Contemplation Au Gré Du Vent par G.W. Toth chez Inkitt
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CONTEMPLATION - Au Gré Du Vent

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Résumé

Désolant enfant marchant à travers son monde, péniblement, seul et parfois accompagné, contemplant le tout, encore et encore. Là, observant la vie, la mort, l'entre deux et son propre soi, l'enfant erre de paysages en paysages dans un univers bien étrange, aussi dangereux que magnifique, en y faisant des découvertes surprenantes, sans ne jamais cesser d'aimer contempler.

Genre :
Adventure/Mystery
Auteur :
G.W. Toth
Statut :
En cours
Chapitres :
1
Rating
n/a
Classification par âge :
16+

L'ENFANT


L'aube se levait.

Aux couleurs sans vie d'un soleil éteint, le ciel se teintait en retrouvant sa fausse gaieté par  l'abandon bien désiré de l'obscurité nocturne. S'étendant aux larges des horizons, de tout côté, un bleu marquait la levé d'un jour embu, auquel la nature, par heureux désespoir, acclamait la venue avec l'ouverture soudaine de quelques fleurs noirs, se libérant de leurs dures pétales protectrices servant de défense contre la nuit. Par certains endroits, de grands arbres secs, sans feuillage autre que de la mousse terne, ouvraient grand leurs branches, signe d'une vie retrouvée, d'un réveil enfin après un long sommeil. Et même, plus timide ou simplement retardataire, apparurent en sortant de la terre de petites créatures rondes, recouvertes d'un pelage court, sans bras ni jambe et qui se déplaçaient en roulant. L'absence d'œils n’impactait nullement leurs chasses, sautant dès qu'ils le purent sur des arbres afin de s'attaquer avec hargne à leurs mousses en faisant apparaître, fondues dans leurs plages, des dents longues et pointues. Avec elles, les petits animaux, ainsi étaient-ils, arrachaient la mousse accrochée aux arbres, puis l'avalaient grossièrement, finissant le carnage en quelques secondes seulement, décimant, là, toute la mousse qui se trouvait sur leur chemin, se battant, même, quand deux d'entres eux se retrouvaient face à face.

Devant tant de vie, de mort, de haine et de joie, le ciel restait de marbre, dominant de sa hauteur le spectacle auquel il était contemplateur depuis toujours, triste spectacle d'une itération incessante. Car jamais, il était vrai, n'avait il eu à un semblant de différent lui qui, au jour et à la nuit, était éveillé et faisait régner l'ordre des choses, contemplant encore et encore les horreurs du vivant, lui qui ne l'était pas. Alors, ironie des choses, fut-il surpris de constater de sa grandeur l'arrivée nouvelle d'un élément apparaissant. En effet, grands pas par grands pas, aux bruits singulier qui talonnait le sol, une petite silhouette se fit distinguer au loin des vies anodines qui, à l'affût, l'avaient elles aussi entendu venir. La silhouette, avançant sans discontinuer, ne prenait garde à ces drôles de vies qui en premier lieu ne paraissaient nullement dangereuses, allant même jusqu'à ne pas les apercevoir, elles qui, par instinct, s'étaient cachées ou faites de marbre. Ainsi, devenant de plus en plus distincte jusqu'à même enfin se révéler, la silhouette passa dans le lieu mort qui avaient été vivant quelques secondes auparavant, ne prenant le temps d'observer cette nature pauvre et tragique qui s'offrait à lui. Le ciel l'observait traverser son monde, détaillant cette silhouette qui venait rompre sa monotonie quotidienne. De ses deux jambes, elle avançait, et de ses deux bras, il s'équilibrait. Ses épaules se balançaient au rythme de sa marche et sa tête, aux cheveux mi-longs plus obscurs que la nuit, suivaient le mouvement. Elle n'était pas bien grande, cette silhouette qui n'en était plus une, mais semblait de son regard qui exprimait le vide être bien plus vieille qu'elle ne le paraissait physiquement. Son accoutrement, un t-shirt jaunit par le temps et un short noir, émettait des bruits de frottement tandis que l'inconsciente avançait dans le mortel environnement. Le ciel en rit. Des créatures ainsi faites, vêtu par un faux pelage, agissant comme un prédateur elles qui étaient proie et qui avançait ainsi sans savoir pourquoi, elles en avaient vues des centaines : il y avait là un enfant, et même, pour être plus précis, un drôle d'enfant, abandonné à lui-même dans un monde qui se moquait de la justice. Qu'il avance donc, ce drôle d'être, qu'il avance donc à travers les vallées ou à travers les cieux, il n'en était que risible une telle créature, aussi faible soit-elle, et drôle à observer. Le ciel en rit. Pour la première fois alors depuis des siècles, des nuages s'emparèrent de lui, et la pluie tomba.


