PROLOGUE
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Loups avec nos semblables, requins dans les affaires, vaches ou chameaux dans notre affection, nous sommes tous des moutons.
Les bullshitters, fake-newsers et autres beaux parleurs nous arnaquent et nous font avaler n’importe quelle couleuvre, pourvu qu’elle soit bien enrobée.
Fais écouter cent fois à ton voisin une chanson, même la plus médiocre, et un jour, tu l’entendras la fredonner :
Elle est grosse !
Elle est grosse !
Elle est grosse !
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Après avoir lu Pétillance, et trouvé ma prose "acceptable", des clientes de Sayaka sollicitèrent mon aide.
Elles se réunissent en ce qui se rapproche le plus à une association. Ce qu’elles n’avaient même pas pensé à nommer :
Club ou cercle ? Salon, comme on disait jadis ?Amicale, comité, assemblée ou collectivité ?
À ma question, qu’elles trouvèrent passablement saugrenue, l’une d’elles, en guise de taquinerie, lâcha un gros pavé :
– secte ?
Faussement indignées, les autres la corrigèrent, avec des mots-éclairs : boudoir, salle d’entente, square des invisibles, empêcheuses de tourner en ronde, bras dodus d’honneur….
Le rire qui accompagna cette farfelue suite de dénominations balaya mes dernières hésitations et me convainquit d’accepter d’être leur témoin plumitif.
J’étais certaine que je n’allais pas m’ennuyer avec elles.
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Comment les définir ? Issues de divers horizons, elles se sont rassemblées autour de ce qu’on appellerait problème civilisationnel : le poids.
Ou pour être plus précise, la « maigritude » ( obsessive slimming !)
Je n’attendis pas longtemps pour comprendre que les choses ne sont pas aussi simples.
Même si l’embonpoint accapare souvent leurs débats, leurs préoccupations concernent surtout leur identité, et l’importance accordée à la différence.
Cette différence qui nous vaut le respect et l’adulation, parce que riches ou célèbres, et le rejet quand nous sommes pauvres, moches, petits ou gros.
Elles s’interrogent sur leur place dans la société, au soleil, en amitié et en amour.
Elles s’inquiètent du devenir de 'l’Homme', de la planète, des fragilités qui nous font, nous défont, qui attisent nos cruautés, alimentent et arment nos lâchetés.
En un mot, elles sont comme toi, comme moi ou comme l’inconnu qui passe en attardant un regard ahuri sur une partie précise de leur corps.
Leur différence ne diverge en rien de celle qui nous distingue de l’autre, du voisin ou de l’étranger.
Parce que nous sommes tous uniques, et refuser la différence de l’un prouve qu’on supporte mal la sienne propre.
C’est avoir avec soi un conflit qu’on essaie de résoudre, en en créant un avec le voisin.
T’as compris quelque chose, toi ? Veinarde !
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Elles m’étonnent, souvent me font rire, et une ou deux fois par semaine, je me lève plus tôt que d’habitude, et bouscule mon emploi du temps, pressée de les rejoindre.
Partager avec elles ces moments précieux est un bonheur que je souhaite à tous.
Depuis que je les fréquente, je me sens un peu moins conne !
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Et quand vous les connaîtrez, vous admettrez avec moi qu’elles avaient raison de m’imposer ce rôle de chroniqueuse.
Leurs histoires méritent d’être connues, partagées, commentées. Elles vous ouvriront d’autres horizons et vous apporteront, j’en suis certaine, mille raisons de vous réjouir.
Votre vision sur la minorité –relative !– en surpoids en sera à jamais changée.
Et, peut-être, en viendriez-vous, comme moi, à vous poser cette question :
── ✦ ── C’est étrange qu’on rejette les gros, les homos, les étrangers, les tordus, les petits, et on ne touche pas aux cons. Pourquoi ? Parce qu’ils sont trop nombreux ? Détiennent-ils la normalité ?
Ou parce que ceux qui interdisent tout, qui moquent tout, et ne supportent rien ni personne se reconnaissent-ils en eux ? ── ✦ ──
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Malgré plusieurs tentatives, je n’arrivai pas à trouver le ton adéquat de les présenter de façon à intéresser l’éventuel lecteur, et surtout sans les trahir.
Un roman ? Une chronique ? Un récit ?
Guère faite pour écrire à la demande, je préfère suivre mon imagination, me laisser happer par mes petites révoltes ou transporter par mon enthousiasme.
J’aime être à l’écoute de mes rêves, traduire ma peine, aiguiser mon rire, et surtout étaler mon affection qui ne trouve jamais assez de cibles.
Et écrire pour ces dames, c’est plutôt, à mon sens, un travail de journaliste, de biographe, de mémorialiste, que sais-je !
En suis-je capable ?
Bien sûr, comme elles me le suggérèrent, j’avais enregistré leurs conversations –entretiens, causeries ?– et le premier jet, qui était une simple transcription, me déplut, aussi fidèle fut-il.
Je le réécrivis, en y incorporant quelques réflexions personnelles, mais c’était pire. Aussi, m’étais-je résolue à faire une synthèse des interventions de chacune.
Cependant, une fois le livre presque fini, je me rendis compte que certaines déclarations portaient en elles des pépites, des tournures précieuses, à déguster avec lenteur.
Des mots qui méritent d’être décortiqués, salués, que sais-je, et des phrases qui valent la peine d’être présentées à part. J
e les ai donc extraits de leur contexte, de peur de les voir noyés, et je vous les présente, dans un chapitre à part, sous forme d’instantanés d’un moment privilégié, une couleur, une sorte de zoom sur une particularité, un parfum.
Comme on met en valeur un tableau sur un mur.
Il ne me paraît pas nécessaire de les attribuer à l’une ou à l’autre, puisque c’est l’esprit même de cette assemblée qui en permet l’émission.
Cet ouvrage n’est pas un recueil d’histoires, , une liste de revendications, un assemblage de bons mots, ni même un cri d’indignation, mais la description d’une âme, d’un courage, d’un optimisme.
C’est une galerie de portraits qui, au-delà des contingences physiques, résument la Femme, avec ses forces et ses failles.
En côtoyant ces dames, je m’enrichis, et doucement, je prends conscience d’une autre dimension de la beauté, celle pure et simple, enjouée. Éclatante.
Une beauté vraie !
Supérieure à celles que nous avons appris à considérer comme l’exemple à suivre, le but à atteindre.
Afin de ne pas les trahir, je renonçai à donner la vedette au problème du surpoids. Même si elles en parlent souvent, et souvent cherchent elles à le résoudre, m’y appesantir aurait été les y confiner, et donné raison à celui qui ne les définit que par ce détail.
Elles sont d’abord des femmes, et c’est sur leur féminité, leur humanité que je m’étais focalisée


![The Moon's Weapon : the cursed mate [ MOVING TO GALATEA]](https://cdn-gcs.inkitt.com/vertical_storycovers/ipad_123f31099804e79c6de11657975bcaae.jpg)






j’attends la suiteeeeeee❤️🤭
Donc, si je comprends bien, c’est une nouvelle qui rejoint le groupe des filles de La Pétillance en tant que chroniqueuse, ou elle faisait déjà partie du groupe ? 🤔
En tout cas, je vois que nous débordons toutes d’imagination en ce moment ! 😍😍😍