Prologue
Vendredi 16 octobre — 22 h 30
Je ne comprenais plus très bien comment nous en étions arrivés là. Enfin… si. Je le savais. Il y avait forcément eu un moment précis où tout avait basculé, une seconde où j’aurais encore pu reculer, prononcer les mots qui nous auraient ramenés à une situation parfaitement raisonnable. Nous aurions pu rester deux adultes capables de travailler dans le même bureau sans éprouver le besoin de compliquer considérablement leur existence. J’aurais continué à râler contre ses horaires, il aurait continué à reprendre mes présentations et nous aurions probablement vécu très heureux dans une ignorance soigneusement entretenue.
Sauf que mon dos était plaqué contre la baie vitrée du bureau de Marck Yonaï, que sa bouche venait de retrouver la mienne et que ma raison pouvait franchement aller se faire voir.
La vitre était glacée à travers ma chemise. De l’autre côté, Tokyo s’étendait trente étages plus bas, immense, lumineuse, presque irréelle. Des milliers de fenêtres éclairées, des avenues parcourues de phares et une ville entière qui continuait à vivre sans se soucier de nous. J’aurais dû me rappeler où nous étions. Dans un bureau. Celui de mon patron, pour être précis. À une heure où deux collègues normalement constitués auraient dû être chez eux, devant un repas ou un film quelconque, plutôt qu’à s’embrasser contre une fenêtre suffisamment haute pour me rappeler à quel point les décisions prises sous l’effet d’une émotion pouvaient être vertigineuses.
Je n’en avais rien à foutre.
Marck m’embrassait.
Et je découvrais avec une satisfaction assez inquiétante que cet homme, capable de traverser une réunion entière sans modifier l’expression de son visage, pouvait perdre le fil de ce qu’il faisait. Il m’embrassait avec une impatience qui contrastait violemment avec son calme habituel, revenant vers mes lèvres chaque fois que nous nous séparions pour respirer. Sa main maintenait mes poignets au-dessus de ma tête tandis que l’autre entourait ma taille, me gardant contre lui. Je sentais ses doigts à travers ma chemise, la chaleur de son corps, la tension de ses épaules sous ma paume lorsque je réussissais à bouger. Son parfum musqué m’enveloppait, familier et pourtant différent à cette distance. Tout ce que j’avais remarqué chez lui au fil des semaines prenait soudain une importance déraisonnable.
Je connaissais sa manière de se tenir, de marcher, de croiser les bras lorsqu’un dossier ne lui convenait pas. Je connaissais jusqu’au léger pli qui apparaissait entre ses sourcils quand il cherchait à résoudre un problème particulièrement agaçant. J’avais même appris à reconnaître ses rares sourires, ces mouvements à peine visibles du coin de sa bouche qui me donnaient généralement envie de lui lancer quelque chose à la figure.
Mais je ne connaissais pas cet homme-là.
Celui dont la respiration perdait sa régularité contre mes lèvres. Celui qui semblait hésiter entre m’attirer davantage et reculer pour retrouver un peu de cette maîtrise insupportable qu’il affichait devant le monde entier.
Lorsque sa bouche quitta la mienne, je demeurai un instant immobile. Mon cœur battait si fort que j’avais l’impression qu’il allait finir par le sentir lui aussi. Peut-être le sentait-il déjà. Son front vint presque toucher le mien et je le vis fermer brièvement les yeux, comme s’il cherchait à se reprendre. Marck Yonaï avait besoin de se reprendre. Cette seule constatation fit naître en moi une satisfaction aussi ridicule que troublante.
J’aurais pu profiter de cette pause pour réfléchir. Lui rappeler que nous travaillions ensemble, que nos positions dans cette entreprise rendaient la situation compliquée et que je n’avais absolument aucune expérience dans l’art de gérer les conséquences d’un baiser échangé avec un PDG.
À la place, je l’embrassai de nouveau.
Cette fois, ce fut moi qui allai le chercher.
