1â§âË RĂȘve Humide
Lâautomne avait progressivement remplacĂ© un Ă©tĂ© particuliĂšrement gris et dĂ©livrait enfin un peu de chaleur. Un air dâĂ©tĂ© indien, en somme, avait envahi Paris la belle. Les feuilles oranges, rouges, vertes encore pour quelques rares privilĂ©giĂ©es, tombaient des arbres et entassaient les allĂ©es des parcs envahi par toute une ville qui voulait profiter un peu de ce cette douceur qui avait tant manquĂ© durant les mois prĂ©cĂ©dents.
Cette douceur, ce nâĂ©tait pourtant pas elle que je pourchassais, adossĂ©e rĂȘveuse Ă la fenĂȘtre de mon appartement, me laissant hypnotisĂ©e pas ces danses fantasmagoriques de ballerines ectoplasmiques vĂȘtues de leurs robes dâĂ©rables, de tilleuls, de boulotâŠ
Je tâattendais, encore, dĂ©sespĂ©rĂ©ment, et jâĂ©tais lĂ , seulement vĂȘtue dâun haut et dâune culotte fine qui taillait une large part Ă mes fesses dĂ©hanchĂ©es et cambrĂ©es dans ta direction. En vain. Oh, ton corps Ă©tait bien dans cette piĂšce, oui, tout en chair, dĂ©licieux, installĂ© sur le lit qui meublait au millimĂštre prĂšs lâĂ©troite branche du âLâ qui constituait mon studio parisien du 5Ăšme arrondissement. Tu avais beau ĂȘtre lĂ , ton esprit vagabondait, plongĂ© dans un monde tout aussi imaginaire quâinsulaire fait de pĂȘche, de chasse Ă lâinsecte et de nage.
Jâavais fait lâerreur de te proposer de jouer avec moi : nous nous voyions pas autant que mon cĆur lâaurait rĂȘvĂ© et je pensais que câĂ©tait une magnifique maniĂšre pour moi de me rapprocher de toi, virtuellement, Ă dĂ©faut de tâavoir en vrai. Mais cette idĂ©e sâĂ©tait bien vite retournĂ©e contre moi et tâĂ©tais prise de passion pour ce jeu idiot qui ne devait ĂȘtre quâun prĂ©texte pour ĂȘtre ensemble.
- Chouuu... Tu en as encore pour longtemps?
VoilĂ que je me plaignais en dĂ©crochant les yeux du spectacle qui sâoffrait Ă moi en contrebas pour me focaliser sur toi.
- Je pĂȘche chou... Il me manque le saumon roiâŠ
Putain de saumon roi... Cette crasse ne se pĂȘchait quâen septembre et me volait ma tendre Viviane. Jâexpirais ma frustration et me perdais encore dans la contemplation mĂ©lancolique de ce quâil se passait plus bas... Jâavais envie de toi. Jâen mourais dâenvie. On ne sâĂ©tait pas vu depuis des semaines et voilĂ que tu Ă©tais lĂ ... Dans mon lit ! Et pourtant si loinâŠ
CâĂ©tait triste Ă en pleurer... Si tu savais... Si tu savais comme je suis sur la ligne rouge. Si tu savais lâattention que jâai portĂ© Ă ta venue, comment jâai fait en sorte que tout soit parfait.
Le jus de grenade que tu aimes tant : je lâai achetĂ©, tout comme ces chips au wasabi et ces surimi que tu peines Ă trouver... Lâappartement a Ă©tĂ© rĂ©curĂ©, jâai lavĂ© les draps... Je me suis coupĂ©e et limĂ© les ongles, jâai Ă©tĂ© chez le coiffeur, jâai Ă©tĂ© achetĂ© de la dentelle pour te plaire... Je me suis rasĂ©e : ta forme favorite! Un large cĆur qui occupe une grande partie de mon bas ventre et de mes lĂšvresâŠ
Soudain, une pointe de colĂšre mâenvahit et me mis en mouvement. Non ! Je nâallais pas me laisser emmerder et perdre mon prĂ©cieux temps avec toi Ă cause dâun con de saumon et une Nintendo switch ! Je mâapprochais de toi, quelques enjambĂ©e, guĂšre plus : lâun des rares avantages dâun 26mÂČ... Tu Ă©tais totalement absorbĂ©e par ta partie, en pleine rĂ©colte de palourdes japonaises alors que je me hissait Ă ton niveau.
