — Le mensonge d'Athanase

De retour au palais, Naïra confronta Athanase.

— Vous saviez qu'elle était vivante.

— Oui.

— Vous saviez où elle se trouvait.

— Oui.

— Et vous n'avez rien fait.

Athanase ne chercha pas à se défendre.

— J'avais peur.

Naïra éclata de colère.

— Vous avez toujours peur lorsque vos mensonges risquent d'être découverts !

Éléonore intervint.

— Naïra...

— Non, maman.

Elle regarda Athanase.

— Vous avez tué ma mère pour protéger votre couronne.

Athanase ferma les yeux.

— Oui.

Ces deux mots détruisirent quelque chose dans la pièce.

Même Kaël détourna le regard.

Athanase poursuivit :

— Mais avant sa mort, Mara avait compris que je regrettais déjà.

Naïra murmura :

— Alors pourquoi ne pas l'avoir sauvée ?

— Parce que j'étais devenu le genre d'homme qui croyait qu'il était trop tard pour revenir en arrière.

Naïra répondit :

— Il n'est jamais trop tard pour dire la vérité.

Athanase acquiesça.

— Je le comprends maintenant.

---

Chapitre 46 — Le procès du Roi

Le Grand Conseil décida qu'Athanase devait être jugé.

Le peuple fut informé de ses crimes.

Le meurtre de Mara.

La mort de son propre père.

Les années de mensonges.

La falsification de l'identité de Naïra.

Athanase ne nia rien.

Durant le procès, un conseiller demanda :

— Pourquoi avez-vous fait tout cela ?

Athanase regarda Naïra.

— Parce que j'ai confondu protéger ma famille et protéger mon pouvoir.

Il regarda ensuite Éléonore.

— Et j'ai perdu ma famille en essayant de conserver mon trône.

Le verdict fut prononcé.

Athanase fut condamné à la prison à vie.

Il ne protesta pas.

Avant de partir, il demanda seulement à voir ses enfants.

Kaël vint.

Naïra également.

Athanase les regarda longuement.

— Je ne vous demanderai pas pardon.

Kaël fronça les sourcils.

— Pourquoi ?

— Parce que le pardon appartient à ceux que j'ai blessés.

Naïra resta silencieuse.

Athanase ajouta :

— Mais je vous demanderai de ne pas devenir comme moi.

Kaël répondit :

— Nous ne le deviendrons pas.

Naïra ajouta :

— Parce que nous connaissons maintenant le prix du silence.

---

Chapitre 47 — La couronne

Le Conseil se réunit.

Deux noms étaient officiellement considérés.

Kaël.

Naïra.

Le peuple était partagé.

Certains estimaient que Kaël devait devenir Roi.

D'autres pensaient que Naïra, en tant que première enfant biologique d'Athanase, avait un droit ancien à la couronne.

Kaël prit alors une décision.

Il se leva devant le Conseil.

— Je renonce à toute prétention fondée sur le sang.

Un murmure parcourut la salle.

Naïra se tourna vers lui.

— Kaël...

— Non.

Il sourit.

— J'ai passé trop de temps à croire qu'être héritier signifiait que tout m'était dû.

Il regarda le peuple.

— Je veux servir ce royaume, pas le posséder.

Naïra se leva à son tour.

— Et moi, je refuse de devenir reine simplement parce que mon père a passé seize ans à cacher mon existence.

Le Conseil resta silencieux.

Alors Éléonore se leva.

— Peut-être que nous cherchons la mauvaise réponse.

Tous la regardèrent.

— Le royaume n'a pas besoin d'un souverain qui règne seul.

Elle regarda ses enfants.

— Il a besoin d'une nouvelle manière de gouverner.

---

Chapitre 48 — Le nouveau royaume

Une réforme historique fut proposée.

Kaël deviendrait souverain constitutionnel.

Naïra deviendrait officiellement princesse royale et héritière de plusieurs institutions nouvellement créées.

Le pouvoir du monarque serait limité.

Le Conseil serait élu en partie par le peuple.

Les archives royales seraient ouvertes.

Les crimes de la monarchie ne pourraient plus être effacés.

Et surtout, aucun enfant royal ne pourrait être privé de son identité par décret secret.

La réforme fut votée.

Kaël devint Roi.

Mais le premier décret qu'il signa ne concernait ni l'armée ni la richesse.

Il concernait les archives.

Toute vérité historique concernant la famille royale devait désormais être accessible au peuple.

Naïra le regarda signer.

— Tu es sûr ?

Kaël sourit.

— Je ne veux jamais que quelqu'un puisse utiliser le silence comme mon père l'a fait.