Il eut un bref mouvement de surprise avant de répondre, et je sentis sa main se resserrer légèrement dans mon dos. Une chaleur familière me gagna le visage. Merde. J’avais passé tellement de temps à prétendre que cet homme m’insupportait que reconnaître à quel point j’avais envie de rester près de lui relevait presque de la trahison personnelle.
Quand je m’écartai, son regard accrocha le mien. Ses yeux noisette avaient perdu quelque chose de leur impassibilité habituelle. J’y retrouvais cette attention presque dérangeante qu’il me réservait parfois au bureau, lorsqu’il attendait que je termine une explication ou que je défende une décision. Mais il ne cherchait plus à comprendre une analyse ou à obtenir des chiffres. Il me regardait comme si j’étais devenu la seule question à laquelle il n’arrivait pas à répondre.
Puis une pensée me traversa avec une netteté brutale.
Encore.
Je fermai les yeux.
Mauvaise idée.
Je connaissais maintenant suffisamment cette voix pour la reconnaître sans hésiter. Ce n’était pas une parole prononcée. Pas un murmure perdu entre deux respirations. C’était une pensée de Marck, qui venait de résonner dans mon esprit avec une clarté impossible.
Je rouvris les yeux. Il n’avait pas bougé.
— Vous savez que vous avez une façon particulièrement agaçante de me regarder ? murmurai-je.
Un léger pli apparut entre ses sourcils.
— Je vous regarde comment, exactement ?
Même maintenant, il trouvait le moyen de prendre cette voix calme, presque professionnelle. Je détestais cet homme. Enfin, non. C’était justement devenu le problème.
— Comme si vous attendiez que je fasse quelque chose.
— Et vous comptez me laisser attendre longtemps ?
Je restai bouche entrouverte. Puis je laissai échapper un rire incrédule.
— Vous êtes incroyable. Même dans une situation pareille, vous trouvez le moyen de me donner l’impression que je suis en retard sur un dossier.
Cette fois, il sourit franchement, et je sentis quelque chose se dénouer dans ma poitrine. J’avais beau avoir entendu ses pensées, rien ne me préparait vraiment à ce que produisait sur moi un sourire qu’il ne cherchait plus à dissimuler.
Je tirai légèrement sur mes poignets pour les libérer. Marck s’immobilisa aussitôt, desserrant ses doigts avant de reculer de quelques centimètres. Son expression changea, l’amusement cédant à une attention immédiate.
— Denis, est-ce que ça va ?
— Oui.
Il m’observa une seconde, comme s’il cherchait à s’assurer que je ne lui répondais pas simplement pour le rassurer.
— Vous êtes certain ?
Je baissai les bras, puis les passai autour de son cou. Mes doigts trouvèrent sa nuque, où ses cheveux étaient légèrement plus souples que je ne l’avais imaginé.
— Je voulais simplement pouvoir vous toucher, Monsieur Yonaï. Vous devriez essayer de ne pas chercher un problème à résoudre chaque fois que je fais quelque chose.
Son regard descendit une seconde vers mes lèvres.
— Je peux essayer.
— Voilà qui serait une première.
Je l’attirai doucement vers moi. Son souffle effleura ma joue avant que nos bouches se retrouvent. Le baiser fut plus lent, moins empressé, mais je le ressentis avec une intensité nouvelle. Il n’y avait plus la surprise des premières secondes pour me distraire. Je savais parfaitement que j’étais là, que je le voulais et que Marck répondait à chacun de mes gestes avec cette retenue qui commençait à se fissurer.
Je pris conscience de ses mains, de l’une qui reposait contre ma taille et de l’autre qui remontait prudemment jusqu’à mon dos. De la façon dont il s’ajustait à mes mouvements. De ses épaules qui se détendaient légèrement lorsque mes doigts se perdaient dans ses cheveux. Ce n’était pas seulement l’envie de l’embrasser qui me bouleversait. C’était de découvrir qu’il pouvait être différent avec moi.