L'enfant leva les yeux vers le ciel, songeur de cette première goutte d'eau qui venait de lui tomber sur l'épaule. Que se passait il ? Son regard observa longuement le ciel, guettant sans sourciller son bleu terne devenu gris en quelques secondes seulement et, par expérience, l'enfant reconnut en ce simple changement un aléas qui lui était dérangeant. La pluie arrivait, vite, bien trop vite, et lui se retrouverait sans défense face à ce trompeur intempérie, fatale parfois. Mais ne riait-il donc pas, ce triste ciel ? L'enfant souffla bruyamment, cessant son analyse de ce ciel qui le surplombait, car c'était là chose inutile que de faire ce constat. Qu'il rit ou qu'il ne rit pas, cela ne changeait en rien l'empressement soudain qui l'obligeait à accélérer sa marche, passons outre les arbres et les fleurs afin d'échapper à cette pluie qui s'annonçait violente. Des souvenirs lui remontaient et, tout en marchant, l'enfant se rappela de sa dernière pluie, il y avait de cela peut-être deux ans, auquel il avait eu la chance de survivre en se réfugiant tel un miraculé dans une grotte qui se trouvait sur son chemin par hasard. Ici, là, maintenant, il n'y avait pas de grotte, il n'y en aurait pas, et, c'était là un savoir dont il avait pleinement connaissance, c'était par chance qu'il avait survit à sa dernière expérience, chance qu'il n'aurait cette fois-ci pas la chance d'avoir.

D'un pas de plus en plus rapide, l'enfant traversa les lieux sans un regard aux alentours, ayant déjà vu par d'autres endroits des paysages semblables et n'en étant alors que très peu intéressé. Adonc il l'ignorait, non pas par une habitude ou par un ennui, bien que ça aurait pu être le cas, mais par un réel sens du danger qui l'obligeait à se mettre à la recherche d'un quelconque abri. Car une goutte d'eau, soudaine, lui tomba sur la tête. Une autre encore sur le nez. Puis, alors qu'elles s'enchaînaient de plus en plus, les gouttes de pluie commencèrent à lui tomber sur tout le corps, le mouillant lui qui sentait le froid l'assaillir. En s'accordant à cette pluie devenant diluvienne, un vent violent se levait en secouant fortement arbres et animaux, arrachant, même, quelques pauvres fleurs à son passage, les entraînant avec lui. L'enfant se mit à courir en constatant ce qui précédait au pire, avançant sans ne voir à perte de vue qu'un simple terrain plat. Il commençait à paniquer lorsqu'une des fleurs, emportée par le vent, le heurta de plein fouet, lui laissant une trace violette sur son avant-bras mouillé et une forte douleur de brûlure. En le regardant, sans cesser de marcher et se laissant submerger par la terreur, celui-ci reconnut à cette blessure un potentiel poison déversé par la fleur, et qui se mélangeait à son sang. Que le ciel se meurt, se disait-il comme simple constatation a cette mortelle blessure, sachant plus que bien la mort imminente qui l'attendait s'il n’extrayait de suite pas ce poison menaçant de son corps. Mais que faire ? Comment ? C'était là, non pas une question qu'il se posait, mais un choix à faire, une décision à prendre et, bien que désespéré, il ne cessait d'entrevoir la vie en l'avenir. Il avait survécu à de nombreux dangers, à maintes situations, et celle-ci  n'aurait pas son être. Rempli de courage, de détermination et de peur, elle était toute aussi importante que les deux autres, il fit le choix de s'arrêter de courir, s'accroupissant au sol en faisant le vide dans sa tête. De sa main valide, il sortit un couteau suisse de sa poche, l'ouvrit et le plaça sur la blessure. Sa respiration était bruyante, irrégulière, mais il réussit à en reprendre le contrôle en s'oubliant, en fermant les yeux tout en retenant sa respiration avant d'expirer avec force. Décidé, il s'enfonça le couteau dans la plaie violacée. Un cri, le sien, s'éleva au-dessus du bruit du vent, mais lui-même n'en fit pas attention, essayant de se concentrer, d'oublier la douleur, afin de ne pas trembler tandis qu'il ressortait le couteau de son bras. Pendant quelques secondes, il laissa couler son propre sang sur la terre aride, puis, quand il eut été satisfait, remarquant un changement de couleur de celui-ci, il arracha un bout de son t-shirt qui lui fit office de garrot à sa blessure ensanglanté. Ses bras tremblaient devant sa propre plaie qui le dégoûtait, mais il l'ignora, reprenant instantanément conscience du vent et de la pluie qui s'abattaient sur lui. Aussi dut-il faire son deuxième choix, prenant son courage à deux mains, ce qui lui en restait du moins, dans le but de faire de l'espoir chose réelle. Abandonné par ses propres forces, tremblant autant par froid que par douleur, haletant bruyamment, les yeux rougis par des pleurs incontrôlables, il se mit tout de même  au travail par une véritable croyance envers son idée. Elle déciderait de sa vie, de sa mort, elle qui venait alourdir sa blessure au bras qui ne lui assurait pourtant déjà pas un avenir plus vivant que mort, mais il était là vivant, alors il se battrait pour le rester. Avec lenteur, il commença donc sa besogne en subissant sans broncher la pluie et le vent qui se faisaient graduellement plus violents.

Dans toute la vallée, le ciel se donnait à une puissante délivrance, faisant trembler sol, arbres et fleurs, donnant dans sa joie colère des coups retentissants de foudre qui s'écrasaient avec violence sur le sol, le vent lui-même, formant un semblant de tornade, faisant régner la terreur en ces pauvres lieux. La pluie torrentielle peaufinait le doux tableau, donnant dans cette joie de brutale le bonheur prochain d'une terre qui ne serait plus asséché. La nature, donc, jouait son rôle, terrifiante, belle et indomptable, rappelant à ses aimés habitants qu'elle était la maître de maison. Et tout ici la craignait alors, tout ici priait pour survivre, tout ici observaient, impuissants, la mort détruire la vie, tout ici regardaient le ciel en rire.

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