---

Chapitre 49 — Élise

Quelques mois passèrent.

Le royaume commença lentement à se reconstruire.

Kaël et Élise s'installèrent dans une résidence moins imposante que l'ancien palais.

Élise n'avait jamais recherché la couronne.

Elle avait aimé Kaël avant qu'il ne redevienne prince.

Et elle continua de l'aimer lorsqu'il devint Roi.

Un soir, ils marchèrent dans les jardins.

— Tu regrettes Arven ? demanda Élise.

Kaël sourit.

— Parfois.

— Moi aussi.

— Mais ?

Elle prit sa main.

— Ici aussi, nous pouvons construire quelque chose.

Kaël regarda le palais.

— Quelque chose de différent.

— Exactement.

Ils continuèrent leur promenade.

Pour la première fois, Kaël ne marchait plus comme un prince qui devait satisfaire les attentes d'un père.

Il marchait comme un homme qui avait choisi sa propre vie.

---

Chapitre 50 — Naïra

Naïra, elle, transforma son histoire en force.

Elle créa une fondation destinée aux enfants abandonnés, aux orphelins et aux enfants dont l'identité avait été dissimulée pour des raisons politiques ou familiales.

Elle lui donna le nom de sa mère.

Fondation Mara.

Lors de l'inauguration, Éléonore prit la parole.

— Pendant seize ans, Naïra a vécu sans connaître son véritable nom.

Elle regarda sa fille.

— Aujourd'hui, elle donne un nom à ceux que personne ne voulait voir.

Naïra prit ensuite le micro.

— Je ne peux pas changer mon enfance.

Elle regarda la foule.

— Je ne peux pas ramener ma mère.

Sa voix trembla.

— Je ne peux pas effacer les crimes de mon père.

Elle inspira.

— Mais je peux décider de ce que leur histoire produira.

Un silence respectueux accompagna ses derniers mots.

— Je ne suis pas née pour porter leurs secrets.

Elle regarda le ciel.

— Je suis née pour y mettre fin.

---

Chapitre 51 — Cassian

Cassian avait choisi une autre voie.

Après son procès, il refusa toute fonction politique.

Il demanda à partir vivre à Arven.

Kaël accepta.

Avant son départ, Naïra vint lui dire au revoir.

— Tu ne veux vraiment pas rester ?

— Non.

— Pourquoi ?

Cassian regarda le palais.

— Parce que chaque pierre me rappelle quelqu'un que je ne veux plus devenir.

Naïra sourit tristement.

— Alors pars.

Cassian lui tendit une lettre.

— Pour toi.

Elle la prit.

— Qu'est-ce que c'est ?

— Une chose que j'ai comprise trop tard.

Naïra l'ouvrit plus tard.

Une seule phrase y était écrite :

« Nous ne sommes pas condamnés à devenir les enfants des erreurs de nos parents. »

Naïra conserva la lettre.

---

Chapitre 52 — La dernière lettre

Un an passa.

Le royaume connaissait enfin une période de paix.

Éléonore avait retrouvé des forces.

Kaël régnait.

Élise était devenue l'une des femmes les plus influentes de la cour.

Naïra était respectée par le peuple.

Athanase vivait en prison.

Et Ariane avait été condamnée pour les crimes commis pendant la guerre.

Mais une dernière lettre arriva au palais.

Elle provenait des archives d'Arven.

Naïra l'ouvrit.

Elle reconnut immédiatement l'écriture de Mara.

Cette lettre n'avait jamais été envoyée.

Elle avait été retrouvée dans une ancienne demeure.

Naïra lut.

Mara y expliquait qu'elle savait qu'Athanase finirait par la chercher.

Elle savait qu'il avait peur.

Mais elle avait aussi écrit quelque chose à propos de Naïra.

« Si ma fille découvre un jour toute la vérité, dites-lui de ne pas haïr son sang. Qu'elle choisisse elle-même qui elle veut devenir. »

Naïra pleura.

Éléonore la prit dans ses bras.

— Elle voulait seulement que tu sois libre.

Naïra acquiesça.

— Je le suis maintenant.

---

Chapitre 53 — La dernière rencontre

Des années plus tard, Naïra demanda à voir Athanase.

Il avait vieilli.

Lorsqu'elle entra dans la petite salle de visite, il se leva difficilement.

— Naïra.

Elle s'assit en face de lui.

— Je suis venue vous dire quelque chose.

Athanase attendit.

— Je ne vous pardonne pas encore.

Il acquiesça.

— Je comprends.

— Mais je ne vous déteste plus.