Lorsque nous nous séparâmes, je cherchai mon souffle en essayant désespérément de ne pas afficher l’air d’un homme dont le cerveau venait de démissionner.
Évidemment, Marck choisit ce moment pour me regarder avec une attention beaucoup trop précise.
— Vous êtes en train de rougir, Monsieur Berchon.
Je fermai brièvement les yeux.
— Ne dites rien.
— Je viens pourtant de dire quelque chose.
— Alors arrêtez avant que je sois obligé de vous rappeler à quel point vous êtes insupportable.
Il eut ce presque-sourire qui m’agaçait autant qu’il me plaisait.
— Je crois que vous me l’avez déjà rappelé plusieurs fois aujourd’hui.
— Et vous êtes toujours mon patron, Monsieur Yonaï. Nous avons donc tous les deux des problèmes.
Son sourire s’atténua. Il me regarda plus sérieusement, sans retirer sa main de ma taille.
— Je sais.
Je m’étais attendu à une réplique ironique. À quelque chose qui me permettrait de détourner la conversation. Pas à cette réponse si simple.
— Je ne veux pas que vous regrettiez quoi que ce soit, Denis, ajouta-t-il.
Je le fixai. Voilà une phrase à laquelle je n’étais absolument pas préparé. Chez Marck, les paroles semblaient toujours calculées pour ne laisser passer que le strict nécessaire. Cette fois, pourtant, je distinguais dans sa voix quelque chose de plus fragile.
— Je pourrais vous dire exactement la même chose.
— Alors nous sommes d’accord.
— Pas tout à fait.
Il fronça légèrement les sourcils.
— Sur quoi ?
Je pris une inspiration.
— Sur le fait que vous continuez à me vouvoyer avec cet air impeccable alors que vous venez de m’embrasser suffisamment longtemps pour me faire oublier ce que je voulais dire.
Il me regarda quelques secondes, puis un rire bas lui échappa.
Je crois que ce son acheva les derniers morceaux encore fonctionnels de mon cerveau.
— C’est un problème pour vous ? demanda-t-il.
— Considérable. Vous pourriez au moins avoir la décence de paraître aussi perturbé que moi.
Son regard se posa sur mon visage, puis glissa vers ma bouche.
— Vous n’avez aucune idée de ce que je pense en ce moment.
Je faillis rire.
Oh, Marck.
Si seulement tu savais.
Mais je retins les mots. Entendre ses pensées ne signifiait pas que j’avais le droit de les utiliser contre lui. Je commençais seulement à comprendre à quel point cette distinction pouvait devenir importante.
Il baissa alors les yeux vers ma cravate. Le nœud avait légèrement glissé sur le côté. J’aurais dû m’attendre à ce qu’il remarque immédiatement cette imperfection.
— Votre cravate est de travers.
Je le regardai avec incrédulité.
— Vous plaisantez ?
— Non.
— Vous êtes en train de me parler de ma cravate ?
— Elle semble vous gêner.
— Monsieur Yonaï, je vous assure que ma cravate est actuellement le dernier de mes problèmes.
Ses yeux retrouvèrent les miens. Il ne souriait plus tout à fait. Ses doigts effleurèrent le tissu, puis s’arrêtèrent sur le nœud.
— Je peux ?
La question était posée avec un calme presque déconcertant. Je baissai les yeux vers sa main, puis les relevai.
— Oui.
Il entreprit de desserrer lentement le nœud. Je suivis le mouvement sans parvenir à détourner le regard. Ce n’était qu’une cravate. Un morceau de tissu que je défaisais chaque soir sans lui accorder la moindre importance. Pourtant, sous ses doigts, ce geste banal prenait une signification différente. Peut-être parce qu’il n’y avait plus de réunion à préparer, plus de présentation à corriger, plus aucune raison professionnelle de se trouver aussi près l’un de l’autre.
