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Le cow-boy qui m'a rendu libre

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Summary

April n’avait jamais imaginé qu’un jour, elle trouverait refuge au cœur des montagnes du Montana, loin de tout ce qu’elle avait connu. Blessée par son passé et déterminée à reprendre sa vie en main, elle espérait simplement trouver la paix dans un ranch perdu au milieu des grands espaces. Mais elle ne s’attendait pas à rencontrer Alexander, un cow-boy au regard intense, au caractère bien trempé et au cœur bien plus tendre qu’il ne voulait le laisser paraître. Entre eux, l’attirance est immédiate, mais se laisser aimer n’est pas si simple lorsqu’on a appris à se méfier de tout. Alexander devra apprivoiser les blessures d’April sans jamais chercher à la changer, tandis qu’elle découvrira peu à peu qu’aimer ne signifie pas perdre sa liberté. Au fil des jours, entre les chevaux, les couchers de soleil et la vie au ranch, April se rapproche aussi de Maggie et Ethan, qui deviennent bien plus que de simples amis. Mais pour construire un avenir avec Alexander, elle devra affronter ses peurs et comprendre que sa liberté ne dépend pas de celui qui la protège, mais de la force qu’elle trouvera en elle-même. Car parfois, il suffit d’un homme, d’un ranch et d’un amour inattendu pour réapprendre à vivre. Et si le cow-boy qui bouleversa son monde était aussi celui qui lui rendrait enfin sa liberté ?

Genre
Romance
Author
Angy8350
Status
Complete
Chapters
32
Rating
n/a
Age Rating
16+

Chapitre 1 — L’inconnu de la route

Montana, octobre.

Je n’avais emporté qu’une valise, quelques cartons et le courage qu’il me restait.

Tout le reste, je l’avais abandonné derrière moi.

Mon appartement. Mes habitudes. Les rares amis que Ryan m’avait laissée fréquenter. Et surtout, trois années de ma vie passées à aimer un homme qui avait fini par me faire croire que je n’étais plus capable de prendre la moindre décision sans lui.

Ryan Mitchell avait été mon premier grand amour. Au début, il était attentionné, drôle, prévenant. Il connaissait mes goûts, mes rêves et mes petites habitudes. Il savait exactement quoi dire pour me faire sourire.

Puis, progressivement, tout avait changé.

Mes tenues étaient devenues un problème. Mes sorties, une source de disputes. Mes amis, des gens qui cherchaient prétendument à nous séparer. Mon téléphone était régulièrement inspecté et la moindre réponse tardive pouvait déclencher une scène.

Quand je protestais, il m’accusait de ne plus l’aimer. Quand je pleurais, il finissait par me prendre dans ses bras en promettant que tout irait mieux.

Et je le croyais.

Encore et encore.

Jusqu’au soir où je m’étais retrouvée devant le miroir de notre salle de bains, incapable de reconnaître la femme qui me regardait.

J’avais le teint pâle, les yeux gonflés et les mains tremblantes. Je ne riais presque plus. Je réfléchissais à chacun de mes mots avant de les prononcer, de peur de déclencher une nouvelle dispute.

Ce soir-là, j’avais compris que je ne pouvais plus continuer ainsi.

J’avais attendu qu’il parte travailler pour préparer mes affaires. J’avais pris mes papiers, mes vêtements, mes économies et les quelques objets auxquels je tenais encore. Puis j’avais quitté l’appartement sans laisser de lettre.

Je n’avais pas eu le courage de lui annoncer mon départ en face. Pas parce que je l’aimais encore suffisamment pour rester, mais parce que je connaissais ses réactions lorsque les choses ne se passaient pas comme il le voulait.

Depuis, mon téléphone était rempli de ses appels et de ses messages.

April, réponds-moi.

Tu ne peux pas me faire ça après tout ce qu’on a vécu.

Je sais que tu es quelque part. Tu vas finir par rentrer.

Je n’avais répondu à aucun d’entre eux.

J’avais désactivé ma localisation, bloqué son numéro et changé mes habitudes. Je voulais disparaître de sa vie, même si une partie de moi redoutait encore ce qu’il ferait lorsqu’il comprendrait que je ne reviendrais pas.

Alors j’avais choisi le Montana.

Je ne connaissais presque rien à cette région, sinon ses grands espaces, ses montagnes et ses ranchs. C’était loin de mon ancienne vie, suffisamment loin pour que je puisse enfin respirer.

Je voulais recommencer. Trouver un travail, gagner mon propre argent et apprendre à vivre sans avoir peur de rentrer chez moi.

Je voulais redevenir April.

Pas la femme que Ryan voulait que je sois.

La femme que j’étais avant lui.

