CHAPITRE 1 - LE NOUVEAU MONDE
Le soleil me brûle les rétines. Ma vue s’adapte à cette lumière que je connais peu. L’air chaud souffle sur mon corps mouillé, alors que dans quelques secondes, il n’aura plus le même aspect.
Je vois beaucoup de vert, des arbres à perte de vue ; mon souffle se coupe devant tant de beauté.
Un regard sur mon corps m’indique que je peux me lever. Je suis sèche, le sable ne colle plus à ma peau pâle, et me voilà avec une paire de jambes !
J’ai déjà quitté les profondeurs de l’océan pour mettre un pied à terre avec ma famille, mais jamais plus de quelques jours, et encore moins seule.
Je regarde devant moi pour admirer le paysage et voir vers où je peux me diriger. Au loin, en hauteur, au milieu de toute cette végétation, il y a un village avec quelques maisons isolées entre les arbres.
Maintenant, je sais par où aller, et c’est parti pour l’aventure !
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J’ai l’impression que je marche depuis des heures, mes pieds sont en feu et j’ai mal partout quand j’arrive enfin au village. Le soleil est haut dans le ciel, des habitants marchent tranquillement dans les rues, d’autres sont assis sur des chaises et discutent. Les enfants jouent autour d’une fontaine, c’est animé et vivant. J’ai choisi de venir en Corse, « l’île aux sirènes » à Cargèse exactement, puisqu’ils parlent Français j’adore le Français sans compter qu’il y fait très beau, ne pleut pas souvent et la mer est assez chaude a cette période de l’année, ça va me changer.
Ma mère m’a donné tous les conseils pratiques pour rendre cette année agréable et ça commence par la liste de choses que je dois faire « le plus vite possible », c’est-à-dire, me trouver un endroit où dormir pour commencer .
Je vais directement au cœur de cet endroit où se trouve un groupe de dames aux cheveux grisonnant.
- Excusez-moi mesdames, sauriez-vous où je peux trouver un hôtel s’il vous plaît ?
Elles me dévisagent d’un air peu commode et je regrette un peu de ne pas m’être adressé aux enfants. Mon Français n’est pas mauvais pourtant... Heureusement l’une d’elles fini par me répondre.
- Un hôtel ? Ici ? C’est une blague ? Pfff Sache petite qu’ici on ne se laisse pas envahir par les hôtels et encore moins les touristes !!
Elles s’esclaffent, mais il y a une personne à côté d’elle qui ne rigole pas et semble m’analyser, tout ça me met mal à l’aise, je décide donc de continuer ma route. Au moment où je les dépasse cette dernière m’interpelle.
- Tu sembles bien loin de chez toi ma petite... Tu ne trouveras pas d’hôtel ici mais si tu continues sur la droite tu trouveras une chambre d’hôte, chez Giulia, dis-lui que tu viens de la part de Rosa .
Je me tourne dans sa direction et croise son regard qui est réduit à deux petites fentes.
- Je vous remercie Madame Rosa.
- C’est Rosa tout court. Et toi, c’est quoi ton petit nom ?
J’ai vraiment l’impression qu’elle me soupçonne de quelques choses, je viens juste d’arrivée et je crois que je vais déjà devoir partir.
- Siana, enchantée.
Je lui adresse un sourire poli mais j’ai beaucoup de mal à cacher ma gêne. Elle doit le ressentir puisqu’elle m’adresse un sourire en coin en hochant la tête pour me saluer.
Je prends donc congé en la saluant ainsi que ses amis qui la regardent bizarrement.
Je tourne sur ma droite et en entrant dans la ruelle je peux enfin souffler.
Ouf... C’est pas passé loin.