Puis une pensée surgit dans mon esprit.
Il n’a aucune idée de l’effet qu’il me fait.
Je restai immobile.
Une seconde pensée suivit aussitôt.
Mensonge. Regarde-le.
Je sentis mes joues chauffer. Formidable. Il fallait évidemment que mon impossible pouvoir se manifeste à cet instant précis, alors que je cherchais désespérément à conserver quelques fragments de dignité.
Je savais que je n’aurais pas dû écouter. Je savais surtout que ce qui traversait son esprit n’était pas ce qu’il choisissait de me confier. Alors je m’accrochai à ce que j’avais devant moi. Marck. Ses doigts sur ma cravate. Son regard dans le mien. Et moi, qui ne faisais aucun mouvement pour m’éloigner.
Il exerça une légère traction sur le tissu, comme une invitation. Je fis un pas vers lui.
— Monsieur Yonaï…
— Marck.
Je relevai les yeux.
— Pardon ?
— Appelez-moi Marck.
Je restai un instant silencieux. Nous étions seuls, ses mains reposaient encore sur moi et je venais de passer plusieurs minutes à l’embrasser. Pourtant, cette simple demande me déstabilisa davantage que tout le reste.
Marck.
Pas Monsieur Yonaï.
Pas le PDG.
Pas l’homme devant lequel tout un étage se raidissait dès qu’il sortait d’un ascenseur.
Marck.
Je baissai les yeux vers sa bouche avant de les relever.
— Vous réalisez que vous me demandez ça après des semaines passées à m’appeler Monsieur Berchon ?
— Je le réalise.
— Et que je vais probablement avoir besoin d’un peu de temps pour m’y habituer ?
Un sourire discret effleura ses lèvres.
— Je peux attendre.
— C’est nouveau, ça.
Il eut un léger rire. Je ne savais pas ce qui me plaisait davantage : parvenir à le faire rire ou découvrir qu’il ne cherchait plus systématiquement à dissimuler ce que je provoquais chez lui.
Je passai doucement les doigts contre sa nuque.
— Marck…
Ses paupières frémirent. À peine. Mais cette fois, je le vis. Cette toute petite fissure dans son contrôle, ce mouvement presque imperceptible qui me révéla que prononcer son prénom avait sur lui un effet auquel je ne m’attendais pas.
Et j’aimai beaucoup trop savoir que j’en étais responsable.
Il leva une main vers mon visage, passa son pouce contre ma joue puis sous mon menton. Son geste avait une douceur qui contrastait avec la tension encore présente dans ses épaules. Je restai silencieux, incapable pour une fois de trouver une remarque suffisamment insolente pour masquer mon trouble.
Il se rapprocha.
— Regarde-moi bien, Denis…
Je relevai les yeux.
Sa voix avait changé. Plus grave. Plus basse. Et surtout, il venait de me tutoyer.
Cette différence me frappa immédiatement. Pendant des semaines, le vouvoiement avait constitué une frontière commode entre nous. Il permettait à Marck de rester mon supérieur et à moi de prétendre que mes réactions n’étaient rien d’autre que de l’agacement professionnel. Derrière les titres et les noms de famille, nous avions soigneusement entretenu une distance que nous venions de rendre parfaitement inutile.
Il me regardait maintenant avec une intensité qui me fit oublier la ville derrière nous.
— À présent, tu es à moi.
Mon cœur rata un battement.
Une partie raisonnable de moi aurait probablement dû protester. Lui expliquer que je n’appartenais à personne, pas même à un homme suffisamment séduisant pour me faire oublier mon propre nom. Une autre, beaucoup plus honnête, venait manifestement de décider qu’elle adorait cette phrase.
Je resserrai doucement mes doigts derrière sa nuque.
— Attention, Marck. Je suis particulièrement difficile à gérer.
Quelque chose brilla dans ses yeux.
— Je commence à le comprendre.
— Et je n’obéis pas toujours aux ordres.
