1.Retrouvailles
Bonsoir amis lecteurs,
Pour éviter toutes confusions, Francesco l'homme de main, devient Marco.
Bonne lecture
Aly
Je n'en crois pas mes yeux. Après toutes ces années sous un silence total. Pas un appel, pas une carte d'anniversaire, pas un signe de vie, je me retrouve devant mon père....
— Papa ? C'est bien toi ?
— Si, tesoro mio (mon trésor). Je t'ai enfin retrouvé....
À ces mots, mon cœur rate un battement, je ne pensais pas entendre à nouveau ces mots qui me transpercent l'âme, tout comme le couteau de leur auteur, m'a transpercé la peau auparavant.
— Je t'interdis de m'appeler ainsi !!
Je vois bien à son regard qu'il ne comprend pas quelle erreur il vient de commettre.
— D'accord, ne t'énerves pas... je suis désolée Cuoricino (mon petit cœur).
Je ne connais pas encore ce surnom, mais il est toujours mieux que le précédent. J'essaye d'apaiser mon cœur et de reprendre un visage plus, amical. Repenser à ce moment de ma vie... me donnera toujours des sueurs froides, des angoisses et de la colère. J'aimerais pouvoir effacer ce que j'ai subi, mais les nombreuses cicatrices m'en empêchent.
— Mais.... Pourquoi ? ... Depuis quand ? ... je ne... comprends pas. Toutes ces années, sous silence... et tu débarques tout d'un coup ?! POURQUOI ?
J'arrive à saturation de ces derniers instants, des vingt-quatre heures passées, de ces mois mouvementés, de cette année écoulée.... Je pense que mon cerveau est en train de saturer.Je commençais enfin une nouvelle vie. Une vie a moi, pour moi. Où j'étais, ENFIN, heureuse. Ou j'aime un homme qui m'aime en retour, du moins je le pense, et tout m'est arraché, encore une fois. C'est injuste !
— Je n'ai pas eu de nouvelles de toi... pendant... des années, et tu débarques comme ça ! Tu me kidnappes.... Tu fais littéralement exploser le magasin dans lequel je me trouve blessant très certainement mes amis, pour me... retrouver.... d'ailleurs comment vont-ils ? Noémie, la femme qui était avec moi, dis-moi qu'elle va bien !
Je m'adresse à présent à Marco qui préfère regarder le sol plutôt que d'affronter mon regard. Alors quoi ? Qu'est-ce que je dois comprendre... elle ne peut... non... c'est impossible.
Mon père, quant à lui, glisse un regard sévère en direction de Marco. Je ne veux causer du tort à personne, mais la machine est lancée, je ne peux plus l'arrêter. Alors je dis ce que j'ai sur le cœur, je sors toute cette souffrance, cet abandon subit, cette enfance pourrie endurée.... En silence.
— Je vais me renseigner pour ton amie, cuoricino.
— Mais POURQUOI ? Pourquoi maintenant que je suis heureuse ? Que je n'ai plus besoin de toi ! C'était avant qu'il fallait rester. Tu es parti du jour au lendemain, sans jamais nous donner de nouvelles.
Je suis en colère comme j'ai rarement été depuis ma naissance. Je m'avance à présent vers lui et je le pointe du bout du doigt. Je plante littéralement mon index dans son plexus.
— Tu m'as abandonné avec cette ignoble femme, cette ivrogne....
Je n'ai pas le temps de finir ma phrase qu'il m'assène une gifle monumentale. Ma joue me brûle, le choc a détourné ma tête du regard de mon père. Ma colère, fait échos à la douleur, comment ose-t-il. Quel droit croit-il avoir sur moi ! Il a perdu toute autorité le jour où il m'a tourné le dos sans un regard en arrière.
J'affronte à nouveau ses yeux, qui sont maintenant d'un immense froid polaire et me scrutent avec une méchanceté déconcertante.
— Ne parle pas de cette manière de ta mère !
— Ma mère.... Tu appelles ça une mère toi ? À mes yeux, elle n'est que ma génitrice !
— ÇA SUFFIT !!!!! On reparlera de tout ça à tête reposée. Tu es sous le choc du voyage et de nos retrouvailles. Rentrons, quelqu'un a hâte de te revoir !
Je le fusille des yeux. Je n'en reviens toujours pas, comment ose t-il me toucher... il se prend pour un père après toutes ces années d'abandon.... s'il pense que je vais être un bon petit soldat, il se trompe lourdement.
— Ramène-moi chez moi !
— C'est ici chez toi à présent !
— Non ! Chez moi, c'est auprès de mes amis, de ma nouvelle famille ! Tu n'es plus rien pour moi !