Après plusieurs heures de route, les paysages défilant derrière mon pare-brise avaient quelque chose d’irréel. Les montagnes se dessinaient au loin, les prairies s’étendaient à perte de vue et les clôtures en bois longeaient une route presque déserte.

Pour la première fois depuis longtemps, personne ne me demandait où j’allais, avec qui je parlais ou pourquoi je ne répondais pas assez vite.

J’étais libre.

Cette pensée me tira un sourire, même si une inquiétude persistait au fond de moi. Je n’avais pas encore de logement définitif ni de travail assuré. Mes économies me permettraient de tenir quelque temps, mais je savais que je devrais rapidement trouver une solution.

Un bruit inquiétant retentit sous le capot.

Je fronçai les sourcils.

— Non. Pas maintenant, je t’en supplie.

Le moteur toussa une dernière fois avant de s’éteindre.

Je serrai le volant, fermai les yeux et laissai échapper un long soupir.

— Tu plaisantes, j’espère ?

Je tentai de redémarrer. Rien.

Une deuxième fois. Toujours rien.

— Formidable. Je quitte toute ma vie pour recommencer ailleurs et ma voiture décide de me lâcher au milieu de nulle part.

Je finis par descendre. Une bourrasque souleva mes cheveux tandis que j’ouvrais le capot, dans l’espoir ridicule qu’un miracle se produise.

Je n’y connaissais absolument rien en mécanique.

Je fixai les différents éléments du moteur avec une détermination qui ne servait strictement à rien.

— Très bien. Qu’est-ce que je suis censée faire, maintenant ?

Le ciel s’assombrissait au-dessus des montagnes. Je sortis mon téléphone, mais le réseau était presque inexistant.

Je sentis mon anxiété remonter.

J’avais tellement voulu partir que je n’avais pas suffisamment réfléchi à tout ce qui pouvait mal tourner. Je n’avais personne à appeler. Personne qui m’attendait. Personne qui savait exactement où je me trouvais.

Mais je refusais de regretter mon choix.

J’avais déjà passé trop de temps à avoir peur.

Un grondement de moteur me fit tourner la tête.

Un imposant pick-up noir approchait, soulevant un nuage de poussière derrière lui. Il ralentit avant de s’immobiliser quelques mètres plus loin.

La portière s’ouvrit.

Et je découvris le propriétaire du véhicule.

Grand. Très grand, même. Il portait un jean usé, des bottes en cuir et une chemise sombre dont les manches retroussées dévoilaient des avant-bras puissants. Un chapeau noir dissimulait partiellement ses cheveux bruns. Une barbe de quelques jours soulignait sa mâchoire, tandis que ses yeux noisette se posaient sur moi avec une attention tranquille.

Il s’approcha sans se presser.

— Vous avez un problème.

Je regardai le capot ouvert, puis reportai les yeux sur lui.

— Non, je fais visiter le moteur aux touristes.

Un sourire discret apparut sur ses lèvres.

— Dans ce cas, je ne voudrais surtout pas déranger votre rendez-vous.

Je retins un sourire. Je n’avais pas envie de lui donner cette satisfaction.

— Vous êtes toujours aussi drôle avec les inconnues ?

— Seulement avec celles qui menacent les voitures innocentes.

Il contourna le capot et jeta un coup d’œil au moteur.

— Vous savez ce qui ne va pas ?

— Bien sûr. Elle a décidé de ruiner ma journée.

Il releva les yeux vers moi. Son regard pétillait d’amusement.

— Ça, je l’avais compris.

Il examina quelques éléments avant de se redresser.

— Je vais avoir besoin de quelques outils. Mon atelier est à cinq minutes d’ici. Je peux essayer de la réparer, mais si c’est plus sérieux, il faudra appeler un mécanicien.

Je jetai un regard au ciel. De lourds nuages s’accumulaient au-dessus des montagnes.

— Et si je refuse votre aide ?

Il haussa les épaules.

— Vous attendrez ici que l’orage passe. Ou vous marcherez jusqu’à la prochaine ville, qui se trouve à plusieurs kilomètres.

— Vous êtes toujours aussi encourageant ?

— Je préfère être honnête.

Une première goutte de pluie s’écrasa sur le capot.

Puis une deuxième.

L’homme leva les yeux vers le ciel avant de reporter son attention sur moi.

— Montez dans mon pick-up, April.

Je me figeai.

— Comment connaissez-vous mon prénom ?

Il désigna mon sac, posé sur le siège passager de ma voiture. Mon porte-clés portait une petite plaque gravée à mon nom.

— Je ne suis peut-être pas aussi mystérieux que vous le pensez.

Je récupérai mon sac et verrouillai ma voiture.

— Alexander Whitmore, précisa-t-il en ouvrant la portière de son véhicule. Je possède le ranch un peu plus loin.