— J’avais remarqué.
Je souris malgré moi.
— Alors embrasse moi.
Ce fut la première fois que je le tutoyai. Et à la façon dont Marck resta une fraction de seconde immobile, je compris que lui aussi venait parfaitement de s’en rendre compte.
Puis son expression changea. Le masque habituel disparut suffisamment longtemps pour laisser apparaître un sourire véritable, presque désarmant. Je n’eus pas le temps de lui faire remarquer qu’il devenait dangereusement attachant lorsqu’il cessait de se comporter comme le PDG le plus exigeant du Japon. Sa bouche retrouva la mienne et je passai les bras autour de son cou pour le rapprocher.
Le baiser fut plus lent, mais je le ressentis avec une intensité nouvelle. Je n’avais plus besoin de me demander ce que Marck voulait ou de chercher une réponse dans les pensées qui traversaient parfois mon esprit. Il était là. Il m’embrassait parce qu’il le désirait, et je lui répondais parce que je n’avais aucune envie de faire autrement.
Ma main glissa dans ses cheveux, détruisant enfin cette coiffure impeccable que j’avais vue tenir bon contre des journées entières de réunions, de dossiers et d’employés terrorisés. Une mèche retomba sur son front. Instinctivement, mes doigts la repoussèrent.
Marck s’arrêta.
Juste une seconde.
Son regard changea. Quelque chose de beaucoup plus doux traversa son visage avant qu’il ne l’efface presque aussitôt. Je restai immobile, surpris par la tendresse de cet instant. Il ne s’agissait plus seulement de baisers, de désir longtemps retenu ou de cette satisfaction idiote de voir mon patron perdre son assurance. Il y avait autre chose. Quelque chose que je n’étais pas encore certain de savoir nommer.
— Quoi ? murmurai-je.
Il secoua légèrement la tête.
— Rien.
Je plissai les yeux.
— Tu mens très mal.
Un sourire effleura ses lèvres.
— Seulement avec toi, apparemment.
Cette réponse me prit complètement au dépourvu. Je ne trouvai rien à répliquer, ce qui méritait probablement d’être signalé quelque part dans les archives de YCG.
Marck effleura ma joue une dernière fois, puis ses doigts revinrent à ma cravate. Cette fois, il la défit complètement. Le tissu glissa entre ses mains et tomba sur le sol du bureau.
Je suivis sa chute du regard avant de relever lentement la tête vers lui. Il avait cessé de sourire.
— Denis…
Je ne savais pas si c’était une question, un avertissement ou simplement mon prénom qu’il avait eu besoin de prononcer. Mais je compris qu’il attendait encore de savoir ce que je voulais.
Je posai une main contre sa joue.
— Je suis là, Marck.
Son regard chercha le mien.
— Tu es sûr ?
Je pris une inspiration. J’avais peur, oui. Pas de lui. Pas de ses gestes. J’avais peur de ce qui viendrait après, de ce que cela changerait entre nous, du lundi matin qui finirait forcément par arriver. Mais je n’avais aucune envie de laisser cette peur décider à ma place.
— Oui. Je suis sûr.
Il approcha son front du mien et resta ainsi quelques secondes. Je sentais sa respiration, la chaleur de sa peau, son hésitation qui ressemblait beaucoup trop à la mienne. Puis il m’embrassa doucement, avec une tendresse qui acheva de me désarmer.
Lorsque ses doigts atteignirent le premier bouton de ma chemise, je baissai les yeux vers sa main. Il s’arrêta, me laissant encore la possibilité de changer d’avis.
Je relevai le visage et lui souris.
Et je compris soudain une chose avec une certitude terrifiante.
Je n’avais plus du tout envie de savoir comment nous en étions arrivés là.
Je voulais savoir jusqu’où nous allions aller.









hâte de lire la suite
Hâte de connaître la suite 😁
je publie 3 chapitre de plus le demain soir