Chapitre 1
Jeudi 23 Juillet
Anna
Ce jour-là, le destin m’avait frappé de plein fouet lorsque j’avais lourdement percuté l’épaule de Martin. À ce moment-là, je n’avais aucune idée que cette rencontre allait déclencher une succession d’évènements qui allaient bouleverser ma vie ainsi que celles de mes amies.
L’épaule de fer de mon mystérieux opposant m’avait coupé net dans mon élan. La force du choc m’avait désarçonnée tandis que je tombais lentement à la renverse. Heureusement que mon sac à main m’avait accompagné dans ma chute en m’évitant de m’éclater sur le carrelage du hall du grand hôtel dans lequel nous logions.
Tandis que le contenu de mon sac s’était déversé autour de moi, je reprenais petit à petit mes esprits. J’entendais les voix de mes amies en fond pendant que ma vision devenait de plus en plus nette.
J’observais la personne que j’avais heurtée, j’activer à rassembler ses affaires qui, elles aussi, avaient volées sur le coup. Je regardais l’homme d’une trentaine d’années s’agacer à ramasser son équipement informatique. Des clés UBS et plusieurs types de câbles jonchaient le sol au milieu de mes affaires. Je ne comprenais pas l’utilité de trimballer ce genre d’objet en vacances puis je balayais cette pensée en récupérant à mon tour, mon téléphone, mes clés et mes lunettes de soleil qui avaient glissé jusqu’aux pieds de mon opposant.
Accroupie sur mes genoux, je n’avais pas fini de tendre le bras en direction de mes lunettes que l’homme me tendait l’étui dans un geste vif et rapide. Il me mettait brusquement la boîte dans les mains et pourtant, ses doigts qui venaient de frôler ma paume étaient d’une infinie douceur.
C’était vraiment un paradoxe.
Je relevais instinctivement le menton dans sa direction et je découvrais malgré moi que, mon mystérieux opposant était plus jeune et bien plus séduisant que prévu. Mes yeux tombaient directement dans son regard bleu gris qui mettait en valeur son épaisse tignasse châtain.
Cet homme avait du charme, c’était indéniable. Même si ses traits restaient tendus pendant qu’il continuait de reprendre son matériel, quelque chose en lui me fascinait. Outre son flegme apparent, il portait un visage qui me semblait familier, comme si nous nous étions déjà rencontrés sans que je puisse me souvenir d’où me venait cette impression.
— Anna, tu vas bien ? me demandait Léa en déposant une main sur mon épaule
J’hochais de la tête en croisant le regard de mon amie tandis que, la bulle dans laquelle j’étais enfermée avec cet homme explosait. Mon monde s’était arrêté pendant une seconde, mais la vie, elle, continuait de tourner. Je prenais conscience qu’un petit cercle s’était formé autour de nous et je remarquais que ses amis avaient profité de notre collision pour engager la discussion. Plusieurs visages se tournaient dans ma direction et je me sentais à nouveau assaillie par une sérieuse impression de déjà-vu.