Athanase baissa les yeux.

Une larme coula sur son visage.

— C'est plus que ce que je mérite.

Naïra se leva.

— Je ne suis pas venue vous donner une récompense.

Elle posa la main sur la table.

— Je suis venue vous dire que votre histoire s'arrête avec vous.

Athanase la regarda.

— Et la tienne ?

Naïra sourit.

— Elle commence avec moi.

Elle quitta la pièce.

Athanase resta seul.

Mais pour la première fois depuis des décennies, il ne se retrouva pas face à ses mensonges.

Il se retrouva face à la conséquence de ses actes.

---

Épilogue — TRANSGRESSIONS

Dix ans plus tard.

Les cloches de la capitale sonnèrent.

Le royaume avait changé.

Les anciennes archives étaient devenues accessibles.

Les enfants apprenaient désormais l'histoire réelle de la monarchie.

Le nom d'Athanase figurait dans les livres.

Pas comme un héros.

Pas comme un monstre.

Mais comme un homme qui avait laissé le pouvoir dévorer ses choix.

Mara, elle, était devenue un symbole.

La Fondation Mara avait ouvert plusieurs centres dans le royaume.

Naïra en dirigeait le conseil.

Elle n'avait jamais porté la couronne.

Elle avait choisi quelque chose de plus important pour elle.

Sa liberté.

Kaël, lui, avait transformé la monarchie.

Élise était restée à ses côtés.

Ils avaient eu des enfants.

Et Kaël leur avait appris une chose avant toute autre :

— Vous avez le droit de connaître la vérité sur votre famille.

Il n'y aurait plus de lettres cachées.

Plus de filiations falsifiées.

Plus d'enfants transformés en secrets politiques.

Plus de couronnes obtenues dans l'ombre.

Un soir, Naïra se tenait sur le balcon du palais.

Elle regardait les lumières de la capitale.

Kaël la rejoignit.

— Tu te souviens de la première fois où tu as appris qui tu étais ?

Elle sourit.

— J'aurais préféré ne jamais le savoir.

— Et maintenant ?

Naïra regarda l'horizon.

— Maintenant, je suis heureuse de l'avoir su.

Kaël hocha la tête.

— Pourquoi ?

Elle réfléchit quelques secondes.

— Parce que si je n'avais jamais découvert la vérité, j'aurais passé ma vie à être quelqu'un que les autres avaient inventé.

Kaël sourit.

— Et maintenant ?

Naïra se retourna vers lui.

— Maintenant, je suis Naïra.

Ils restèrent silencieux.

Derrière eux, le palais continuait de vivre.

Devant eux, le royaume avançait.

La couronne avait changé de mains.

Les secrets avaient été révélés.

Les mensonges avaient laissé des cicatrices.

Mais les enfants de cette histoire avaient finalement compris quelque chose que leurs parents n'avaient jamais compris :

On peut hériter d'un nom.

On peut hériter d'un royaume.

On peut même hériter des fautes de ceux qui nous ont précédés.

Mais on n'est jamais obligé d'hériter de leurs choix.

Et c'est ainsi que se termina l'histoire d'une famille qui avait voulu protéger son pouvoir par le mensonge...

...et qui ne retrouva la paix qu'après avoir accepté de vivre avec la vérité.

FIN

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The Grumpy Next Door

D: I loved reading every second of this book! I couldn't stop once I started!

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The Easter Bunny

Lynne: Beautiful short story with a happy ending.luved it.

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An Irish Match

Elisa_sims: I really appreciate the creativity in your story. I'd love to discuss it with you sometime

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The Alpha's Exiled Mate

Elisa_sims: Your characters are incredibly memorable. I'd enjoy hearing more about how you developed them

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Silver's Second Chance

Ku_Rolet: I love the story and the love between the couple. It doesn’t drag unnecessarily, which I really enjoyed. However, I felt that the ending was a bit rushed because Silver being a druid was revealed so suddenly, without much explanation. That part of the story still feels like a mystery, especially how...

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Legacy: Ghost

Bumble71: I want a man just like Ghost! This story was so beautifully written, the will they won’t they plot at the start was suspenseful, from pig tails to adult hood. Angel basically stayed the same throughout, strong and independent, I liked that. The way in which they both healed each was beautiful. Great...

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Bear Shifter Secrets

Victoria: Your story was very engaging and easy to visualize. I liked how naturally the scenes flowed. How did you come up with the main character?

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Fated to My Ex- Best Friend

Victoria: I liked how you described everything so clearly. It made the story very immersive. Do you plan to continue this story further?

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