Le début de la fin

Tous droits réservés ©

Résumé

Gaia est à la fin de son parcours à l'école secondaire. Enfin, elle se sent libérée de ce calvaire et s,apprête à vivre un merveilleux été avec son meilleur ami Ariel. Avant de quitter pour leur roadtrip vers l'Alberta pour travailler dans une ferme biologique, ils doivent vivre le weekend de l'après-bal. D'ailleurs, cet après-bal teintera le début de son été et de sa liberté.

Genre :
Romance/Other
Auteur :
Maryka
Statut :
En cours
Chapitres :
6
Rating
n/a
Classification par âge :
16+

Chapitre 1-La dernière

LUNDI 19 JUIN

Encore un lundi gris. Rien pour améliorer mon état . Je descends du bus, comme chaque matin, depuis les cinq dernières années, avec mon sac vert bien accroché sur mes épaules, mes lunettes soleil et mes écouteurs qui crachent ma musique préférée du moment... Déprimante, noire et sans espoir... Sauf qu’aujourd’hui, comparativement à hier, avant-hier, avant-avant-hier et tous les autres jours passés, c’est la dernière semaine d’école au collège. Dernier lundi de mon parcours secondaire. Dernier lundi où je dois me lever et faire la queue pour avoir un cinq minutes à moi toute seule dans la salle de bain. Dernier lundi que je me tape le trajet avec des filles, à l’allure douteuse, assises sur les genoux de leur petit copain qui se pelotent et se font la vérifications en règle de leurs amygdales respectives!. Je ne suis pas jalouse, non! Effectivement, je n’ai jamais eu de petit copain. Bon, peut-être un petit quelque chose avec Yan , mais vraiment rien à se vanter ici... Je trouve juste ça ordinaire et peu reluisant qu’ils osent s’exhiber en public. Je trouve que ça l’enlève tout le côté intime que devrait être une relation intime. Bon, me voilà qui m’étale sur des sentiments et des choses que ne connais pas du tout, mais vraiment pas du tout! Je suis plutôt du genre opiniâtre, donc j’aime bien avoir une opinion sur à peu près tout. Et je reste camper sur mon idée que les bisous, les caresses et les nettoyages de dents dans un couple doivent se faire un peu à l’écart du pauvre monde qui n’ont rien demander!

Alors que je sens un début de colère montée pour quelque chose d’inutile, la chanson de Dermott Kennedy, outnumbered, se met a battre dans mes oreilles. Instantanément, je m’adoucie, je respire mieux et je sens la frustration me quitter tranquillement. Je fredonne dans ma tête ou comme pourrait le faire un ventriloque en tout début de carrière, mais cette chanson me fait vraiment vibrer. Par chance, le groupe derrière moi est à une bonne distance. Je suis heureuse de mettre abonné à Spotify. Ai J’ajoute toutes les chansons à ma playlist quand je veux et où je veux. D’ailleurs, une chance que je l'apprécie, car je paye 10$ par mois pour cette appli! Bon, je vais sûrement le payer encore dix ans puisque ça se prend automatique chaque mois sur ma carte de crédit et qu'avec mon maigre salaire que je me fais les samedis et dimanche matins au petit resto déjeuner de l'oncle de mon meilleur, c’est en effet du luxe ! Sur une note plus réjouissante, je me dois de préciser que je commence la semaine prochaine, après mon weekend d’après-bal, un nouvel emploi étudiant, temps plein pour l’été. J’ai encore de la difficulté à croire que je vais enfin vivre quelques temps loin de mes frères et ma mère. Je me sens un peu coupable comme m'a mère se fait un malin plaisir à me le faire ressentir, amis... AHhhhhh!