- Ne fait pas attention Ă moi vaâŠ
Je lĂąchais ça, lâair de rien, en rĂ©alitĂ© complĂštement jalouse de cet idiot de jeu tandis que je me couchais en contre bas.
Tu portais un petit short de pyjama, le genre beaucoup trop court pour ĂȘtre portĂ© autre part quâĂ la maison, blanc, avec des petits personnages avocat, le fruit. Tu Ă©tais magnifique.... Je sentais lâenvie de te dĂ©vorer qui mâenvahissait... Alors que tu jouais... Je te dĂ©vorais des yeux, un plan encore flou se tramait dans mon esprit... Je ne savais pas exactement quoi quand comment, mais jâavais trop envie de toi. Et je voulais aussi me venger un peu⊠Je mâapprochais... Et puis je dĂ©posais un bisou tendre sur ton genoux... Tu sentais la mandarine... Jâadorais ce gel douche... Un bisou sur ton genou droit... Puis au tour du gaucheâŠ
VoilĂ que je commence Ă me rappeler Ă toi. Pour la premiĂšre fois tu abaisses la barriĂšre entre ton visage et le mien : cette horrible console aux couleurs criardes... Je sens lâenvie monter dâun cran... Et la vengeance !
- Oh, non, non, continue de jouer, ne fais pas attention Ă moi!
La phrase Ă©tait mesquine, sĂ»rement mĂȘme avec une dose de mĂ©chancetĂ©âŠ
Oui, jâĂ©tais jalouse et voilĂ que mon plan commençait Ă se dessiner pour de bon. Tu avais du mal Ă comprendre, tu aurais bien rĂąlĂ© mais... Je tâavais arrachĂ© un frisson. Cette idĂ©e me retourna le cĆur et voilĂ que je poursuivais. Une douce guirlande de bisou, volatiles, tous liĂ©es dâune caresse continue du bout de mon nez contre tes jambes que tu avais tout de mĂȘme jugĂ© bon dâĂ©piler. Ta peau glissait divinement contre mon petit nez, je sentais presque cette derniĂšre accrocher la mienne pour ensuite se faire juste Ă peine Ă©tirer, glisser, et recommencerâŠ
Je te trouvais divine et je tachais de ne pas rater une seule miette du spectacle que tes jambes nues mâoffraient. Ah ? Aurais-je pour de bon ton attention ? Je te sens devenir Ă©lectrique, ton pied droit est passĂ© de debout sur le talon Ă couchĂ© vers lâextĂ©rieur⊠Serait-ce lĂ un premier signe de ton envie de tâouvrir, de me donner plus ? Je jubile et prend mon temps. La vengeance se dĂ©vore trĂšs trĂšs chaudement aujourdâhuiâŠ
- Non, non, tâoccupe pas de moi, ne tâarrĂȘte pas tant que tu as pas ce saumon, il est rare et en octobre tu ne pourras plus lâavoir avant un an !
JâĂ©tais une vraie terreur et je le savais⊠Mon dieu⊠Comme tu mâexcitais ! Mes seins Ă©taient fermes⊠Mes lĂšvres⊠Ălectriques⊠Jâesquivais autant que possible les zones que je jugeais trop Ă©rogĂšnes⊠LâintĂ©rieur de tes cuisses⊠Ton bas ventre⊠Ta poitrine. Inconnu de ma cartographie.