Tu as cessé d'être ma famille il y a neuf ans. Je veux que tu me ramènes, MAINTENANT !
— C'est impossible !
— Quoi ?! Mais pourquoi ?
— Il y a des choses dans ce monde que tu ne sais pas, qui te dépassent....
Je vois la lassitude s'inscrire sur son visage. Autrefois, j'aurai eu de la peine de voir cet homme souffrir ainsi, mais plus maintenant.
— Laisse-moi rentrer ! Mets-moi dans le premier avion !
— Je viens de te retrouver, et tu veux déjà partir.... Écoute... laisse-moi un mois ! Si au bout d'un mois tu souhaites toujours partir, je te ramènerai moi-même.
À ces mots, les hommes qui l'entourent se tournent vers lui et le regard comme un vieux fou. Marco semble plus mal que les autres.
— Patron ! Vous ne pouvez...
— SILENCE ! Laisse-moi un mois Alyanna !
— C'est beaucoup trop long !
— Mais bon sang ! Qu'est-ce que tu as de plus là-bas que tu n'as pas ici ?! Ta famille est ici ! Tu te feras de nouveaux amis ! Tu es jeune !
— Ma famille est là-bas ! Mes amis sont là-bas ! Ma vie est là-bas !
— D'accord... d'accord... une semaine ?! Laisse-moi une semaine !
Encore une fois, je ne suis pas en position de force. Qu'est-ce qui pourrait faire plier cet homme ? Le décider à me ramener ?! ... Rien. Mais Adrian me manque déjà tellement...
— Laisse-moi passer un appel avant !
— Désolé, je ne peux pas... je n'ai pas de lignes assez sécurisées sur moi.
— Sécurisée ?! Mais pourquoi me faudrait-il une ligne sécurisée ?! Je veux juste appeler un ami.
— Je suis désolé, tu vas devoir attendre...
— Tu me promets que je pourrais téléphoner en arrivant... où est-ce qu'on va d'ailleurs ?!
— À la maison familiale bien sûr !
— Alors ?! Je pourrais ?
Il comprend, que je ne capitulerais pas sur ma demande. Il semble démuni, je vois de la lassitude passer dans son regard jusqu'au moment ou la capitulation remplace toute émotion dans ses yeux.
— ... Oui, tu pourras passer un coup de téléphone...
Il me tourne à présent le dos, je le vois monter dans un gros 4x4, un homme qui était avec moi, m'attrape par le bras et m'entraîne vers une autre voiture...
Le contact est trop fort, mon rythme cardiaque s'accélère. Nous nous rapprochons des autres hommes, mon corps se recouvre d'une fine couche de transpiration. Tous les yeux se tournent vers moi, mes oreilles bourdonnent. Toute l'attention de l'équipe est maintenant dirigée sur moi, je ne peux en supporter davantage. Mes jambes sont en coton et ne me soutiennent plus, mon corps s'effondre au sol et ma respiration se fait difficile.
Mon père accourt vers moi tout comme Marco, mais l'un comme l'autre n'ose me toucher.Mon père de sa voix forte s'adresse à tous.
— Montez tous dans les véhicules !
Son attention est maintenant portée vers moi. Ses yeux montrent la faiblesse de cet homme, qui n'est autre que moi.
— Alyanna, cuoricino, regarde moi !
Je lui obéis et relève la tête vers lui. Ma respiration reste laborieuse.
— Qu'est-ce qui t'arrive ? Comment je peux t'aider ?
Je prends mon temps pour lui répondre, car c'est difficile pour moi à ce moment, de lui parler.
— Les hommes... ils ne doivent... pas... m'approcher....
— Mais qu'est ce qui s'est passé dans ta vie, piccola cara (ma petite chérie)....
Je pense que cette question est surtout un constat pour mon père, il se rend compte que la vie n'a pas été aussi rose avec moi, qu'il le pense. Hé oui mon cher papa et tu n'es pas au bout de tes peines.
— Je peux te porter jusqu'au SUV ?
— Je ne préfère pas, laisse-moi le temps de me reprendre, je vais y arriver moi-même.
Je vois bien que je lui ai fait de la peine en refusant son aide, mais après tout, il est devenu un étranger pour moi au fil des ans.
— D'accord, Marco, toi et moi allons prendre un véhicule seulement pour nous. Il va conduire, tu resteras à côté de moi. Plus rien ne t'arrivera. Ça te convient ?
J'ai déjà entendu ça quelque part... mais cette phrase ne m'a jamais réussi.
— Oui....