à peine arrivée devant les grandes portes vitrées de mon collège et je soupire seulement en pensant que je ne m’ennuierai jamais de ce moment quotidien où je traverse ces portes. Une prison vert de gris et humide à l'odeur de puberté et de parfum cheap. Un corridor de la mort orné de casiers métallique en fin de vie eux aussi. Des compagnons de cellules tout aussi ennuyant, dont leurs seuls intérêts résident à s'estimer à travers le regard ou les commentaires des autres. Par contre, une fois traversée l'allée , rendue à mon casier, je me réjouie de retrouver mon meilleur ami Ariel. Lui et moi, on se connait depuis le primaire et on ne s’est jamais séparé. On se dit tout et on a vécu pas mal plus de choses ensemble durant nos années d’amitié que la somme des jeunes de notre âge. D’ailleurs, je me mets à penser qu’on devrait aller la voir bientôt ensemble, peut-être après le bal pour lui raconter…

-Alors, comment ça va Gaia? Tu t’es vu la tronche? on dirait que tu reviens du salon mortuaire.

-Non, je pensais à tu sais qui et au bal qui approche. Sinon, je me suis tapée 30 minutes de bus avec les chercheurs de trésors dentaires, tu te souviens? Comme les mille derniers jours! Il y a de quoi avoir une face de déterrée, tu ne trouves-pas?

Ariel rit de son grand rire sincère et gras de gars qui a mué un octave de trop au dessus de la race masculine. Son rire me décroche automatiquement un sourire tant il est sincère. Je suis chanceuse de l’avoir, il ne s’inquiète jamais pour grand choses et il banalise toujours tout avec son humeur particulier. Il ridiculise même les situations qui me mettent parfois dans une colère immonde. Sans aucune raison selon lui… Les hormones, il connait pas, lui!?

Ariel est mon ami depuis toujours, nous avons grandi dans le même quartier de Montréal et nous sommes allés à l’école ensemble dès nos 5 ans. Dès le départ, j'ai eu une confiance aveugle en lui et à ses côtés chaque journée était plus légère et amusante. Nous avions décider, l’été dernier, lors d’un séjour en Gaspésie avec quelques-uns de ses amis que nous referions un road trip du genre, mais plus grandiose, à la fin de notre secondaire. Donc, nous y étions! Jour la fin moins 6! Dans dix jours, nous allions partir dans la Grand Caravan que son père lui avait (aban)donné à la conquête du Canada. Nous allions descendre jusqu’en Alberta. Comme tout voyage ne se paye pas seul et que nos parents ne sont pas de ceux qui mangent du caviars et des huitres les soirs de semaine ou les soirs tout court, j’avais proposé qu'on se dégote un boulot d’étudiant là-bas. J’avais fait plusieurs recherches sur mon portable l’automne dernier. Et ma chère amie Google m’avait mené vers un site d’un producteur agricole en Alberta à moins d’une heure de Calgary qui engageait des jeunes étudiants l’été pour la récolte et l'entretien de leurs champs et leurs serres. Nous serions logés et nourris avec 4 jours de congé par deux semaines de travaux. J’avais instantanément écrit à ce Monsieur Malkey et nous avions rapidement confirmé notre voyage avec lui. Ce courriel a été le commencement de la planification de notre voyage dans l’Ouest. J’en rêvais depuis ce jour d’octobre et nous étions maintenant qu’a quelques jours et je ne sais pas comment j'allais faire pour tenir encore 10 jours. À oui, je pourrais me concentrer sur le bal qui aura lieu ce jeudi et le petit séjour en camping au Lac Taureau qui fera officie d’après-bal. Oh oui! Cet évènement important qui m'excite autant que le pain de viande badigeonné de ketchup que ma mère prépare chaque dimanche depuis plus de quinze ans. Ce sera juste une sortie de plus, avec des inconnus, pour me rappeler que mes cinq dernières années d’école avaient été interminables et pénibles. Bien sûr, j’y vais accompagné d’Ariel aux deux évènements, mais je ne me faisais pas d’idée, ce ne sera ni drôle, ni mémorable!

- Gaia!? Gaia? On y va, je suis prêt. Toi? Tu es rendu où la Lune?

- Oui, oui, on y va! est-ce que la cloche à sonnée?