Prologue
Quel est le meilleur moyen de se suicider ?
Je crois que c’est la première fois de ma vie que je me pose cette question. Pourtant, mon corps, lui, se l’est déjà posé un million de fois, sans même que je ne m’en aperçoive. Que ce soit en se taillant les veines, en avalant une boite de cachets, en se pendant.
Ou en laissant le destin faire ce qu’il a à faire.
On m’a toujours appris que notre chemin était déjà tout tracé, que la vie savait avant nous-mêmes, quels choix nous allions faire, quelles épreuves nous allions surmonter... ou pas.
Il existe parfois des obstacles dont on ne peut pas se relever, parce qu’on exige toujours de nous d’être assez forts, mais qu’il y a toujours un moment où quelqu’un vient nous rappeler qu’on ne le peut pas. Que certains sont voués à échouer, parce que c’est ce qui était écrit pour eux, parce que c’est comme ça que ça devait se finir.
J’ai cru prouver à la vie que j’étais plus inébranlable qu’elle, que je pouvais changer son cours. J’ai tellement voulu lui montrer qu’elle avait tort sur ce qu’elle pensait de moi, que j’avais bien plus de poigne que ce qu’elle croyait. La vérité, c’est qu’ils gagnent toujours : la vie, la mort, le temps... On peut bien essayer de se jouer d’eux, ils nous rattraperont toujours. Parce que j’ai appris que s’il y a bien des personnes qui nous connaissent mieux que nous-mêmes, ce sont eux.
« Il faut savoir accepter son destin ». C’est ce que m’a répété ma mère depuis mon enfance. Que parfois, on ne choisissait pas et que c’était mieux comme ça. Que parfois, on devait laisser les choses se faire, même si ça ne nous plaisait pas. Mais aujourd’hui, peut-être que dans un certain sens, je choisis quand même. Car même si la vie a décidé pour moi que ça se finirait comme ça, je crois qu’une partie de moi est en adéquation avec elle.
Pour la toute première fois.
Pour la seule fois.
Alors autant que cela se fasse dans un feu d’artifice. Le jour j’ai compris que mon destin était de mourir ici et maintenant.
Et que je l’acceptais.
très beau début