Une fois que j'ai repris mes esprits, je me redresse seule. Les deux hommes sont près de moi, mais respectent mon besoin d'espace. Une fois que je suis sure que je ne vais pas m'effondrer à nouveau, je leur fais un signe positif de la tête, car je vois bien qu'il attendait quelque chose d'encourageant de ma part.Nous nous dirigeons ensemble vers le véhicule de mon père et je monte à l'arrière. Je ne sais toujours pas où je suis. Alors, je préfère poser la question directement.
— Où sommes-nous ?
— En Italie bien sûr.
Pour accentuer sa réponse, il me fait un clin d'œil. Il semble avoir oublié qu'il m'a giflé il y a un petit quart d'heure de ça, moi pas. Il ne manquerait plus que j'écope d'un père lunatique.Je préfère m'appuyer contre ma portière et regarder le paysage défiler. Je suis lasse de toutes ses péripéties.
— Combien de temps jusqu'à notre destination ?
— Casa mia (ma maison) est à vingt minutes d'ici. Tu vas voir, ça va te plaire.
J'en ai marre qu'on me dise ce que je vais aimer ou non. Ce qui va me plaire ou non. Pour l'heure, je suis encore fatiguée du bouleversement, je ne dis plus un mot du trajet. Je conserve ma rage et ma colère pour moi.
Les paysages sont à couper le souffle, mais, même ça, je n'arrive pas à les apprécier. Je suis vide.
Après dix minutes de routes. Nous commençons à grimper. Le paysage est plus montagnard, les routes sont sinueuses et je commence à me sentir mal. J'ai la tête qui tourne et j'ai envie de vomir tout d'un coup.
— STOP ! Arrête-toi !!!
— Un problème cuoricino ?
— Je vais être malade.
Marco a, a peine le temps de stopper la voiture sur le petit espace qui nous retient du ravin avant que je n'ouvre la porte et déverse tout mon désarroi au sol.J'entends le crissement des pneus non loin de nous, signe que les autres véhicules se sont stoppés également. Ce qui est le cadet de mes soucis tant je ne peux m'arrêter de rendre tout l'intégralité de mon estomac.Une fois la crise passée, je remonte dans le véhicule et pose mon avant-bras sur mon front pour m'aider à faire passer les vestiges du mal. Je suis en sueur.
— Nous pouvons repartir cuoricino ? Il ne reste que peu de temps avant notre arrivée ? Ça va aller ? Tu as besoin de quelque chose d'autre ?
— Oui, je pense que nous pouvons y aller. Vous m'avez donné quelque chose pour que je dorme tout au long du trajet ?
Mon regard est à présent rivé sur le rétroviseur ou je croise le regard de Marco. Qui semble blême, mais prend le temps de me répondre malgré tout.
— Oui, un léger sédatif pour t'aider à te reposer et pour que le médecin puisse te recoudre la tête et panser tes coupures. Je suis désolé, je ne savais pas que ça te rendrait malade.
— À l'avenir, je ne veux aucune drogue ou quoi que ce soit qui y ressemble !!!!
Je me tourne vers mon géniteur, mon père ou qui il soit désormais et appuie mes propos de mon regard.
— Promets-le-moi !
— C'est promis !
— Je peux avoir confiance dans tes promesses ?
— Sempre (toujours) ! Je n'ai qu'une parole, surtout pour toi !
Je dois me satisfaire et croire en cette réponse. Je me tourne à nouveau vers le paysage et laisse la fraîcheur du verre dû à la climatisation dans l'habitacle refroidir mon front.
— Me feras-tu assez confiance un jour, cuoricino, pour me raconter ton histoire ?
— Un jour... peut-être.
Nous retombons dans un silence qui m'est confortable. J'en profite pour penser à Adrian. Jusqu'à maintenant, j'ai été happée par les événements et je n'ai pas pensé une seconde à lui. Il doit être fou de rage et d'inquiétude en subissant ma disparition.
Je touche mon poignet discrètement à la recherche de mon bracelet avec le traceur intégré, mais soit-il m'a été retiré pendant mon sommeil, soit il s'est cassé pendant l'explosion. Le résultat est le même, je suis en Italie, avec mon père, et Adrian ne sait pas où je me trouve.Le jour où il me retrouvera, je ne donne pas cher des hommes qui se trouveront sur son chemin ! Et ce jour-là, je ne sais pas si mon choix sera du côté de mon sang ou de mon cœur. Seul l'avenir nous le dira amis une chose est sure, il viendra me chercher, du moins je l'espère.
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24.03.24
Bonsoir amis lecteurs,
les aventures de Aly et Adrian reprennent.
J'espère que ce chapitre vous aura plu. si jamais c'est le cas, n'oubliez pas de mettre un ♥️ je compte sur vous .
Abonnez vous pour ne pas rater la sortie du prochain chapitre 😉.
A bientôt.