Prologue
Charlotte
Saint-Tropez, ce petit bijou de la Côte d’Azur, m’a toujours semblé être un mirage, un endroit mythique, la ville des stars et des paillettes. Un lieu de villégiature bien au-dessus de mes moyens pour y passer des vacances.
Et les vacances pour moi, c’est plutôt un camping de plage, dans une ville pas très touristique pour ne pas avoir à payer un prix exorbitant pour boire un café ou manger une glace, assise à la terrasse d’un café. Mon compte en banque n’y survivrait pas, même si j’ai la chance de ne pas avoir de loyer à payer, grâce au cadeau de Lucienne, ma grand-mère maternelle, dont je suis la seule héritière. Un appartement dans le Marais. Une aubaine.
Je le partage avec Sophie, mon amie d’enfance, et Quentin qui cherchait une colocation à son arrivée dans la capitale. 7 ans maintenant. Et voilà qu’il va nous quitter. Pour se marier. Motif de de notre présence à Saint Trop’, comme témoin. Sans oublier le fait que nous sommes invitées, tous frais payés, par sa petite chérie, blindée de thunes, pour 15 jours !
Me voici donc, à vivre un rêve devenu réalité, les pieds bien ancrés sur le ponton, les yeux éblouis face au plus scintillant des yachts, amarrés dans un des ports d’une des villes les plus glamour que je connaisse. À mes côtés, Sophie partage mon émerveillement, ses yeux bleus reflétant la même incrédulité que les miens.
— On est vraiment là, hein ? demande-t-elle, sa voix à peine couverte par le bruit de l’eau qui clapote autour des bateaux .
Je hoche la tête, un sourire étirant mes lèvres.
— Ouais, on est vraiment là.
— Eh oh ! s’écrie Quentin en venant à notre rencontre et nous accueillant avec la fougue qui le caractérise. Allez, venez découvrir vos cabines, vous allez adorer.
— On va dormir à bord ? le questionne Sophie.
— Oui, et se sera encore mieux qu’à l’hôtel, assure notre ami en nous guidant avec assurance vers le navire.
Le Majestic Pearl est un navire époustouflant, long et élancé, avec sa coque immaculée qui brille sous le soleil.
Un steward, cheveux bruns, yeux noisette, la peau halée par le soleil, nous accueille à l’entrée du bateau d’un « Bienvenues à bord » de ce timbre de voix typique aux habitants du sud la France.
— Maxime, voici Sophie et Charlotte, mes amies, je compte sur toi, pour répondre à tous leurs besoins.
Le jeune homme d’une trentaine d’années, approximativement notre âge, nous adresse un sourire étincelant.
— À votre service, mesdemoiselles.
Ses yeux pétillent de gentillesse et de cordialité, et son attitude est empreinte de professionnalisme. Sophie, sous le charme, me murmure à l’oreille qu’elle en fera bien son quatre heure.
— À plus tard, Maxime, lance Quentin. Les filles, je suis désolé de vous bousculer, mais je suis un peu pris par le temps, là, ajoute-il à notre intention en se dirigeant vers une porte vitrée en grandes enjambées.
Nous le suivons au pas de course tandis qu’il nous explique le motif de son empressement : son rendez-vous avec le tailleur pour son costume, tout en nous introduisant dans ce qu’il appelle le salon principal, une pièce vaste, baignée de lumière se reflétant sur les murs acajou.
— Regarde les canapés ! s’exclame Sophie en s’affalant sur celui en cuir blanc qui promet des heures de détente.
Je ris de son enthousiasme enfantin tout en portant mon regard sur les tables en marbre, lesœuvres d’art modernes accrochées aux murs. Un lustre étincelant pend du plafond lambrissé. Les cristaux agissent comme des prismes, capturant la lumière extérieure entrant à flot par les larges baies vitrées. Tout respire le luxe et l’opulence.