Je sautais par-dessus ton petit short, jây apercevais fugacement cette toison auburn qui avait fini de conquĂ©rir mon cĆur aprĂšs notre 4Ăšme date⊠Me voilĂ de retour. Contacte du bout de mon nez avec ton ventre. Il ondule, tu le rentres⊠Tu es mienne. Tu es piĂ©gĂ©e et je le sais⊠Comme tu mâexcites pas belle⊠Je vais te dĂ©vorer⊠Mais pas tout de suite⊠Dâabord. Dâabord, je relĂšve du bout de mon nez ton T-shirt, pour rĂ©vĂ©ler ce ventre laiteux qui semble un peu sâaffoler. Bien sĂ»r, je nâoublie pas de tâembrasser, chaque centimĂštre⊠Lentement⊠Je glisse Ă droite alors que tu te tortilles Ă gauche⊠Je rĂ©pĂšte la mĂȘme chose de lâautre cĂŽtĂ©. Me voilĂ sous ta poitrine et tu ne sembles plus y tenir, tu soupire et tu lĂąches quelques petits bruits⊠Je vois tes tĂ©tons imprimer furieusement le tissu plissĂ© et retroussĂ© qui te protĂšge encore de moiâŠ
- Jâai du mal Ă rĂ©flĂ©chir⊠fouuuâŠ
Tu me dis.
Comme ces mots mâembrassent⊠Alors Viviane ? Animal Crossing est si intĂ©ressant que ça ?
- Fais un effort quand mĂȘme !
Je renchĂ©rit en remettant la console que tu essayais vainement de repousser devant tes yeux. Puis⊠de mes mains aux ongles coupĂ©s, je griffe juste Ă peine ton ventre : rien qui ne laisse la moindre marque, pas mĂȘme temporaire, juste une sensation. Et puis jâattrape ce short que je crochĂšte et que je te retire. Comme tu es volontaire ! Je prends un temps pour te dĂ©vorer du regard. Tu me coupes le souffle, comme Ă chaque fois⊠Mais bien vite je reprends ma tĂąche, câest que jâai tellement envie de toi, tu sembles pas en reste par ailleurs car aussitĂŽt ce short retirĂ©e, tu mâouvres tes cuisses, comme une invitation pas mĂȘme cachĂ©e⊠A ce moment, je me sens faible. Des semaines dâattente, un teasing Ă nâen plus finir : je craque. Tu mâattire, je dois te dĂ©vorer. Je me glisse en place, une Ă©paule sous chacune de tes cuisses et recommence mon cirque en saluant ces derniĂšres de baisers glissĂ©s mais la rĂ©alitĂ© câest que je ne tiens plus. Jâai envie de ta chatte. Elle mâobnubileâŠ
Jâembrasse une lĂšvre : tu sursautes. Je lĂšche lâautre : tu couines⊠Pendant ses temps mes mains glissent le long de tes fesses, les parcourent⊠et remonte pour tâagripper par les hanches, fermement, contre tes poignĂ©es dâamours que jâaime tant. Comme je suis belle entre tes cuisses⊠Comme tu es dĂ©sirable⊠Jâentame enfin mon Ćuvre, lentement, rĂ©guliĂšrement. MĂ©thodiquement. Câest un travail de sape que je suis prĂȘte Ă entreprendre, je te goĂ»te, tu couines, je tourne, tu ondules : nos corps parlent lâun Ă lâautre⊠BientĂŽt, je te sens gonfler dâenvie, tu as laissĂ© la Nintendo dans ta main droite contre lâoreiller, tes yeux sont fermĂ©s, je bois chacune des images que tu mâoffres. Ta main gauche vient Ă se perdre dans mes cheveux, sagement, tu les caresses. Je te sens contracter ton ventre, tâengager sur une pente dangereuse et sadique que je suis.
- JâarrĂȘte.
Je ne saurai dire pourquoi. Peut-ĂȘtre une pointe de rancune pour mâavoir laissĂ© comme ça tout Ă lâheure.
- Tu ne joues plus ?
Je suis pleine de toi, certain de mes cheveux sont collĂ©s Ă mes joues, je fais comme si de rien nâĂ©tait, comme si ma question Ă©tait rĂ©elle et sans arriĂšre-pensĂ©e.
- Mhhhhhh !