Je suivis son geste du regard. Au-delà des clôtures, une vaste propriété s’étendait dans la lumière déclinante. On distinguait une grande maison en bois, plusieurs bâtiments agricoles et des chevaux qui broutaient tranquillement dans un enclos.

— April, répondis-je simplement.

— Enchanté.

Il prononça ce mot d’une voix grave, étonnamment douce.

Je regardai le pick-up, puis la route déserte.

J’avais appris à me méfier des inconnus. Ryan m’avait longtemps reproché de faire confiance aux mauvaises personnes, avant de devenir lui-même celle dont je devais me protéger.

Je ne voulais plus laisser la peur décider de tout à ma place. Mais je ne voulais pas non plus confondre liberté et imprudence.

— Vous allez vraiment m’aider sans rien attendre en retour ?

La question sembla le surprendre.

Son sourire s’effaça légèrement, sans que son regard perde sa douceur.

— Votre voiture est en panne, un orage approche et vous êtes seule sur cette route. Je ne vois pas pourquoi je vous laisserais là.

Je baissai les yeux, embarrassée par l’émotion soudaine qui me serra la gorge.

Une aide aussi simple ne devrait pas me toucher autant.

Pourtant, après des mois passés à calculer chaque geste pour éviter une dispute, je ne savais plus vraiment comment réagir à la gentillesse gratuite.

Alexander sembla comprendre qu’il valait mieux ne pas insister.

Il ouvrit simplement la portière.

— Vous pourrez décider de me détester une fois à l’abri.

Je relevai la tête.

— Je ne vous déteste pas.

— Donnez-moi cinq minutes. Je suis capable de faire des progrès.

Cette fois, je ris franchement.

Je montai dans le pick-up.

Il referma ma portière, contourna le véhicule et s’installa au volant.

— Alors, qu’est-ce qui vous amène dans le Montana ?

Mon sourire disparut presque aussitôt.

Je tournai les yeux vers la vitre, où les premières gouttes de pluie commençaient à glisser.

Je ne pouvais pas lui raconter toute mon histoire. Pas à un inconnu que je venais de rencontrer au bord d’une route.

— J’avais besoin de changer d’air.

Alexander démarra, mais ne reprit pas immédiatement la route.

— Ça ressemble à une façon polie de dire que vous avez laissé quelque chose derrière vous.

Je sentis mes doigts se resserrer autour de la bandoulière de mon sac.

Pendant un instant, je revis notre appartement, les messages de Ryan et la dernière fois où il m’avait promis que rien ne changerait.

Je chassai ces images.

— Disons que j’ai quitté une vie qui ne me convenait plus.

Alexander me regarda brièvement. Il ne posa aucune autre question.

— Alors, j’espère que vous trouverez ce que vous cherchez ici.

Ces quelques mots me touchèrent davantage que je ne l’aurais voulu.

Je tournai la tête vers lui.

— Et si je ne sais pas encore ce que je cherche ?

Il esquissa un sourire.

— Vous avez le temps de le découvrir.

Le pick-up s’engagea sur le chemin menant au ranch. À travers le pare-brise, j’aperçus les lumières de la maison et les silhouettes des chevaux qui se déplaçaient dans les enclos.

Je ne savais pas encore où je dormirais cette nuit-là. Je ne savais pas comment j’allais trouver un emploi, ni combien de temps il me faudrait pour reconstruire ma vie.

Et je ne savais surtout pas si Ryan finirait par retrouver ma trace.

Mais, pour la première fois depuis mon départ, je pouvais regarder devant moi sans avoir immédiatement envie de vérifier ce qui se trouvait derrière.

Je respirai profondément.

— Vous savez, Alexander, je crois que je vais finir par regretter d’être montée dans votre voiture.

Il tourna la tête vers moi, un sourire en coin.

— Pourquoi ça ?

— Vous parlez beaucoup trop.

Son rire grave remplit l’habitacle.

— Et vous, vous avez un sacré caractère pour quelqu’un qui vient de tomber en panne devant chez moi.

Je souris en regardant les lumières du ranch se rapprocher.

Je venais de tout quitter pour recommencer ma vie.

Je ne cherchais ni un nouvel homme ni une nouvelle histoire d’amour. Je voulais seulement retrouver la paix, reprendre confiance en moi et ne plus jamais laisser quelqu’un décider de ma valeur.

Pourtant, tandis que le pick-up franchissait le portail du ranch Whitmore, je sentis naître en moi quelque chose que je n’avais pas éprouvé depuis longtemps.

De l’espoir.

Je l’ignorais encore, mais mon passé n’avait pas dit son dernier mot.

Et l’homme assis à côté de moi allait bientôt découvrir que la femme qu’il venait de secourir portait des blessures bien plus profondes qu’une simple panne de voiture.

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