— Sophie ! la rappelle à l’ordre Quentin. Tu as toute la matinée pour t’extasier de tout et rien. Je suis pressé, là.
— Oh, ça va quel rabat-joie ! s’écrie-t-elle en se levant pour le suivre.
Sophie me donne un coup de coude et murmure avec émerveillement :
— C’est incroyable, non ?
Je ne peux qu’acquiescer, bouche bée.
Nous traversons ensuite la salle à manger, où une table immense est dressée avec une vaisselle d’une finesse incroyable, des chandeliers en argent et des arrangements floraux somptueux. donnant sur la mer.
— Jacques préfère manger ici que dehors, contrairement à Ambre et moi. Je crois surtout, qu’il a encore du mal à m’accepter, nous confie-t-il avec un sourire triste.
— Il va finir par t’apprécier, et même s’il ça n’arrive pas, quelle importance, vous vous aimez Ambre et toi, Elle s’est battue pour toi, elle l’a fait plier, tenté-je de le rassurer.
— Hmm, marmonne Quentin. Continuons.
Nous empruntons un escalier menant au pont inferieur, celui des cabines. Un long couloir s’étend devant moi. Les murs revêtus de boiseries sombres et lustrées sont ponctués de cadres abritant des photographies de paysages marins. Le sol, recouvert d’une moquette épaisse d’un bleu profond, absorbe le bruit de nos pas. Des appliques murales en cristal projettent une lumière douce et chaleureuse, créent une ambiance intime et accueillante. Chaque porte de cabine, affiche une plaque de cuivre gravée de son numéro. L’air est empreint d’une légère fragrance de bois de santal, ajoutant une touche exotique à l’atmosphère déjà envoûtante. Ce couloir est bien plus qu’un simple passage, c’est le prélude à l’expérience somptueuse qui m’attend, un avant-goût de l’aventure luxueuse qui nous est offerte.
Quentin s’arrête devant la porte lambrissée dont la plaque affiche 9. Quentin en ouvre la porte et nous laisser entrer. Un petit cri m’échappe à la vue de la pièce immense qui s’offre à moi. En son centre trône un lit King-size, drapé de linge soyeux, flanqué d’un sofa crème et d’une coiffeuse. A ma droite un dressing spacieux. Quentin pousse la porte donnant sur la salle de bain en marbre avec sa baignoire jacuzzi. La lumière se déverse dans la suite par des fenêtres offrant une vue sur l’horizon.
Moi qui craignais de me voir enfermer dans une chambre avec un tout petit hublot !
Un sentiment de gratitude et de bonheur me submerge.
— Sophie, la tienne communique avec celle-ci, nous informe notre ami en se dirigeant vers la porte menant sur une cabine identique à la mienne. C’est la 10.
Mon amie et moi échangeons un regard complice. Cette semaine promet d’être inoubliable.
— On se voit en fin de matinée. En attendant, si vous avez besoin de quoi que ce soit, adressez-vous à Maxime. Je vous enverrai son numéro tout à l’heure.
— Tu crois qu’il accepterait de me passer de la crème solaire dans le dos ?
— Sophie !
— Quoi !
— Sois sage.
Je ricane à cet injonction. « Sophie et sage » ne vont pas ensemble dans la même phrase.
— Promis, je ne te ferai pas honte.
Relativement rassuré, Quentin nous abandonne à notre « triste » sort.
— Waouh ! m’exclamé-je en m’effondrant sur le lit moelleux et Sophie m’y rejoint.
Nos regards se croisent, nos rires se mêlent. Je peine encore à croire que nous sommes vraiment là, dans ce décor de rêve. J’ai bien l’intention de profiter de chaque instant. Je ne cracherai, pas non plus, sur une petite rencontre divertissante.
— Eh ouais, on est bien là,murmure Sophie, sa voix trahissant une pointe d’émotion. Quel cul il a eu de tomber amoureux de la fille d’un milliardaire. Tu crois qu’on peut s’en dégotter un ?