Ohhh que jâaime tâentendre protester, tu me transportesâŠ
Je reprends mon Ćuvre et recommence Ă jouer de mon instrument prĂ©fĂ©rĂ© : la Viviane dâautomne. Quâest-ce que tu es bien accordĂ©e, tu sonnes juste, tu es touchante, tu es dĂ©licieuse et volatile. Je dois te surveiller pour ne pas que tu te perdes. Je te sens totalement ouvertes, tes chairs dĂ©goulinent de louanges que je mâempresse Ă collecter dâune langue avide qui non heureuse de te faire chanter sâarrĂȘte trop souvent pour te faire une toilette et te priver de lâorgasme qui tu sens venir et que je te refuse aussi injustement⊠Câest Ă ce moment quâune idĂ©e me transperce lâesprit. Une idĂ©e qui transporte mon cĆur si loin, si haut ! Je te souffleâŠ
-Si tu veux jouir, tu sais⊠Il va falloir me forcer~
Dans ma tĂȘte, lâinstruction est si claire mais tu ne la saisis pas immĂ©diatement, je mâarrĂȘte encore une fois alors que tu montes avant de gĂ©mir de supplicationâŠPrise de tendresse, je tâattrape une main que je place dans mes cheveux⊠Tu tây cramponnes me caresse⊠Mais ne mâoblige en rien, alors je recule de nouveauâŠ
- Sâil te plait⊠Pleeeeaaaase, i need it sooooo badlyâŠ
Tu me supplies en anglais. Tu dois ĂȘtre si dĂ©sespĂ©rĂ©e. Te voir dans cet Ă©tat mâembrase comme je lâavais rarement Ă©tĂ©. Ohhh, comme je veux que tu mâĂ©crases contre toi⊠Je te guide vers cette fin et attrappant ta main et en la faisant presser plus fort contre lâarriĂšre de mon crĂąne.
- Vas-y, force moi !
Je le dis avec tant de conviction que quelque chose en toi comprend. Je vois instantanĂ©ment ton regard changer, de proie suppliciĂ©e tu te transformes en prĂ©datrice. Dâabord avec douceur, tu te dĂ©cides Ă ne plus mâĂ©couter et Ă lĂącher cette console que tu tenais encore de ton autre main⊠Tu mâĂ©lectrises ! Je suis si humide⊠Tu me transportes avec ce regard. Tu me tiens sagement et je reprends, comme tu es souillĂ©e, comme je le suis, je ne suis plus quâun outil pour ton plaisir et toi lâobjet de ma vĂ©nĂ©ration indĂ©fectible. VoilĂ que tu prends les choses en main et cela me rend complĂštement dingue, jâai beau bouger mes lĂšvres, ma langue, câest toi qui mĂšne la danse de tes hanches, alors, quand je te sens proche, je me retire une nouvelle fois mais cette fois-ci ! Ohhhh cette fois-ci ! Câest un regard complĂštement fou dâenvie que je vois et qui me fusille, presque fou, tordue dans une louange orgasmique qui peine Ă sâĂ©chapper de tes lĂšvres, je vois la dĂ©termination sâemparer de toi. Ce moment. Ce moment sera celui de ton orgasme avec ou contre mon grĂ© !
« Non ! »
Tu as criĂ© avant de me plaquer de toutes tes forces contre ta chatte dĂ©goulinante ! Tu mâĂ©touffes de conviction, tu laboures mon visage de mouvement de hanches endiablĂ©s, tes mains pressent ma tĂȘte de toutes leurs forces contre tes chairs en fusion, je te vois hurler ton plaisir Ă tout Paris qui nous Ă©coute par cette fenĂȘtre ouverte et pourtant je ne tâentends pas. Je suis piĂ©gĂ©e, je suis ta chose. Ta chose Ă ta merci entre tes jambes qui se soulĂšvent sous la puissance dâun orgasme trop longtemps refusĂ©.
Tu es si belle, si parfaite⊠Je suis tienne. Je suis ta chose Ă orgasme et dâavoir Ă©tĂ© utilisĂ©e aussi furieusement contre toi mâemporte. Câest mon tour, jâorgasme Ă©crasĂ©e contre tes cuisses, tes mains, tes poils, ta cyprine. Je suis ta petite poupĂ©e de chiffons et en ce moment je ne voudrais rien ĂȘtre dâautre.